L. DE Sahdiuac
1, 2. L origine des parents, c'est-à-dire leur qualité comme reproducteurs, doit être tenue en grande considération dans un herd-book, même particulier. Pour les animaux dont la race ou les qualités ne sont pas connues, on mettra 0 ; si au contraire les parents sont déjà notés comme excellents, on pourra mettre 1 . On pourrait aussi, pour les animaux du herd-booii, indiquer le nombre des générations ; ainsi, pour un taureau dont le grand-père était déjà au herd-book, on pourra mettre 3, indiquant que c'est la troisième génération de qualité. Ici la base d'appréciation sera rationnelle.
3. La corpulence est en rapport avec la race et la localité dans laquelle on entretient les animaux. Plus l'agriculture s'améliore, plus le développement corporel des animaux se produit, et l'on doit rechercher ce développement progressif. Mais d'un autre côté, ce n'est pas toujours une amélioration sérieuse d'introduire des animaux très grands dans une contrée qui nourrit généralement des animaux d'une taille petite ou. mo}'enne. Le bon point de ce numéro sera donc réservé aux animaux dont la taille est la forte moyenne du pays.
4. Bonnes proportions. Il ne suffit pas qu'un animal soit gros dans certaines parties, il faut que toutes les régions du corps s'accroissent ensemble. Si une vache est trop forte du devant, la lactation sera en déchéance; si la croupe est trop développée, la poitrine deviendra étroite. En général, pour qu'une race ne dégénère pas, il faut que les reproducteurs aient une forme parallélogrammique, c'est-à-dire que le dos, le ventre, les fesses et le poitrail fassent un carré long, ou rectangle, et que ce rectangle puisse être partagé en trois rectangles égaux contenant : le premier, le quartier de devant, compris entre la pointe de l'épaule et le garrot; le second, le corps, dos et reins; le troisième^ le train de derrière depuis les hanches. Quand ces trois parties sont en équilibre, on peut s'attendre à un bon fonctionnement des organes intérieurs.
5. Robe et marques. On sait que le manteau est une indication de la race et l'on doit se défier des robes bâtardes pour les reproducteurs. En outre, il faut éviter les robes ayant de trop grandes taches blanches ou les robes trop blanches qui montrent de la tendance à l'engraissement, mais aussi un tempérament affaibli, lymphatique. Si l'on forme une race à viande, la robe blanche sera peut-être une qualité, comme dans le Charolais.
6. Peau moelleuse. On donne à cette touche le nom de finesse. Si nous avons changé, c'est parce qu'on peut s'y tromper. Il faut que la peau soit souple et douce, surtout aux dernières côtes ; mais une peau trop mince n'est pas de qualité, elle indique un animal dégraissé, c'est un affaiblissement.
7. Le poil doit être brillant, souple et pas trop rare. Il est évident
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qu'on doit tenir compte des conditions atmosphériques qui peuvent momentanément changer l'apparence dii poil.
8. Le fanon, ce repli de la peau qui s'étend depuis le dessous de langue jusqu'au sternum, entre les jambes de devant, est très développe dans les races grossières ; il diminue au contraire dans les animaux dont la peau est fine. Le fanon épais et dur indique une mauvaise circuiîition lynq^ha tique.
9. Le caractère. On pourrait s'étonner de voir indiquer une note pour ce qui se rapporte plutôt à l'intelligence, mais il faut se souvenir que le mauvais caractère peut se transmettre, ce qui n'est pas sans importance pour l'amélioration des races. De plus, en beaucoup de cas, les défauts de caractère nuisent au bon entretien du corps. Les êtres grincheux, colères ou craintifs, ne produisent pas autant de chair, de graisse ou de lait.
10. Allure décidée. Ceci est en rapport avec une bonne conformation générale. Il n'est pas question de donner un mauvais point à un animal qui aurait momentanément un mal au pied ou à l'un des membres, mais d'apprécier si les reins et les meml)res sont à la fois forts et souples, ce qui indique un être fort, tandis qu'une démarche lente, pénible, montre que la bête se nourrit mal ou qu'elle est faible et en souffrance.
11 . Conformation générale de la tète. Si le corps doit avoir certaines proportions qui ne sont pas une fantaisie, il en est de même de la tête. On comprend facilement que chez un herbivore il est indispensable que la tête puisse atteindre le sol afin que l'animal puisse brouter. Pour cela, ilfaut que la distance qui sépare le garrotdusol nesoitpas plus grande que la distance du garrot aux dents incisives. C'est un premier repère pour connaître la longueur de la tête et de l'encolure.
