NOTICE BIOGRAPHIQUE. IX
lui. Amen, amen, amen. Deo gratiäs omnipotenti ac ejus Matri, intemerate Virgini gloriosissime. »
Péroraison qui montre que Fauquembergue, greffier au . Parlement, n'en est pas moins resté homme d'église.
Le 3 novembre, à l’occasion du sermon du cordelier Pierre aux Bœufñs et de l’annulation de la sentence d’excommunication, jadis fulminée contre le duc de Bourgogne, qui fut l’objet d’une solennelle manifestation à Notre-Dame, au milieu d’une grande aflluence, Fauquembergue fait observer que les lettres de l’évêque de Paris portant révocation de cette sentence furent rendues publiques avec le même apparat que naguère la mise en interdit, conséquence des discordes civiles et guerres intestines qui, hélas! ajoute le greffier, depuis trop longtemps régnaient dans le royaume. De tout temps, dit-il en matière de conclusion, un changement dans la dignité sacerdotale amène un changement dans l'interprétation de la loi.
Les réflexions personnelles que Fauquembergue interca- lait fréquemment dans le texte des délibérations du Parlement étaient la plupart du temps rédigées en latin. Elles formaient une sorte de commentaire pas toujours à la louange de l’autorité souveraine. C’est ainsi qu’à la date du 25 novembre 1418, parlant d'une procession à Notre-Dame à laquelle prit part le Parlement, procession qui eut lieu le lendemain du départ du Roi et du duc de Bourgogne en vue de secourir Rouen assiégé par les Anglais, Fauquembergue se montre assez sceptique au sujet de cette entrée en campagne: à l'entendre, Charles VI avait convoqué le ban et l’arrière-ban, mais sans succès : « Sed paucissimi comparuerunt, soubz umbre des debas et divisions de ce royaume, ou par deffaulte de payement, ou par deffaulte de bonne loyaulté et obeissance, ou aultrement par aultre voie,
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in qua alius sic, alius sic, ibat. » On ne sait de qui Fauquembergue pouvait tenir cette information, toujours est-il qu'il se trouve en contradiction avec un chroniqueur du temps, généralement bien informé, Monstrelet, qui rapporte que les gens de guerre « vindrent en tres grant nombre ».
Le Parlement tombait rarement d'accord avec l’autorité royale, alors représentée par le comte de Saint-Pol, lieutenant du Roi dans la prévôté de Paris, le chancelier Eustache de l’Aiïtre et Jacques, sire de Montberon ; sur bien des points, il se produisait de fréquents tiraillements, qui rendaient assez délicate la situation du greffier Fauquembergue, partagé entre la crainte de déplaire au pouvoir souverain et le désir de ne pas mécontenter le Parlement ; on en voit un exemple frappant lors de certains incidents enregistrés au Conseil le 31 mars 1419. A cette date, les trois personnages ci-dessus nommés, porte-parole du Roi et du duc de Bourgogne, présentèrent au Parlement et firent publier des lettres du 22 mars qui révoquaient les ordonnances concernant les libertés de l'Église gallicane. Après cette publication, faite, dit Fauquembergue, preter, ymo contra deliberacionem Curie, le Chancelier enjoignit au greffier d'inscrire au dos de ces lettres la mention : lecta, publicata et registrata ; tout aussitôt, plusieurs conseillers, hostiles à la publication, signifièrent à Fauquembergue de ne rien écrire au dos de cet acte qui pût faire croire que le Parlement donnait son approbation, auxquels le greffier, fort embarrassé, ne sut que répondre, se contentant de dire « qu'il se garderoit de mesprendre à son povoir ». Le lendemain, les présidents et conseillers de la Chambre des enquêtes revinrent à la charge et protestèrent formellement contre la mention en question. Sur ce, la Cour, qui n’avait
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toléré la publication de la nouvelle ordonnance que « pour obvier et remedier à toutes manieres d'esclandes et de divisions », crut devoir déclarer que l’annotation se trouvant au dos de ces lettres ne permettait pas de conclure à l’approbation du Parlement, cette mention ayant été inscrite par ordre exprès du Chancelier, « auquel, comme notaire du Roy et en celle qualité, quant à ce, le greffier devait obéir ».
Quelques jours après, Fauquembergue reçut un témoignage de satisfaction de l'autorité royale : est-ce pour la docilité avec laquelle il avait déféré aux injonctions du Chancelier, ou bien serait-ce pour avoir accompagné le prèsident Jacques Branlard et le conseiller Barthélemy Le Viste, envoyés le 31 mars par le Parlement à Provins, à l'effet d'exposer au Roi « aucunes choses touchans l’estat et gouvernement de la ville de Paris et la conservacion de ce royaume » ? L’on est réduit à cet égard à des conjectures. Un fait certain, c’est que, par lettres données le 8 avril à Provins, Charles VI, en considération des peines, travaux, charges et débours du greffier Fauquembergue, lui accorda une gratification de 120 livres, payable en deux fois, sur les amendes et exploits du Parlement et des Requêtes du Palaisi.
La nouvelle du meurtre de Jean sans Peur sur le pont de
1. Magister Clemens de Fauquemberghe, prothonotarius Regis, grapharius Parlamenti, pro dono seu taxatione sibi factis per dictum dominum Regem per ejus litteras, datas Pruvini, var aprilis M CCCC X VIII, sic signatas. Par le Roy, en son Conseil, J. de Drosay, capiendis semel in Thesauro de denariis emendarum et expletorum dicti Parlamenti et Requestarum Palacii, consideratione penarum et laborum, onerum et expensarum per eum ratione dicti officii, in regimine clericorum, et aliàs, passorum et sustentorum, nonobstantibus aliis donis et ordinationibus quibuscumque ad hoc contrariis, vix* lib. p., de eadem, zx lib. pro tunc (Comptes du Trésor, Arch. nat., KK 17, fol. 4104).