‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 124 sur 683 · DESTRUCTION DES LOUPS · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DES LOUPS

Nons avons assuré la disparition des loups dans un temps indéterminé, en lui accordant une prime élevée. Et puis nous nous endormons sur nos lauriers. C'est prématuré.

Il n'est pas indifférent de tuer notre dernier loup aujourd'hui ou dans quinze ans. H y a plusieurs raisons pour nous hâter.

r La raison budgétaire.

Suivant les calculs de l'administration il y a 5,000 loups en France.

Si on les tuait tous instantanément, ce qui est impossible, ils coûteraient, à raison de 100 fr. par tête, 500,000 fr.

Si on en tue 1,000 par an, les 4,000 survivants se reproduiront et éterniserontl'opération. La dépensepeutêtre triplée, sextuplée, décuplée.

Voyons quels sont les moyens de destruction que la France possède.

Nous voyons souvent, en vedette, en tête de nos Premiers Paris.

« La France manque d'hommes. » On ne dit pas pourquoi faire.

Eh bien, c'est probablement pour détruire les loups que la presse demande des hommes.

C'est par le piège ou le poison que le loup doit être détruit. Or, il n'y a pas en France 40 habiles piégeurs de loups.

Que font-ils? Chacun d'eux détruit le loup, dans sa commune et dans 20 communes voisines. C'est ce que nous avons vu arriver dans la vallée du Grésivaudan et dans l'Autunois situé pourtant en pleine forêt du Morvan. Après cela, que font les adroits preneurs de loups? La matière leur manquant, ils se font terrassiers ou casseurs de pierres.

Pourquoi nti pas perm.ettre à ces hommes de se multiplier en se déplaçant? Aujourd'hui la Dordogne, les Charcutes et 20 autres départements sont infestés de loups dont ils ne peuvent se débarrasser; et à côté, on maintient dans une oisiveté forcée des chasseurs spéciaux qui ne demandent qu'à les détruire!

Le personnel y est; il s'agirait seulement de le mobiliser.

A côté du chasseur sédentaire et aristocratique qui chasse par passetemps et lorsqu'il n'a rien de mieux à faire, il faut créer le chasseur ambulant et démocratique, suivant le loup dans ses migrations, chassant pour vivre et par métier et par conséquent chassant tous les jours.

Il y a au ministère des demandes de tels chasseurs qui voudraient se faire breveter. Us ne coûteraient rien à l'État et prétendent vivre largement de leur chasse (100 francs de primes, 15 ou 20 h^ancs de peau, soit 12u francs par tête de loup). Ils en prendraient plusieurs par mois.

Voici le brevet qu'il faudrait leur délivrer :

« Le ministre de l'agriculture,

« Vu la demande du sieur***, afin d'obtenir un brevet de piégeur ttâ loups ambulant, sans fusil;

« Vu l'attestation de la Société d'agriculture de son arrondissement, qu'il est de bonne vie et mœurs et qu'il a fait ses preuves et pris plusieurs loups au poison ou au piège, ou au liteau.

« Accorde au sieur *" le brevet de piégeur de loups, ambulant, sans fusil.

a Le dit brevet confère au titulaire le droit de piéger toute l'année et par tous les temps dans les forêts des communes et celles des particuliers qui lui en accorderont l'autorisation.

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