DOSAGE DE L'AGIDE PHOSPHORIQUE DANS LES TERRES ARABLES
les liquides d'une quantité considérable de silice à l'état naissant, dont on ne se débarrasse que par de nouvelles évaporations à siccité, par de nouvelles solutions acides, fort longues à filtrer, à laver et par conséquent à évaporer, pour les ramener à un volume propre à l'affusion du réactif moiybdique. Ces longueurs dégoûtent les essayeurs et font renoncer, dans la pratique, à une vérification qui devient de jour en jour plus nécessaire.
On juge donc au hasard, et, d'après un préjugé cultural ou une expérience souvent bien insuffisante sur la dernière récolte donnée par la terre, on fait une dépense importante sans utilité, ou bien on renonce à une dépense nécessaire.
Je me suis, en conséquence, appliqué dans ces derniers temps à rendre la détermination de l'acide phosphorique, dans les sols arables, aussi facile et aussi rapide que celle de tous les autres éléments qui les composent; j'y suis parvenu, comme pourront s'en assurer les analystes qui voudront bien suivre la mélhode de manipulation que je soumets à l'Académie.
20 grammes de la terre, finement pulvérisée et passant au tamis de soie, sont placés dans une capsule de Bayeux, et attaqués par l'acide chlorhydrique dilué au cinquième, tant qu'il y a effervescence. On ajoute à ce moment dans la capside une eau régale contenant 3 parties d'acide chlorhydrique pour 1 partie d'acide azotique à la dose de 80'^° .
On fait digérer au bain-marie jusqu'à ce que le liquide ait pris une consistance sirupeuse. On étend d'eau froide distillée, on filtre, et on lave sur filtre à l'eau bouillante.
Dans le liquide de filtration, on précipite par l'ammoniaque caustique en excès. Le précipité, recueilli et séché, est pulvérisé et calciné au rouge cerise dans une capsule en platine (il est préférable de ne le pulvériser qu'après cette calcinatioii). On le reprend alors par de l'acide azotique très dilué (au ~) et, après digestion à froid, on filtre.
Le liquide de filtration, débarrassé de la chaux, du fer, de la silice, par les opérations précédentes, contient l'acide phosphorique en totalité. On cohobe ce liquide au bain-marie, pour l'amener au volume convenable à la précipitation moiybdique : le précipité de phosphomolybdate d'ammoniaque, n'étant pas souillé par un liquidechargé de sels de fer, d'alumine et de chaux, et étant absolument purgé de silice, peut, après un seul lavage, être repris par l'ammoniaque, pour y précipiter l'acide phosphorique à l'état de phosphate ammoniaco-magnésien.
Aussi la détermination se trouve ramenée aux opérations les plus élémentaires du laboratoire, et j'ajouterai, à titre de renseignement, que mes essais m'ont toujours donné un dosage supérieur à celui de l'ancienne méthode, qui entraînait des perles : l'acide phosphorique, après la cohobation du dernier liquide, se trouve en entier à l'état tribasique, ce qui me donne la conviction que la calcinalion avec un excès de sesquioxyde de fer et d'alumine, en un mot avec un excès d'une base quelconque, alcaline, alcalino-terreuse, terreuse, suffit à amener l'acide phosphorique à la forme tribasique; car je ne peux attribuer uniquement à une cohobation acide, de peu de durée, l'intégrité de l'état tribasique de l'acide phosphorique.
Paul DE Gasparin,
Membre de la Société nationale d'agriculture, correspondant de rAcadémie des sciences.
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CHARRUE BISOG DOUBLE DE FONDEUR
Il y a longtemps que l'utilité des charrues à plusieurs socs est reconnue. Le mathématicien Jacques Bâsson fit décrire, eu 1578, dans le théâtre des machines de Béroalde, une charrue à trois socs. Je ne sais si elle fut jamais construite.
Depuis cette époque, la main-d'œuvre ne cessant d'augmenter, les constructeurs se sont appliqués à perfectionner ces sortes de charrues et un grand nombre fonctionnent aujourd'hui à la satisfaction des cultivateurs.
Il me suffira de citer, en France, les charrues polysocs de Grignon, de Nancy, de Bajac, Meugniot, Fondeur, Lanz, etc.; à l'étranger, celles de Howard, Ransomes, Decker et iMot, etc.
Toutes les charrues multiples sont munies d\\n avant-train, qui sert à régler l'instrument et à le maintenir fixe en terre, tout en en facilitant la manœuvre, au bout des raies.
Jusqu'ici ces charrues ne renversaient la terre que d'un seul côté, et ne pouvaient servir que poui- les labours en planches.
Depuis vingt ans, la charrue double, dite improprement Brabant double, puisqu'elle est à peine connue dans le Brabant, s'est tellement répandue que les labours à plat ont remplacé les planches dans presque tous les sols. Avec des rigoles d'écoulement et des labours plus profonds, les grandes pluies ne nuisent pas aux récoltes, même dans les annéesaussi pluvieuses que celle que nous venons de traverser.
Tous les cultivateurs, qui labourent à plat, ont remarqué que les cham^<ss en planches offrent une certaine difficulté lorsqu'on veut les mettre à plat. Les dérayures disparaissent dilTicilement, et la charrue double fonctionne mal lorsqu'elle les rencontre. C'était un grand inconvénient. Les charrues multiples ne pouvaient servir que pour les labours très légers. Il était impossible de donner au sol le labour d'ensemencement sans le mettre en planches.
