‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 115 sur 683 · EN BRETAGNE. — II · texte numérisé non relu

EN BRETAGNE. — II

1° La maison d'habitation avec cellier, laiterie, four et buanderie, doit être assez grande pour loger une famille composée du père, de la mère et de quatre enfants en moyenne, avec deux domestiques.

Elle doit être élevée au-dessus du sol d'au moins 0"'.50 à 0'".60, si elle n'est pourvue de caves qui rendent l'habitation plus saine. En Angleterre, on ne construit pas d'habitation à la campagne sans l'entourer d'un drainage, au résumé peu dispendieux.

L'exposition préférable pour la façade d'une habitation est le Midi, à tous les points de vue : hygiène, agrément, etc.

Au rez-de-chaussée, que ce soit en moyenne ou en grande ferme, nous proposerions deux pièces séparées par un vestibule d'entrée dans lequel doit être ménagé l'escalier qui monte au premier, où sont les greniers bien aérés.

Le cellier et la laiterie sont deux pièces qu'on peut mettre avec avantage en contre-bas du sol et sur la même ligne que la maison d'habitation, afin que ces deux pièces soient le plus possible à proximité de la fermière qui doit en avoir la surveillance. Le cellier sert à l'approvisionnement et à la garde des tonneaux qui doivent être vendus, et on peut y loger quelques provisions de ménage : pommes de terre, garde-manger, etc. La laiterie peut, selon nous, faire suite au cellier, même se desservir par cette pièce qui doit être autant que possible tournée vers le nord.

Le four avec boulangerie, contenant un fourneau pour faire la lessive et cuire les aliments des porcs, peut être annexé à la cuisine sur la même ligne et au sud.

Par ailleurs, la disposition en double équerre des autres bâtiments, avec cour intérieure, nous paraît la meilleure.

2° A droite, bordant la cour, nous établissons la grange, bâtiment^ selon nous, indispensable, même à une exploitation de 25 hectares Nous y plaçons la machine à battre, sauf le manège qui peut être en

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dehors avec abri ou sans abri. Le baltage à couvert deviendra de plus en plus une nécessité. Le peu de soins (ju'on apporte au battage en plein air, nuit incontestablement" à la qualité marchande des blés dans l'ouest. Une bascule pouvant peser les bestiaux à l'engrais, et tout ce qui sort de la ferme ou y entre, doit se trouver dans la grange. Au bout de cette grange, sous le même toit, se rencontrerait l'écurie avec fenil au-dessus et séparations entre les chevaux. Il est évident que les dimensions à donner à l'écurie doivent être en rapport avec les terres à cultiver ; mais au mininum (pour terres toutes en culture) il faut compter un bon cheval par 10 hectares, et si l'on emploie des juments qui, pendant la gestation devront être ménagées, il faudra compter davant;ige, également aussi si l'on a pour habitude de vendre les chevaux à l'âge de 5 à 6 ans, pour les remplacer par des poulains de 2 ans et 2 ans 1/2, dont on aura à faire l'élevage et le dressage au trait, spéculation qui paraît préférable, dans certains endroits de la Bretagne, à celle des juments poulinières. Mais, en toute occurrence, les séparations entre chevaux de trait étant à recommander, il faut compter au moins r".50 de largeur par chaque cheval. Quant à la longueur, y compris l'emplacement des râteliers et des mangeoires et un passage suffisant pour le service, derrière les animaux, et accrocher les harnais contre le mur, il faut compter de 4'". 50 à 5 mètres.

Un cabinet pour le charretier, cabinet séparé des chevaux, doit être ménagé dans l'écurie.

3° En face de la maison d'habitation, nous plaçons la vacherie qui, comme tous les bâtimens de ferme, doit être, autant que possible^ établie sur un sol sec et élevé.

On connaît l'objectif d'une culture intensive à bétail; 1 tête de 500 kilog. par hectare, y compris les porcs, les moutons, les chevaux et animaux de l'espèce bovine. Les exploitations qui satisfont à cette condition sont encore très rares; qu'il s'agisse de fermes d'élevage et d'engraissement, ou qu'il s'agisse de la production laitière ; mais nous n'avons à nous occuper que du logement des animaux et des conditions hygiéniques qu'ils doivent y rencontrer.

Disons d'abord qu'il faut tenir compte de la grandeur de la race, qu'on n établit pas en général une séparation entre les animaux de l'espèce bovine, et que pour les races moyennes un espace de 1"\50 entre chaque animal est suffisant; que la hauteur, sous plancher, doit être au moins de 3 mètres avec un bon système de ventilation, que les grands élevages de mouton tendent à disparaître dans l'ouest, et qu'à ce titre nous ne nous occupons pas des bergeries.

