‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 197 sur 683 · DE FRANCE. — III · texte numérisé non relu

DE FRANCE. — III

Séance du 3 février. — En constatant le succès réel obtenu par le premier essai sérieux de l'annexion d'un concours d'animaux reproducteurs au concours général agricole de Paris, M. de Poncins fait remarquer qu'il y aurait plusieurs mesures à prendre pour accroître l'importance de cette exposition. Voici le texte de son rapport :

« Vous avez voté mardi dernier le principe du maintien du concours d'animaux reproducteurs; aujourd'hui votre deuxième section présente à votre sanction une série de vœux, dont l'objet est d'assurer le développement de ce concours.

« Pour l'observateur superficiel, rien de ce qui vient de se passer aux Champs- Elysées ne semble très important ; le gouvernement a fait un appel aux éleveurs ; les éleveurs ont répondu à cet appel avec un zèle plus ou moins restreint, et ils ont reçu des médailles que beaucoup de personnes ont trouve insuffisantes ; de son côté la Société des agriculteurs de France, joignant son action à celle du ministère de l'agriculture, a décerné des brevets de monte, dont le gros du public ignore absolument la signification, et peu de gens s'expliquent l'agitation qu'a causée l'organisation du concours des repro-'hicteurs.

« Cependant, messieurs, le lait qui nous occupe est gros de conséquences, et ces conséquences n'échappent nia l'agriculteur qui attend avec anxiété la restauration de nos anciennes richesses, ni au philosophe qui cherche sous les voiles obscurs du présent, la clarté de nouveaux horizons.

« En effet, une nécessité absolue pour toute industrie, et pour l'industrie agricole comme pour les autres, c'est d'avoir des lieux de transaction où viennent se réunir, le vendeur qui livre ses produits et l'acheteur qui doit utiliser ces mêmes produits; des lieux, en un mot, où l'offre et la demande sont mises en face l'une de l'autre. Ge point de réunion manquait à notre commerce de bestiaux, et l'objet du concours général a été de le créer.

« Ce concours est donc appelé à devenir un élément de premier ordre dans le commerce agricole, et ce sera pour notre Société un précieux titre de gloire, d'avoir la première évoqué cette affaire, et pris depuis de longues années, une initiative qui est devenue la cause du succès.

« Une autre déduction non moins heureuse à tirer des faits auxquels vous avez assisté, c'est de considérer les résultats féconds qui seront obtenus en France, chaque fois que l'agriculture officielle unira ses efforts à ceux de l'initiative privée ; l'expérience de cette année a démontré aux plus incrédules combien de sources de progrès résident dans ce concert harmonieux, et elle a prouvé de plus que si l'auiorilé ne perd rien de ses droits, en faisant appel aux forces vives de la nation, les sociétés libres ne compromettent pas non plus leur indépendance en prêtant leur concours à une œuvre qui devient commune.

« Avant d'entrer dans l'étude des questions présentées à votre approbation par la Section d'économie du bétail, il est nécessaire, messieurs, que vous jetiez un coup d'œil rapide sur la situation économique de notre agriculture, et que vous inspiriez vos esprits des considérations qui nous ont amenés à formuler les vœux dont vous entendrez tout à l'heure la lecture.

« En effet, messieurs, ce sont les désastres lamentables, sous lesquels reste écrasée notre plus grande richesse nationale qui doivent être, chez vous, le motif particulier de réaliser les plus grands efforts, alors même que pour quelques-uns, ces efforts paraissent exagérés.

ce Abstraction faite des intempéries et autres fléaux dont la Providence reste la maîtresse souveraine, l'état de notre agriculture est aujourd'hui mauvais, et même des plus mauvais; personne ne le conteste; mais le point sur lequel on réfléchit trop peu, c'est celui de rechercher les causes supérieures de nos malheurs, et d'examiner comment on peut, sinon les conjurer, au moins atténuer leurs funestes ravages.

« Ces causes doivent, si je ne me trompe, se diviser en deux catégories; les premières ont un caractère général, et affectent non seulement la France, mais encore les autres nations; les secondes sont particulières à notre pays. Gomme cause générale ou internationale de nos ruines, celle qui domine et absorbe toutes les autres, c'est la confusion faite de nos jours, entre la vraie production et le simple mouvement de l'argent.

