L\. PROPRIÉTÉ EXCITANTE DE L'AVOINE
Lk PROPRIÉTÉ EXCITANTE DE L'ÀYOINE
Depuis des siècles il était admis par tout le monde que l'avoine donne au clieval de la vivacité, de la vigueur, qui le fait courir avec plus d entrain, du moins dans nos climats tempérés. L'action du picotin d'avoine était classique. On le considérait comme l'excitant par excellence, en l'absence duquel il n'était point possible d'obtenir du cheval un bon service aux allures vives, et même à l'allure du pas. Les chevaux, ayant à fournir un fort travail, n'étaient point tenus pour bien nourris s'ils ne recevaient, dans leur ration journalière, jusqu'à 18 et 20 litres d'avoine, soit de 9 à 10 kilog.
Dans ces derniers temps, l'aclion spéciale ainsi reconnue à l'avoine a été contestée. D'abord, su fjiiJ^u. sur des considérations purement rationnelles, et tout en admettant que l'ingestion de l'aliment dont il s'agit donne plus de force aux chevaux, on a cru pDuvoir attribuer son effet h la présence des corps gras qui, en fait, entrent dans sa composition pour une proportion considérable. Et c'était pour conclure que l'avoine peut être avantageusement remplacée par le maïs, encore plus riche en corps gras.
Puis les chimistes qui, en Allemagne et en France, s'occupent de l'alimentation, ne trouvant dans leurs analyses de l'avoine rien en dehors des principes immédiats admis comme nutritifs, l'ont confondue avec les autres aliments concentrés de même ordre. Ils ont pensé, et tous leurs travaux tendent à foire croire, que ces autres aliments peuvent lui être substitués sans inconvénient, pourvu que le cheval trouve dans sa ration la même valeur nutritive. L'avoine étant un aliment toujours plus cher que les autres, à cause précisément de l'action spéciale qui lui est attribuée dans la pratique, on a dû s'ingénier, pour motif d'économie, surtout dans les grandes adp'".iistrations de cavalerie, à lui trouver des substituants, sous l'inii.diice du légitime crédit que la science acquiert de plus en plus. Nous assistons, depuis quelques années, à de louables efforts en ce sens.
Mais ces efforts ne peuvent être utiles qu'à la condition d'être réellement fondés sur la science. Est-il bien vrai que l'avoine n'a aucune propriété spéciale, indépendante de sa valeur nutritive? L'opinion si générale, parmi les simples observateurs de tous les temps, à l'égard de sa propriété excitante, serait-elle un préjugé? De ce que les chimistes dits agricoles ou biologistes n'ont rien trouvé qui put leur expliquer cette propriété, en faut-il décidément conclure qu'elle n'existe point?
J'ai, pour mon compte, je l'avoue, quand il s'agit de faits accessibles à l'observation directe, tendance insurmontable à donner raison à tout le monde, lorsque tout le monde est en contradiction avec les inductions de quelques savants, chimistes ou autres. En tout -cas, il m'a paru qu'en raison de son importance si considérable, la question avait besoin d'être examinée, ne trouvant pas dans les résultats de l'analyse chimique telle qu'elle se pratique pour apprécier la valeur nutritive probable des aliments en général, les éléments suftlsants pour sa solution. C'est pourquoi j'ai entrepris des recherches expérimentales qui ont été exécutées durant l'année dernière, à l'école de Grignon, où, jai le devoir de le dire, sont libéralement mis à ma dis-