‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 424 sur 683 · XIV. — Résumé · texte numérisé non relu

XIV. — Résumé

Il y a de la faiblesse dans les cours des céréales ; mais beaucoup de fermeté pour la plupart des autres denrées, notamment pour les fourrages, les vins et les produits animaux. A. Remy.

BULLETIN FINANCIER

Détachement du coupon au 3 0/0 ; continuation de baisse à nos fonds publics : le 5 0/0 à 113,05, perd 0,70. Fermeté à nos Sociétés de crédit; vive reprise à nos chemins de fer.

Cours de la Bourse du k au 11 avril 1883 {au comptant).

Principales valeurs françaises :

Plus Plus Dernier

bas. haut, cours.

Rente 3 0/0 79.05 go 35 79 25

Renie :î 0/0 amortis 80.32 81.50 80.32

Rente 4 1/2 o|o 110.05 110.60 110.05

Rente 5 0/0 Ii3 45 (14.45 113. 6i

Banque de France 5360.00 5400.00 5395.00

Comptoir d'escompte 975.00 980.00 980 00

Société générale 545.00 557. 5H 550.00

Crédit lonciei 1330.00 1355.00 I3'i0.oo

Est.. .\cli<'nj --,00 730 00 735.00 733 75

Midi d° 1105 00 ii'io.oo 1105.00

Nord d» 1885.00 1935 00 1890.00

Orléans ■ d" 1220.00 1275.00 1235 00

Ouest d° 765.00 790.00 765.00

Paris-Lyon-Medrterranée d° 1557.50 1578.75 1560.00

Paris 1871 obi. 400 à 3 O/O. 392.00 395.00 394.00

Italien 5 0/0 91.20 9150 9125

Le Gérant : A. BOUCHÉ.

Chemins de fer français et étrangers :

.autrichien d"

Lombards d°

Romains d°

Plus bas.

Plus Dernier haut, cours.

Nord de l'Espagne d° 515.00 522.50 517.50

Saragosse à Madrid... d" 485.(0 488.75 485.00

Portugais d° 540.00 555.00 540.00

Est oblig. 3 0|o rembOLir- » » »

sable à 50U fr d" 361.50 363. co 361.25

Midi d" 358.75 359.(^0 359 Ou

Nord d" 366.00 366.50 366.25

Orléans d" 386.00 369.00 366.00

Paris-Lyon-Méditer d° 363.00 363.25 363.00

Ouest d° 358.00 359.00 358.25

Nord-Esp. priorité .d° 345.00 347.00 246.00

Lombards d° 294.00 295.50 294.25

LETERRIER

CHRONIQUE AGRICOLE (21 avril i883).

Recherches de M. Duponcliel sur la l'erlilisalion des terres par les alluvions arlificielles. — Exposé des procédés proposés pour transformer les landes de Gascogne. — Evaluation des prix et des résultais des travaux. — La peste bovine en Allemagne. — Prochame élection d'un membre étranger à la Soci té nationale d'agriculture. — Nécrologie. — M. Vion. — Sixième liste de la souscriplion pour élever un monument à la mémoire de Lé^nca do Lavergne. — Les vaccinations charb')niieu-es dans le Cantal. — Concours départemental à Agen. — Concours d'animaux rT^producleurs dans la Haute-Vienne. — Concours annuel de la Société dépariementale d'agriculture de l'Allier. — Vente de béliers et do brebis sûuthdovvn chez M. Nouettc- Delorme. — Création d'un laboratoire agricole à Nevers. -- Note de M. Cimbon sur l'enseignement élémentaire de l'agricultuie. — Concours pour des in-;pecteurs de la boucherie à Paris, — L'arboretum de Segrez. — Exposition internationale d'horticulture à Lille. — Estais sur la culture des tabacs de la Havane dans le sud-oue.>t. — Les prochains concours régionaux. — Relevé des déclarations pour les concours de Vannes, Digne et Troyes. — Vœu du Conseil général de l'Ai-ne sur la réforme de la législation des sucres. — Notes de MM. BeauviUiers, Petii-Lafitte, Leyrisson, Raibaud-Lange, sur l'elat des récoltes dans les départements de l'Aube, de la Giionde, de Lot-et-Garonne et des Basses-Alpes.

