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COURRIER DU SUD-OUEST

Le retour du beau temps, après une période hivernale dépourvue de froids et sans cesse tourmentée par les bourrasques du vent et de la pluie n'a jamais été accueilli avec plus de joie de la part de nos populations rurales.

La persistance de l'intempérie a fatigué les hommes et les choses et laissé un certain désarroi dans le domaine agricole. L'état hygiénique de la région a été bien moins salubre et les maladies ont sensiblement décimé plusieurs sections de la zone du sud-ouest. Cette aggravation de mortalité paraît d'autant plus triste que depuis 1846, les recensements accusent une diminution constante dans le chiffre des habitants du sud-ouest.

Chez nous, la continence dans les mariages et non l'émigration provoque cet affaiblissement des forces vives du pays. En revanche, la longévité y est plus marquée que partout ailleurs. Est-ce une compensation? nous ne le pensons pas.

Pendant que cette sorte de révolution s'opère au sein de nos familles méridionales, un accroissement considérable de la population bovine, chevaline et porcine, se manifeste sur tous les points

Depuis 1860, date de l'avènement des principes du libre-échange, la multiplica lion du bétail n'a cessé de grandir, au point de fournir un élément de plus en plus important à l'exportation de la viande et à sa consommation sur les lieux même de production. Les expositions régionales témoignent de ce progrès que rien n'arrête et que la médiocrité des récoltes n'a point ralenti.

Si les rendements de la vigne à laquelle trop de terrains ont été peut-être consacrés au détriment de la sylviculture, n'ont pas répondu aux efforts et aux sacrifices qui ont été consentis, il n'y a pas lieu de désespérer de l'équilibre des revenus fonciers. La plantation des cépages n'excédait-elie pas depuis quelque temps les véritables conditions climatériques du Midi?

La disparition des forêts a eu pour conséquence la suppression des sources et dans nos terrains tertiaires si peu perméables, la stérilité des prairies dans les vallées et la gêne dans les ménages pour l'alimentation des individus et du bétail.

Ces causes d'insalubrité ont réagi notablement dans les cantons déboisés, où la vigne domine, tandis que dans les Landes, où la sylviculture gagne du terrain, les habitants sont loin d'être aussi contaminés par les maladies.

Ces considérations tendent à démontrer l'u'âlité de modérer dans le Midi l'élan de la viticulture, et à reconstituer les grands rideaux boisés qui arrêtent le courant désordonné des orages trop souvent chargés de grêle, et qui favorisent spécialement la formation des nappes d'eau souterraines. Jules Serret.

Séance du \k mars 1883. — Présidence de M. Chevreul.

M. le ministre de l'agriculture envoie l'ampliation du décret qui approuve l'élection de M. Boitel comme membre titulaire.

M. Paul de Gasparin adresse une note relative à l'analyse d'un superphosphate dont il signale la composition anormale. Cette note est insérée dans ce numéro.

M. Alfred Dupont, correspondant, envoie une note sur la proposition de loi relative à la responsabilité des patrons dans les accidents qui peuvent atteindre leurs ouvriers, en signalant les graves incon-

vénients de plusieurs dispositions de cette proposition. — Renvoi à la Section d'économie et de législation agricoles.

M. Albert Nadiner, ingénieur à Brnnn (Autriche), transmet une note relative au traitement de la peste bovine.

M. Jean Gaudet, lauréat de la prime d'honneur dans le département de la Loire, envoie une lettre relative à sa candidature comme membre associé dans la Section de grande culture.

M. Brown envoie le compte rendu du congrès des fermiers pratiquant Tensilage qui a eu lieu à New- York les 24 et 25 janvier 1883.

M. Daubrée présente, de la part de M. Carnot, ingénieur en chef des mines, deux rapports faits au nom de la Commission d'assainissement des cimetières à Paris.

M. Peligot analyse une note de M. de Gasparin sur le dosage de l'acide phosphorique dans les terres arables (voir le Journal du 10 février, p. 211 de ce volume). A cette occasion, M. Chevreul insiste sur l'importance de l'étude des réactions qui se produisent entre le sol et les engrais, au point de vue de la nutrition des végétaux.

M. Léon Say, au nom de la Section d'économie, de statistique et de législation, invite la Société à se faire représenter au Congrès des Sociétés savantes à la Sorbonne. Sur sa proposition et après quelques observations présentées par MM. Barrai, Chatin et de Dampierre, il est décidé que la liste des membres qui désirent prendre part à ce Congrès sera adressée à M. le ministre de l'instruction publique.

M. Bouquet de la Grye présente un rapport sur deux vœux exprimés par M. de Thiac relativement à des questions forestières. Il fait ressortir que l'école des gardes, établie aux Barres-Vilmorin, donne satisfaction au vœu de M. de Thiac sur l'enseignement pour les gardes particuliers. Quant au deuxième vœu, relatif à l'ouverture à la libre circulation des chemins de vidange établis dans les forêts de l'Etat, il fait observer qu'il n'y a qu'à les classer dans les conditions de la loi de 1836, pour obtenir ce résultat, si les intérêts de la contrée exigent que ces voies ne soient pas interdites au public.

M. Barrai présente, de la part de M. Reiset, une note sur ses recherches relatives à l'exhalation de l'azote à l'état de gaz, pendant la respiration des animaux. A cetLeoccasion, M. Boussingault rappelle que les travaux de M. Reiset ont confirmé ceux qu'il avait faits sur le même sujet.

M. Gaston Bazille présente un rapport sur une note de M. Fréchou sur le mildew dans les vignes de Lot et-Garonne. Il insiste sur l'intérêt que présentent les observations de M. Fréchou.

M. Barrai fait une communication sur des analyses de terres, de fourrages et d'eaux d'irrigation dans l'Aveyron qu'il a exécutées récemment. Les eaux présentent un résidu sec très faible (60 milligr. par litre); les fourrages sont de bonne qualité, mais pauvres en matières azotées, en acide phosphorique et en calcaire. Henry Sagnier.

REVUE COMMERCIALE ET PRIX GOURANT DES DEiNRÉES AGRICOLES

(17 MARS lfc8J). I. — Situation générale.

Les affaires continuent à présenter beaucoup de calme sur les marchés agricoles. Pour la plupart des denrées, les ventes sont peu importantes.

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