‹ Journal de Jean Le Coullon, 1537-1587Chapitre 18 sur 45 · NOUVELLE ENTREPRISE SUR GORZE · texte numérisé non relu

NOUVELLE ENTREPRISE SUR GORZE

partis les Bourguignons bruslèrent 4 ou 5 maison proche de l'abaye qui les empeschoient.

La moisson suyvante fuist petite, partant le bleidz et tous biens rencherissoient. La quairte se vandoit 40 solz, Taverne 1 2 solz, l'orge 2 5 solz. La queue de vin au villaiges 6 et 8 fr.

[P. 7.] Sur la fin du moys de septembre, le sieur de La Roche du Maisne vint assiéger l'abaye tirant d'ariver quelques coupt d'artillerie. Les assiégez qu'estoient peu de gens se sauvèrent de nuit subtillement. Le lendemain les Françoys entrèrent trouvant 4 ou 5 que hommes que garçons qu'ils pendirent. Ils fuirent 5 ou 6 jours pour abatre la place, durant lesquel ce fuist pitié du mal qu'ils firent speciallement es villaiges proche, comme à Ancey. Ils vandangèrent la pluspart de ce qu'estoit aux vignes, pilloient tout. Après leur départ on vandangea la reste. Celle année partout n'estoit point demy-quart d'année. Le vin valloit 3o fr. la queue.

Les Françoys partis, les gens de monseigneur Nicollas de Lorraine evesque de Metz s'emparèrent de l'abaye. Mais au bout seulement de 8 jours, les Bourguignons, au nombre d'environ 120, les en chassèrent, puis ayans pillez l'abaye la bruslèrent. Après ils se retirèrent es moustiers

de Nouvyan, Donnot et en la moistresse de Wasaige, faisant tant d'oppression journellement aux pauvres gens que c'estoit pitié.

Au commencement de décembre aucung d'iceux, en nombre i5 ou 16, s'emparèrent du chasteau Saint-Blaize, mais ils fuirent assiégez le 6 dudict décembre 1 5..J.3 par ceux de Metz. Sieur Nicollas de Gornaix, sieur de Viller, estoit capitaine. Les assiégés tuèrent des assiegeans 3 hommes, puis par composition, il s'en allèrent bagues sauves.

Au moys de Janvier audict ans fist une gelée fort grosse qui dura bien 6 sepmaines et sy fist esclipse de soleil le 24 du dit Janvier vers les 9 heures du matin, qui dura environ une heure. Elle fuist si grosse qu'il sembloit qu'il fuist nuiz.

[P. 8.] Au moys de Febvrier les Bourguignons estans es moustiers devantdits se retirèrent, mais ne fuirent pourtant les pauvres gens exemptz. Car il convint fournir grandes munition pour l'Empereur qui faisoit grand appareil de guerres, comme il le monstra en Testez suyvant 1544.

Jasoit que le vice roy de Naple eust une armée puissante qu'il menna devant Lucembourg et en plussieurs aultres lieux, sy est ce que, au moys

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