‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 322 sur 683 · LES ENGRAIS A LA FERME · texte numérisé non relu

LES ENGRAIS A LA FERME

Monsieur le directeur, depuis les d-îux dernières communications que j'ai eu l'honneur de vous adresser en novembre et décembre dernier, j'ai reçu un assez grand nombre de lettres me demandant avec raison la suite que j'ai promise alors, et les réclamations ne cessent de m'arriver.

Je n'ai pu continuer comme je l'espérais. Je viens m'en excuser et m'en expliquer auprès de vous et auprès de vos bienveillants lecteurs qui ont attendu avec beaucoup d'indulgence, mais qui s'impatientent tout en accentuant l'utilité qui ressort, pour raj;riculture en général, de la question soulevée, et surtout de la solution pratique à lui donner pour la faire aboutir.

Ici, tout le monde a raison, car c'est ce dernier point qui est le plus important, et c'est là précisém3nt ce qui m'a arrêté net le jour où j'ai entrevu qu'une heureuse et sérieuse combinaison pouvait permettre de réaliser pratiquement ce que je n'avais pu que laisser entrevoir, et de donner bientôt satisfaction à tous les intéressés.

C'est donc à la faveur de ces arrangements que l'agriculture pourra disposer prochainement du réactif dont il est question, qui possède tant de propriétés remar juables, et dont l'étude et les applications durent depuis deux ans, sansque le sujet soit encore épuisé.

Voilà mon excuse, et chacun jugera sans doute qu'il valait mieux aller droit au but et à la conclusion que de s'en tenir à l'énoncé des moyens.

Le projet dont je parle va recevoir son exécution, et alors, je l'espère, je pourrai reprendre et achever le travail de longue haleine que j'ai en vue, qui embrasse véritablement un ensemble, un tout d'un réel intérêt pour l'agriculture et pour différentes industries qui s'y rattachent directement.

Je n'oublierai rien de ce que j'ai promis volontairement, mais je sollicite de vos lecteurs, si bienveillants toujours, comme je viens de le voir à nouveau, et si indulgents dans leur imoatience, un peu de patience encore, en prenant de mon côté l'engagement formel de donner satisfaction à chacun, sur chacun des points que j'ai énoncés, et qui se résument en ceci : Nouvelle production abondante et économique d'engrais à la ferme, à l'aide de moyens entièrement nouveaux, et qui devront se traduire assez rapidementparplusieurs milliers de tonnes par mois.

Tout cela prend beaucoup de temps, plus qu'on ne pense, et au fond je n'ai là qu'un apport de bonne voloaté. Mais si le malheur m'a terrassé et cruellement meurtri en Norvège, tout en privant notre agriculture de-< ressources importantes que j'avais entrevues pour elle, et desquelles toute l'Europe a su profiter excepté nous, je vais du moins pouvoir prendre ici une glorieuse revanche, bien que mon action soit limitée désormais à une simple mais active coopération.

Je ne suis et ne veux être marchand de rien du tout, et ne réclame donc que la paisible et utile liberté de faire encore le bien. Mais puisque l'occasion s'en présente, et que je retrouve l'hospitalité chez vous, permettez-moi, cher M )n3ieur, de le dire bien haut : Peu d'hommes, hélas! ont l'honneur de comprendre cela aussi largement et aussi libéralement que vous, ainsi que j'ai pu le constater pendant trente ans, dans plusieurs circonstances mémorables quf^ je n'ai pis oubliées.

Veullez agréer, etc. F. Rouart,

r. Charles-Laflilte, 71, Neuilly-Paris.

Séance du 21 mirs 1883. — Présidence de M. Chevreul. M. Vallerand, agriculteur à Moulïliye (Aisne), correspondant de la Société, envoie une notice sur si célèbre charrue dite la Révolution.

M. Bouchard, secrétaire de la Société industrielle et agricole de Maine-et-Loire, fait hommage d'une notice sur le dosage de l'alcool et de l'extrait dans les vins d'Anjou.

M. Pierre Dufour, directeur de la ferme-école du Lot, envoie le compte rendu de celte ferme pour 1882; — M. Briot, inspecteur des forêts, une étude sur l'économie pastorale des Hautes-Alpes; — M. Léo d'Ounous,le compte rendu de l'Orphelinat agricole deSaverdun (Ariège).

M. Barrai analyse le premier fascicule pour 1883 du Bulletin du ministère de l'agriculture.

M. Bouley donne lecture d'un rapport sur un travail de M. Gsell relatif aux épanchements pleuraux. Il signale l'importance des essais de traitement qui doivent être renouvelés pour asseoir la méthode que l'auteur préconise.

M. Chabot-Karlen présente les conférences piscicoles et les instructions pratiques qu'il vient de publier pour l'enseignement de la ^pisciculture; il insisie sur la part qui revient à M. de Tillancourt, ancien membre de la Société, dans l'organisation &d cet enseignement. 11 présente ensuite plusieurs études sur la pisciculture en eaux salées et sur la pisciculture d'eau douce, dues à M. Gobin, professeur départemental d'agriculture du Jura ; ce manuscrit est renvoyé à la Section d'économie des animaux.

Sur la demande transmise par M. Dumas, empêché d'assister à la séance, la Société décide l'ajournement de la discussion du rapport de M. d'Esterno sur les fraudes dans le commerce des engrais.

M. Gareau demande que la Société déclare la vacance pour une place de membre étranger dans la Section d'économie des animaux.

M. Prillieux présente des renseignements qui lui ont été transmis par M. Grosjean sur certains cryptogames parasites de la vigne en Amérique. Une discussion s'engage entre M. Prillieux et M. 3iax-Cornu relativement à l'identité de forme entre l'anthracnose des viarnes en Amérique et l'anthracnose des vignes en France. M, Cornu soutient cette identité, en s'appuyant sur les observations de M. Planchoa.

M. Barrai présente, au nom de M. Dumas, une étude de M. Guleron, sur l'emploi pratique du sulfocarbonate de potassium contre le phylloxéra dans le midi de la France. Il insiste sur l'importance des expériences auxquelles M. Culeron s'est livré sur les meilleures conditions de l'emploi de cet insecticide.

M. Ëug. Thiac fait une communication sur les vœux qu'il a exprimés relativement à la création d'un enseignement spécial pour les gardes forestiers parti^^uliers, ainsi que sur l'ouverture de la circulation dans les chemins de vidange des forêts de l'Etat; il insiste pour que ces vœux soient de nouveau soumis à l'examen de la Section de sylviculture. Henry Sagkier.

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