« La vraie production, c'est l'agriculture qui multiplie les êtres vivants, et qui demande chaque année au retour des saisons de nouvelles richesses ; c'est aussi l'industrie qui transforme les matières premières, crée les voies de transport, et va jusque dans les entrailles de la terre découvrir les plus précieux trésors; mais ce n'est pas la spéculation, qui tout en rendant certains services secondaires, ne peut, et ne pourra jamais être la source d'une véritable production; la spéculation prend l'argent dans une cassette, le passe à un second détenteur, puis à un troisième, et ainsi de suite, sans que ce mouvement considéré en lui-même accroisse la fortune ni des uns ni des autres.

« Le caractère de la vraie production et ceux de la spéculation sont tellement différents, qu'aucune confusion ne devrait être possible entre des opérations aussi distinctes; cependant le mirage trompeur qui couvre la spéculation est si séduisant, que nous avons vu peuples et gouvernements se laisser entraîner par ce cou rant dévastateur.

« L'agriculture elle-même est tombée dans le piège comme les autres classes de la société; personne n'a su résister à la tentation d'essayer les placements avec gros intérêts, au plaisir d'habiter des salons dorés, et surtout à l'espoir de rencontrer une occasion favorable pour saisir au passage un de ces millions qui circulent sans jamais s'arrêter.

« Les emprunts à grands fracas ont alors drainé toutes les épargnes ; les placements sûrs, mais à petits intérêts, ont été délaissés, et il n'a plus été possible de penser ni aux creusements de canaux, ni aux dessèchements de marais, ni aux reboisements des montagnes, ni à aucune autre des opérations qui seraient pour nous la garantie de l'avenir; la baisse de la propriété toncière s'est manifestée de toute part, le dépeuplement des campagnes s'est accentué, les fermes sont

restées quelquefois sans exploitants, et la misère agricole a pris les proportions les plus effrayantes.

« A ces causes de ruine qui seraient bien suffisantes pour anéantir tout effort de prospérité, il faut en ajouter d'autres, qui tiennent particulièrement à notre pays, et qui sont aussi funestes que les précédentes.

« Ces dernières tiennent à l'application chez nous de ce principe économique absolument faux, en vertu duquel les charges nationales, au lieu d'être réparties également sur les produits de toute provenance, écrasent d'une façon particulière les produits français; ce n'est aujourd'hui, messieurs, ni le lieu ni le moment d'entrer dans une discussion douanière; je me contente d'énoncer les faits, et je m'empresse de vous montrer l'influence qu'ils exercent sur la question qui nous occupe aujourd'hui, c'est-à-dire sur le prix de nos bestiaux.

« Vous savez que pendant un certain nombrs d'années, la viande était arrivée en France à un prix suffisamment rémunérateur, pour que l'agriculture ait pu considérer ces années-là, comme une période de prospérité. Malheureusement l'élévation des cours, en favorisant notre commerce national, devenait en même temps une otîre de prime. pour l'étranger; celui-ci n'a pas laissé échapper l'occasion offerte, et nos marchés envahis par lui ont été promptement engorgés; la baisse s'est aussitôt établie, et les cours moyens sont tombés de 100 francs et plus par 100 kilog., à moins de 80 francs; inutile de vous dire que le consommateur n'a profité en rien de cet effondrement.

« Quoi qu'il en soit, le producteur français, atteint dans la meilleure source de ses revenus, a dû. ralentir ses opérations, et même souvent cesser son élevage; l'importateur étranger privé de sa prime a disparu à son tour de nos marchés, et comme conséquence, les prix se sont raffermis; devons-nous considérer cette situation comme une garantie pour l'avenir? Je réponds non, et mon affirmation est basée sur la perspective de deux alternatives également funestes ; si les prix restent ce qu'ils sont, nous continuerons à être ruinés comme nous l'avons été ces dernières années; s'ils s'élèvent, l'étranger retrouvera sa prime, et viendra de nouveau nous écraser.

« La situation est donc loin de donner place à des espérances heureuses, et votre devoir est de contribuer, par tous les moyens possibles, au relèvement de l'industrie agricole.

« Dans vos retraites paisibles, vous n'avez chacun qu'une action isolée, mais cette action s'étend autour de vous par des rameaux nombreux, et quand elle est muhipliée par des chiffres mille fois répétés elle prend une importance que personne ne saurait méconnaître; usez donc de cette action.

« Vous n'êtes pas non plus législateurs, et cependant l'illustre M. Pouyer- Quertier vous disait il y a deux ans dans cette même enceinte, que vos décisions pèsent d'un grand poids sur les décisions du législateur français; usez donc de cette influence législative et administrative.

ce Enfin, et c'est sur ce dernier point que je dois insister aujourd'hui, ne négligez aucun des moyens de détail qui sont en votre pouvoir, pour apporter votre part de secours aux détresses de l'agriculture française.