La hauteur d une étable doit être au moins de 3 mètres, avec un bon système de ventilation et d'aération sur lequel nous ne nous étendrons pas.

Les vacheries les plus simples et les moins coûteuses, selon nous, sont les élables à deux rangs, tête à tête, entre lesquelles la nourriture est distribuée aux animaux sans nous dissimuler que, pour une très rigouseuse propreté, la disposition queue à queue avec couloir de circulation en ciment, asphalte ou briquetage à plat, à joints cimentés avec rigole d'écoulement pour chaque rang de bêtes, présente des avantages marqués.

Nous adopterions, pour la largeur intérieure, 1 0 mètres, afin d'avoir a*sez d'espace derrière les vaches, le long des murs pour y placer les

veaux pendant les premières semaines, jusqu'au jour de leur départ pour la boucherie, si on ne fait pas l'élevage, auquel cas de petits parcs pour les jeunes animaux doivent être réservés. La longueur se déduit de l'espace ci-dessus, 1'".50 réservé pour chaque animal, et pour 20 vaches, de force moyenne, soit ',]0 mètres.

Nous ne donnons pas ici de prix de revient qui varie forcément, les propriétaires pouvant fournir parfois soit le bois, soit la pierre, nous dirons seulement que nous avons vu construire des étables avec toit en saillie, briques ou ardoises et aération convenable, à 200 par tête d'animal.

Ces conditions sont à noter; car lorsqu'un propriétaire a fait construire une bonne étable, le fermier ou le métayer ne manquera pas de la remplir de bons animaux, s'il est intelligent, et si les ressources fourragères ne lui manquent pas. Ainsi sera assurée la fertilité de la terre par les engrais de restitution, auxquels pourront s'ajouter les engrais complémentaires. Cette même doctrine de la restitution nous conduit à parler de la plate-forme à fumier, et de la citerne à purin, indispensables chez un cultivateur soucieux de ses intérêts. Les fermiers n'ont encore que trop l'habitude de déposer les fumiers en tas, à proximité des étables, sans avoir égard à l'emplacement, ni au purin qui, trop souvent, s'écoule daus le ruisseau. Il faut donc qu'une place soit réservée auprès de l'étable pour y mettre les engrais en tas rectangulaires, dont la hauteur ne doit pas dépasser l^.ôO, à cause des diflicullés de main-d'œuvre pour monter plus haut. On admet en général 10 à 12 mètres cubes de fumier par tête de bétail, soit donc pour 20 têtes de gros bétail, 200 mètres, dont la moitié peut se trouver réunie sur la plate-forme.

Le purin qui s'écoulera de celte plate-forme et celui des étables, des écuries, des porcheries même, devra tomber dans une citerne à purin, munie d'une pompe pour l'arrosage du fumier lui-môme, ou pour y puiser l'excédent qui devra être conduit au printemps sur les prairies.

La plate-forme à fumier et la citerne seront toujours favorablement placées à l'est ou au nord de l'étable pour l'hygiène générale. Malheureusement le transport à brouette (remplacé avantageusement dans les grandes exploitations par une petite voie ferrée) d'une masse de fumier que nous estimons à 200 mètres par an pour une exploitation comportant 20 vaches, sans compter 3 chevaux et 4 à 5 porcs adultes, fait que les fumiers restent souvent au milieu de la cour, ou adossés même aux murs des étables.

4° L'élevage ou l'engraissement du porc est un complément obligé d'une production laitière se livrant à la fabrication du beurre.

Pour une ferme moyenne de 25 hectares, l'engraissement de 5 porcs adultes est la proportion qu'il faut adopter, si on consulte les ressources en lait de beurre que peut produire une étable de 20 mères vaches. On sait du reste que ces animaux ne peuvent guère vivre en commun, et que des séparations sont nécessaires dans une porcherie où les loges peuvent être séparées par des cloisons en planches, mais mieux encore par des murs de refend.

Séparée nécessairement de la maison d'habitation comme du reste les étables et les écuries, une porcherie doit être placée au midi, autant que possible; car il ne faut pas oublier que le porc craint l'humidité et le froid.

D'après M. Bouchard-Huzard, les loges dont la réunion compose une porcherie^, doivent avoir chacune 2'" sur 3, et un couloir de service pour distribuer la nourriture est une chose obligée. Une hauteur de 2 mètres sous sablière parait suffisante pour la porcherie.

Il faut autant que possible pouvoir donner la nourriture aux porcs extérieurement, et le système de trappes mobiles à charnières par lesquelles on passe des auges en fonte, d'un modèle bien connu et qui a été importé d'Angleterre, est à recommander; mais le plus simple est d'encastrer les auges dans les parois des loges de manière à ce qu'on puisse les remplir du dehors.

