MÉTÉOROLOGIE DU MOIS DE FÉVRIER
Voici le résumé des observations météorologiques faites à l'observatoire du parc de Saint-Maur en février 1 883 :
Moyenne barométrique à midi, 763'"'". 5 7. Minimum le 1", à 1 heure du matin 74Qmm 80. Maximum le 23, à 11 heures du matin, 779""". 71.
Moyennes thermométriques : des minima 1".8-; des maxiraa 9". 14; du mois 5°. 49. Moyenne vraie des 24 heures, 5°. 04. Minimum le 17 entre 6 heures et 7 heures du matin, 3°.l Maximum le 8, vers 2 heures du soir, IS^-l ; autre maximum de 13".0 le 22 à 1 heure du soir.
Humidité relative : moyenne, 87; la moindre, 40 le 12 à 3 heures du soir; la plus grande, 100, en 19 jours.
Tension de la vapeur : moyenne 5""". 74; la moindre le 7 à 10 heures du matin 3""". 7 ; une tension égale à 3"'"'.8 se rencontre les 17, 24 et 29 au matin. Maximum le 8 à 2 heures du soir, 9'"'". 4.
Température moyenne de li Marne^ 6''. 22; elle avarié de 5". 00 le 6 au matin à 7°. 42 le 28 à 3 heures et demie du soir. Contrairement à ce qui avait eu lieu les mois précédents, son niveau a peu varié; elle a descendu presque régulièrement de 3"'. 87 le 1^"", à 3'", 23 le 28; sa transparence, quia varié de 0'".19 le 22 à 0".58 le 20, a été 0'".40, en moyenne.
Nébulosité moyenne^ 60.
Il est tombé 29""'". 5 de pluie en 61 heures, réparties en 14 jours; un peu de grésil le 18 entre 2 heures et 3 heures du soir; pas trace de neige.
Il y a eu 10 jours de gelée à glace et 2 jours de gelée blanche.
Neuf jours de brouillard général et un jour de brouillard sur la Marne seulement : parmi ces brouillards généraux, 4 ont été forts : ce sont ceux des 17, 24, 25 et 27; ce dernier cachait les objets à 50""., c'était un brouillard extrêmement épais.
Vents dominants du S. à l'O.-N.-O.
Le mois de février, relativement aux éléments ordinaires, a présenté :
Une hauteur du baromètre plus grande de 0'"'".5.
Une température plus forte de l^.ô.
Une nébulosité un peu moindre, c'est-à-direun ciel plus clair.
La pluie n'a rien présenté de remarquable; aucune n'a été forte.
Il n'y a eu de vent fort que le 2 du mois; il soufflait très fort du S.-S.-O. de 10 heures du matin à 8 heures du soir.
L'ensemble des trois mois d'biver forme une saison de T plus chaude que d'ordinaire; elle reste bien en arrière de la saison correspondante de 1 877 qui offrait un excès de plus de 4" sur la moyenne normale ; ce dernier hiver est le plus chaud qu'on connaisse.
La pluie, très abondante en automne et au commencement de l'hiver, est rentrée dans Icj hauteurs normales à la fin; les rivières, la Seine et la Marne, sont à la fin de l'hiver au-dessous de la moyenne annuelle, ce qui est très bas pour l'époque de l'année et annonce très probablement des basses eaux pendant tout l'été.
La végétation est avancée : sans parler de quelques petites plantes dont la floraison est peu importante à constater, Draba verna, Capsella bursa pastoris, Bellis perennis, Taraxacum leontodan, je ne trouve guère à signaler que le Tussilago forfora qui a ouvert quelques fleurs dès le 28 février. E. Renou,
Membre de la Société nationale d'agriculture.
Nous devons signaler plusieurs publications récentes qui, à divers points de vue, sont intéressantes pour les agriculteurs.
M. le baron de Galonné vient de publier, sous le titre : La vie agricole sous l'ancien régime en Picardie et en Artois (librairie Guillaumin, 14, rue Richelieu, à Paris; prix, 6 francs), une excellente élude historique sur l'état de l'agriculture dans ces deux provinces pendant les dix-septième et dix-huitième siècles. Pratiques agricoles et existence du cultivateur, telles sont les deux faces sous lesquelles il envisage la question. C'est un livre qui a demandé beaucoup de travail, c:ir il a été presque uniquement composé avec les documents inédits épars dans les archives des villes d'Artois ou de Picardie ; il est donc absolument original. Il est d'ailleurs écrit dans un style chaud et coloré qui donne une grande vie à l'œuvre. Ceux qui le liront constateront que beaucoup de progrès réalisés dans notre siècle étaient déjà en germe dans l'agriculture du siècle précédent.
M. Hippolyte Hemmer, propriétaire à Rodemack (Lorraine) a introduit dans l'est la culture de la vigne en chaintres ; les résultats qu'il a obtenus ont été excellents, ce qui l'a engagé à propager cette méthode. Sous le titre La vigne en chaintres, nouvelle culture simple, rapide et lucrative (librairie Le Chevallier, à Nancy), il publie un excellent petiî; livre qui peut servir de guide à tous ceux qui voudront essayer cette méthode; il suffira de suivre pas à pas les indications qu il donne pour ne pas errer dans l'application de la pratique de la culture de la vigne en chaintres.