« Parmi les éléments dont vous disposez, vous devez placer au premier rang le développement du concours des reproducteurs.

« Les concours généraux ont fait la gloire de la grande société anglaise, ils doivent devenir aussi celle de la société française ; votre Section a du limiter son étude actuelle dans cette grave aftàire à des réglementations absolument générales, par ce motif qu'il est impossible de savoir aujourd'hui dans quelles conditions se présentera l'année prochaine l'organisation du concours général ; il était donc sage de laisser à votre Commission de permanence le soin d'apprécier de quelle façon vos vœux pourront être réalisés.

« Passons aux détails :

« Sous le rapport des conditions d'âge, votre Section a pensé que la méthode la plus simple à adopter serait de suivre jusqu'à nouvel ordre les catégories en usage dans les concours régionaux.

« Relativement aux espèces, une grave lacune existait dans le programme de vos brevets de monte; c'était l'absence de toute récompense pour les animaux des espèces ovines et porcines; votre Commission n'avait exclu ces deux espèces que par suite de l'insuffisance de vos ressources; mais elle admet qu'elles ont leur place toute marquée dans les concours de reproducteurs.

« La question des races est beaucoup plus délicate ; vous savez, Messieurs, qu'un reproducteur, pour présenter des garanties sérieuses, doit porter avec lui

un titre d'hérédité, et que ce titre ne peut être constaté avec certitude que par des registres généalogiques; votre Section, tout en admettant ce principe, et tout en restant décidée à provoquer rétablissement des livres généalogiques, a pensé qu'actucUament, la question devait être tranchée dans le sens le plus large ; elle vous propose de conserver en les complétant les catégories de races, adoptées cette année par le gouvernement.

« Elle vous propose encore plusieurs autres améliorations de détail sur lesquelles vous allez avoir à voter.

« Mais, Messieurs, ce qui importe par-dessus toute autre chose, c'est de ne pas laisser languir une institution qui est à peine fondée, et pour cela de ne pas oublier que vous devez chercher à grossir le budget de votre Société. Votre bureau a montré, dans ses dernières résclutions, qu'il est décidé à supprimer dans vos dépenses ce qui serait superflu; pour les recettes, c'est à vous et non pas à lui de les multiplier; la grande Société anglaise compte, nous dit-on, plus de 30,000 membres ; la Société française n'en compte pas encore cinq mille ; cependant, Messieurs, ce qui manque en France, ce n'est ni l'argent nécessaire pour payer des cotisations de 20 francs, ni la sympathie accordée à l'agriculture ; ce qui manque simplement, c'est cette initiative par laquelle chacun de vous, s'adressant à ses amis, leur dirait : il existe une Société des agriculteurs de France, cette Société remplit une grande mission, acceptez d'en faire partie. Le jour où vous prendrez tous à cœur ce faible mandat, vous verrez les souscriptions affluer, et votre budget grossir par enchantement.

« Messieurs, nous lisons dans un livre fameux que l'esprit du mal interrogé sur son nom, répondait ce mot terrible : « Je me nomme légion ». Eh bien, nous qui sommes appelés à devenir pour la France les génies du bien, serrons nos rangs et prenons cette devise.

« L'agriculture a déjà pansé bien des plaies, payé bien des milliards, donné bien des lois le sang de ses enfants; jamais on ne lui en a tenu compte; malgré cela restons sans défaillance et poursuivons courageusement notre route ; conservons précieusement nos légendes d'union et de paix, et défendons avec vigueur les prmcipes tutélaires sous lesquels nous avons toujours été abrités; un jour viendra ou la société reculera devant les ruines qu'elle accumule sur ses pas, et ce iour-là elle demandera du secours. Nous prendrons alors le paisible drapeau de l'agriculture si longtemps méconnu, et le montrant aux populations effrayées, nous pourrons leur dire avec un légitime orgueil, rassurez-vous, nous sommes légion. Marquis de Poncins,

Président de la deuxième Section des agriculteurs de France, membre de la Société nationale.

Voici le texte des vœux présentés à l'assemblée générale :

1"'' vœu. — Que les producteurs mâles des espèces bovines, ovines et porcines soient admis au concours général de Paris.

2" vœu. — Que la classification générale des races adoptée cette année par le ministre soit conservée et complétée en y ajoutant le nom de certaines races omises, notamment celui des races flamandes et d'Aubrac ; que le nombre des récompenses soit mis en rapport avec celui des animaux présentés.

