‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 387 sur 683 · EXPOSITION D HORTICULTJRE DE PARIS · texte numérisé non relu

EXPOSITION D HORTICULTJRE DE PARIS

maraîchers aiment peu à exposer, et cela s'explique en partie; d'abord leurs produits, en cette saison, coûtent fort cher, et quelques jours passés à l'exposition suffisent pour en détruire toute la qualité et les rendre invendables, d'où perte sèche qui ne peut même être compensée par la récompense accordée, puisque les premiers prix sont des tinés à des lots variés de légumes et non à un seul, quelque bien cultivé qu'il soit; or il est rare que les maraîchers de profession cultivent plus de deux ou trois sortes de légumes en même temps. Et puis enfin, une des raisons principales, c'est que l'Algérie et le Midi commencent, grâce aux chemins de fer, à créer aux jardiniers des environs de Pans une concurrence énorme. Ils ne peuvent plus, quand il leur faut payer leur fumier de couche 4 et 5 fr. le mètre cube, fournir des légumes capables de rivaliser avec les produits algériens. Est-ce à dire pour cela que la culture maraîchère soit amenée fatalement à disparaître? Je ne le pense pas; car les maraîchers se préoccupent chaque jour davantage de l'adaption du thermosiphon à leur culture.

C'est là que se trouve l'avenir de la culture maraîchère des environs de Paris; pour ce qui est de la culture sur couche, elle ne pourra plus être pratiquée que par les producteurs de fumiers eux-mêmes. Je me réserve de revenir un jour rsur ce sujet, et de montrer comme quoi les agriculteurs en viendront forcément à faire passer leurs fumiers par les couches où toute la chaleur sera utilisée, et où le fumier acquiert la même richesse que mis en plate-forme.

.Malgré tout, il y avait au concours quelquas lots dont il convient de dire un mot. C'étaient d'abord de très belles fraises d'une culture hors ligne, envoyées par M. Dubois, à Châtenay (Saine), puis un lot de légumes forcés, présentés par M. Dagneau, à Nogent-sur-Seine, composé de pommes de terre nouvelles, de haricots et de salades d'une très belle venue.

En somme, malgré le temps qui lui a été si contraire, cette exposition qui, pour la première ibis, a lieu au pavillon de la Ville, a été accueillie avec une grande faveur par le public parisien. C'est un encouragement pour l'avenir; aux proportions que tendent à prendre désormais ces fêtes de l'horticulture, nous pouvons nous atleadre à avoir, au mois de mai, un concours des plus éclatants.

J. Dybowski.

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