‹ Journal de Jean de Roye: connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483 (volume 2)Chapitre 12 sur 166 · Arch. nat., P 1371, cote 1948. Parch. jadis scellé · texte numérisé non relu

Arch. nat., P 1371, cote 1948. Parch. jadis scellé

2. Compte de Jean de Beaune des deniers provenant de la confiscation du cardinal d'Angers. Bibl. nat., ms. fr. 4487, fol. 54; orig., parch.

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grande confiance. Jean de Roye y fut installé sans doute après la guerre du Bien public, car les sentiments décidément royalistes qu'il exprime en narrant les événements de 1465 ne permettent pas de supposer qu'il fut à cette époque au service d'un des chefs de la rébellion. Dès 1466, au contraire, tout l'indique dans son récit, et les noms des divers membres de la maison de Bourbon ne sont enregistrés qu'avec respect, parfois avec vénération. Il y a longtemps que le Père Lelong, frappé du fait, émettait, dans sa Bibliothèque historique de la France, l'opinion que l'auteur de la Chronique « devait être un officier de la maison de Bourbon, » et M. Vitu lui-même n'a pu s'empêcher de signaler cette opinion, mais en la combattant par la raison que l'ensemble de l'œuvre ne permet pas de supposer que le chroniqueur ait quitté Paris. Cet argument n'est pas applicable au garde de l'hôtel de Bourbon.

C'est Jean de Roye lui-même qui a pris soin de nous dire quelles étaient ses fonctions, à l'occasion d'une fête que le cardinal-archevfque de Lyon, Charles de Bourbon, frère du duc Jean II, donna à l'hôtel au mois de mars 1478, après Quasimodo. Le galant prélat, un des serviteurs préférés de Louis XI, et qui, bien plus souvent que son frère, résidait à Paris, offrait un souper à la duchesse douairière d'Orléans, Marie de Clèves, à son fils le duc Louis et à d'autres grands personnages. Le repas, somptueusement servi, réunit la noble compagnie dans la fameuse galerie dorée , mais M me de Narbonne, Marie d'Orléans, « alors fort grosse, » son mari, Jean de Foix, et six de leurs intimes soupèrent en une chambre basse, « au logis de Jehan de Roye, secrétaire de Mons. le duc de Bourbon et garde dudit hôtel de Bourbon. » Cet hôtel, qui était un peu sa chose, le chroniqueur l'a nommé encore à d'autres reprises. C'est là que fut

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célébrée, le 4 septembre 1467, la fête des noces de Nicole Balue, frère du cardinal, avec la fille de Jean Bureau, seigneur de Montglat, fête que le roi, la reine, le duc et la duchesse de Bourbon honorèrent de leur présence. C'est là encore que, le 12 septembre 1480, Julien de la Rovère, cai>dinal de Saint-Pïerre-ès-Liens, légat du pape, dîna et soupa avec le cardinal de Bourbon. C'est là enfin qu'au mois de janvier 1482, pour célébrer la paix conclue entre Louis XI et Maximilien et pour faire honneur aux ambassadeurs flamands, le même Charles de Bourbon fit représenter « une moult belle moralité, sottie et farce, où moult de gens de la ville alerent pour les voir jouer, qui moult prisèrent ce qui y fut fait ; » et le chroniqueur d'ajouter, avec un soupir de regret, « que les choses eussent esté plus triumphantes se n'eust esté le temps qui moult fut pluvieux et mal advenant pour la belle tapisserie et le grand appareil fait en la cour dudit ho s tel, laquelle cour fut toute tendue de la tapisserie de mondit seigneurie cardinal, dont il en avoit grand quantité et de belle. »

Dans le cours de son récit, Jean de Roye fait une mention fréquente des faits et gestes du duc de Bourbon et du cardinal son frère. Jean II est nommé plus de quarante fois, Charles de Bourbon à vingt reprises différentes. Comme l'a remarqué M. Vitu, « de tous les promoteurs de la guerre du Bien public, le duc de Bourbon est le seul que le chroniqueur ménage. » Après cette époque, Mgr et M me de Bourbon sont toujours cités très respectueusement après le roi et la reine. La mort d'Agnès de Bourgogne, veuve du duc Charles de Bourbon, au mois de décembre 1476, est l'occasion que saisit Jean de Roye d'énumérer fort exactement les enfants issus de cette union et encore vivants à cette date. C'est une marque de préférence qu'il n'a donnée à aucune autre mai-

