Bouchain, auj. dép. du Nord, arr. de Valenciennes
D8 LA GHRONIQUB SCANDALEUSE. 385
quelles, enseiàble desdittes lettres missiTes, la teneur s'ensuit : « Mons. le grant maistre, j'ay despeche le gouyerneur de Daulphiné pour s'en aller au Quesnoy. Je luy ay chargé vous dire aucunes choses, et pour ce vous prie que vous faictez ce qu'il vous dira et le croyez comme ma propre personne et sans difficulté ne dissimulation nulle. Et adieu. Escript à Cambray, leviiT jour de juing. » Signé : « Loys. » Et au bas : « J. Mesme. » Et en la suscripcion : « A Mons. le grant maistre^ »
Item, s'ensuit la teneur des lettres patentes : < Loys, parla grasse de Dieu roy de France, à nostre amé et féal cousin le conte de Dampmartin, grant maistre d'ostel de France, salut et dilection. Nous voulons et vous mandons que les chastel et ville du Quesnoy le Conte, dont le présent avez la charge pour nous, que vous les baillés et mettez entre les mains de nostre amé et féal conseillier et chambellan le sire du Lude, gouverneur de Daulphiné, pour en faire et disposer ainsi que par nous luy a esté ou sera ordonné. Et en ce faisant, nous vous tiendrons quitte et deschargé de la garde que en avés eue de par nous, et vous en quittons et deschargeons par ces présentes, signées de nostre main^.
« Donné à Cambray, le vm* jour de juing , l'an mil IIIP LXXVIII. > Signé : « Loys. » Et au bas : « Par le roy, le prothonotaire de Qugny, maistre Guillaume Picard, gênerai, et autres presens. Petit. »
Et au dos desdittes lettres patentes estoit escript : « Nous, Jehan Daillon, chevalier, seigneur du Lude, gouverneur du Daulphiné, certifions que par Mons. le grant maistre, par vertu de ces présentes lettres, nous a esté baillé en nostre main la ville et le chasteau du Quesnoy le Conte. En tesmoing de ce, nous avons signées ces présentes de
1. Nous ne conaaissons pas d'autre texte manuscrit de cette lettre que celui fourni par le ms. Glairambault.
2. En négociant la trôve de sept jours, conclue le 10 juin 1478, le comte de Ghimay obtint de Louis XI Tévacuation du Quesnoy que les Bourguignons réoccupèrent ainsi que Bouchain.
386 niTKRPOLATIONS IT VARIANTES
nostre main, le x® jour de joing mil IIII'' LXXYUI. J. Daillon« »
CLXIII. — (Clair. 481, fol. 489, 1. 23. Chron. seand., d-dessiis, p. 74.) — Sur ceprinse. Et de là s'en retooma le roy à Saint-Quentin, et dudit lieu envoya unes letta missives au grant maistre, desquelles la teneur s'ensuit :
< Mons. le grant maistre, vous retendrez avecques vou tant que vous vouldrez les deux cens lances qui vont à Tournay, et mille ou douze cens chevaulx ne sont pas pour vous courir sus veu la compaignie que vous avez, mais je vous prie qu'il n'y faille pas retourner une autre foiz Caire le gast, car vous estes aussi bien ofScier de la couronne comme je suis, et si je suis roy vous estes grant maistre. Et adieu. Escript à monseigneur Saint-Quentin, le xxv" jour de juing. » Signé : < Loys. » Et au dessoubz : « J. de Chaomont. » Et au dos : « A Mons. le grant maistre * . »
GLXIV. — (Qair. 481, fol. 490, 1. 10. Chron. scand., p. 74.) — UAmbaise, lequel y servit le roy et le royaulme très vaillaument et saigement, de quoy il doit estre iaicte mémoire perpétuelle. . .
CLXV. — (Clair. 481, fol. 490, 1. 31. Chron. scand., ci-dessus, p. 75.) — Biens saufz. Et fut laditte composition de Beaulne du tout à Tavantaige du roy.
CLXVI. — (Clair. 481, fol. 491, 1. 13. Chron. scand., ci-dessus, p. 76.) — Plain cours. Et fut cause ung des principaulx de faire ledit accord Mons. de Curton, gouv^neur de Lymosin ; et envoya le roy audit Maximien par ledit gouverneur ung beau cbe val qu'il avoit eu du duc de Guienne.
CLXVII. — (Clair. 481, fol. 492, 1. 18. Chron. scand., ci-dessus, p. 78.) — De Beaujeu, où estoient les evesquesde Valence, frère du seneschal de Beaucaire, l'evesque de Laval, et Mons. l'abbé de Marmoustier, tous nepveux de Mons. le grant maistre^...
i. L'original de cette lettre est à la Bibl. nat., ma. fr. 2913,
fol. 60. Elle parait appartenir à Tannée 1477 et non à Tannée 1478.
