DESTRUCTION DES TAUPINIÈRES
des faucheurs. Etaupiner à bras n'est pas un travail difficile; mais c'est une opération qui demande beaucoup de temps, et qui, par suite revient assez cher. C'est pourquoi, depuis longtemps, on a construit des étaupinoirs ou étaupinières à traction ; sans remonter au rabot des prés deSchwerz, il a été fait beaucoup de modèles de ces appareils.
Au dernier concours régional de Chaumont, en 1882, nous avons remarqué l'étaupinière niveleuse, exposée par M. Royer, à Luzy, près Chaumont (Haute-Marne). Cet appareil (fig. 4) est formé par un cadre formant traîneau, et pouvant se retourner pour le transport sur les routes. Pour l'atteler, on emploie deux crochets fixés à la première traverse supérieure; un cheval suffit pour traîner l'appareil.
A la première traverse sont fixés une dizaine de couteaux verticaux dont les lames se dédoublent à l'extrémité inférieure. Ces couteaux B,
Fig. 47. — Élaupinière-niveleuse de M. Roger.
tranchant de toutes parts et rejetés en arrière, sont entre-croisés ; ils traversent et divisent facilement les taupinières gazonnées, sans rien entraîner. Leur élévation a été calculée de façon que la machine puisse être employée dans les prairies artificielles sans que le collet de la plante soit jamais endommagé. Le fer cornière A qui vient derrière les couteaux, trouve la terre éparpillée sur le sol, en commence l'écrasement et l'émiettage; le travail est achevé par une tôle cintrée formant l'arrière du bâli; poussant les mottes en avant, elle les oblige à se loger dans les inégalités du sol. Le nivellement étant alors complet, la faux et la faucheuse peuvent fonctionner sans aucun obstacle. On peut substituer avec facilité un rouleau niveleur à la pièce cintrée, si l'acheteur en fait la demande.
Le prix de Tétaupinière niveleuse est del 25 francs, en gare de Chaumont (Haute-Marne). Henry Sagnier.
Le mois de mars a ramené de brusques variations de température. Nous avons eu successivement pluie, soleil, brouillard, grésil, neige et gelée. Des gelées de 3, 4, 6 et 9 degrés au-dessous de zéro, ont arrêté la végéiation activée par la douceur du mois de lévrier. Ces gelées ne jiaraissent pas avoir fait de mal aux récoltes en terre, les vides que l'on remarque dans les emblavures résukent du mauvais état du sol au moment de la semaille. Il existe toujours quelques campagnols, leur petit nombre n'inspire aucune crainte pour la moisson de 1883.
L'état des seigles et méteils est satisfaisant ; les terres à blé qui n'ont pu être ensemencées en octobre produiront de l'orge. Les semailles d'avoines ont été commencées dans d'excellentes conditions, il est bien regrettable (|u'un retour d'hiver aussi dur soit venu les interrompre. Les irrigations naturelles n'ont pas manqué aux prairies, il y a donc lieu de compter sur une production fourragère au-dessus de la moyenne. Signalons les bienfaits, en temps d'inondations, d'un service de i enseignements organisé [)ar M. A. Delasalle, préfet de la Marne; grâce à ces renseignements portés à la connaissance des intéressés, jiar le télégraphe et la gendarmerie, les particuliers et les communes ont })u préserver quantités d'objets, et même sauver des chemins vicinaux qui étaient m* nacés d'une destruction complète. Les travaux d'extérieur ont été peu nombreux cet hiver, ils se résument en transport des engrais, taille préparatoire, puis définitive de la vigne,
3pelques lal)ours, plantage etbutfage de jeunes sapins, plantaire de la vigne, taille es arbres fruitiers, réparation des clôtures, des chemins d'ex,doitation. L'état sanitaire du bétail est excellent, les nombreux cas de fièvre aphteuse ont complètement disparu; les moutons ont fait quelques sorties en février; actuellement c'est la venue des agneaux qui occupe beaucoup nos éleveurs.
Les Chambres consultatives d'agriculture fonctionnent très régulièrement; elles ont de bons rapports avec l'administration, parce que celle- ci, loin de vouloir leur enlever leur indépendance, facilite leurs travaux par tous les moyens qui sont en son pouvoir. L.-G. Maurice,
Vice-président de la Commission de stalist'que agricole. Secrétaire de la Chambre consultative d'agriculture de Vitry-le-trançois (Marne).