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L'AGBIGULTURE EN ALSACE EN

une moyenne générale de 0'".200. La vigne et les arbres fruitiers promettaient beaucoup : les vides causés par le froid rigoureux de l'hiver 1879-1880 étaient en partie comblés ; les sarments fructifères de la vigne étaient bien aoûtés et les branches fruitières de nos vergers, de nos espaliers et contre-espaliers, couvertes d'abondants boutons. Ces heureuses dispositions se sont maintenues jusque vers la mi-avril, qui nous a apporté une série de cruelles déceptions. Dans la matinée du 12 avril 1882, la campagne était englobée dans un épais brouillard, avec un froid de — 6". 4. Quelle triste mine faisaient ce jour les arbres en pleine iloraison !

La vigne n'avait pas encore débourré et paraissait moins atteinte ; mais pendant quatre nuits consécutives, le thermomètre est descendu au-dessous de zéro, et, dans les bonnes expositions, les boutons étaient déjà assez gonflés pour faire naître de légitimes craintes. Mais c'est surtout l'abaissement de température qui s'est produit vers la mi-mai qui a causé un dommage sérieux à un grand nombre de vignes de nos jardins et même à celles qui recouvrent nos coteaux. Enfin, à partir du 18 mai, la température s'est relevée, lentement il est vrai, mais d'une manière continue. Nous n'avons plus eu de gelée blanche. On pouvait dès lors mesurer l'étendue du mal occasionné par les froids tardifs. La production fruitière s'est trouvée anéantie d'une manière complète dans bon nombre de localités ; ailleurs, grâce à des abris naturels, elle a échappé partiellement au désastre ; enfin, les essences à floraison tardive, les pommiers, les quetschiers portaient des fruits noués et bien sains. Les noyers, à quelques exceptions près, ont eu leur& premières pousses complètement atteintes et ne montraient plus vestige de fruits.

Quant à la vigne, tout espoir n'était pas perdu : elle pouvait encore donner une récolte assez lucrative. Malheureusement avec la fin du mois de mai nous sommes entrés dans une période où les conditions climatériques les plus défavorables se sont réunies pour compromettre les produits divers et détruire une à une les belles espérances que le réveil de la végétation avait fait naître au commencement du printemps. La sécheresse de l'hiver a cédé la place à un temps humide et froid. La floraison de la vigne s'est effectuée lentement et dans de mauvaises conditions ; de là la covilure et l'avortement d'un grand nombre de grains. Les autres cultures ont également subi l'influence de cette situation.

Les températures moyennes calculées sur une longue série d'observations sont pour les mois delétéà Strasbourg : juin, lb".0 ; juillet, 19". 5; août, 18". 7. Celles déduites des observations de 1882 s'établissent comme suit : juin, 15". 7 ; juillet, 17". 87 ; août, 16". 68, avec des différences en moins de 2". 28 pour juin, de J"G7 pour juillet, et de 1".92 pour août.

Les moyennes des hauteurs d'eau qui tombent à Strasbourg pendant les mêmes mois sont: juin, 76""".4; juillet, 82'""". 4; août, 74'"'". 3; ensemble, 233'""M. En 1882 on a consiaté pendant les mêmes mois Âes hauteurs suivantes : en juin, 120""". 30; en iuillet, 143'"'".35 ; en août, 80'""'. 45; total, 344'"'". 10 ; soit une différence en plus de 113™"\ Il n'est donc pas étonnant que les récoltes principales aient souff'ert d'un concours de circonstances aussi peu favorables à leur production. Parmi ces récoltes, les pommes de terre et le raisin ont peut-être le plus souff'ert : grâce à l'excès d'humidité, la maladie de la pomme de terre s'est développée d'une manière effrayante ; un grand nombre de tubercules ont pourri en terre et ceux qui ont échappé à l'altération morbide sont de mauvaise qualité. Pour la vigne, le résultat n'est pas meilleur : jamais on n'a vu autant de fléaux divers s'abattre sur la plante que cette année : oïdium, anthracnose, mildew, etc.

Les fruits mêmes n'ont pas pu acquérir le parfum, la saveur qui leur sont habituels et les variétés d'automne el d'hiver se conservent moins bien que les autres années. Tel est, grosso modo, le bilan de la production de l'année, bilan peu réjouissant et qui imprimera aux récoltes de l'année 1882 un cachet de funeste mémoire. Wagner,

(La suilu pruchaniciiwril). secrétaire de la Société d'agriculture de la Basse-Alsace.

REYUE COIBIERCIALE ET PRIX COURANT DES DENRÉES AGRICOLES

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