2. Antoine de Balsac, évéqae de Valence (1473-1491), était bèn
Dl LA GHRONIQUK 8CANDALEUSB. 387
CLXVin. — (Clair. 481, fol. 495, 1. 3. Chron. scand., ci-dessQs, p. 81.) — Arras, dont avoit la charge Mons. du Lude, et en aon absence le seigneur de Baudricourt , capitaine de cent lances poar le roy.
CLXIX. — (Qair. 481, fol. 496, 1. 28. Chron. scand., cidessus, p. 84. ) — Avec autres, c'est assavoir la compaigniede Mons. le grant maistre d'ostd de France, que ondisQit avoir esté £aict à la requeste Mons. du Lude ; dont toutesfois il ne perdit riens de son estât et pencion qu'il avoit du roy, qui montoit à xxv mil if livres tournois par an payez en ceste manière : c'est assavoir, pour l'ofiSce de grant maistre dix mil francs; pour l'ordre, im mil 1. 1. ; quatre mil ducas, qui vallent ym mil 1. 1., qu'il eut du roy sur Briançonnoys, qui estoient payez au jour de la Chandeleur ; et douze cens livres tournois pour sa compaignie. Et en oultre tint tousjours du roy Montivillier, Harfleu et Chasteau-Gaillard , qui luy valoient n mil livres tournois. Et ce en recongnoissance des bons et agréables services qu'il avoit £aictz au roy Charles VIP et à luy. Et l'estimoit le roy ung homme très hardi et bon chevalier; et se quelques grans affaires luy faussent survenuz en son royaulme, en luy gisoit tout son affaire.
CLXX. — (Clah*. 481, fol. 497, 1. 24. Chron. scand., ci-dessus, p. 85.) — Imposez. Et en ce temps le roy escripvit unes lettres missives audit grant maistre dont la teneur sensuit :
« Mons. le grant maistre, pour ce que je sçay la p^ne et service que avés tousjours portée tant envers feu mon père que moy, j'ay advisé pour vous soulager de ne vous faire plus homme de guerre, non obstant que j'entends bien que je n'ay homme en mon royaulme qui entende mieulx le faict de
de Ruffet, mort le 25 oct. 1473. Tous deux étaient fils de Jean^ seigneur d'Ëntraigues, et de Jeanne de Ghabannes. — Il faut lire non pas Tévôque de I^aval, mais l'évoque de Lavaur, Jean Vigier (1469-1497). — Gui Ul Vigier fat abbé de Marmoutier de 1458 à 1498 (Gall. chrUU, t. XIV).
a88 INTERPOLATIONS ET VAMANTBS
la guerre que vous et où gist plus ma fiance s'il me yenoit quelque grant affaire ; et aussi l'ai ge dict à Pierre Cleret pour vous le dire. Et touchant Tostre estât et pencion que avez de moy, je ne vous l'osteroye jamais, mais plustost la youscrestroie ; et si n'oblieray jamais les grans services que m'a?és faitz, pour quelque homme qui en veulle parler. Et adiea. Signé : s. Loys. » Et au dessoubz : « [J.] Mesme^ »
Et de ceste yolée furent defiaitz Mess'* de Craon, Maa?es et OrioUe, qui avoient chascun cent lances, et le seneschal d*Agenetz qui en avoit autant^, et la compaignie de Robinet du Quesnoy et d'autres capitaines cassés jusques à ung grant nombre. Et devez sçavoir que ledit grant maistre eut r^[rect merveilleux de perdre ses gens d'armes, et non sans cause, pour ce que tousjours il avoit bien mérité envers le ray de les avoir, non obstant qu'il ne perdit jamais riens des xxu mil francs d'estat qu'il avoit du roy , conmie dessus est dict.
Et, incontinant que ledit grant maistre fut adverti que le roy luy avoit osté sa charge et compaignie, il luy enyoya unes lettres missiyes faisans responce à celles que le roy luy avoit envoyées, desquelles la teneur s'ensuit :
1. Cette lettre et la réponse d'Antoine de Ghabannes ont été transcrites par Legrand avec les dates respectives de Tours (Usez Thouars)^ !•»• nov., et de Saint^Maurice, 12 nov. (1479) (Bibl. nat., ms. fr. 6987). Le comte de Dammartin avait alors environ soixante-dix ans.
2. En 4477, Oriole et le seigneur de Mauves ravageaient avec la garnison française de Ghimay les environs de Beaumont. Ud corps bourguignon les surprit à Froide-Gliapelle, leur arracha leur butin, tua trente liommes et emmena deux cent cinquante prisonniers. Trois jours après, Frédéric de Witem présentait an duc d'Autriche l'étendard d*Oriole sur lequel figurait un loap qui étranglait des moutons (Molinet, II, 113 et suiv.). Cet échec fut sans doute une des causes de la disgrâce de ces deux capitaines. Quant à Georges de la Trémoilie, seigneur de Graon, on sait ses insuccès et ses exactions en Gomté. — Robert de Balsac, seigneur d'Ëntraigues et de Giermont-Soubiran, sénécbal d'Âgenais et de Gascogne, partagea momentanément la disgr&ce de son oncle le grand maître.