En 1881 , le Comice agricole de l'arrondissement de Châtellerault, ayant, sur la proposition de son honorable président, M. de la Massardière, lauréat de la prime d'honneur de la Vienne, en 1870, organisé des concours spéciaux d'instruments, comprit dans le programme des essais de charrues polysocs.
Plusieurs constructeurs ont répondu à cet appel, et quatre instruments ont été essayés.
1° Le trisoc, construit par M. Bajac-Delahaye, à Liancourt (Oise), est d'une manœuvre facile. Il faisait un bon labour de 0™.83 de largeur et de 0'".15 de profondeur. Il coûte 370 francs.
2" Le trisoc, construit par M. Howard et présenté par M. Pilter, à Paris, fonctionne très bien ; mais il faut un homme assez fort pour le tourner et le remettre en place au bout de la raie. Il fait un bon labour de 0'".75 de largeur et de 0'".15 de profondeur, et il coûte 410 francs.
3" Le trisoc, construit par M. Fondeur, à Viry (Aisne), est très facile à tourner et n'exige pas une grande force. Il fait un bon labour de 1 mètre de largeur et de 0'".15 de profondeur. Il coûte 325 francs.
Ces trois instruments nécessitent un attelage de six bœufs et deux conducteurs.
CHARRUE BISOG DOUBLE DE FONDEUR
4" M. Fondeur présentait, pour la première fois dans un concours, une charrue bisoc double, inventée par lui en 1878, mais qu'il n'avait pas fait connaître avant d'avoir rendu la construction et le travail irréprochables.
Par suite d'un essai, à l'insu du constructeur, dans un sol couvert d'une couche de fumier pailleux, la charrue bourra et les contres furent plies. Il fut donc impossible de juger son travail. Malgré cela, je fus si frappé de l'utilité de cet instrument pour les labours de semailles que j'en fis l'acquisition au mois de janvier 1882.
J'avais besoin d'une charrue polysoc pour labourer 8 hectares de vignes en chaintres, et il me fallait un instrument facile à tourner et n'exigeant pas une grande place au bout de la raie.
Dès le mois de février, j'employais le bisoc pour donner deux
Fig. 19. — Charrue bisoc double de Fondeur.
labours consécutifs à un champ destiné aux betteraves. La charrue, attelée de quatre bœufs conduits par un homme, faisait un labour de 0"\6b de largeur et de 0"M6 de profondeur. En dix heures elle labourait 1 hectare et le travail était très bon.
Dans les vignes en chaintres, plantées à 6 mètres, la manœuvre était aussi facile que celle d'une charrue simple. A l'aide de la charrue bisoc double, j'ai pu labourer les champ, occupés par le trèfle incarnat et les vesces, au fur et à mesure de la consommation de ces fourrages. Bien que la terre ne fût pas meuble, quatre bœufs conduisaient facilement la charrue.
J'ai semé du trèfle incarnat au mois d'août sur un labour de 0™.06 de profondeur, très régulièrement exécuté par le bisoc, attelé de trois chevaux ou de deux bœufs.
Les champs destinés aux ensemencements de vesces, d'avoine d'hiver et de froment, ont été labourés avec le bisoc double. La largeur était de 0'°.65, et la profondeur atteignait 0'".2(). Quatre bœufs exécutaient facilement ce labour, même en terre non remuée. Un jeune homme de seize ans suffisait pour conduire la charrue et les attelages.
Depuis le 1" mars jusqu'au 1" décembre 1882, ma charrue double bisoc a labouré plus de 60 hectares sans avoir besoin de réparation. Les socs sont aiguisés, lorsque le besoin s'en fait sentir.
Le prix de cet instrument est de 300 francs.
CHARRUE BISOG DOUBLE DE FONDEUR. 215
Les SOCS, les coutres et les versoirs sont en acier. Le corps de la charrue, où s'attachent les versoirs et les socs", est en fonte malléable de première qualité. Un talonnet s'ajoute sous le sep, de façon à pouvoir être remplacé dès qu'il est usé.
La fig. 19 fait assez bien comprendre les détails de la charrue bisoc double pour qu'il soit inutile de les décrire. L'avant-train et le régulateur sont ceux que la maison Fon leur adapte à ses charrues doubles, brevetées dès 1830, sous le nom de charrues à socs alternatifs de France, dites Universelles-Fondeur.
La construction générale du bisoc ne laisse rien à désirer comme solidité et facilité de règlement, il résulte des essais que j'ai faits avec soin, que la charrue bisoc double, attelée de quatre bœufs et conduite par un homme, fait facilement en dix heures 1 hectare en labour moyen de 0".18à 0.20 de profondeur. Avec des chevaux on ferait davantage. La terre ne colle pas aux versoirs et la charrue ne bourre pas. L'usure des socs n'est pas plus grande qu'avec les autres charrues. Ils coûtent 14 francs et les versoirs 34 francs les quatre.
Quand la charrue bisoc double sera mieux connue, elle deviendra d'un usage général dans les fermes qui labourent à plat. Elle pourra exécuter tous les labours au-dessous de 20 centimètres de profondeur avec autant de perfection que les meilleures charrues, et en économisant deux bœufs et deux conducteurs, car elle fait autant de travail que trois charrues. H. -S. de Larclause,
Directeur de la ferme-école de Montlouis (Vienne).
LES PRODUITS AaRIGOLES AU CONCOURS GÉNÉRAL