IX. — Le phylloxéra
La datede l'ouverture de la session annuelle de la Commission supérieure du phylloxéra est fixée au 19 janvier. Le Journal offiiciel publie l'avis suivant :
M. le ministre de Belgique à Paris, se référant au règlement adopté par le gouvernement belge pour l'exécution de la convention phylloxérique de Berne, vient d'informer le gouvernement français que les horticulteurs français n'observeraient pas, pour leurs expéditions à destination de la Belgique, les formalités prescrites et qu'ils négligeraient, notamment, de se conformer à celles établies par l'article 6, La A de l'arrêté royal du 10 octobre 1882, lequel est ainsi conçu :
Les plantes, arbustes et tous végétaux autres que la vigne, non dénommés à l'article 3, provenant de pépinières, de jardins ou de serres, continueront d'être admis à l'entrée et au transit, mais ils ne seront introduits que par les bureaux de douane d'Anvers, de Bruxelles, de Grand, de Liège et d'Osfende pour les importations par eau, et par les bureaux placés sur une voie ferrée, pour les importations par les frontières de terre.
Les conditions suivantes seront observées : ' 1° Ces colis seront préseiités dans les conditions usuelles d'emballage, de manière à permettre les constatations nécessaires ;
2° Ils seront accompagnés :
A. — D'un- déclaration signée par l'expéditeur, portant :
a) L'indication du point de réception définitive et l'adresse du destinataire ; h] La mention que le contenu provient en entier de rétablissement de l'expéditeur;
c) L'affirmation que l'envoi ne renferme aucun pied de vigne ;
d) La mention que les végétaux sont piéscntés avec ou sans motte de terre.
B. — D'une déclaration de l'autorité compétente, basée sur l'attestation d'un expert officiel, portant :
a) Que l'envoi provient d'un terrain (plantation ou enclos) séparé de tout pied de vigne par un espace de 20 mètres au moins; ou par un autre obstacle aux racines jugé suffisant par l'autorité compétente ;
h) Que ce terrain ne contient lui-même aucun pied de vigne ;
c) Qu'il n'y est lait aucun dépôt de cette plante :
d\ Que, s'il y a eu des ceps phylloxérés, l'extraction radicale, des opérations toxiques répétées et, pendant trois ans, des investigations ont eu pour effet d'assurer la destruction complète de l'insecte et des racines.
Afin d'éviter toutes difficultés dans leurs expéditions en Belgique, les horticulteurs français sont invités à se conformer strictement aux dispositions de l'arrêté royal belge qui viennent d'être reproduites ci-dessus.
Par im arrêté du ministre de l'agriculture, en date du 30 décembre 1882, l'introduction des plants do vignes étrangères et des plants de vignes provenant d'arrondissennnts [)liylloxérés, est autorisée dans les arrondissements de Perpignan et de Céret (Pyrénées-Orientales),
Au sujet de la culture du blé bleu, nous recevons une nouvelle lettre que nous plaçons sous les yeux, de nos lecteurs.
Monsieur le directeur, \t blé bleu de Noé qui convient si bien aux semailles de lévrier et mars est cultivé sur une large échelle dans l'Allier, et cette année, on eo a récolté de très bonne qualité
« J'ai l'houneur d'annoncer à MM. les cultivateurs qui n'ont pas terminé leurs semailles, que je pourrai leur expédier de beau blé bleu de Noé au prix de 29 francs les 100 kilog. toile perdue, rendu en gare de ViUefranche d'Allier, payable contre remboursement. La quantit î que je tiens à la disposition des cultivateurs est de cent sacs de 100 kilog. Peut-être pourrai-je en faire davantage.
« Agréez, etc. Vve Louis Madet,
Commerce de grains à Ygrande (Allier).
Le blé bleu est certainement la variété de blé qui sera cultivée sur la plus grande échelle pendant cette année. — M. Georges Gasselin, agriculteur aux Fontenelles, par Bourron (Seine-et-Marne), nous pris d'annoncer qu'il possède du blé de Bordeaux pur, et du blé mélangé (Bordeaux et Noé) dont il peut disposer pour ceux qui ont à exécuter des semailles tardives.
XL — ExposUion d'horticulture.
La première exposition qui sera organisée en 1883 par la Société nationale et centrale d'horticulture de France, sera ouverte du 28 mars au 1" avril, dans le pavillon de la ville de Paris, aux Champs-Elysées, à Paris, sous la direction de M. A. La vallée, président de la Société.