DB LA CHBONIQUE SCÀNDAUIU88. 389
« Sire, le plus humblement que faire je puis me recoo^ mande à Tostre bonne grâce. Et tous plaise savoir que par Mons. de Montfaucon, qui nagueres s'en alloit en sa maison et est passé par icy , j'ay scëu que vostre plaisir a esté que je n*aye plus la charge de la compaignie qu'il vous aypit pieu me baillier à conduire. Sire, j'aToie bien sceu par ayant qu'il estoit bruit que tous aviés Toulenté de ce faire, mais je ne le poToye croyre et me tenoye aussi seur de cest estât que de riens que j'aye, considéré que j'ay longuement senry et qu'il TOUS a pieu me faire cest honneur de m'aToir donné TOstre ordre, aussi que les miens ont serri le feu roy Tostre père, que Dieu pardoint, en ses grans affaires et ou temps qu'il en estoit besoing pour les grans troubles qui estoient lors en ce royaulme, en quoy ilz ont fine leurs jours, c'est assaToir mon feu père en la bataille 4' Agincourt, mon frère Estienne, à CreTant, et mon frère dernier, en Guienne^ Et de moy, sire, depuis que je peuz monter à cheTal, je serTy le roy TOstre père et tous le mieulx que j'ay peu^, et non pas si bien que j'en ay eu et ay le Touloir, en manière que, la mercy Dieu, TOUS n'y aTés eu perte ne dommaige et ne tous ay point &ict de faulte. Toutefois, sire, puisque ainsi est cela et tout est à TOUS, TOstre bon plaisir en soit fait, c'est bien raison.
« Sire, je tous supplie très humblement que Tostre plaisir soit que je demeure en Tostre bonne grâce et qu'il tous plaise aToir r^ard à mon faict et aux senrices que moy et les miens TOUS aTons faitz, en manière que je puisse TiTre soubz tous
1. Robert de Ghabannes, seigneur de Gharlas, mari d*Alix de Bort, dame de Pierrefitte, fut tué à Âzincourt le 25 oct. 1415. Son fils aîné, Etienne, capitaine d'une compagnie de gens d'armes, périt à Gravant en 1423. Enfin Jacques, seigneur de la Palice, sénéchal de Toulouse, grand maître de France, succomba le 20 octobre 1453 aux suites d'une blessure reçue à la bataille de Gastillon, livrée le 17 juillet précédent.
2. Antoine de Ghabannes fut élevé page du seigneur de Ventadour et du seigneur de la Hire, et combattit dès 1424 à Verneuil, où il fut fait prisonnier.
390 nmitPOLATIOMS BT VARIANTBS
isAon l'office et estât qu'il vous a pieu me donner. Et, sire, Je 8uUi tousjours pour Caire et acomplir yoz bons plaiân et tout ce qu'il vous plaira me commander, aydant le benoist fllz de Dieu, auquel je prie qu'il vous doint bonne Tie d longue. » Souscript selon qu'il appartenoit.
CLXXI. — (Clair. 481, tci. 500, 1. 13. Chrtm. scand., ci-dessus, p. 85.) — De par le ray. Et dict cm que audit Cambray ung nommé Marrafln ^ pilla toutes les reliques des églises dudit lieu, dont il fist faire une cba3mne. Laquelle, quant les bons gaubergeurs* la virent, disoient que c'estoit la chaynne des reliques. Et en fist on une chançon, où il j avoit au commancement :
Elle est bien abillée La ville de Gambray ; Marrafln Ta piUée'...
Et aussi pour lors les paiges de court disoient une chançon, où il y avoit au commancement :
Hz sont en grant pancée Les gens d'armes du roy, Dont la trêve est criée. . .
CLXXII. — (Qair. 481, fol. 501, 1. 24. Chron. scand.. ci-dessus, p. 87.) — Si vaillamment et sans y espergner ne corps ne biens, car c'estoit ung très saige et bon ch^ de guerre et vaillant homme d'armes, et estoient conteos ie luy tous les grans hommes estans soubz sa charge, et menoit soubz son enseigne ungne belle gh>sse année, et estoit avec luy le seigneur de Bressourez^...
i. Louis de Marafin, écnyer, seigneur de Notz en Brenne, eonseiller et chambellan du roi, capitaine de cent lances et gouverneur de Cambrai, avait épousé Perronelle de Liniers. Il vivait encore en 1512 (Anselme, 11,417. Cf. Tmbert de Batamay, p. i54 et suiv.).