LE COMTE DE FURSTEMBERG D
qu'il n'y fust beu 3 queue de vin. Ils tuèrent environ iooo moutons sans les bœufz et vaches. L'armée quand elle partit, que fuist le i5 juillet, estoit de 3 à 4000 hommes.
[P. 4.] Les biens commencèrent deslors à s'appetisser et la cherté à venir avant. Les temps aussy et saisons ne fuirent sy propres qu'auparavant, pour les froidures et grosses pluyes qui vindrent, tellement que les bleidz et vins ne fuirent guères bon. On vandangeont une partie au moys de novembre et n'y avoit plus de feuille es vignes dès la Saint-Remy. La peste survint dont plussieurs moururent. Je pormena la fiebvre environ 6 semaine. Le vin se vanda 18 Ir. la queue, le bleidz 2 fr. la quairte, ceux des années précédentes furent vandus 90 et 80 fr. la queue.
Ledict conte Guillaume laissa en garnison en l'abbaye de Gorze bon nombre de gens assez raisonnable. Mais il y avoit une garnison de Françoys au chasteau du Saucy, gens desmesurés qui venoient ordinairement à Ancey et es aultres villaiges, de nuyt et de jour, rompoient les maisons, pilloient, roboyent et faisoient de grandes insolences.
En ce temps au moys de Septembre arriva à
Metz Me Guillaume Pharel lequel fuist incontinent chassez, puis prescha quelques jours à Montigney. Après il se retira à Gorze, où plussieurs de Metz venoient journellement à ses sermons. Il estoit fort hays de ceulx de Gorze et du pays : n'y eust au dit Gorze que 3 ou 4 personnes qui receurent la doctrine.
Durant l'y ver 1542, le conte Guillaume assembla des gens d'armes bon nombre et fist plussieurs courses sur la terre des presbtres de Metz, brusla aussy plussieurs de leurs maisons. Tellement que les presbtres, moynes et nonnains se composèrent de luy fornir chascun jour l'espace de 2 moys grande quantitéz de bleidz, vins, chair et aultres vivres.
[P. 5.] Le jour de Pasques suyvant, 2 5 mars 1643, le sieur Claude de Guise, accompaignez de 2 ou 3 de ses fils et de bon nombre de gensdarmes, s'en vint à Gorze courir sur ceux de Metz estans venus au presche. Ung bourgeois y fuist tuez et massacrez, plussieurs femmes noyées au passaige de Jouy, contraintes de se jetter en la rivière, d'aultres furent prinses et emmenées jusqu'au Pont à Mousson. La pluspart des bourgeois se retirèrent en l'abbaye avec les Allemand. Parlement fuist fait, de sorte qu'ils