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son, et il dit aussi que la défunte duchesse « vesquit sainctement et longuement » et que « son trespas fut fort plaint et ploré de tous ses enfants, parens, serviteurs et amis et de tous aultres habitans esdits pays de Bourbonnois et d'Auvergne. En benoist repos gise son ame ! »

Plus émue encore est la mention consacrée à celle que le chroniqueur qualifie « sa très redoubtée dame très noble, puissante, saincte et des bonnes vivans l'exemplaire » Jeanne de France, sœur du roi, épouse de Jean II, duc de Bourbon, laquelle mourut au mois de mai 1482.

Jean de Roye, c'est lui qui nous l'apprend dans son préambule, avait trente-cinq ans en 1460: il serait donc né vers 1425. A quelle époque mourut-il? quelles furent ses alliances? laissa-t-il une postérité? On n'en sait rien. Il est probable qu'il n'existait plus en 1495, car à cette date un certain Ambroise de Villiers, écuyer , seigneur dudit lieu, fut pourvu de la garde de l'hôtel de Bourbon à Paris. Ce personnage, qui avait été écuyer tranchant du duc Jean II, puis capitaine de la ville et du château de Thizy (1 er déc. 1488), résigna ces fonctions à la fin de 1495 ou au commencement de 1496 pour prendre possession à Paris de la conciergerie de l'hôtel de Bourbon. Or, il est dit que sa femme se nommait Perrette de Roye 1 . Les chances ne sont-elles pas pour que cette Perrette fut la fille de notre chroniqueur?

On a observé que la Chronique Scandaleuse, assez indifférente pour la dernière année du règne de Charles VII,

4. c Provision de concierge de l'hôtel de Bourbon à Paris en faveur de maistre Jehan de Golonges, seigneur de la Motte, conseiller et maître des requêtes de M m * la duchesse, pour se pouvoir loger commodément à Paris, que souloit tenir feu Ambrois de Villiers et Perrette de Roye, sa femme. A Montbrison, pénultième février 4503 > (Extraits de titres de la Chambre des comptes de Mou- Jtiu.Bibl. nat., ms. fr. 22299, vol. I, fol. 495. Cf. fol. 428).

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est absolument nulle pour les années 1462 et 1463. Le chroniqueur se borne à dire que, pendant cette période, « ne survint riens que doye estre mis en grant mémoire. » Quicherat, qui voyait dans la Scandaleuse une rédaction faite sur les notes de Jean Castel, donne pour raison au silence de la Chronique les pérégrinations que Castel entreprit à cette époque à la suite de Louis XI. Mais que penser d'un historiographe officiel qui aurait omis de garder mention de ces événements d'importance capitale, l'acquisition du Roussillon et de la Cerdagne, la guerre de Catalogne et surtout le rachat des villes de la Somme? Inexplicable est bien aussi, il faut le dire, le silence de Jean de Roye sur des faits dont le dernier fut l'occasion d'emprunts considérables effectués au greffe du Parlement et dans les caisses particulières des membres dé la bourgeoisie de Paris. Comment n'a-t-il pas conservé le souvenir de cet acte despotique, qui fit grand bruit à l'époque? C'est un mystère que l'absence de tout renseignement sur la vie de Jean de Roye, pendant les années 1462 et 1463, ne permet pas d'éclaircir. Avec les années 1464 et 1465 surtout, la Chronique devient extrêmement détaillée et prend les allures d'un journal tenu au jour le jour. L'auteur fréquentait certainement l'hôtel du prévôt de Paris, Robert d'Estouteville, où l'intelligence et les grâces de M me d'Estouteville, Ambroise de Loré, réunissaient tout ce que Paris contenait de personnages d'importance 4 ; il était donc en mesure d'être très exactement informé de ce qui se passait soit en Bourbonnais pendant la triomphante campagne de Louis XI, soit à Paris durant les longues et moins brillantes journées de cette guerre de mesquines intrigues,

1. Il faut noter que le chroniqueur officiel Jean Castel était, lui aussi, l'un des familiers de la maison d'Estouteville et qu'assurément des relations ont dû exister entre Jean de Roye et lui.