I. — Sur la fertilisation des terres par les allubuions artificielles.

Un ingénieur agronome, d'un mérite incontestable, et qui se distingue surtout par lu hardiesse de ses conc8ptions, M. Duponcliel, vient de publier à. la librairie Hachette, sous le titre de Théorie des alluvions artificielles, un livre remarquable dans lequel il expose une théorie générale de la fertilisation des terres arides ou peu fertiles, qui occupent une trop grande partie de la France ; il fait ensuite une application spéciale de sa théorie à la fertilisation des landes de Gascogne, fertilisation pour laquelle il serait nécessaire de créer, dans la région des Pyrénées, des réservoirs d'aménagement des eaux de crue, et des canaux pour la distribution de ces eaux, après qu'elles se seraient chargées des matières fertilisantes pour transformer les sols stériles en sols féconds. Le projet est grandiose, car il s'agit d'opérer sur des centaines de milliers d'hectares.

Le but que poursuit M. Duponchel, est de constituer une terre éminemment fertile sur tous les points où la fertilité naturelle ou acquise fait défaut; les moyens consisteront à créer un torrent artificiel, réalisant sur un point déterminé le phénomène produit parles alluvions naturelles. « La terre végétale, ajoute-t-il, se compose d'une matière inerte qui ne joue qu'un rôle purement physique, telle que le sable quarlzeux, et d'un mélange en proportions convenables de deux éléments minéraux essentiels, l'argile et le calcaire, à l'état de limons compîètement désagrégés. Toutes les fois que la matière inerte se trouvera sur place, que l'on aura affaire à un sol déjà meuble, nous devrons en tenir compte. L'alluvion artilicielie ne sera donc pas le sol végétal lui-même, mais le complément de ce sol, l'amendement nécessaire pour le constituer par son mélange minéral avec le terrain naturel. Sur le sable des Landes et dq^la Sologne, il nous suffira d'apporter un limon argilo-marneux ; sur la craie de la Champagne, ua limon argileux et peut-être une certaine proportion de sable quartzeux; et ainsi de même partout ailleurs. La terre végétale fabriquée de toutes pièces ne serait rigoureusement nécessaire que sur les sols à surface de roche résistante, inattaquables par l'outil du travailleur. Le torrent artificiel devra reproduire les divisions principales du torrent naturel; comme lui, il devra présenter : un bassin récepteur ou centre de désagrégation, un goulet ou chenal régulier servant à la fois à la trituration, au mélange et au transport des matières minérales, un cône de déjection comprenant la surface entière sur laquelle les limons fécondants et convenablement élaborés pourront être distribués et répandus. Le point de départ de toute création d'un torrent artificiel sera l'approvisionnement de la

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82 CHRONIQUE AGRICOLE (21 AVRIL 18S3j.

masse d'eau nécessaire peur alimenter ce torrent et produire le quadruple travail de désagrégation, de trituration, de transport et de répandage des limons, auquel il devra suffire. )>

