POMMIERS EN GORDON HORIZONTAL
Parmi les nombreuses formes que l'amateur d'arboriculture peut donner à ses arbres fruitiers, plusieurs sont souvent plus agréables à l'œil que productives ou faciles à établir.
Une des formes qui m'a toujours donné de la peine à réussir, et dont il est très difficile de bien équilibrer la sève, est celle du pommier en cordon horizontal.
Dans les nombreuses plantations qu'il m'a été donné de voir, j'ai toujours remarqué que la sève produit vers le commencement de la branche charpentière beaucoup de branches gourmandes, poussant perpendiculairement, que l'on a de la peine à faire transformer en branches à fruits. Dans les sujets très vigoureux, pendant plusieurs années, les fruits sont presque nuls, et la plus grande partie de la sève se transforme en branches gourmandes s'étendant tout le long de la branche charpentière.
Frappé de cet inconvénient pour le pommier surtout, j'ai eu l'idée, au lieu d'en arrêter le développement par la taille comme cela se fait ordinairement, de laisser pousser la tige autant qu'elle le voudrait sans jamais rien y retrancher, en ayant le soin de tenir l'extrémité de la branche charpentière relevée par une baguette à laquelle elle est attachée à mesure qu'elle pousse.
Pour pouvoir arriver à une grande longueur de branche charpentière sans inconvénient pour la solidité de l'arbre et des fruits, tout en continuant de planter les pommiers à 1".50 les uns des autres le long des allées, où est employé ordinairement le cordon horizontal, je laisse courir la tige sur des fils de fer tendus à 0"'.20 de distance entre eux. A mesure que la branche s'allonge et arrive au pommier suivant, elle se relève d'un étage, comme l'indique la figure 32, qui montre en B des cordons achevés, et en Aies cordons en formation. On arrive ainsi à avoir une branche charpentière ayant 7"'. 50 de long, développement suffisant pour utiliser la sève des variétés les plus vigoureuses, n'ayant pas plus de 1 mètre de hauteur au-dessus du sol.
Le cordon, une fois fini, ressemble à des marches d'escalier; par suite de cette disposition, la sève est toujours sollicitée à se porter vers la partie supérieure de l'arbre, au lieu de s'arrêter à la naissance de la branche charpentière, comme cela a lieu dans le cordon horizontal ordinaire.
En espaçant davantage les pommiers, on peut arriver au même résultat avec de grandes longueurs et seulement 2 ou 3 rangs de cordons, ce qui équivaut alors à l'ancien cordon horizontal sans en avoir les inconvénients.