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4. Bofûie de Juge était non pas lombard mais napolitain, issu d'une famille illustre d'Amalé, les del Giudice. Après la défaite de Troia (18 août 1462) et l'expulsion des Angevins du royaume de Naples, Boffile suivit en Provence Jean d'Anjou, duc de Calabre. U passa ensuite au service du roi René, puis à celui de Louis XI, dont, en 1473, il était devenu conseiller et chambellan, avec
1475] OU CHRONIQUE SGANDALSUBE. 3
avoir contre lui tel default que de raisoo par ledit Boufile, s'en vint pardevers le comte de Dampmartin, ilec ordonné juge de par le roy de la question. d'entre lesdictes deux parties. Et vint en icelle place ledit Boufik, tout armé de son harnois et en Testât qu'il devoit combatre, sa hache ou poing; et devant luy faisoit porter son enseigne et avoit trois trompetes, et après luy avoit plusieurs serviteurs, dont l'un lui
2,000 livres de pension. Pendant la campagne de Roussillon, il commanda iOO lances et succéda à du Bouchage en qualité de lieutenant général. Dés 1475, il porte le titre de vice-roi de Roussillon et de Catalogne. Le rôle qu'il joua au procès qui aboutit à la confiscation et à l'exécution du duc de Nemours fit attribuer à Boffile le comté de CSastres et la seigneurie de Lézignan (août 1477). Après la mort de Louis XI, assailli par les revendications de Jean d'Armagnac, évéque de Castres et frère du duc de Nemours, Boffile usa le reste de sa vie à défendre, à la fois par les armes et devant le Parlement de Paris, ses biens mal acquis, auxquels il finit par renoncer en faveur d'Alain d'Albret, dont il avait épousé la sœur Marie. Il mourut en 1502. — Notre regretté confrère M. Paul Perret a publié, dans les Annales du Midi, t. lU, une curieuse biographie de cet aventurier. Il a conté avec détail (p. i6-21 du tirage à part) la querelle de Boffile et de Julio de Pise, chevalier italien et non aragonais comme le dit J. de Roye. Cet épisode est rapporté beaucoup plus complètement ci-après aux Inurpolatians de notre Chronique, § CXXXI. Des pièces retrouvées par M. Perret aux Arch. de Milan, il résulte qn*en 1474 Julio défendait pour le roi d'Aragon la ville d'Elne en Roussillon contre les Français. La garnison italienne se mutina, contraignit son chef à capituler et fut autorisée à se retirer à Barcelone. L'un des défenseurs d'Elne, le catalan Bernard d'Oms, qui avait trahi Louis XI après avoir été investi quelque temps par lui du gouvernement de Roussillon, fut seul saisi et exécuté à Perpignan (voy. plus haut, 1. 1, p. 321). Julio de Pise affirma que Boffile, qui avait négocié la capitulation d'Elne, lui avait garanti, au nom des seigneurs du Lads et du Fou, que Bernard aurait la vie sauve, et il l'accusa de l'avoir volonUiirement trompé. Boffile protesta, et, le iO mars, Julio lui envoyait un cartel.
portoit encores une autre hache d'armes. Et, après qu'il et ainsi parlé audit de Dampmartin et fait sadicte requeste, il se retray et s'en retourna en son hostellerie, où pend l'enseigne du Grant Godet, près dudit Hostel de la ville.
Et, le jeudi xxvra* jour de décembre, oudit an IIIP LXXV, environ l'eure de six heures de nuit, monseigneur d'AJençon, dont est parlé devant^, et qui avoit esté longuement détenu prisonnier ou çhasteau du Louvre, en fut mis dehors par la permission du roy, qui octroya à ses gardes que on le meist en ladicte ville en ung hostel de bourgois, où ilz verroicnt estre bon. Et fut mené loger en Tostel feu maistre Michel de Lailler^. Et y estoient à le mener dudit Louvre jusques audit hostel ledit sire Denis Hesselin, Jaques Hesselin son frère, sire Jehan de Harlay, chevalier du guet, et autres personnes en armes, et devant ledit seigneur estoient portées quatre torches.
Ou moys de janvier ensuivant dudit an LXXV, fut publ[i]é à son de trompe, par les carrefours de Paris, les lettres patentes du roy nostre sire, qui contenoient comme de toute ancienneté il ait esté permis aux roys de France par les sains pères papes que de cinq ans en cinq ans ilz peussent faire assembler tous les pre-