3* vœu. — Que les divisions d'âge admises dans les concours régionaux soient appliquées aux concours d'animaux reproducteurs.

4*= vœu. — Que le gouvernement ajoute des primes en argent aux médailles décernées dans le concours de reproducteurs.

5* vœu. — Que les animaux continuent à être classés par ordre de mérite et sans qu'il soit tenu compte du nombre de médailles, qui se trouve revenir à chaque propriétaire.

6« vœu. — Que les animaux achetés à l'étranger, mais possédés par des propriétaires français, soient admis au concours de reproducteurs.

1" vœu. — Que les animaux vendus pendant le concours général de Paris restent quahliés pour les concours régionaux, alors même que la date réglementaire du 1" février serait passée quand ils entreront dans l'écurie de leur nouveau propriétaire.

8" vœu. — Que les propriétaires, en déclarant leurs animaux, soient tenus d'indiquer s'ils sont à vendre, et que le catalogue porte la mention à Vendre, pour tous ceux qui ne sont pas réservés.

9'^ vœu. — Qu'une vente facultative aux enchères publiques soit organisée à là fin du concours.

10'' vœu, — Que le Conseil de la Société des agriculteurs de France transmette les vœux ci-dessus, d'une part au ministère de l'agriculture, et d'autre part à la Commission de permanence de sa 2* Section.

Ces vœux, mis aux voix, sont adoptés àrunanimité.

Sur le rapport de M. Boucher d'Argis, la Société émet un vœu en faveur du maintien du décret du 18 février 1881, sur la proliibition d'importation des viandes de porc d'origine américaine. Cette discussion donne lieu aune intéressante communication de M. H. Bouley. L'honorable inspecteur général des écoles vétérinaires rappelle que la trichinose a jusqu'ici fait plus de peur que de mal en France; nous sommes préservés contre ses atteintes par nos habitudes culinaires qui sont le meilleur préservatif. L'inspection microscopique de toutes les viandes importées est un problème insoluble. M. Bouley rappelle, en outre, les expériences qu'il poursuit relativement à l'action du froid sur les trichines, et dont les premiers résultats permettent d'espérer qu'on y trouvera une nouvelle méthode de préservation.

L'industrie sucrière n'a pas pu ou su profiter du large dégrèvement des sucres opéré en 1881, qui a presque tout entier profité au commerce étranger. C'est un fait douloureux qu'il faut constater, sans espérer que les relèvements de tarifs douaniers y apporteraient un remède. C'est cependant cette dernière solution que M. Jacquemart propose à la Société des agriculteurs de France; elle est d'ailleurs accueillie favorablement. Après une discussion à laquelle prennent part MM. Fernand-Raoul Duval, Amelinede la Briselainne, Delacour, de Roys, deux vœux sont adoptés : 1" que le gouvernement veuille bien porter son attention sur la situation de la sucrerie indigène et coloniale qui est très menacée, et sur les moyens d'y remédier; 2" que la surtaxe douanière sur le sucre brut soit portée à 7 francs par quintal métriqua.

Séance du 5 février. — Une longue discussion à laquelle prennent part MM. Dudoiiy, de Salvandy, Jules Maistre, etc., s'engage sur les tarifs de chemins de fer. Elle se termine par un vœu tendant à demander l'adoption, sur tous les réseaux, des nouveaux tarifs proposés par les compagnies de Lyon et de l'Est, sous la réserve toutefois qu'il n'en résultera aucun relèvement dans les prix de transport des denrées agricoles ou utiles à l'agriculture.

Sur le rapport de M. d'Aillières, une médaille d'or est décernée à M. le colonel Basserie pour son système de drainage des écuries et des élables, que le Journal a précédemment signalé.

M. le comte de Luçay donne lecture d'un rapport sur la question des octrois. Les conclusions de ce rapport, qui sont adoptées, sont les suivantes :

« La Société des agriculteurs de France, saisie de l'examen de la question des octrois, sans méconnaître les avantages que l'agriculture pourrait retirer dans une certaine mesure de leur suppression, estime que, conformément à l'opinion exprimée par la Commission supérieure de l'enquête agricole, dans sa séance du 10 décembre 1869, il ne saurait y avoir lieu, dans l'état de notre système administratif et financier, de demander au gouvernement la suppression des octrois municipaux. Elle serait portée à craindre, en effet, que le remplacement des 254 mihions net que les droits sur les consommations locales produisent actuellement aux 1,536 communes qui les perçoivent, ne fût pas susceptible d'être complètement opéré à l'aide de taxes directes ou autres, portant exclusivement sur les habitants des lieux soumis à l'octroi, mais dut être également demandé pour une large part à un prélèvement sur les impôts généraux qui frappent

