‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 310 sur 683 · ENQUETE SUR LES VIGNES DE CALIFORNIE · texte numérisé non relu

ENQUETE SUR LES VIGNES DE CALIFORNIE

Réponse à MM. Wetmore et Campbell.

Dans votre Journal du 30 décembre dernier, j'ai, avec la plus grande convenance, demandé quelques détails plus précis sur la biologie du phylloxéra en Cali> fornie, à M. le professeur J. Wheller. Le cycle phylloxérique, qui fait partie de notre instruction obligatoire, me parait un syllabus suranné à côté des déclarations des naturalistes américains et surtout californiens, qui disent : « Nous n'avons jamais pu trouver un seul œuf d'hiver, encore moins trouvons-nous dans l'Eldorado une galle phylloxérique. Quant à l'insecte ailé, nous le soupçonnons tout au plus. »

J ai de plus ajouté quelques sages conseils au sujet du vitis californica que, selon moi, l'on recommande, avant la lettre, aux viticulteurs, comme résistant au phylloxéra, alors que j'avais en main le Courrier de San Francisco du 1" janvier 1882, qui me dit, par la bouche d'un éminent viticulteur californien, M. I)résol, qu'il se montrait contraire à l'emploi « des vignes sauvages de la Californie *, « parce qu'il niait leurs qualités antiphylloxériques, et parce qu'elles n'ont pas été assez étudiées. »

Il paraît que mes timides observations méritaient un châtiment au lieu d'une réponse de M. Wheller. L'on m'opjiose deux américains, à qui je n'avais pas adressé un traître mot, qui m'accablent de leurs imprécations mutuelles, si bien senties, que l'on jurerait qu'elles ont été élaborées dans l'une de> têtes du Gérion qui semble diriger les débats, et transmis UUco par le fil transatlantique en Amérique.

Vous voudrez donc, je l'espère, M. le rédacteur, me permettre de répondre à ces trois personnes qui paraissent ne faire qu'une seule et même personne.

Le prélude de l'article du 24 février auquel je réponds, est ornementé du prologue écrit par M. Morlot qui, très adroitement, prend la parole afin d'éluder les réponses sur les doux points capitaux ci-dessus; et afin de pouvoir faire le silence sur ces deux questions, uniques objets de mon article du 30 octobre. Il cingle, en passant, le savant chimiste M. Rohart, lequel, laisse-t-il entendre, n'est pas sincère pour avoir écrit qu'il aurait envoyé 500,000 cubes aux Améri- ■ Gains. Enfin M. Morlot annonce qu'il s'agit d'une enquête, non sur les deux points déjà déterminés, mais sur le fléau en Amérique et sur la résistance de toutes les vignes américaines dans le Nouveau-Monde; puis M. Morlot cède la parole au célèbre [armer caUfornien, M. Wetmore, qui débute ainsi '^ :

« Le V il is californica, dans notre climat, n'est pas affecté par le mildeiv, excepté près de la mer. n Mais quelle raison pourrait-on lui opposer dans le cas où cette vigne serait utilisée pour ia gretfe? M. Drésol, son compatriote, a déjà répondu pour moi. Cette vigne n'a pas fait ses preuves contre le phylloxéra, et quant au mildew, M. Wetmore n'est pas plus heureux, car j'ouvre la Gaceta agricola du ministère d'agriculture de l'Espagne, du 16 lévrier 1883, et je lis ce qui suit : « On nous écrit du Portugal : toutes les vignes de vitis californica sont ici attaquées par le mildew, et ont communiqué cette maladie à leurs voisines, les vignes américaines et européennes. »

S'il y avait spéculation, ce que je ne veux pas admettre, les vitis californica et arizonica ne seraient pas heureux dans leurs débuts. Donc j'avais raison de dire : prudence; étudiez encore avant de présenter ces intruses à nos vignerons, comme de nouveaux sauveteurs.

1. Les vignes sauvages de ce pays sont le vilis Californica el arizonica.

2. M. Wetmore passe pour démolir à San p'rancisco les produiis viticoles français; nos eanx-devie ne sont que des trois-six de Berlin ; nos vins sont frelatés. C'est la Californie qui doit fournir les vins à la France et à l'univers, comme ses vitis Californica doivent nous sauver du naufrage phylloxérique. Le patriotisme est parfois égoïste.

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