‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 311 sur 683 · ENQUÊTE SUR LES VIGNES DE CALIFORNIE · texte numérisé non relu

ENQUÊTE SUR LES VIGNES DE CALIFORNIE

J'ignore d'où viennent les inspirations de M. Wetmore; toujours est-il que M. le chef exécutif vous exécute un adversaire dans un style extra[iitnenté, surtout quand cet adversaire met en doute un objet ou un article calilornien quelconque.

« J'ai toujours, dit-il, considéré. M. Laliman comme une personne privilégiée « dont les remarques ne méritaient pas de rf'ponse (et c'est pour cela qu'd en fait « une). Est-ce que ces assertions ont réellement captivé l'attention en France? « (Ces cajoleries rurales sont d'une naïveté exquise).

« J'ai lu ce qu'il a publié jusqu'à ce jour, et ce qui a trait à l'Amérique partice culièreraent et à la Californie: on rencontre raiement rm seul mot ex[)rimant « la vérité ». Ce serait peut-être le chs ici d'imiter Alithonse Karr faisint son procès à la modestie Qui diable dira du bien de vous si vous n'en dites pas vousmême? seraient-ce vos adversaires californiens, par hasard?

Je ne me per.tettrai qu'une courte observation :

Etudiez, M. le chef de l'exécutif de la Commission viticole de la Californie, étudiez d'abord le caliiornica, comme l'arizonica, comme vous avez déjà étudié le cliutnn, le taylor, les elviia et les hybrides de lahrusca qui, dites-vous, ont échoué chez vousM Si vous aviez un peu plus îu, vous sauriez que li différence qui a existé quelquefois entre l'école de Montpellier et la mienne, gît uniquement dans ces mortalités que vous signalez vous-même, et que j'avais signalées chez moi avant 1869. Vous auriez donc moins perdu votre temps en m'écoutant. Lisez la page 7 du livre fonda' eur de l'école américaine, écrit par le savant M. Planchon, intitulé : les Vignes américaines . vous y trouverez ces paroles écrites cette fois par un noble adversaire : « La firemière mention de la résis- « tance de certains cépages américains est due à M. Laliman Ce fut à Be.iune c< qu'il communiqua, en i8o9. au Congrès des agriculteurs de France, l'itnmunité « de ces vignes. Il en saisit les conséquences pratiques en montrant daus ces « vignes exotiques dédaignées les remplaçants futurs de nos vignes indigènes. a Accueilli par l'indifl'érence des uns, par l'incrédulité des autres, cet espoir fut « saisi par les quelques hommes qui savent voir les choses de loin. » Dès lors fut créée l'école de Montpellier, à laquelle M. Wetmore rend hommage, ne se doutant même pas que j'ai contribué comme initiateur à sa fondation.

M. Wetmore répond fort peu à mes questions biologiques. L'on voit qu'il est gêné de parler des infiniment petits. Avec le temps, il apprendra, espérons-le, ces mystères de la nature, et nous saurons plus tard si déiinitivement le phylloxéra des feuilles, si l'œuf d'hiver et si le phylloxéra ailé continuent à être invisibles en Californie, malgré le progrès de la maladie que les Californiens de Bordeaux m'assurent augmenter, autant que le mildew, le peronospora, et tulli quanti dans cette région.

M. Vetmora continue en s'insurgeant contre le mot dévastation que j'ai appliqué à Ja Californie, il prétend que le fléau est anodin^. Mais- alors pourquoi avoue-t-il que l'on a employé non seulement 2u,000 cubes Rohart en Californie? que 74,000 acres de vignes ont été naguère plantées en vignes résistantes? Pourquoi ne pas continuer à replanter en cépages européens, si le danger n'est pas sérieux? Je consulte encore le journal le Courrier de San-Francisco de 1882, et j'emprunte à un M. Morel, spécialiste émérite, ces paroles qui réfuteront son indignation.

« Il suffit de faire un tour à travers les vignobles californiens pour se convain- « cre que le phylluxera a ravagé les vignes ! Les vignobles de Buenavista, celui « du général William, du général Muray, etc., sont entièrement détruits. Les « ravages du terrible insecte su fisent pour conveitir d'immenses et beaux vignoa blés en terres improductives et sans valeur! »

Après cela, que M. Wetmore s'ingénie a inventer les charmantes histoires, à savoir : que ce n'est pas contre le phylloxéra que l'on emploiele sulfure en Califi)rnie, mais contre les écureuils! cela met en relief sa riche imagination; car au moins, aurait-il pu me concéder qu'il e-t employé contre le phylloxéra et l'espiègle rongeur! Les raillions votés par le Parlement de Washington pour combattre le phylloxéra, qui incommode et les vignes exotiques et les vignes européennes, dans le nord-Améri(fue, sont destinés à ia chnsse aux écureuils?

L Si quelqu'un a mi^ en garde le public contre les concords, les cluiton et cenains hyliridcs, c'est, je crois, l'auteur de cet article.

2. Les Américains veulent encoie moins que les Français convenir que leurs vignohlcs souffrent parce que à la dépréciation de leur sol je, joindiais la mévente de leurs vignes indigènes, qui, à cause de moi, leur produisent des trésors, et nie valent des uionceaux d'injures.

Page 1