‹ Journal de Jean de Roye: connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483Chapitre 115 sur 151 · Cest-à-dire large, lata · texte numérisé non relu

Cest-à-dire large, lata

2. MoUnet, 1, 19 et suiv. Cf. Bibl. nat., ma. fr. 29!3, fol. !1. Il est bon de se souvenir que c'est d'Esquerdes qui, en qualité de chef d'armée, succéda au comte de Dammartin dans la confiance de Louis XL

ci-dessus, p. 48.) — Et autres choses dont il bailla le gouyernement à Mons. d*Esquerdes...

CL. — (Clair. 481, fol. 454, 1. 82. Chron. scand., ci-dessus, p. 49,)— Jour de may mil IIIPLXXVII. Auquel lieu d'Airas, maistre Ântithus, nommé maistre Denis Cousin, âst ungne merveilleuse et grande exécution d'aucunes gens, es festes de la Penthecouste, qui se vouloient mettre devant ledit siège dedans laditte ville, et y eut des testes tranchées ung grant et piteable nombre ; et me fut dict que ceulx qui povoient payer six escus au gouverneur de Daulphiné, nommé Jehan Daillon, rechappoient^

En ce temps, le roy, estant à Arras, envoya de laditte prinse les nouvelles au conte de Dampmartin, grant maistre d'ostel de France, qui estoit en autre quartier faisant son debvoir de mettre pays en la subjection du roy, et luy envoya unes lettres missives desquelles la teneur s'ensuit :

« Mons. le grant maistre. Dieu mercy et Nostre Dame, j*ay prins ceste ville et m'en voys à Nostre Dame de la Victoire. Et, à mon retour, je m'en voys en vostre quartier et vous meneray bonne compaignie. Et pour ce ne vous souciés que de moy bien guider, car j'ay espérance que nous y besongnerons aussi bien que j'ay faict par deçà. Au regard de ma blessure, sa esté le duc de Bretaigne qui le m'a fait faire pour ce qui me appelloit le roy couart ; et aussi vous sçavés depieça ma coustume, car vous m'y avez veu autresfoiz.

« De ceulx que vous m'escrivez de Talleren et de Bertran de Roye que je vous ay renvoyés, je n'en sceulx onques riens, ne ne croy pas que riens leur en ait esté dict de par moy, quelque chose qu'il vous dient.

« Mons. le grant maistre, je vous prie que vous me Cactes (sic) souvent sçavoir de vous nouvelles et de ce qui surviendra pardelà. Et adieu.

1. c Ceux qui avoient puissance de payer ranchon furent respités, et les auitres décapités sur un hlocq d'une doloire, cent et cinquante pour un jour i (Molinet, U, 25).

366 nmCRPOLATIOIfS KT VAEIAIITBB

« Escript à Ârras, le yn* jour de may [1477]. » Signé : « Loys. » Et au dessoubz : « Leritier. » Et au dos desdittei lettres : « Â Mous, le graot maistre^ »

CLI. — (Clair. 481, fol. 457, 1. 9. Chron. scand., ci-dessus, p. 52.) — Confisquez au roy. Et dudit deliiH quant je n'escrips point le nom, pour ce que beaucop qui k sçaivent le Tirent pillorier publiquement.

CLII. — (Qair. 481 , fol. 457, 1. 15. Ckran. scand., ci-d» sus, p. 52.) — A V encontre de Mons. le prince d^Orenge, pour aucunes injures à luy Caictes par ledit prince, aucuns disans que le rapport avoit esté Caict à tort, non obstant que ledit seigneur et prince estoit tenu très saige chevalier en ce royaulme et non trouvé en faulte; lequel servit le roy en ses grans affaires, tant en Bourgoigne que en Daulphiné, jusques à tant qu'il se retira vers monseigneur le duc Phelipe en Bourgoigne, duquel il fut très honnestement receu.

CLIII. — (Clair. 481, fol. 458, 1. 10. Chron. scand., ci-dessus, p. 54.) — A XVPcombatans. Ety futprinsledit seigneur de Chasteauguion par ung nommé Meritain^, vaillant chevallier et lieutenant du seneschal de Toulouse, qni pour laditte cause çn eut de grans biens du roy.

CLIV. — (Clair. 481, fol. 458, 1. 17. Chron. scand., ci-dessus, p. 54.) — Saint-Martin des Champs. En icelluy temps, le conte de Dampmartin, grant maistre de France, qui avoit la charge et conduicte de l'armée du roy en Picardie et conté de Henault, print d'assault la ville d'Âvennes et la mist en l'obéissance du roy avec autres pays ^ Et luy estant illec, eut lettres du mareschal Joachin qui luy prioit qu'il le

i. Il n'existe pas, à notre connaissance, d'autre texte manuscrit de cette lettre que celui fourni par le ms. de Glairambault.

