COMMERCE DES DENRF^^ES AGRICOLES EN ALLEMAGNE
par 750 mille quintaux. Nous indiquons encore quelques denrées a<*ricoles ou pour mieux dire d'un emploi agricole qui entrent librement en Allemagne.
Importation. Exportation.
quint, métr. quint, métr.
Guano 1.063, If.O ■ 1G,298
Superphosphate 2')8,787 66,852
Salpêtre du Chili 1,269,184 21,363
Paul MULLER.
BINEUSE A BRAS YIET
Monsieur le directeur, pour répondre à plusieurs questions qui m'ont été adressées, notamment par M. Gambon, propriétaire à Nîmes, je viens vous donner quelques explications sur le travail de ma bineuse à bras, qui serviront de complément à la description donnée dans le numéro du 24 février dernier du Journal de V agriculture.
L'agriculture est éprouvée, la main-d"œuvre est fort chère et le dépeuplement des campagnes augmente rapidement, dit M. Cambon ; grave est la situation, surtout dans le Midi, où, à cause du phylloxéra, les splendides récoltes que donnait la culture de la vigne sont remplacées par les maigres résultats que donne la culture ordinaire, celle du blé surtout.
Pour arriver à la fin de l'année à voir les recettes dépasser les dépenses, on recherche avidement tout ce qui peut aider à atteindre ce but. M. Cambon, qui était un des grands producteurs de vins, cultive maintenant, à la place de ses vignes, le blé, les fourrages, un peu de maïs, la betterave et l'absinthe, et s'efforce de faire faire, dans son pays, des progrès à l'agriculture dont la position est tellement précaire que, dans bien des localités, les propriétaires ne trouvent pas toujours des fermiers, en abandonnant leurs terres pour le payement des contributions.
A cause de cette position et dans l'intention de renseigner les cultivateurs de sa contrée, M. Cambon me demande de faire connaître si la bineuse à bras dont il a été parlé dans le Journal de f agriculture (numéro du 24 février 1883) peut fonctionner ailleurs que dans des terrains légers et sablonneux ; si dans la riche plaine de Nîmes, sur les bords du Vistre, où le sol humifère argileux est fort et compact , ce nouvel instrument pourrait être employé ; s'il serait préférable aux araires du pays ; si, dans les plantiers jeunes, on ne pourrait pas s'en servir, quitte à passer plusieurs fois dans l'intervalle des souches qui est de l'^.ôO.
Tout d'abord il faut s'entendre. Chaque instrument a sa spécialité en agriculture : la charrue remue le sol profondément; la herse le divise^ l'émiette; mon instrument, fort léger, ne peut servir qu'à détruire les herbes; il ne doit guère pénétrer dans le sol que de 0^.05; avec plus de profondeur, un homme ne pourrait plus le manœuvrer, et les pièces qui le composent ne résisteraient pas. D'ailleurs, pour bien détruire les herbes, il ne faut les couper que peu au-dessous du collet, autrement il leur reste des racines qui, en cas de pluie , les font reprendre.
Quant à la question de savoir si l'instrument pourrait fonctionner dans la plaine de Nîmes que j'ai vue, mais où je n'ai pas cultivé, je
BINEUSE A BRAS VIET. b09
réponds : oui. En Seine-et-Marne où le sol est argileux, compact, nous donnons aux lames une largeur de 0'".115; avec les trois, on fait une bande de travail de (P. 30 ; dans un sol sablonneux, très doux, on peut donner 0'".ir) et cultiver ainsi ()'".40 de largeur. Si le terrain est rude, on peut réduire les lames à 0™.10 et même 0'".8, on n'a plus alors qu'un travail d'une largeur de ()"'.22 à 0"'.25.
Mais toujours ainsi, l'instrument reste pratique et, l'économie est la même, car si un sol est rude pour une machine à bras, il l'est de même pour un outil à main. Seuls, les terrains caillouteux sont inaccessibles à ma bineuse, les pierres rencontrées par les lames étant poussées horizontalement ne cèdent pas, les chocs répétés fatiguent l'ouvrier et les lames sont vite émoussées. Dans nos vignobles, les ceps sont si rapprochés, la terre si bosselée de trous et de bult^rs occasionnés par le provignage, qu'on ne peut cultiver qu'avec des outils à main. Quand les vignes sont en terrain plat ou en pente douce et que les ceps sont à une bonne distance, l'emploi de la bineuse à bras pour la culture superficielle offre une économie considérable.