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qui se poursuivit au dedans comme au dehors des murs de la grande ville pendant l'automne de la néfaste année du Bien public.

Le plus ancien manuscrit de la Scandaleuse, celui que Jean de Roye a signé, s'arrête, on l'a déjà dit, à la date de Pâques 1479. Ceux-là mêmes qui n'ont pas connu les manuscrits ont observé qu'après l'année 1477* et jusqu'à la fin, le récit du chroniqueur devient moins détaillé et prend une allure beaucoup plus rapide 1 . C'est une remarque juste, surtout si on substitue la date de 1479 à celle de 1477 ; mais ce qui est également facile à constater, c'est qu'à partir de cette année 1479 les jugements du chroniqueur sur les actions de Louis XI et de ses agents deviennent plus sévères. Aux éloges des précédentes années succède une réserve dont les motifs sont aisément pénétrables pour qui veut bien se souvenir qu'à la suite des révélations plus ou moins sincères du duc de Nemours, Louis XI conçut de terribles soupçons contre le duc de Bourbon, et que le cardinal son frère, jusque-là un des favoris du roi, dut quitter Paris pour un temps, complètement disgracié, tandis que les officiers de Jean II, poursuivis devant le Parlement pour avoir empiété sur les droits du roi, étaient emprisonnés, soumis à de sévères interrogatoires et finalement relâchés. Il ne serait pas surprenant que, dans ces circonstances, Jean de Roye eût interrompu son œuvre pour ne la reprendre et la compléter qu'après la mort de Louis XI. Ceci expliquerait la

Voir les vers adressés par Gastel à Gh. de Gaucourt, au nom du prévôt de Paris, en mars 1465, v. st. :

« Cent mille fois, monseigneur le prevost D'Estouteville a vous se recommande, etc. »

(Quicherat, Recherches sur Jean Cas tel, dans la Bibl. de l'École des chartes, i n série, t. II.) 1. Vitu, ouvr. cité, p. 37.

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rapidité avec laquelle la Chronique, remplie auparavant de détails sur les événements parisiens, résume les dernières années du règne.

Concluons donc que la Chronique Scandaleuse est l'œuvre d'un notaire parisien nommé Jean de Roye, secrétaire du duc de Bourbonnais Jean II et garde de l'hôtel de Bourbon à Paris. La Scandaleuse n'est pas, comme on l'a dit, une réédition de la Chronique officielle du règne de Louis XI, mais une œuvre originale et personnelle, dont le contenu a été au contraire reproduit parfois textuellement par ceux qui ont écrit l'histoire de cette époque 1 et par les compilateurs qui, au xvi 6 siècle, travaillèrent à la continuation des Grandes Chroniques de France.

Nous adressons, en terminant cette trop longue préface, de sincères remerciements à ceux qui ont bien voulu nous assister dans les recherches qu'a nécessitées l'annotation de la Chronique. Nous sommes particulièrement reconnaissant à nos confrères MM. Vaesen et Spont, qui ont mis à notre service les trésors de leur érudition et nous ont libéralement communiqué des renseignements sur une époque de l'histoire nationale qu'ils possèdent mieux que personne.

