‹ Journal de Jean de Roye: connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483Chapitre 117 sur 151 · Béthnne, auj. ch.-I. d'arr. du dép. du Pas-de-Galais · texte numérisé non relu

Béthnne, auj. ch.-I. d'arr. du dép. du Pas-de-Galais

3. Golart, seigneur de Mouy ; Jacques de Luxembourg, seigneur de Richebourg; Jean Chenu, capitaine de gens d'armes; Pierre Blosset dit le Moine, seigneur du Mesnil-Mauger (Anselme, Vin, 91, et Cîommynes-Dupont, I, 363, note).

4. On remarquera que cette lettre est adressée non pas, comme

in INTERPOLATIONS BT VARIANTES

Et devez sçavoir que, quant le roy avoit baillé la charge dudit Quesnoy audit graut maistre et qu'il luy en aroit baillé la garde, icelle place estoit en très petite valeur, et aucuns ses ennemys, querans et desirans sa destruction, pourchassèrent vers le roy de le faire mettre en icelle place. Et, pour ce, luy de ce adverti, dist au roy telles paroUes ou en substance : « Sire, il y a longtemps que je usé premier du mestier des armes; mais, grâces à Dieu, je ne suis point si depourveu de sens que je n'entende bien que oesie place est de petite value, et ne foitz nulle doubte que, à la requeste de mes ennemys, lesquelz ne vous pourroient ne vouidroient et sçauroient faire le service que je vous sçauroye bien faire, vous m'en baillez la garde. Touteffoys, au plaisir de Dieu, je la garderay si très bien qu'il voussoa besoing de m'escripre à qui vous vouldrés que je la délivre. » Et luy; estant en icelle, la fist très bien reparer, fortifier et mettre en bonne valeur et deffense.

Audit temps, le roy, estant en l'abbaye Nostre Dame de la Victoire près Senlis, luy fut présenté par Philebert Babute, lors gouverneur de Dampmartin, Jehan de Chabannes, filz dudit conte.de Dampmartin, seigneur de Saint-Fergeau, lequel le roy voulentiers le receut en son service

CLVIII. — (Clair. 481, fol. 468, 1. 29. Chran. scand., ci-dessus, p. 63.) — Estaient à réduire. Au temps dessusdit, advint que aucuns de la ville du Quesnoy cuiderent livrer la ville, dont avoit la charge le grant maistre de France, aux Bourguignons; dont icelluy grant maistre fut adverti, flst prandre et appréhender ceulx qui faisoient laditte trayson et en âst faire la pugnition telle que au cas appartenoit, et en escripvit au roy en ceste manière :

« Sire, le plus humblement que je puis, me reconunande à vostre bonne grâce. Et vous plaise sçavoir que, puis ciaq

Ta dit rinterpolaleur à la page précédente, à Antoine de DaInma^ tin, mais à Jean d'Estouteville, seigneur de Briquebec, et à ses compagnons.

OU six sepmaynes en ça, plusieurs des geus de Jaques Oallyot * se sont venuz rendre en ceste ville. Et, entre autres, il en vint dernièrement ung qui, faignant de soy venir rendre, venoit icy pour veoir quel nombre de gens il y avoit en ceste ville, et pour congnoistre la conduicte des gens d'armes et de la ville ; et, cela fait, s*en déçoit retourner devers ledit Gallyot pour le luy dedairer. Et, pour ce que j'en feuz adverty par ung de ses compaignons, je le feiz prendre et incontinent faire son procès. Il congnut le cas et accusa ung homme de ceste prevosté, qui alloit et venoit souvent en ceste ville et qui y avoit ses amys, lequel je feiz prendre semblablement et faire son procès. Il congnut de son bon gré, sans force, que ung nommé Prudence, qui est lieutenant dudit Galyot, avoit marchandé à luy à une somme d'argent qu'il lui devoit donner pour mettre le feu en ceste ville, et le devoit advertir du jour qu'il le pourroit faire; auquel jour ledit Galyot et ledit Prudence, son lieutenant, au plus grant nombre de gensqu'ilz eussent peu assembler, se dévoient trouver devant ceste ville à l'eure que le feu y devoit estre mis. A ceste cause, leur procès fait et le cas par eulx congneu, j'en feiz depescher le pays^ et leur ay fait coupper les testes et mettre en quatre quartiers.

« Le fait dudit Galyot est peu de chose par deçà, car la pluspart des gens qu'il avoit ont esté thuez les ungs, et les autres se sont venuz rendre, et encores il y a qu'il en a esté prins vingt chevaulx devant Yalenciennes. Et a esté luy mesmes depuis peu de temps fort oultraigé, rebouté et

i. L'Italien Jacques Galiot ou Galeotto, déjà mentionné plus haut, avait servi le duc de Galabre pendant la guerre du Bien Public. U passa au service du duc de Bourgogne et, au siège de Neuss, commandait une bande de mercenaires italiens. Galiot fut tué le 28 juillet 1488 à la bataille de Saint-Âubin-du-Gormier.

2. Quicherat voudrait ici le payement, La minute de cette lettre, dont nous avons adopté le texte de préférence à celui fourni par le ms. interpolé, porte bien pays (Bibl. nat., ms. fr. 2913, foi. 90, sans la date du mois). Il faut entendre despescher dans le sens de débarrasser (voy. Dict, de Vanc. langue française).

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rechassé dedens la ville et fiort bleoé. Il n'est pas à Yaleadœnes, et dit on qu'il est allé devers le duc d'Autriche et qu'il a eu cougié de s'en aller. Bientost vous saurez nouvâUas de ce qu'il en sera. Sire, je prie à Dieu qu'il vous doint bonne vie et loDgue. Escript au Quesnay, le xxvi* jour de décembre. » Soubscriptez : < Yostre très humble et tris obéissant subgect et servitair, Anthoine de Chabannes. > Et au dos : < Au roy, mon souverain seigneur. »

En icelluy temps et durant que le conte de Dampmartin, grant maistre d*ostel de France, estoit au Quesnoy, dont il avoit la charge, aucuas gens d'armes de la garnison de œ lieu prindrent quatre Alemans de la garnison de Yalenciennes, lesquelz furent mis à finance, et, après leur rançon payée, firent le serment au roy et promisrent de livrer aox gens du roy une place nommée ArchiesS laquelle eetoit petite, mais bien forte et defensable, assise sur la rivière de ï'Escau, entre Mous et YaleDdennes, et estoit bien noysable à ceulx de Yalenciennes pour ce que c'estoit une def par où leurs vivres venoient en laditte ville de Yalenciennes. Et, pour fournir à laditte entreprinse, ledit grant maistre y envoya le seigneur de Montfiaucon et Jehan de Maleret et environ deux cens combatans, lesquelz entrèrent en laditte place et prindrent le serment des Alemans et gens qui estoient dedans.

Et, après laditte prinse, lesdits capitaines et gens de guerre s'en retournèrent au Quesnoy, et en leur chemin trouvèrent messire Philippe de Ravestain, Jaques Galiot, le bailly de Henault et autres jusques au nombre de mi mil combatans qui leur a voient coppé le chemin, cuidans les deffaire, mais lesdits seigneur de Montfaucon et sa compagnie, voyans leurs [ennemis] devant eulx, prindrent couraige et frappèrent dedans eulx et passèrent oultre, ouilgré que lesdits ennemys eussent. Et y firent si bien et si vaillamment qu'il fut tué bien im" hommes desdits Bourgui-

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