‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 281 sur 683 · LES PRIMES DÉTALONNAGE AU CONCOURS DE PARIS · texte numérisé non relu

LES PRIMES DÉTALONNAGE AU CONCOURS DE PARIS

la distinction, et attirant les vaches du pays par un boniment quelconque )) 11 ajoute : « Ces primes de reproducteurs, si elles ont une signification quelconque^ ne peuvent avoir que celles-là, car on les a assimilées à celles des chevaux entiers qui font la monte dans les campagnes. On a voulu et on l'a dit : faire pour les taureaux ce qu'on fait pour les étalons rouleurs. Rimm lenealis amicil est-il possible de rien concevoir de plus saugrenu, et comme je l'ai dit, de plus ridicule, etc , etc. » (lien a toute une grande page dans le même style).

Je supposais que M. de la Tréhonnais devait savoir qu'en général les taureaux, et particulièrement les durhams ne sont pas faits pour la marche, que la chaleur des vaches est intermittente et fugitive, et qu'elles ne sont pas prêtes à recevoir un étalon rouleur, comme le sont les juments, etc., J'écris dans un journal agricole lu par im public spécial d'hommes versés dans leur métier, et je suis presque confus d'avoir à discuter de semblables allégations, il suffit de les signaler pour en faire justice.

Au lieu de se donner la peine d'imaginer tant de suppositions bizarres et fantaisistes, M. de la Tréhonnais eut fait plus sagement de se procurer, soit au siège de la Société, soit au concours où ils ont été distribués à profuaion, les programmes contenant les conditions de ce concours, dont le résumé consiste à distribuer immédiatement des brevets d'étalonna.;e, et au V janvier 1884, les primes en argent y atl'érentes, à charge de justifier que les taureaux ont servi au moins vingt vaches. Tout ceci est très sage, très pratique, et non seulement ne prête pas à la critique, mais améliore même les conditions des concours régionaux qui exigent, au bout de six mois, un certificat d'existence pour les animaux primés; tandis que nous demandons un délai plus grand et un certificat de bons et réels services.

Ensuite M. de la Tréhonnais s'inquiète beaucoup de savoir si ces taureaux serviront des vaches de toutes races. Evidemment oui. Les étables de pur sang sont encore très clairsemées en France. Des taureaux de têle font le service de ces établissements, mais tout le monde sait que l'énorine majorité des taureaux durhams est consacrées à faire des croisements qui sont en train de devenir une de nos richesses agricoles, témoin l'exposition des animaux gras.

M. de la Tréhonnais parle encore de la médiocrité flagrante des animaux exposés ; il est très possible qu'ils fussent loin d'approcher ceux qu'il importe d'Angleterre, ou qu'il élève dans son domaine de Saron ; mais dans ce cas, je regrette vivement (et ce sentiment sera, j'en suis certain, partagé par tous les intéressés) que M. de la Tréhonnais n'ait pas exposé lui-même quelques-uns de ces magnifiques spécimens qui lui donnent le droit de critiquer ceux des autres d'une manière si absolue. Quelle utile leçon pour l élevage français qui aurait vu alors ce qu'il fallait faire et comment il fallait le faire.

M. de la Tréhonnais vend des animaux, il fait même fréquemment insérer dans le Journal de ^agriculture des annonces qui se terminent de la mention « œuvre de propagande ». Le triomphe éclatant d'animaux présentés par M. de la Tréhonnais eût été, ce me semble, mieux qu'une annonce de journal, une œuvre de propagande par excellence, d'après ce principe que s'il est bon d'enseigner les hommrs par la plume et la parole, il est encore mieux de les enseigner par l'exempie. Alphonse Tiersoknier.

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