De Maigné
INTERPOLATIONS BT VARIANTB8
€ Sire, tant et si humblement que povons nous recommandons à Tostre bonne graoe. Sire, à oeste heure présente, Toz ennemys, qui sont les nostres, sont devant noz yeulxen grosse oompaignye. Nous prions Dieu qu'il nous doiot k grâce de tous y faire le service tel que nous desirons et que espérons faire; et povez estre asseuré que noz vies n'j seront point espargneez pour ce £Biire. Escript sur le champ, le X* jour d'aoust. »
Lesquelles lettres receues par le roy , fist de grans dons et oblations en plusieurs églises, en recommandant à Diea son a&ire et qu'il luy pleust avoir ses gens d'armes pour recom- BUdés.
Et, après lesdittes lettres escriptes, tous lesdits capitaines, par grant vigueur, marchèrent contre les batailles dndit duc très vaillamment et de grant couraige ; aussi semblaUement marchèrent de leur costé ceulx dudit duc. Et au donner dedans , les gens d'armes du roy défirent les gens de cheval du duc et les chassèrent jusques aux portes d*Aire, où fut très vaillament servi le roy, car il y eut grant occision des gens de cheval du duc, et y perdirent beaucop de biens.
Et devez sçavoir que Mons. le conte de Romont demeura avec les gens de pié du duc d'Autriche, acompaignè de xnn à XV mil piétons, qui avoit la charge de la bataille ; lequel vint firapper sur les firans archiers, dont aucuns se amusèrent a pillier le bagaige et les autres estoient hors d'ordre. Le»quelz furent tost et aisément deffaiz, pour ce que en eulx ne fut trouvé aucune résistance. Et, toudiant ceste matere, n'en ay volu plus avant escripre. Ledit conte de Romont avoit, celle journée, ung bras descouvert, excepté sa chemise qui estoit dessus; et aussi avoient dix ou douze gentilzhommes de sa bande.
Et à la chasse devantditte fut prins grant nombre de gens de cheval du duc, qui estoient bons prisonniers, dont aucuns payèrent leur rençon, et les autres le roy les print en son service. Et aussi y perdit le roy en oeste journée Yuaste de
INB LA CHRONIQUB SCANDALXUS8. dS&
Montepedon, bailly de Rouen, et le Beaavoisien, capitailll de cent lances.
Et, après que la journée fut yuidée, le roy estant à LorrisS luy fut escript par ses lieutenans et capitaines. Et, le roy ayant yeu leurs lettres, pourveut maistre Guillaume Picard du bailliage de Rouen, comme yacant par la mort et trespas de Vuaste de Montepedon, qui ayoit esté tué, et dist à Mons. de Colombiers estant ayec luy : < Mons. de Colombiers, j'ay eu des lettres qui m'ont esté escriptes, comment il est aie de mon affaire toudiant mes ennemys. Et entendz bien que mes gens d'armes ont defiaict leurs gens de cheval, et aussi que mes villains firans archiers ont esté tueziLOi débat; et n'est Tenu Tinconvenient que pour ce que les gWi d'armes, qui estoient ordonnez les secourir, ne se mis(h*ent entre deulx. » Et alors ceUuy qui avoit apporté lesdites lettres dist au roy : « Sire, le champ vous est demeuré. » ' Et le roy luy dist : « Allés dire à mes lieutenants, puisqu'ilz ont gaigné le champ pour moy , qu'ilz y facent planter des fevez^; car je sçay bien que la nuit du combat ilz estoient trop las et n'avoient pas loisir de ce faire. »
Et incontinant après les lettres desditz capitaines V^ez, luy en furent presentéez unez autres, comme il se vouloit coucher, par quelcun, que Ton disoit contenir vérité : lesquelles son noient autre son que les premières. Et dist le roy à Mons. du Lude et au gouverneur de Lymosin, qui n'estoit pas avec sa coinpaignie : « Âha ! par \s^ foy de mon corps, je sçay comment il va de tout; car l'on me mande, si j'ay envye d'avoir de bons chevaus et bien vistes, que j'en envoyé quérir en Picardie, pource qu'il y a de mes capitaines qui les ont bien esprouvez à la course, en eulx retournant en leurs logis. » Et lors Mons. de Lude luy respondit : < Sire, c'est de deux choses l'une, comme mon advis est : qu'ilz bayent tant voz ennemys qu'ilz ne les povoient veoir, ou
i. Lorris, auj. dép. du Loiret, arr. de Montargis. 2. La plante des fous.
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peult eetre aussi que c'est de Teffroj d'aToir veu tuer voz frans archiers. » Et le roy luy respondit : « Je ne £aitz Dolk doubte qu'ilz n'y ayent très mal gardé mon pronfBt et l^r honneur. »
CLXXIV. — (Oair. 481, fol. 508. 1. 26. Chron. scand., ci-dessus, p. 95.) — Oamisans. Et print le roy deux des enfants dudit Capdet Raymonnet en son service, dont il tai bailla ung à Germain de Merles
CLXXV. —(Clair. 481, fol. 509, 1. 4. Chran. scand,, ci-dessus, p. 95.) — DesdUx FlamenSy à Tonneur et louenge du roy, du royaulme et de Mons. l'admirai, qui riens n'espergnoit du sien pour garder Tonneur et la gloire du roy sur la mer.
CLXXVI. —(Clair. 481, M. 510, 1. 1. Chron. scand., ci-dessus, p. 96.) — De sa garde. Et avoit ledit seigDcar de Bourbon bien et loyaulment servi le roy Charles, tant en ses Gonquestes de Guienne que de Normandie.
CLXXVII. — (Qair. 481, fol. 510, 1. 22. Chron, scand.j ci-dessus, p. 99.) — Bn la main du roy, lequel evesque on disoit porter ung esperit familier.
CLXXVIIL — (Clab. 512, fol. 512, 1. 3. Chron. scand., ci-dessus, p. 102.) — Bailue, qui estoit malade; et eust le roy grant peur qu'il ne se morust; et s'en esbayssoient plusieurs gens, venez les grans mauvaistiés qu'on disoit qu'il avoit faictes au roy.. .
CLXXIX. — (Clair. 481 , fol. 514, 1. 20. Chron. scand., ci-dessus, p. 106.) — Convalescence. Et, ou temps audit grant yver, mourut à Tours Charles d'Amboise', gouverneur de Champaigne et de Bourgoigne, laquelle Boorgoigne il avoit toute réduite au roy très vertueusement, dont il avoit gloire deservie, qui fut fort plaint de tous les grans hommes de France; et à sa mort perdit le roy beaucop. Et deceda de ce monde riche de terres, de seigneuries et de biens
i. Germain de Marie, maître des monnaies.