Une fois qu'un vaste réservoir aura été créé et rempli d'eau, il sera possible d'en faire sortir une rivière que l'on concentrera dans une conduite pour la diriger en jet puissant contre le pied d'une colline constituée par des terrains ayant la composition désirée pour compléter la nature de la terre à fertiliser. Si ces terrains sont susceptibles de devenir meubles peu à peu. ils seront disloqués, détachés, réduits en une sorte de bouillie que la rivière entraînera. Il n'y aura plus qu'à diri2;er cette rivière dans un nombre suffisant de canaux destinés à porter l'eau sur tous les points d'une plaine. Celte eau aura entraîné la colline, et on en aura répandu la terre, par une sorte de colmatage, sur toute la surface de la plaine. C'est ainsi que la nature a séculairement opéré; c'est ainsi que se propose d'agir M. Duponchel, notamment pour les landes du sud-ouest delà France dont le sol n'est guère susceptible jusqu'à présent que de porter des forêts, tandis que si l'on se servait à droite des eaux, de la Neste, à gauche des eaux du Gave, on pourrait chaque année compter sur le travail mécanique de 1 80 millions de mètres cubes d'eau qui, entraînant un dixième au moins de leur volume de limons, pourraient produire et répandre à la surface des Landes un cube de 18 millions d'alluvions artificielles, suffisant à la régénération d'une superficie de 18,000 hectares, à raison d'une couche moyenne de 10 centimètres d'épaisseur.

M. Duponihel est entré dans tous les détails de son projet ; il indique les endroits où il faut créer les réservoirs, puis le tracé des canaux de décharge pour la préparation da limon, et enfin les canaux de colmatage. Dans une carte jointe à son livre, les emplacements de tous ces grands travaux sont indiqués. Il aborde de front toutes les objections qui peuvent être faites à l'exécution de son projet. Il en calcule les dépenses, et il suppute l'importance des résultats à obtenir. Pour 25 millions de frais de premi'^r établissement et pour des charges annuelles de 2 millions, il estime pouvoir régénérer par année 10,000 hectares. Le prix de revient, par conséquent, ne dépasserait pas, selon lui, 200 francs par hectare. Un sol infertile serait ainsi amené à produire, affirme-t-il, 25 à 30 hectolitres de blé et de 1 5,000 à 2l^000 kilogrammes de fourrages par hectare. On comprend immédiatement combien serait considérable la plus-value acquise par les terrains ainsi transformés. Une compagnie pourrait se charger de l'exécution, et M. Duponchel estime que les résultats seraient tels que le capital employé trouverait comme rémunération un intérêt de plus de 30 pour 100. Il étudie d'ailleurs le système de culture, culture pastorale simple, culture pastorale mitigée, culture intensive régulière, qu'il pourrait convenir d'adopter.

a Dans l'état actuel, dit-il, les Landes, bois compris, ne valent pas 500 fr. l'hectare, ce qui, pour la région totale, comptée au chiffre rond d'un million d'hectares, représente un capital foncier de 5n0 millions au plus. Par le fait de l'opération que je propose, cette terre, qui ne vaut aujourd'hui que 5,00 fr. , amenée progressivement à avoir les mêmeg propriétés productives que celle qui se vend ailleurs 5,000 ou 6,000 fr., ■yaudra certainement ce prix tôt ou tard. Admettons que la transformation complète doive demander un siècle, à raison de 10,000 hec-

tares par an, ia plus-value totale répartie sur cette période représentera un i>;ain annuel de 50 millions. » Tout cela est certainement grandiose et doit frapper l'imagination.

Sommé de nous «X-pliquer sur la question de savoir si l'entreprise est possible, nous n'hésitons pas à répondre affirmativement; mais nous n'oserions pas dire que des difficultés ne se présenteraient pas dans l'exécution. Ce n'«st pas impunément que l'on m.et en mouvement de grandes masses liquides et solides pour couvrir d'immenses étendues de terrain. Tous les colmjtasres effecîués sur une grande échelle ont toujours donné lieu, avant qu'une végétation complète se soit emparée des terrains, à des maladies endémiques dont on ne peut triompher que si les surfaces ne sont pas trop considérables. La grandeur des résultats poursuivis nous paraît donc être la principale objec tion à faire aux projets de M. Duponchel, ce qui n'empêclie pas de rendre justice à tout ce qu'il y a de nouveau, de hardi et de bien combiné dans le système qu'il préconise pour imiter la nature et tâcher de faire mieux et plus vite.

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