La trêve devait expirer le il juillet
4. Jacques de Luxembourg, seigneur de Fiennes, chevalier de la Toison d'or, fils de Thibaud de Luxembourg et de Philippe de Melun, servait la cause bourguignonne. Il avait épousé Marie de B&rlemont (Anselme, lU, 736).
vÎDdrent de trois à quatre cens lances desditz Flamens et Picars devant la ville et chastel de Bouchain, dedens laquelle n'y avoit en garnison pour le roy que xvi lances, qui se retrahyrent dedens ledit chastel pour ce qu'ilz apparceurent que les habitans dudit Bouchain avoient délibéré de mettre lesditz ennemys du roy dedens leur ville incontinent qu'ilz y seroyent arrivez, ce qu'ilz firent. Et, incontinent eulx arrivez, vindrent lesditz habitans assaillir lesditz gens du roy, que par force ilz prindrent, et les tuèrent tous dedens l^it chasteau, et de tous ceulx qui y estoient n'en eschappa que ung seul, lequel s'enferma dedens une chambre, et par ung tuyau des chambres aisées se laissa cheoir dedens les fossez et se saulva. Desquelles entreprises et choses ainsy faictes le roy en fut fort malcontent, et non sans cause, veu que ladicte trêve rompu et entreprises dessusdictes ne se faisoient point pour aucune faulte ou coulpe que eussent fait les gens de guerre du roy sur lesditz ennemys^.
Et, à ceste cause, le roy envoya certain grant nombre d'artillerie en la duché et Franche Comté de Bourgongne, avecques grant nombre de nobles hommes et frans archiers du royaulme de France, pardevers le gouverneur de Ghampaigne, qui estoit gouverneur et lieutenant gênerai du roy audit pays de Boui^ongne, pour recouvrer ledit pays et mettre derechief en sa main. Et y besongnerent lesditz gou-
i. Le château de Bouchain, « place quasi imprenable, forte oultre mesure et la mieux sortie d'artillerie que nulle forteresse prochaine », fut, sur la demande des habitants mêmes de la ville et avec leur assistance, assailli de six côtés à la fois et emporté par les Bourguignons après quelques heures de combat. Onze hommes de guerre français, sur dix-huit qui composaient la garnison, furent passés par les armes (Molinet, n, i87-19i).
vemeur et ceulx de sa compaignie si vaillamment^ que par assault et port d'armes ilz gaignerent d'assault le chastel de Rochefort et tuèrent tous ceulx qui estoient dedens, en pillant tout ce qu'ilz y trouvèrent. Et de là s'en alerent devant la cité de Dole, qui fut fort batue d'artillerie, et après fut assaillie tellement qu'elle fut prise d'assault, à cause de quoy plusieurs gens de façon et bons marchans y moururent, et si fut ladicte ville arrasée et mise par terre 2.
Ou moys de juing ensuivant, messire Robert d'EstouteviUe, chevalier, seigneur de Beyne, qui avoit esté prevost de Paris par l'espace de xun ans, ala de vie à trespas oudit lieu de Paris. Et en son lieu le roy donna ledit office de prevost de Paris à Jaques d'Estouteville, filz dudit deffunct prevost, en faveur de ce qu'il disoit que ledit deffunct l'avoit bien et loyaulment servy à la rencontre de Montlebery et aultres divers lieux ^.
2. Le chàteaa de Rochefort (auj. dép. du Jura, arr. de Dôle) avait été enlevé aux Français par Claude de Yaudrey en 1477. Quant à la ville de Dôle, elle était occupée par une garnison bourguignonne composée d'aventuriers allemands et suisses et de francs-archers qui avaient déserté le service du roi de France. Les uns ou les autres livrèrent une des portes de la ville à Charles d'Amboise (MuUer, éd. Monnard, Hist, de la Confédération suisse, t. vm, p. 166). La malheureuse cité fut mise à sac pour venger l'échec que les Français avaient subi sous ses murs en 1477. Aaxonne et tout le bailliage d'Aval furent soumis en quelques jours; celui d'Amont fut ravagé, Yesoul brûlé (Ibid,, 167). Au reste, il n'y avait dans les places de Comté que des garnisons bourguignonnes sans importance (fiasin, III, 50 et suiv.).
3. Robert d'Ëstouteville mourut le 3 juin 1479. Il n'avait exercé la charge de prévôt que pendant trente-deux ans. Encore en faudrait-il retrancher plus de quatre années (1461-1465), pendant lesquelles Louis XI le remplaça par Villiers de TIsle-Adam. — Jacques
Durant ces choses, le roy, estant à Hontargis, oyt les nouvelles des choses dessusdictes^ dont il fut fort joyeulx ; et lors se partit et s'en ala à Nostre-Dame de la Victoire, près Senlis, y faire ses offrandes, et de là s'en vint au bois de Yinciennes, où il ne séjourna que une nuyt. Et d'illec s'en partit et print son chemin pour aler à Provins, et de là au pays de Ghampaigne, à Langres et aultres lieux ^. Et cependant fut chargé à Paris par la rivière de Seine moult grant nombre de belle et grosse artillerie, entre laquelle y avoit seize grosses bombardes, toutes de fonte, et grant quantité de pouldres et salpestre pour mener à Ghalons en Ghampaigne, à Bar le Duc, et d'illec aler conquester la duché de Luxembourg ; mais ledit voyage fut rompu et n'en fut riens fait^.
d'Estouteville, fils de Robert et d'Ambroise de Lorô, ayait épousé Gilette de Goetivy. Il prêta serment le 21 juin 1479 de respecter les droits et libertés de l'Université (Du Boulay, t. "V, p. 374). Il exerçait encore ses fonctions de prévôt en 1499 (Anselme, VIII, 99). Pendant les quelques jours qui s'écoulèrent entre la mort de Robert d'Ëstouteville et l'entrée en fonctions de son fils, la garde de la prévôté de Paris, « siège vacquant », fut confiée à Jean de Saint- Romain, procureur général du roi au Parlement (Lespinasse, les Métiers de Paris, I, 379, à la date du 5 juin 1479).