Martin, dit le Bon de Rely (J. de Wavrin, lU
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présence que par les sermeos entretiennent en leurs oon?»nances. Par quoy plus véritablement on pourroit dire qœ ladite main mise £aicte esditz prevostés sans cause et sans ordre de justice, nous non appeliez ne oyz, et pour du tout nous en cuider débouter, a esté et est contre Tauctorité de Dieu, lesditz traictez et promessez, lesquelz vous ne ignorés pas estre violez ne enfirains par la cautelleuse et deceptiTe prinse de nostre ville de Saint-Quentin par le conte de Saint- Pol, connestable, par les courses, pilleries, murdres et ocdsions faictes par les gens du roy en nostre conté d'Aucerre, et les feuz boutez et homicides faitz es églises en nostre conté de Bourgoigne, et en vous n*a tenu que les habitans de nostre ville d'Aucerre ne se sont soubzstraictz de nostre obeyssance, desquelz à ceste fin avez faict venir aucuns pardevers vous, qui depuis nous ont faict sçavoir les parolies que leur avez dittes, tant en appert que en secrect, comme aussi ont fait autres noz feaulx, lesquelz, par promesse, le roy a voulu faire atraire et esmouvoir à rencontre de nous*, mais par la bonté divine seront convaincues toutes telles cautelles et frauduleuses malices, et n'est jà besoing qoe désormais vous essayez de parvenir à voz fins par telles escriptures ne langages, car, au plaisir de Dieu, nous sommes délibérés de garder, préserver et deflfendre nosditz subjectz de tout nostre povoir, ainsi que nature et raison l'enseigne, et par la contravencion et infracion dudit traicté de Peronne et les peines contenues en icelluy encourues à nostre prouffit, il nous loist de le faire.
« Escript en nostre chastel de Hedin, le xvi* jour de janvier Tan LXX. Ainsi signé : Par Mons. le duc : « De Longueville ; » et scellé en cyre rouge à seel placqué ^. »
Et, voyant par ledit grant maistre lesdittez lettres et injure que par icelles il luy escripvoit, se délibéra luy en
1. Sur cette tentative infructueuse de Louis XI pour s'emparer d'Auzerre, voyez ci-dessus Chron. scand,, I, 253 et suiv.
2. Impr. aux Preuves de V histoire de La maison de Chabannes, n, 259.
faire responce, ce qu'il fist sur le champ par unes lettres missives qu'il luy envoya, desquelles la teneur s'ensuit :
« Très hault et puissant prince, j'ay veu voz lettres que m'avés escriptes, lesquellez je croy avoir esté dittéez par vostre conseil et très grans clers, qui sont gens pour faire lettres mieulx que moy, car je n'ay point vescu du mestier de la plume. Et, pour vous faire responce par icelles, je congnois bien le mescontentement que avez de moy, pour ce que tout ce que j'ay fait et feray toute ma vie contre vous n'est que à l'onneur et proufit du roy et de son royaulme.
« Très hault et puissant prince, pour vous faire responce touchant l'article de Conflans que vous appelliés le Bien public f et que véritablement doit estre appelle le Mai public, où j'estoie, dont vous dittez que je n'ay point eu moins de firuict, profSt et honneur que de ma vie, estât et chevance, vous entendes bien que à l'advenement du roy à sa couronne il ne tint point à moy que je n'entrasse en son service, et de ce faire fit mon leal debvoir, mais ce qui garda le roy de ce faire fut la reboutance de mes hayneulx et malveillans, desquelz, à l'ayde de Dieu, .congnoissant le droit des parties, je suis venu au dessus à mon honneur, à leur grant honte et confusion, car je me suis si bien justifié contre eulx par bonnes justificacions veues par la cour de Parlement et par arrest d'icelle donné à l'encontre d'eulx qu'ilz ne me sceurent attaindre.
« Très hault et puissant prince, Mons. vostre père, à qui Dieu pardoint, sçavoit bien que je luy rescripvis que son bon plaisir fust me mettre en la bonne grâce du roy, ce qu'il me promist faire ; et, s'il estoit en vie, je ne faitz nulle doubte qu'il ne portast bon tesrooignaige pour moy. Et veul bien que vous entendes que, se je eusse esté avec le roy lors que commençastes Iq Mal publique que vous dittes le Bien publicque^ vous n'en fussiés pas eschappé à si bon marché que vous avés fait, et mesmement à la rencontre de Montleheri par vous indeument entreprinse. Mais vous, qui estes ingrat des biens que le roy vous a faitz, avés prins et prenez
peine de jour en jour de luj faire toutes les extorcions et machinations que luy povez faire, tant sur les subjects et seigneurs de son sang que autres princes ses vojsins, qui luj veulent mal à vostre requeste, lesquelz vous avez esmeaz et taschez encores de esroouvoir de jour en jour à luy vouloir mal ; de quoy le roy, vostre souverain seigneur et le myen, viendra bien à bout, à layde de Dieu, de Nostre Dame et de ses bons loyaulx cappitaines et gendarmes.