La librairie agricole (26, rue Jacob, à Paris) publie la 6^ édition de la Chimie agricole d'Isidore Pierre (2 vol. in-18; prix: 7 francs). Depuis trop longtemps, les travaux d Isidore Pierre sont hautement appréciés, pour qu'il soit utile de revenir sur la valeur de cet ouvrage. Le premier volume est consacré à l'atmosphère, l'ejiu, le sol et les plantes, les amendements et les assolements ; le deuxième volume aux engrais.
A la môme librairie, paraît la 3^ édition d'un livre connu aussi depuis nombreuses années : La connaissance pratique du cheval^ par le lieutenant-colonel Vial (1 vol. in-18; prix : 3 fr. 50). Ce traité d'hippologie traite successivement de la constitution et de l'examen pratique du cheval, des races, de l'élevage et des maladies ; il est orné de 72 gravures. C'est un livre spécialement fait au point de vue des théories admises dans l'armée^ parfois même des préjugés qui y ont cours depuis trop longtemps.
SoMsle iilve Culture et exploitation des arbres (I vol. in-8de450 pages), M. Rousset publie, à la môme librairie, un véritable traité de sylviculture dans lequel il passe successivement en revue les lois naturelles relatives aux végétaux, leur activité vitale, les terrains et les climats qui leur conviennent, la culture dos arbres isolés ou en massifs, l'aménagement des forêts.
M. Lecouteux, professeur à l'Institut agrononomique, membre delà Société nationale d'agriculture, vient de faire paraître, à la môme librairie, sous le titre Le blé (un vol. in-1 8 ; prix : 3 fr. 50, avec 60 gravures), un livre dans lequel il envisage la proiuction et le commerce du blé sous les différents aspects que ces {questions compor-
tent : structure du blé, culture extensive ou intensive, rendement, j>;éographie du blé, terres à blé, engrais propres au blé, place du blé dans les assolements, procédés de culture, moisson, battage et conservation des grains, utilisation de la paille et des balles, moulins agricoles, production du blé dans les systèmes du fermage et du métayage, par la grande ou la petite culture, prix de revie.it, commerce du blé, régime des céréales. Dans leur livre sur les meilleurs blés publié en 1881, MM. Vilmoriu-Andrieux se sont surtout appliqués à faire la monographie des principales variétés de blé; dans le sien, M. Lecouteux s'occupe surtout de la production et des changements qu'elle a successivement subis. Nous aimons à constater que la conclusion à laquelle il arrive est puissamment encourageante pour l'agriculture. A ses yeux, la culture du blé est loin d'être condamnée pour la vieille Europe; il y a encore pour elle un grand avenir, comme d'ailleurs M. Dubost l'a naguèn^ démontré à nos lecteurs. Au point de vue économique, M. Lecouteux conclut que l'avenir est au système de l'égalité douanière dans la liberté commerciale; c'est encore une conclusion qu'il faut enregistrer.
Le Traité élémentaire des constructions rurales (2 vol. in- 18 avec 306 figures; prix : 2 fr. 50), que M. Grandvoinnet, professeur à l'Institut agronomique, membre de la Société nationale d'agriculture, publie à la librairie agricole, est un ouvrage que nous n'avons pas à louer. Il suffira de le signaler à nos lecteurs ; la grande compétence de M. Grandvoinnet dans toutes les questions de mécanique est trop connue pour qu'il soit nécessaire que nous insistions.
Depuis vingt-six ans, M. L. Figuier publie à la librairie Hachette VAfinée scientifique et industrielle {] vol. in-18 ; prix : 3 fr. 50). C'est un exposé annuel des travaux scientifiques, des inventions et de leurs applications. Dans le volume consacré à l'année 1882, l'agriculture tient sa place. C'est d'ailleurs un livre que doivent lire tous ceux qui tiennent à être nu courant du mouvement scientifique et intellectuel.
L'Annuaire de V observatoire de Montsouris pour 1883 (1 vol. in-18, chez Gautlîier-Villars, 55, quai des.Augustins ; prix : 2 fr.) doit aussi être signalé. Au point de vue de l'agriculture, il contient une série de tableaux à l'usage des agriculteurs; des Notices sur divers éléments climatériques qui influent sur la marche des cultures, l'époque des récoltes et leur rendement, et l'indication des instruments simples qu'il importe d'observer pour arriver à la prévision des dates et de la valeur de ces récoltes ; les tableaux résumés des observations météorologiques de 1882, comparés aux résultats économiques de l'année agricole écoulée; enfin, le résultat des études continuées depuis plusieurs années dans le but de mesurer la somme des éléments de fertilité que l'atmosphère et les pluies fournissent aux cultures, et le volume d'eau que ces dernières peuvent consommer utilement.
Voici encore un nouvel ouvrage sur la vigne. M. P. Renard publie un Questionnaire sur la mani'ère de cultiver la vigne à vin et raisins de table (chez l'auteur, 15, rue de la Paix, à Paris ; prix : 3 fr.). Ce livre est fait par demandes et par réponses, et il est spécialement destiné aux écoles, M. Renard, qui est viticulteur en Bourgogne et à Thomery, y fait une guerre absolue aux vignes américaines, et il provoque la création d'un syndicat général pour lutter contre le phylloxéra.
Henry Sagnier.
L'AGRICULTtJRE EN ALSACE EN 1882. 371