2. Jean de Meritain, conseiller et chambellan du roi (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 1935). Sur cette affaire, voyez la lettre de Louis XI, du 22 juin [1477] dans Lettres et bulletins des armées di Louis II, cités, p. 20 et suiv.

3. Molinet (II, 40 et suiv.) dit qu'Avesnes fut remise à Louis XI, malgré la résistance de ses habitants, par le seigneur de Peruwelx, commandant de la garnison. Cf. Lettres et buUêtins, etc., cités, p. 16.

Toolsist recommander à la bonne grâce du roy, ainsi qu'il s'ensuit :

« Mons. le grant maistre, jeme recommande à tous, tant fort de sy bon cueur comme je puis. J'ay sceu de vos nouvelles par ce porteur et comment vous avez prins Aveusnes d'asault et que avez la conduite de l'armée du roy ; dont je vous asseure que j*ay esté et suis fort joieulx. Mons. le grant maistre, je vous prie que se vous veez et que le puissiez foire, que vous me recommandés humblement en la bonne grâce du roy et qui lui plaise avoir souvenance de moy ; et prie à Dieu qui lui doint acomplir tout ce qui désire. Et vous prie de rechief que tout ce que porez Caire pour moy que le faiciez. Et à Dieu, Mons. le grant maistre, auquel je prie qui vous doint bonYie vye et longue.

« Escript à Chastillon, le xxmi*^ jour de juing [1477]. Le tout vostre : Joachim. »

Et au dos : « A Mons. le conte de Dampmartin, grant maistre de France*. »

CLV. —(Clair. 481, fol. 460, 1. 30. Chron. scand., ci-dessus, p. 56.) — Confisquées au roy. Et du dictum de la sentence, qui contre luy fut donnée plus ample, la teneur s'ensuit :

« Veuz par la court, président en icelle comme lieutenant du roy nostre sire, représentant sa personne et à ce par luy commis, le conte de Cleremont, seigneur de Beaujeu, les charges, informations, confirunctations et procès faitz à Feucontre de messire Jacques d'Armignac, duc de Nemours, ses confessions voluntaires et autres choses qui faisoient à veoir touchant plusieurs fractions, conspirations, machinations, grans et énormes crimes, delictz et maléfices par luy commis et perpétrez contre le roy et monseigneur le daulphin son fllz, ou très grant détriment, préjudice, dommage, destruction et subversion de la chose publicque du royaulme, en descongnoissant plusieurs grans biens, grâces, pardons

i. Orig. à la Bibl. nat., ms. fr. 2913, fol. 98.

368 INTERPOLATIONS BT VARIANTES

et remissions que le roy luy avoit faitz et tout ce qui £aisoit à veoir et conciderer en oeste partie, il sera dict que laditte court a declairé et declaire icelluy Jaques d'Armignac estre crimineulx de crime de leze majesté, et comme tel Ta priié et prive de tous honneurs, biens, grâces, pardons et r^nissions que le roy luy avoit faitz et prérogatives, l'a condempné et condempne à recepvoir mort et estre décapité et exécuté par justice, et a declairé et declaire icelle court tous et cbacuns ses biens estre confisquez et appartenir au roy '. »

Et, alors que laditte sentence fiit donnée, fut envoyée au roy par laditte court, ensemble unes lettres missives que ledit de Nemours luy escripvoit, desquelles la teneur s'ensuit :

« Mon très redoubté et souverain seigneur, tant et â humblement que faire puis ne sçay, me recommande à vostre grâce et miséricorde. Sire, j'ay faict à mon povoir œ que par Mess" le chancellier, premier président, Mons, de Montagu et visroy^, vous a pieu me conmiander, car, pour mourir, ne vous veul désobéir ne desobeiray. Sire, ce que leur ay dit me sembloit que dévoie dire à vous et non à autre, et pour ce vous supplie qu'il ne vous plaise en estre mal content, car riens jamais ne vous veulx celer ne celeray. Sire, en toutes les choses dessusdittes j'ay tant mespris envers Dieu et envers vous que je voy bien que suis perdu, si vostre grant grâce et miséricorde ne si estend, laquelle, tant et si très humblement et en grant admertume et contriction de cueur que je puis, vous supplie et requier, en Tonneur de la benoiste passion de Nostre Seigneur Jesu Crist et mérites de la benoiste vierge Marie et des grans grâces qu'ils vous font, plaise vous me la m'octroier libéralement et donner. Sire, ce seul pris a racheté tout le monde, je le vous présente pour la délivrance de moy, povre pécheur, et entière abolition et grâce. Sire, pour les grans grâces qui

i. Noyon, 10 juillet 1477. Ce texte est emprunté au Procès do duc de Nemours (ms. Sainte-Geneviève, L^^, fol. 481). 2. Boffile de Juge, vice-roi de Roussillon et de Gerdagne.