Les fleurs et les plantes fleuries seront seules acceptées à cette exposition, ainsi que les légumes de primeurs et les arbres fruitiers forcés, présentés en pots. Les conifères, arbres et arbustes à feuillage persistant, seront aussi admis à concourir à cette exposition.
XIL — Les récoltes en Amérique.
L'année 1882 paraît avoir été tout à fait favorable aux agriculteurs américains. D'après les derniers rapports reçus par le déparleuient de l'agriculture, à Washington, la récolte des céréales a été, dans- son ensemble, de 1,623 raillions de boisseaux (568,750,000 hectolitres); le blé seid entrerait dans ce total pour 500 millions de boisseaux (175 millions d'hectolitres). Le Ralway- World, de Philadelphie, auquel nous empruntons ces détails, ajoute que la récolte de coton a été peut-être la plus considérable qui ait jamais été obtenue, et que des rapports favorables sont publiés sur la production de la canne à sucre dans la Louisiane. Par suite de cette abondance, les exportations des ports de l'Océan atlantique à destination de l'ancien monde, ont pris une très grande importance. On en jugera par ce fait que les envois faits par le port de Ne sv- York pendant la semaine qui finissait le 16 décembre, ont été de 208,682 barils de farine et 64>,630 boisseaux de blé; pendant la même semaine, il est sorti des 3 ports de Phila<lelphie, Boston et Baltimore, un total de 60,324 barils de farine et de 885,520 boisseaux de blés. Pendant la semaine correspondante de 1881, on n'avait enregistré à la sortie pour ces quatre ports, que 85,264 barils de farine et 662,304 boisseaux de blé.
L'accroissement des exportations a été surtout sensible depuis le moment de la récolte. En effet, si l'on compare, d'après les tableaux officiels de la douane américaine, les exportations de grains et de farines pendant les 11 premiers mois de l'année 1882, avec celles des 11 premiers mois de 1881, on constate qu'elles ont été de 166 millions de dollars en 1882^ contre 210 millions en 1881 . Mais les exportations des cinq mois dejuillet à novembre 1882 ont atteint le total de 101 millions de dollars, contre 98 millions pendant les cinq mois correspondants de l'année précédente. Ces 101 millions de dollars représentent, en quantité, 245,016 boisseaux d'orge, 2,878,047 de maïs, 148,662 d'avoine, 643,718 de seigle, 67,481,657 de blé, 3,503,109 barils de farine de blé et 101,980 de farine de maïs. Il y a eu accroissement dans les exportations pour tous les grains, sauf pour le maïs et l'avoine.
Le commerce des fruits a pris une grande importance dans quelques parties des Etats-Unis. On en jugera par le fait suivant. Du 24 juillet au 30 septembre, le chemin de fer du Delaware a transporté 6,000 wagons contenant 2,923,079 paniers de pêches; c'est le total le plus considérable qu'il ait encore transporté, à l'exception de l'année 1875, où le transit a été de 9,072 wagons cliargés. Le transport des autres fruits frais y a été également considérable; il a compris eikviron 900 wagons. Le poids total des fruits transportés, en y comprenant les pêches, a été de 45,000 tonnes.
XIIL — Les octrois de Paris.
Conformément à une délibération du Conseil municipal de Paris, M. Oustry, préfet do la Seine, a décidé que les droits d'octroi établis aux entrées de Paris sur les abats et issues de veau, et sur les abats et issues de porc, seraient supprimés à partir du 1" janvier 1883.
Xiy. — Le commerce du houblon.
Les rendements du houblon ont été très faibles, cette année, dans la plupart des régions où cette plante tient une place importante dans la culture, notamment en Belgique, en Alsace-Lorraine, en Bavière, en Bohême, en Bourgogne, ainsi que dans le sud de l'Angleterre. Aussi les prix ont subi, après la récolte, une hausse accentuée sur les marchés; notre revue commerciale a enregistré le mouvement des cours. En France et en Belgique, les prix n'ont pas dépassé 8 à 9 fr. par kilog.; mais dans quelques autres pays la hausse a atteint de plus grandes proportions. On cite des ventes, faites à des taux supérieurs à 13- fr. par kilog. pour des houblons de premier choix de Bohême; et même à 18 fr. par kilog. pour certains houblons anglais. Cette hausse absolument anormale a décidé beaucoup de cultivateurs à augmenter les surfaces consacrées au houblon.