L'édition originale porte f\Ârent
3. Lie nom de Tarchevôque de Lyon figure parmi ceux des princes qui ratifièrent le traité d'Arras (Lenglet, IV, 125). Charles de Bourbon ne semble pas avoir partagé longtemps la défaveur du duc Jean, son frère. S'il n^assista pas, le 12 novembre 1479, à la séance d'ouverture du Parlement, ainsi qu'il le faisait d'habitude, on le retrouve présent à cette cérémonie en 1480, 1481 et 1482. Nous avons fait remarquer dans l'Introduction que ce passage de notre chroniqueur témoigne chez lui d'une connaissance intime de ce qui se passait à l'hôtel de Bourbon.
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Après lesdiz jeux ainsy faitz que dit est, lesdiz ambassadeurs s'en partirent de Paris le lundi ensuivant, oonune dit est, et s'en alerent à Amboise, où ibs furent moult honnorablement receupz de par le roy, et y virent par deux fois mons. le daulphin, qui les recueillit moult honnestement^ Et, à leur département de Tours, où ilz furent depuis, le roy leur fist donner pour leur defiGroy xxx mil escus au soleil et de belle vaisselle d'argent largement. Et puis ioeubc ambassadeurs s'en retournèrent à Paris, où ih firent publier en la court de Parlement les articles faictes pour ladicte paix, c'est assavoir publicquement et en pleine court, à huys ouvers. Et, après ladicte lecture faicte, leur furent iceulx articles confermées par ladicte court. Et, au département d'icelle court, maistre Guillaume le Picard, baillif de Rouen, mena et conduisit lesdiz ambassadeurs et autres officiers du roy estant illec en son hostel assis audit lieu de Paris, en la rue de Quinquempoit, où illec il donna à disner à toute la compaignie, et y furent moult plantureusement festoies
1. Les ambassadeurs du duc Maximilien, de ses enfants et des États des Pays-Bas, après avoir été chercher au Plessis la ratification du traité d'Arras, se rendirent ensuite à Amboise, afin de fiiire jurer la paix au dauphin. C'étaient Jean de Lannoy, abbé de Saint-Bertin, chancelier de la Toison d'or; Philippe Ganart, abbé de Sain t-Pierre-lés-Gand; Baudouin de Lannoy, seigneur de Molembais, et Jean de Bergues, seigneur de Walhain, chevaliers de la Toison ; Jacques de Groy, haut bailli de Gand ; Jean d'Aufay, conseiller et maître des requêtes, et autres, tous t grans gens et bien instruis. » Le gendre de Louis XI, Pierre de Beaujeu, eut quelque peine à obtenir du roi qu'il modifiât les termes c assez maigres > de l'autorisation qu'il avait accordée au dauphin pour jurer le traité d'Arras, et il s'éleva encore des difficultés sur la formule môme du serment (voy. Ymbert de Batarnay, ouvr. cité, p. 113 et suiv.).
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à ung jour de mardy, quatreiesme jour de février, en ladicte année mil IIII'' quatre vingts et deux ^ .
Oudit mois de février, le roy escripvit lettres à tous les estatz de Paris, par lesquelles il les prioit très instamment qu'ilz se voulsissent transporter en Feglise mons. Sainct-Denis luy faire prière qu'il v[u]eille estre intercesseur et moien envers Nostre Saulveur Jhesu Grist qu'il voulsist permettre que le vent de bise ne courust point, pour ce que par le rapport de tous médecins avoyent esté d'oppinion que ledit vent de bise, quant il ventéroit, feroit moult de maubc, tant à la santé des corps humains que des biens de la terre. Et, par l'ordonnance du roy, furent tous lesdiz estatz de Paris à divers jours oudit lieu de Sainct-Denis faire processions et chanter lesdictes messes^.
1. C'est Guillaume Le Picart, seigneur d'Ételan, bailli de Rouen, qui présenta, le 3 février, à la cour de Parlement des lettres closes du roi par lesquelles il requérait la publication et l'enregistrement du traité d'Arras, dont un article stipulait que cette publication serait faite « le procureur du roi présent et consentant. » Cette condition souleva quelques discussions, et l'on voit, à la date du 5 février, la cour, qui avait entendu la veille les ambassadeurs du duc d'Autricbe, décider l'enregistrement, mais avec la réserve qu'au lieu des mots présente et consentiente, « qui n'est pas coutume, » on inscrirait à la suite de la formule d'enregistrement les mots présente et non contradicente procuratore generali régis. Les Flamands tinrent bon et exigèrent le mot consentiente (Arch. nat., X<« 1490, fol. 235 v<> et suiv.).
2. Le vendredi 7 février (1483), des commissaires désignés par la cour de Parlement s'occupèrent de régler l'ordonnance de cette procession à laquelle prirent part l'évoque de Marseille et tous les corps constitués. Le cortège se forma en la grand'salle du Palais le samedi 8 février, à six heures du matin, descendit les degrés situés du côté de la chapelle Saint-Michel, quitta le Palais par la porte donnant sur la rue de la Calande et passa le pont des Changeurs. Les religieux de Saint-Denis, prévenus la veille, s'avan-
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Et, le samedi xix® jour d'avril mil IIIP quatre iringts et trois, après Pasques, mons. de Beaujeu et madame sa femme vindrent à Paris pour eulx aler en Picardie recepvoir madame la daulphine des mains des Flamens, qui, par le traictié de la paix, la deb voient mettre es mains de mondit seigneur de Beaujeu pour le roy. Et fist ladicte dame de Beaujeu son entrée en la ville de Paris conmie fille du roy, et y fist des mestiers nouveaulx. Et estoient lesdiz seigneur et dame bien honnestement acompaignés de grans seigneurs et dames, conmie le seigneur d'Âlbret, le seigneur de Sainct-Yalier et autres nobles honmies, madame Fadmiralle et autres dames et damoiselles, lesquelz séjournèrent à Paris par trois jours, durant lesquels mons. le cardinal de Bourbon les festoya moult honnorablement ^ .