« Très hault et puissant prince, vous m'escripvez des parolles par vosdittez lettres qui equipolent<d*estre enchanteur, ce que je ne fuz jamais; et, quant je me fusse aydéde cest art, je Teusse expletté et mis en effect lorsque menastes le roy au Liège contre le gré et consentement des seigneurs de son sang et les plus saiges de son royaulme, tant de ses cappitaines et autres ses conseilliers de sa court de Parlement et de son Grant Conseil. Mais la grant séduction que par vous luy fut faitte ne Ten peust oncquez desmouYoir qu'il n'alast vers vous soubz espérance de la fiance qu*il avoit en vous, non precogitant le dangier où il se mist d'estre entre voz mains, et ne luy en demoura que la paine et le traval d'y aller, dont la Bonté Infinie l'a préservé et gardé que ne peustes venir à voz fins, et fera encores, se Diea plaist, et de voz malignes intencions oblicques et occultes. Pourquoy sur oedit article ne vous escriptz plus avant, pour ce que vous povez assez le tout entendre. Et dudit voyage de Liège, très hault et puissant prince, il ne vous en est demouré que le deshonneur et la foy que avez par droit perdue; lesquelles choses dureront par étemelle mémoire envers tous les princes qui sont nez et à nestre. Et de moj je ne fus point la guide de mener ledit seigneur audit pays de Liège, mais fus plustost cause et moyen de son retour, pour ce que ne vouluz rompre Tannée qu*il m*avoit lessée entre mains, que vouliés luy faire efiacer.
« Très hault et puissant prince, se je vous escriptz chose qui vous desplaise et que ayez envye de vous en vengier de i>Qoy , j*espere que avant que la feste se départe vous me trou-
m LA CHRONIQUE SCANDALEUSE. 263
verés si près de vosire armée contre vous que congnoistrez la petite crainte que j'ay de tous, acompaigné de la puis* sance qu'il a pieu au roy me donner, qui n'est pas petite, pour la recongnoissance qu'il a eu des services que j'ay faitz an roy son père, à qui Dieu pardoint et à luy. Et povez estre seur que vous ne me sauriez escripre chose qui me seust garder de fiaire tousjours service au roy, et requier à Dieu qu'il luy plaise me donner grâce de fiaire selon ce que j'ay le vouloir. Et devés sçavoir que je ne vous escriptz chose touchant ceste matere que je ne vous donne à congnoistre. Et soyés aussy seur que de la mort que, se vous voulés longuement guerroier le roy, il sera à la an trouvé par tout le monde que vous avés abusé du mestier de la guerre.
< Ces lettres sont escriptes par moy, Anthoine de Chabannes, conte de Dampmartin, grant maistre d'ostel de France et lieutenant gênerai pour le roy en sa ville de Beauvays, lequel très humblement vous rescript. Et au dessus estoit escript : « A Mons. de Bourgoigne^ »
Et, après ces lettres escriptes, le conte de Dampmartin entra dedans la ville d' Amyens ou mois de février ensuivant comme lieutenant du roy, pour ce que ceulx de laditte ville se âoient en luy '^. Et tint le roy ausditz habitans les promesses que ledit conte leur avoit accordées, et luy escripvit unes lettres faisant mencion desdittes promesses, desquelles la teneur s'ensuit ^ :
« Mons. le grant maistre, j'ay receu voz lettres que par le bailli de Caux m'avez escriptes, dont je loue Dieu et Noetre Dame, et congnois bien le bon service que vous
i. Impr. aux Preuves de Vhist. de la maison de Chabannes, H, 261.
2. Samedi 2 février 1471 (voy. Preuves de Gommynes, éd. Dupont, t. m, p. 274).
3. Nous imprimons cette lettre d'après l'original de la Bibl. nat., ms. fr. 2898, fol. 5. Cf. Vaesen (Lettres de Louis XI, t. IV, p. 190, qui a publié cette lettre sur l'original à la Bibl. nat., ms. fr. 2898, fol. 5). La date du 3 février, donnée par M. Vaesen, est sans doute préférable à celle du 13, fournie par le ms. Glairambault {Lettres de Louis XI, t. IV, p. 190).
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m'avez fait , et à jamais m'en aouTiendra et de oeolx qui ont esté avec vous. Et, au regard de ceulx de la ville, tout ce que vous avez promis, je le ratifieray , et les dons que voos avez foiz sortiront effet, ainsi que verrez par les dons et ratifficatioDs que j'en feray, tout ainsi que voos avez promis, et sans aucune faulte je congnoistray à jamais le grant service qu'ilz m'ont fait. Je envoie Blancbefort et les fouiri^rs pour foire mon logeiz, et hiesa bref y seray sans point de foulte. J'espoire demain parler à mon frère le connestahie, affin de sçavoir mieulx ce que j'ay à faire et adviser sur le tout. Je rescrips à Philippe de Morvillier, au maieur, à Mons. de Torcy, au mareschal et au bailli et autres qui m'ont escript, ainsi que m'avez adverty.
« MoQS. legrant maistre, faictes moy tousjours savoir de ce qui vous surviendra S et aussi je vous advertiray de ce que je saurray . Et, au surplus, vous pry que croyiez ledit bailly de ce qu'il vous dira de mes nouvelles de pardeça. Et à Dieu, Mons. le grant maistre. Escript à Compiengne, le m* jour de février [1471]. Signé : « Loys. > Et au dessoubz : < Toustain. » Et au dos desdittes lettres : « A nostre chier et amé cousin le conte de Dampmartin , grant maistre d'ostd de France. »
Et, alors que ledit grant maistre entra dedans laditte ville d'Âmyens, il avoit soubz sa bande les ordonnances et compagnies qui s'ensuivent : c'est assavoir la sienne, de cent lances; celle de Mons. le mareschal Joachin, de cent lances; Salezart, cent lances; Âulbert le Groing^, soixante dix lances ; Jehan du Fou, trente lances ; Ector de Goulart, avec la compaignie de Mons. de Cominge, cent lances, qui estoient en nombre soubz saditte charge, v cens lances, sans la compaignie de Mons. l'admirai et autres bandes.