L. VlET
On n'est pas encore tout à fait revenu de l'émotion causée par les effets des dernières gelées qui ont l'ait assez de mal partout. Une hausse sur les vins en est résultée, arrêtée un peu par les exigences des vendeurs, peu nombreux en ce qui regarde les viticulteurs.
On se hâte de terminer l'enfouissement des engrais et on ne voit que charrettes charriant ici des tourteaux, là des crottins de mouton, ailleurs des engrais chimiques. On est entré largement dans la voie rationnelle d'une bonne restitution au sol, et l'emploi complémentaire des phosphates et des sels de potasse est devenu élémentaire.
On a submergé de larges, surfaces et on pourra voir l'effet produit sur le phylloxéra. Déjà certain enseignement sur la nature des terrains inférieurs a montré que les craintes d'une perméabilité trop forte n'étaient pas fondées, alors qu'ailleurs on a été surpris de la porosité trop grande des terres ne gardant pas l'eau. Une fumure annuelle parait ici indispensable vu qu'i) vaut mieux donner chaque année un peu moins que de fumer tous les trois ans, l'eau enlevant les réserves du sol sur lesquelles on ne doit pas compter.
On a planté beaucoup de cépages américains, non peut-être pas comme surface, mais c jmme dispersion des points plantés. Toutes les communes ont certainement essayé les cépages en divers points de leurs territoires. Le riparia et le jacquez sont les favoris, ce dernier souvent avec l'espoir d'une productiou directe raisonnable, réuni à la plus-value du vin comme alcool et surtout comme robe ou source à couleurs. Toutefois cette extension est limitée, car on avait planté de cépages français tout ce qu'on avait pu et ce n'est que dans les communes déjà assez dévastées par le phylloxéra que la grande culture des vignes américaines pourra se développer.
L'heureux résultat des insecticides en fait continuer l'emploi qui, malheureusement, est arrêté par la difficulté que l'on a de se procurer du sulfure de carbone ou par le manque d'eau pour les sulfocarbonates. Qu'on nous fasse des canaux ! 1
Louis DE Martin,
à Lésignan (Audei.
(31 MAllS U8>i).