1. Cf. particulièrement le Compendium supra Francorum gestis, de Robert Gaguin, 1497, in-4°.

A l'onneur et louange de Dieu, nostre doulx saulveur et rédempteur, et de la benoiste, glorieuse vierge et pucelle Marie, sa mère, sans le moyen desquelz nulles bonnes euvres ou operacions ne pevent estre conduictes ; et pour ce aussy que plusieurs roys, princes, contes, barons, prelatz, nobles hommes, gens d'église et aultre populaire se sont souvent delictez et delio tent à ouyr et escouter des hystoires merveilleuses et choses advenues en divers lieux, tant de ce royaulme que d'aultres royaulmes christiens, au trente cincquiesme an de mon aaige me delectay, en lieu de passe temps et d'eschever oysiveté, à escripre et faire mémoire de plusieurs choses advenues au royaulme de France et aultres royaulmes voisins, ainsy qu'il m'en est peu souvenir, et mesmement depuis Tan mil quatre cens soixante que regnoit à roy de France Charles, septiésme de ce nom, jusques au trespas du roy Loys, unziesme de ce nom, filz du dit roy Charles, qui fut le penultime jour du mois d'aoust mil quatre

cens quatre vingtz et troys, combien que je ne vueil ne n'entens point les choses cy après escriptes estre appellées, dictes ou nommées Croniques, pour ce que à moy n'appartient, et que pour ce fayre n'ay pas esté ordonné et ne m'a esté permys, mais seulement pour donner aucun petit passe temps aux lisans, regardans ou escoutans i ce lies, en leur priant humblement excuser et supployer à mon ignorance et adresser ce qui y seroyt mal mis ou escript ; car plusieurs desdictes choses et merveilles sont advenues en tant de divers sitez et façons estranges que moult pénible chose auroit esté à moy ou aultre de bien au vray et au long escripre la vérité des choses advenues durant ledit temps 4 .

1. Interpolations et Variantes, § i. — Il est manifeste que la rédaction de ce prologue est postérieure à la mort de Louis XI. Donc, il n'a jamais figuré en tête du ms. fr. 5602, actuellement dépouillé d'ailleurs de ses deux premiers feuillets. A-t-il été transcrit au commencement du ms. fr. 2889? On ne peut le savoir, car ce manuscrit, plus maltraité encore que son aîné, débute seulement avec l'entrée du roi Louis XI à Paris. Le texte reproduit ici est celui fourni par l'édition gothique. Hors un renseignement sur l'âge du chroniqueur, ce prologue ne contient rien d'original. Les idées qu'il exprime se retrouvent dans la plupart des préambules des mémoires ou chroniques de l'époque, depuis le Miroir historial de Vincent de Beauvais, dont la traduction française par Jean de Vignay (Bibl. nat., ms. fr. 50) fut imprimée pour Vérard en 1495, jusqu'à Olivier de la Marche. « Pour ce que oiseuse est chose nuisant et commancement et atrait de tous vices selon ce que sainct Jeroisme tesmoingne..., • écrit frère Vincent; et le chroniqueur bourguignon, qui rédigeait sa préface vers 1472 ou 1473 : < Ayant de présent en souvenance ce que dit le saige Socrates que oysiveté est le délicieux lict et la couche où toutes vertus s'oublient et s'endorment... je doncques... ay emprins, etc. » Et, plus loin : a Et n'entens pas que ceste ma petite et mal acoustrée labeur se doibve appeler ou mettre ou nombre des cronicques. » Enfin, Olivier termine aussi par le vœu

Et premièrement, touchant le fait et utilité de la terre durant ladicte année mil quatre cens soixante, au regart et en tant que touche le terrouer et finaige du royaulme de France, il y creust compettamment de blez, qui furent bons et de garde ; et n'en fut point vendu, au plus chier temps de ladicte année, que vingt quatre solz parisis le septier, mais il n'y creust que bien peu de fruict. Et, au fait des vignes, il y eut bien peu de vin, et par especial en l'Isle de France, comme d'ung muy de vin pour chascun arpent, mais il fut bien bon ; et se vendit chier le vin creu es bons terrouers d'entour Paris, comme de dix à unze escus chascun muy 1 .

En ce temps fut faite justice et grande execucion audit lieu de Paris de plusieurs povres et indigentes créatures, comme de larrons, sacrilèges, pipeurs et crocheteurs. Et pour lesdis cas plusieurs en furent batus au cul de la charette, pour leurs jeunes aages et premier méfait, et les aultres, pour leur mauvaise

« que les lisans et oyans suppleront mes faultes, agréeront mon bon vouloir et prendront plaisir et delect de ouyr et savoir plusieurs nobles, belles et solempnelles choses advenues de mon temps et dont je parle par veoir, non pas par ouy dire i (éd. Beaune et d'Arbaumont (Soc. de l'hist. de France), t. I, p. 183-187).

