‹ Journal de Jean de Roye: connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483Chapitre 26 sur 151 · Fin de la lacune de deux feuillets du ms. fr · texte numérisé non relu

Fin de la lacune de deux feuillets du ms. fr

2. Ou Gamier (voyez Ârch. nat, X^* 42, fol. 1, à la date du 13 novembre 4477).

Provins^ qui avoît, par arrest de la court de Parlement, esté pendu et estranglé au gibet de Paris ung an et demy auparavant dudit jour, pour occasion de ce qu'il avoit tué et murdry ung collecteur ou receveur de la taille dudit lieu de Provins, et duquel cas il avoit obtenu rémission, qui ne lui fut point entérinée par ladicte court, fut, au pourchas d'ung scien frère, fait despendre dudit gibet par Henry Ck)usin, exécuteur de la haulte justice audit lieu de Paris, et illec fut enseveli ledit corps et mis en une bière couverte d'ung cercueil, et dudit gibet amené dedans Paris par la porté Sainct-Denis. Et devant icelle bière aloient quatre crieux de ladicte ville, sonnant de leurs clicquectes, et en leurs poictrines les armes dudit Grenier, et autour d'icelle bière y avoit quatre sierges et huit torches [portées] par hommes vestuz de dueil et armoiez coomie dit est. Et en tel estât fut mené, passant parmy ladicte ville de Paris jusques à la porte Sainct-AnUioine, où fut mis ledit corps en ung chariot couvert de noir pour mener inhumer audit Provins. Et l'un desdiz crieux, qui aloit devant ledit corps, crioit : c Bonnes gens, dictes voz patenostres pour l'ame de feu Laurens Guernier, en son vivant demeurant à Provins, qu'on a nouvellement trouvé mort soubz ung chesne ! Dictez en voz patenostres que Dieu bonne mercy luy face ! » En ladicte année, ou mois de mars, le jeudi xvm® jour dudit mois, ung gentilhomme nommé Horiolle, natif du pays de Gascongne, qui auparavant avoit eue la charge et conduicte de par le roy de cent lances de son ordonnances laquelle charge et ordonnance le

i. Jean « de Landarraic, dit Oriole, » conseiller et chambellan ^Q roi (Ârch. nat., JJ 205, fol. 91 vo), mi désigné ]par MoUnei toas

roy avoit nouvellemeot fait casser avecques autres^, laquelle chose il prinst à desplaisanoe , et à ceste cause fut rapporté que ledit HorioUe parloit mal et usoit de menasses, et que avecques ce aussi qu'il mist en deliberacioD avecques le lieutenant de sadicte compaignie de delaissier le roy et son service et aler servir en guerre son adverssaire le duc en Autriche ; en quoy faisant, commettoit crisme de leze magesté envers son souverain seigneur. Pour lesquelz cas et autres, furent iceulx Horiolle et sondit lieutenant decappitez en la ville de Tours ledit jour de jeudi ; et, après ladicte execucion faicte, furent par maistre Denis Cousin, exécuteur de la baulte justice^, et qui avoit exe[cu]té lesdis d'Oriolle et sondit lieutenant, portées leurs testes et partie de leurs menbres attacher et mettre aux portes d'Ârras et Betbune ou pays de Picardie.

Oudit an et mois de mars fut aussi prins prisonnier à Paris ung nonmié le seigneur de Mauves ^, qui aussi avoit esté cassé de la charge de cent lances, dont aussi avoit eue la charge pour le roy, et fut prins en Tostel du Cornet, près Saint-Jehan en Grève, par Philippe

le nom d'Auréole, bailli de Toumaisis. Il fat privé du commandement de ses cent lances, sans doute pour avoir abandonné C!ondé à rapproche de Maximilien (Molinet, U, 117 et suiv. et 146). Il avait du reste, en compagnie du seigneur de Mauves, médiocrement combattu à la bataille de Nancy, où ils commandaient des volontaires français (Ghron. de Lorraine, col. cvin, dans le t. FV de D. Galmet; cf. Bibl. nat., ms. fr. 2908, fol. 44).

2. Denis Cousin, bourreau de Tours, ne semble pas devoir être confondu avec Henri Cousin, exécuteur de la haute justice à Paris.

3. Ce personnage est peut-être Charles de Mauves, écuyer, seigneur de Sainte ullien, qui fut bailli de Vivarais et de Valent!nois en 1497 (BibL nat.. Pièces orig., vol. 1902, doss. de Mauves),

1479J OU CHRONIQUB SCANDALEUSE. 85

Luillier, escuier, cappitaine de la Bastide Saint-Ânthoine, et par luy mené prisonnier audit lieu de Tours pardevers le roy, qui lors y estoit, et depuis délivré oomme ignorant des cas à luy imposez^.

Ou moys d'avril ini^ LXXIX après, le roy, qui estoit ou pays de Touraine, délibéra du fait de sa guerre et de ce qui estoit de faire touchant le fait d'icelle, pour ce que la trêve, qui sur ce avoit esté entre luy, d'une part, et le duc en Âuteriche, d'aultre part, estoit presque faillie^, et que par ledit d'Âuteriche n'avoit esté aucune ambassade envoyé devers luy pour accord faire entre eulx sur leurs differens, et pour conclure de ce qu'ilz a voient à faire après la fin d'icelle trêve.

Ou moys de may ensuyvant, nonobstant que ladicte trêve ne feust expirée ne faillie, les manans et habitans de la ville de Gambray mirent et boutèrent les Picars, Flamens et aultres ennemys du roy tenans le party dudit duc en Âuteriche dedens ladicte ville de Gambray et d'icelle en dechasserent et myrent dehors les gens de guerre qui estoient dedens le chasteau de ladicte ville de par le roy^, nonobstant que ladicte ville le roy avoit laissée et baillée en la garde et confidence du seigneur de Fiennes^. Et, incontinent après,

1. Interpolations et variant&s, § GLXX.. — C'est ici que se termine le texte du ms. fr. 5062 par les mots et la signature cités dans notre Introduction (t. I, p. zxi). Ce qui suit est emprunté à l'édition princeps, complétée par le texte du manuscrit interpolé (Glairambault 484, fol. 497 et suiv.), à défaut du ms. fr. 2889, qui, en cet endroit, présente actuellement une lacune.

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