On parle beaucoup de la propreté nécessaire aux porcs et de bassins où ils peuvent aller se raffraîchir; nous ne pouvons qu'approuver «jette disposition pour une grande porcherie, mais il nous semble suffisant que chaque loge présente une rigole le long du mur le plus éloigné, de façon à ce que la loge reste toujours saine.

Nous avons recherché succinctement ici les conditions nécessaires aux bâtiments d'une exploitation de 25 hectares dans l'ouest, per suadé que nous sommes de leur importance au point de vue de la fertilité du sol auquel doivent être rendus les engrais animaux que le bétail produit. A. de la Morvonnais.

Voici encore une grande et belle solennité dont les agriculteurs ont certainement le droit d'être fiers, et qui portera des fruits nombreux au double point de vue de l'extension du progrès agricole et de l'accroissement de la part légitime que l'agriculture a le droit de prendre dans les préoccupations publiques. En effet, pendant les cinq jours qu'il a duré, le concours de Paris a attiré une affluence énorme de visiteurs, la plus grande probablement qui se soit encore donné rendez-vous aux fêtes agricoles du palais de l'Industrie. Cultivateurs très nombreux, étudiant avec calme les diverses parties du concours, citadins empressés, curieux de voir et de sMnstruire des choses de l'agriculture, formaient une foule véritablement compacte, aussi bien dans la nef consacrée aux animaux que dans les salles réservées aux produits ou bien au dehors dans la vaste enceinte remplie par les machines ; ici, il a fallu souvent braver la pluie ou la boue, à cause de linclémence de la saison, ce qui n'arrêtait pas les visiteurs. Les recettes ont dépassé, du 24 au 31 janvier, la somme de 59,000 fr.; ce sont les plus élevées qui aient encore été réalisées.

Le concours était, d'ailleurs, digne en tous points de cette affluence. M. Gustave Heuzé, inspecteur général de l'agriculture, assisté de MM. Philippar, Randoing et H. Vassilière, adjoints à l'inspection générale, et de MM. Fournat de Brézenaud, Jean Lefèvre, Jean Bignon, Mesnier, Zedde, Girin, Jolivet, Férouillat, commissaires, en avait organisé toutes les pnrties avec un soin méticuleux; l'organisation en était excellente. Le jury, présidé par M. Bazille pour les animaux de boucherie, par M. Teisserenc de Bort pour les animaux reproducteurs, par M. Foucher de Careil pour les volailles mortes et les produits, a accompli sa tâche difficile avec un zèle auquel nous sommes heureux de rendre hommage, quoique, depuis longtemps, les jurys de nos concours soient universellement appréciés pour leurs lumières et

pour l'impartialité de leurs décisions. Si, dans quelques cas, nous aurons des observations à présenter, elles tiennent surtout à l'organisation du programme de quelques parties qu'à toute autre cause.

On trouvera plus haut (page 171) un premier article de notre infa> tigable collaborateur M. de la Tréhonnais, sur les animaux gras; il poursuivra son étude dans nos prochains numéros. Nous reproduisons ici les portraits des animaux qui ont remporté les grands prix d'honneur; nous donnerons, la semaine prochaine, ceux des prix d'honneur des bandes de bœufs, de moutons et de porcs.

Pour les bœufs, le prix d'honneur a été décerné à M. II. Signoret, éleveur à Sermoise (Nièvre), pour un bœuf durham-charolais (fig. 14), froment, âgé de 35 mois 25 jours, et pesant 940 kilog.; — pour les vaches, à M. Malivon, à Bannegon (Cher), pour une vache durhamcharolaise (fig, 1 5), blanche et jaune, âgée de 4 ans et 2 mois, pesant 810 kilog.; — pour les moutons, à M. Rasset, éleveur à MonteroUier (Seine-Inférieure), pour un lot de trois moutons oxfordshiredowncauchois (fig. 16), âgés de 21 mois et pesant 322 kilog. ; — pour les porcs, à M. Chaminade aîné, à Pantin (Seine) ; — pour un porc yorkshire (fig. 17), blanc, âgé de 9 mois et demi, pesant 262 kilog.; — pour les animaux de basse-cour, à M. Vallois, à Neuilly (Seine), pour un lot de coqs et poules delà race de Houdan (fig, 18).

Des articles spéciaux seront consacrés, dans nos colonnes, aux expositions d'animaux reproducteurs, de produits agricoles, d'animaux de basse-cour; il y aura aussi beaucoup de choses à dire sur l'exposition des machines. Aujourd'hui, nous nous bornerons à donner la liste complète des récompenses pour les diverses parties de l'exposition :

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