Tensemble des consommateurs français. Elle ne saurait d'ailleurs perdre de vue que la proposition de loi soumise le 22 janvier 1880 à la Chambre des députés, et tendant à autoriser les communes à transformer leurs octrois en taxes directes, a pour but avoué, d'après ses auteurs, de provoquer, à Paris notamment, un afilux de population et un développement de fabrication énormes. Elle considère toutefois que te double intérêt du producteur et du consommiiteur exige que la taxe d'octroi ne soit qu'une fraction minime du prix de la denrée assujettie; que la stricte équité réclame eu outre que l'industrie agricole se trouve traitée d'après les mêmes principes que toutes autres devant cette taxe.

« En conséquence, elle croit devoir signaler à l'attention du gouvernement et "des Chambres la regrettable progression des octrois dans la dernière période décennale, progression (|ui a été supérieure à 25 pour 100, en même temps q'je la nécessité, pour y porter remède, d'une réforme législative qui aurait pour objet :

« 1" De conférer aux maxima inscrits au tarif général de 1870 un caractère désormais obligatoire, et de retirer ainsi à une simple délibération de Conseil général le pouvoir qui lui appartient actuellement en fait, d'autoriser une Commune, soit à dépasser ces maxima, soit même à assujettir à la taxe une denrée qui ne se trouve pas inscrite au tarif général ;

a 2'^ De déclarer ledit tarif applicable à la ville de Paris.

a 3" Et de décider qu'aucune création d'octroi ne sera autorisée qu'autant que les frais de perception de cet octroi ne dépasseraient pas le cinquième de son produit.

« Elle insiste également pour que les dépendances rurales, détachées de ^'agglomération principale, ne puissent jamais être englobées dans le périmètre de l'octroi. Cette exclusion en faveur de lagriculture, déjà édictée autrefois par l'ordonnance réglementaire du 9 décembre 181^, a fait l'objet d'un vœu spécial de la commission supérieure de l'enquête agricole et de la Société des agriculteurs de France elle-même dans ses deux dernières sessions. »

Séance du 6 février. — Sur la proposition de M. Dudoiiy, la Société, revenant sur la question de chemins de fer, émet le vœu que tous les produits chimiques pouvant servir à la fertilisation du sol, expédiés séparément ou à l'état de mélange, soient classés sur tous les réseaux dans la catégorie des engrais, et jouissent des abaissements de tarifs accordés aux engrais dénommés.

Après un rapport de M. de Lavalette sur un concours d'apiculture, M. de Salis rend compte des expériences de hache-maïs qui ont eu lieu à Sainte-Menehould. Nous avons décrit ces expériences, et no us n'avons pas à y revenir aujourd'hui.

Les vœux relatifs aux dégrèvements viennent ensuite en discussion. Sur le rapport de M. Josseau, les résolutions suivantes sont votées : « La Société, considérant que, quelque soit l'état de nos fmances, elle a le devoir impérieux, en présence de la législation douanière de ne jamais perdre de vue les légitimes réclamations de l'agriculture pour obtenir le dégrèvement des charges qui élèvent le prix de revient des denrées alimentaires, renouvelle ses demandes antérieures : V dégrèvement de l'impôt foncier en faveur de la propriété non bâtie; 2" réduction à 2 pour 1 00 du taux des droits sur les ventes mobilières, des droits de mutation entre vifs pour les immeubles à titre onéreux. 3° réduction des droits d'enregistrement. Ces dernières demandes seront complétées par un dernier vœu : que le gouvernement ne propose aux Chambres aucune réduction d'impôt avant d'avoir obtenu les dégrèvements qui précèdent. »

La session se termine par le renouvellement de plusieurs vœux sur la suppression des surtaxes dont sont frappés les transports des produits iigrieoles en grande vitesse, sur la culture du tabac et sur la répression des fraudes dans le commerce des engrais.

Au cours de la session, il a été donné lecture du résultat des

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élections pour la nomination du bureau et du Conseil d'administration. Les anciens membres ont été réélus, et pour remplir deux places vacantes dans le Conseil, les suffrages se sont portés sur M. de laMassardière, président du Comice de Châtellerault (Vienne), et sur M. Gréa, de Rotalier (Jura), l'un et l'autre lauréats de la prime d'honneur.

Henry Sagnier.

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