Oudit mois d'avril, le roy Edouart d'Angleterre
Gèrent de leur côté jusqu'à la croix qui était devant leur église « et fut parachevée la procession par le doistre de ladicte abbaye et dicte la messe des benoistz corps sains par mondict seigneur de Marcelle en l'auter hauit devant lesdicts corps sains > (Arch. nat., X^* 1490, fol. 239 et suiv. Cf. Bibl. nat., ms. fr. Nouv. acq. 3243, fol. 15). 1. Le Parlement délibéra pour savoir s'il devait se porter en corps au devant de M°*b de Beaujeu, qui faisait t sa première venue > à Paris. Il fut décidé, toutes chambres assemblées, que, le roi n'ayant hen écrit à la cour, celle-ci, « qui représente la personne du roi, » n'avait point à se rendre, sans mandement spécial, au-devant d'aucun seigneur ou dame, sinon du roi, de la reine et du dauphin (X<> 1490, fol. 283 v», à la date du samedi 19 avril 1483). — Les seigneurs d'Albret et de Saint- Vallier sont Alain le Grand (1440-1522) et Aymar de Poitiers. Sur le premier, voy. Luchaire, Alain le Grand, sire d'Albret, etc. Paris, 1877, in-8®. Aymar de Poitiers épousa en premières noces Marie, fille naturelle de Louis XI. Sa deuxième femme fut Jeanne de la Tour. Il fut grand sénéchal de Provence (Anselme, U, 205).
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mounit oodit royaulme d'une apoplexie qui le priât. Autres disent qu'il Ait empoisomié en buvant du bon vin du creu de Ghalluau que le roy luy avoit donné, duquel il but en si grande habondance qu'il en morut, combien que on a dit depuis qu'il vesquit jusques à ce qu'il eust fait roy en son lieu son filz ainsné ^ .
Oudit mois et an mourut aussi madame Marguerite de Bourbon, femme de Phelipe monseigneur de Savoy e, contesse de Bresse, de maladie qui longuement luy dura ; et d'icelle maladie on n'y peut mettre remède qu'elle n'en mourust etique, dont fut grant dommaige, car elle estoit en son vivant moult honneste et bonne dame et pleine de grans biens et vertus^.
Ou mois de may, le samedi tiers jour d'icellui mois, par l'ordonnance et commandement du roy, tous les estatz de Paris, comme le prevost, juge ordinaire, avecques les suppostz et praticiens du Ghastellet dudit lieu, la court de Parlement, la Chambre des comptes, les generaulx des aides et monnoyes, la Chambre du trésor et les esleus, avecques les prevost des marchans
i. Gommynes prétend qu'Edouard IV mourut non pour avoir abusé du vin de Ghaillot, près Paris, mais du dépit que lui causa le mariage de Marguerite d'Autriche avec le dauphin, auquel il destinait sa propre fille (éd. Dupont, II, 242). Basin (III, 133 et suiv.) le fait mourir d'apoplexie. Edouard IV laissa deux fils : Edouard, alors âgé de douze ans, et Richard, qui tous deux périrent assassinés par ordre de leur oncle et tuteur, Richard, duc de Glocester.
2. Marguerite, fille de Charles, duc de Bourbonnais, avait épousé Philippe de Savoie, seigneur de Bresse, en 1472. Elle mourut le 24 avril 1483, laissant deux enfants : Philibert le Beau, né en 1480, qui fut duc de Savoie en 1497, et Louise, née en 1476, qui devint la femme de Charles, comte d'Angoulême, et la mère du roi François I".
et eschevins d'icelle ville, alerent en belle procession dudit lieu de Paris jusques au lieu et en l'abbaye de mons. Sainct-Denis en France, pour illec prier pour la bonne prospérité du roy, de la royne, de mons. le daulphin, des seigneurs du sang et aussi pour les biens de la terre.
Ou mois de juing ensuivant, le lundi second jour dudit mois, environ cinq heures du soir, fist son entrée en la ville de Paris madame la daulphine, acompaignée de madame de Beaujeu, madame Tadmiralle et autres dames et gentilzfemmes ^ ; et entrèrent à ladicte heure oudit lieu de Paris par la porte Sainct-Denis, où estoient préparés pour sa venue trois beaulx eschaffaulx, en l'ung desquelz tout en hault estoit ung personnaige représentant le roy comme souverain. Au second estoient deux beaulx enfans, ung filz et une fille, vestus de damas blanc, faisans et representans mondit seigneur le daulphin et madicte damoiselle de Flandres. Et au tiers estaige au dessoubz estoient deux personnaiges de mondit seigneur de Beaujeu et de madame sa femme. Et à chascun d'iceulx personnaiges à costé estoient les escussons des armes desdiz seigneurs et dames. Et si y avoit aussi quatre personnaiges, c'est assavoir l'ung de labour, l'autre de clergie, l'autre marchandise, et l'autre noblesse, qui tous dirent ung couplet à icelle entrée. Et est assavoir que partout où madicte damoiselle de Flandres passa, tout fut tendu par les rues. Et y furent encores faitz pluseurs beaulx personnaiges tous consonans ausdiz monseigneur le daulphin et madame la daulphine. Et, pour honneur