1. Il en fut de même dans le Nord (Mémoires de Jacques du Clercq, éd. Reiffenberg. Bruxelles, 1823, 4 vol. in-8°, t. III, p. 27 et 92) et en Normandie. Les Rouennais adressèrent au Conseil du roi des représentations pour que l'exportation des blés fût interdite, considérant que, dès le mois d'août, il ne restait plus rien de la récolte précédente et que les céréales avaient été cette année rentrées dans de fâcheuses conditions. U était à craindre aussi que vins, cidres et poirés ne fussent peu abondants, ce qui augmenterait la consommation de la bière et de la cervoise, boissons qui se fabriquaient avec du grain (Reg. des délibérations de l'hôtel de ville de Rouen, A 8 , fol. 181).

coutume et persévérance, furent penduz et estranglez au gibet de Paris, nommé Montigny, nouvellement] créé et estably pour la grant vieillesse, ruyne et décadence du précèdent et ancien gibet, nommé Montfaucon 1 .

Audit temps fut fait mourir et enfoye toute vive, audit lieu de Paris, une femme nommé Perrette Mauger, pour occasion de ce que ladicte Perrette avoit fait et commis pluseurs larrecins, et en ce faisant par long temps continué, et aussy favourisé et recellé plusieurs larrons, qui aussy faisoient et commettoient plusieurs et divers larrecins audit lieu de Paris; lesquelz larrecins pour lesditz larrons vendoit et distribuoit, et l'argent que de ce elle recepvoit, en bailloit et délivrait ausditz larrons leur portion, et pour elle en retenoit son butin. Pour lesquels cas et aultres par elle confessez fut condempnée par sentence donnée du prevost de Paris, nommé messire Robert d'Estouteville, chevalier 2 , à souffrir mort et estre enfouye toute vive devant le gibet, et tous ses biens acquis et

1. Le gibet neuf de Montigny, élevé vers 1457, n'était pas éloigné de celui de Mont faucon, lequel datait du xni« siècle et se dressait en dehors de l'enceinte de Paris, entre les portes Saint-Martin et du Temple (voir le plan de Paris, dit de la Tapisserie, et Longnon, Œuvres de Villon. Paris, 1891, in-8*, p. xxn).

2. Robert d'Estouteville fut armé chevalier par Charles VII en 1441, après la prise de Pontoise (Beaucourt, Hist. de Charles VII, t. III, p. 192). Seigneur de Beynes, baron d'Ivry et de Saint- André en la Marche, conseiller et chambellan du roi et garde de la prévôté de Paris, il succéda dans ce poste important à son beau-père Àmbroise de Loré (1447). Robert d'Estouteville, destitué par Louis XI dès son avènement au trône, fut rétabli en 1465 et exerça l'office de prévôt de Paris jusqu'à sa mort, survenue au mois de juin 1479 (voir ci-après).

confisquez au roy. De laquelle sentence et jugement elle appella formellement en la cour de Parlement; pour révérence duquel appel fut différé à exécuter. Et après que par ta&cte court le procès d'icelle eut esté veu et visité fairdit, par arrest d'icelle et en confermant ladicte sentence, que ladicte Perrette avoit mal appelle et l'amenderoit, et que ladicte sentence serait exécutée 1 ; ce qui Ait dit à icelle Perrette, laquelle declaira lors qu'elle estoit grosse : par quoy fut derechief différé de l'exécuter et fut feit visiter par ventrières et matrosnes qui rapportèrent à justice qu'elle n'estoit point grosse. Et incontinent ledit raport fait, fut envoyée exécuter aux champs devant ledit gibet par Henry Cousin 2 , exécuteur de la haulte justice audit lieu de Paris.

Merveilles advenues au royaulme d'Angleterre

en ladicte année 3 .

En ce temps passa la mer en Angleterre ung légat de Romme, légat de par le pape 4 , qui illec prescha le

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