SUR L^ŒUF D^HJYER DU PHYLLOXERA- —IV
Toute celte phase sexuelle de la vie de l'insecte, chez le phylloxéra du chêne comme chez le phylloxéra de la vigne, a pour époque la période .Je l'année qui correspond à la température moyenne la plus élevét', c'est-à-dire, pour la première espèce, de fin juin à fin juillet (sous le climat de Paris) ^, et pour la deuxième, de juillet à septembre (sous le climat de Montpellier). Lorsque les chaleurs sont précoces, la période sexuelle subit une avance plus ou moins considérable, comme cela eut lieu en 1876, où les ailés ont déjà été vus en grande quantité dès le 25 juillet, sous le climat relativement septentrional de la Bourgogne^.
C'est .tout aussi peu sous l'influence d'une alimentation appauvrie que se produisent les générations d'ailés et de .sexués, aux ovaires considéraijlement réduits, puisque tous les observateurs sont unanimes à signaler les radicelles (recherchées surtout par l'insecte pour sa nourriture et où il prospère le mieux) comme le siège de ses transformations les plus précoces et les plus abondantes (Planchon et Lichtenstein, Max. Cornu, Boiteau, Balbiani, etc.). Tous ont remarqué aussi la rareté de ces transformations après que le phylloxéra, chassé par la destruction des radicelles, s'est réfugié sur les grosses racines et y continue ses reproductions parthénogénésiques.
Dans ces conditions nouvelles, la diminution du nombre de gaines ovigères dans les générations aptères est beaucoup moins brusque que dans la série des ailés et des sexués.
Des faits entièrement comparables s'observent aussi chez les pucerons ordinaires qui vivent sur les parties aériennes de nos plantes annuelles ou vivaces, On sait que chez ceux-ci la reproduction a lieu pendant toute la belle saison par des femelles agames et vivipares, et que, dans l'arrière-saison et l'automne, elle s'opère par des œufs fécondés et pondus, qui hivernent et n'éclosent que le printemps suivant. Cette transformation du mode de reproduction est généralement attribuée à l'influence directe de l'abaissement de température et des changements qui surviennent dans les sucs des plantes dont ces insectes se nourrissent. J'ai fait des observations qui ne mi^ portent pas à croire à cette influence, mais à considérer la reproduction par œufs fécondés destinés à hiverner et à conserver l'espèce pendant la disparition de son aliment comme en relation avec les causes de destruction qui la menacent à l'approche de l'hiver (froid et arrêt de la végétation), et n'ayant par conséquent qu'un rapport indirect et éloigné avec les conditions extérieures *. Je partage complètement à cet égard les vues développées par