VOUS sont Êiictes, &ictez moy grâce et à mes povres enfans, ne sou£frez que pour mes pechiés je meure à honte et confusion ne qu'ilz vivent en déshonneur et au pain querant. Et, si avez eu amour à ma femme, plaise vous avoir pitié du povre et malheureux mary et orpheins. Sire, ne sou£frés que autre que vostre miséricorde, clémence et pitié soit juge de ma cause, ne autre que vous vous plaise, pour honneur de Nostre Dame, n'en ait congnoissance. Sire, derechief en honneur de cette benoiste passion de nostre rédempteur et de la glorieuse benoiste vierge Marie, tant et si très humblement que faire puis, vous requier pardon, grâce et miséricorde. Sire, en honneur des grâces et victoires que Dieu vous faict, plaise vous la me faire, et je vous serviray bien et si loyaulment que vous congnoistrez que suis vray repentant et que, de force de bien faire veul amender mes deffaultes. Pour Dieu, sire, ayez pitié de moy et de mes povres enfans et estandés vostre miséricorde, et à tousjours mais ne cesserons de vous servir et de prier Dieu pour vous, auquel supplie que par sa grâce. Sire, vous doint très bonne vie et longue et acomplisement de tous voz bons et haulx désirs.

4c Escript en la caige de la Bastide, le derrenier jour de janvier. »

Et au dessoubz, en la subscripcion desdittes lettres, estoit escript : « Vostre très humble et très obéissant subject et serviteur, le povre Jaques*. »

Lesquelles lettres missives estoient dattées dès le dernier jour de janvier auparavant ledit dictum.

Et, nonobstant lesdittes lettres missives, le duc de Nemoux ne peult obtenir ne avoir du roy aucune grâce ou pardon.

CLVI. — (Clair. 481 , fol. 462, 1. 9. Chron.scand.,ci-àeS' sus, p. 58.) — Ville de Paris. En ce temps furent admenez

i. Le rédacteur du ms. interpolé a transcrit cette lettre des procès-verbaux du Procès du duc de Nemours, où elle se trouve deux fois (ms. cité, fol. 412 et 477. Cf. Jacques d'Armagnac, etc., p. 97 et 104). Nous avons adopté le texte fourni par le ms. du Procès qui présente des différences très légères avec celui du ms. interpolé.

370 nmfiRPOLATIONS BT VAHIANTBS

Jehan Boudeau, officier du oonte de Dampmartin, ei Martin Roy, reoepyeur dudit conte, à la requeste d'un ladre de Yff sar Darapmartin, faulx aocusatear contre les deesasdits de quelque charge que on leur vouloit imposer envers le roj, que on disoit qu*ilz a voient faicte à la requeste de leur maistre. Mais, quant ledit faulx accusateur les vit, il dist que oe n'estoient pas les dessusditz. Et fut cela faici à la requeike d'aucuns envyeulx contre ledit grant maistre, qui estcnent k luy subjectz, comme on disoit. Toutesfoitz, ilz furent délivrés par le roy et son Grant Conseil comme purs et innoceos desditz cas que on leur vouloit imposer, et disant non cougnoissans ceulx qui les avoit accusez. Et ledit grant maistre, adverti de ce, requist au roy qu'il voulsist soffrir luy ouvrir justice contre les accusateurs ; ce que ne luy volut accorder le roy, en disant que l'accusacion qui avoit esté faicte contre luy par ses envyeulx estoit assés congneue, et qu'il aroit assés prouvé, tant luy estant daulphin que de son règne, où il ne luy avoit faict aucune faulte, mais Ta voit bien et loyaulment servy. Toutesfois, ledit grant maistre avoit trouvé par conseil qu'il eust eu desditz Caulx accusateurs une bonne grosse amende honnorable et prouffitable * .

CLVII. — (Qair. 481, fol. 466, 1. 5. Chron. scand., ddessus, p. 62.) — Ce qui f\d fait. En icelluy temps, Mons.de Moy et autres capitaines estant en Arthois et pays de Picardie, furent advertiz que le duc Maximien, duc en Autriche, estoit arrivé à Ypre * et [avoit] fait assemblée de gens d'armes pour faire guerre au roy et à ses subjectz et pays. Dont ilz firent sçavoir les nouvelles au conte de Dampmartin, grant maistre de France, qui jà longtemps avoit esté en la ville <te Quesnoy, dont il avoit la garde de par le roy, rt loy

i. Sur les accusations calomnieuses dont le grand maître finit par ôtre la victime (voy. plus loin, p. 387 et suiv.), consultes une enquête faite en 1481 et publiée dans le BulUiin de la SocUU des sciences de V Yonne, t. XI, p. 177 et suiv.

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