D'un autre côté, il est nécessaire que la tête ne soit pas trop longue, cela augmente trop la longueur des mâchoires en diminuant leurforce. On peut admettre que la tête soit les deux cinquièmes de la hauteur de l'animal, ou que la longueur de la tête soit les deux tiers de celle de l'encolure, et cette proportion se vérifie sur des bêtes de bonne conformation.
12. Cornes, chignon. L'appréciation de cette partie ne doit pas se faire au point de vue de l'élégance seulement. Sans doute il est préférable que la cornure soit gracieuse, mais peut-être que par accident, l'une ou l'autre des cornes sera mal tournée; et pourtant on ne devra pas pour cela mépriser les qualités que la vache présenterait comme reproductrice. D'un autre côté la grosse ossature qui forme la base des cornes, est une indication de ce que les os sont de nature spongieuse plutôt que compacte, et quoique certaines races, très estimées, se montrent pourvues de grosses cornes, il faut rechercher une fine cornure cliez les femelles et chez les mâles des cornes aplaties, de teinte jaunâtre, avec la pointe noire.
Chez la vache, on peut reconnaître une série de sillons annuels qui sont la marque de la poussée de la corne chaque année. Mais il arrive un morne t où la corne ne pousse plus guère, une p riode de la vie dans laquelle la base des cornes, au lieu de grossir, paraît plutôt se rétrécir. C'est l'indication du déclin de la vie, et quand bien même une vache peut encore se montrer bonne laitière, il est peu probable que ses produits seront une cause d'amélioration, h^ chignon est la
protubérance qui se trouve outre les deux cornes : le manque de finesse de cette partie et des poils qui la regouvrent est un défaut.
13. Nuque. Cette région qui se trouve en arrière des cornes ne doit pas être trop amaigrie, ce qui indiquerait alîaiblisseiuent et dégénérescence, comme chez les hommes dégarnis derrière les oreilles.
14. Yeux, grandeur. De grands yeux, doux, àlldur de lete, se trouvent chez les bonnes laitières; ils indiquent en outre de l'intelligence et un bon caractère,
'\b. iFaupieres fines. Un œil petit, couvert, indique un caractère méfiant et du lymphatisme, surtout si les paupières sont rouges.
16. Les oreilles horizontales, larges, doivent être tapissées intérieurement d'une peau roussàtre, couleur de vieux bois de sapin (teinte indienne) dont nous reparlerons à propos de la mamelle. Les poils doux et longs ne doivent pas être rares.
17. Le front doit être large, et plus velu chez le taureau que chez la vache, mais sans exagération.
On dit généralement que la largeur du front indique l'intelligence : ce n'est pas complètement exact. L'ampleur du front est en rapport, non avec le développement du cerveau, mais avec des cavités entre les os du crâne et de la face (des sinus) qui ont pour effet d'augmenter le volume de la tête sans en augtuenler le poids. Au large front correspond une larçfe mâchoire, mieux conformée pour bien broyer les aliments.
18. Les ganaches sont formées par le rebord de la mâchoire inférieure, et, d'après ce que nous venons de dire au paragraphe 17, on devra rechercher des ganaches écartées, ce sera une indication d'une bête qui se nourrit bien. Une bête à mâchoire étroite restera maigre.
19. Bouche. Elle doit être régulière; on voit quelques animaux chez lesquels la mâchoire inférieure dépasse la supérieure ou l'inverse. Il va sans dire que cette construction est défectueuse.
20. Le mufle, appelé aussi rosée^ à cause de Thumidité qui le recouvre, doit être large, en rapport avec de bonnes mâchoires.
Sa coloration peut varier suivant les races et suivant le manteau des animaux. Un mufle tacheté fait douter de la pureté de race de certains animaux.
21 . Colonne vertébrale^ rectitude. Si l'on a dit avec raison que l'œil est le miroir de Tâme, on peut aussi dire que la rectitude de la colonne vertébrale est une sorte de miroir de la bonne constitution. Chez l'homme comme chez les animaux les déviations de cette partie sont une cause de souffrance et elles indiquent des fonctions irrégulières.
Nous devons toutefois faire observer que la chaîne des vertèbres n'est pas rectiligne dans le squelette, mais extérieurement les creux et les bosses s'égalisent par des amas musculaires importants et la rectitude de la ligne vertébrale, depuis la nuque, devient à peu près parfaite, comme on peut le constater sur les animaux les mieux conformés.
22. Encolure et garrot. La longueur de l'encolure est, comme nous l'avons déjà dit (1 1), en rapport avec la taille et la tête : environ une fois et demie celle-ci ; et les trois cinquièmes de la taille au garrot.
Une encolure trop forte indique un manque d'équilibre au détriment du train de derrière. Cependant chez les taureaux adultes la graisse peut s'accumuler dans cette partie sans que ce soit un défaut.
L'encolure grêle est un affaiblissement, une dégénérescence, chez
les laitières épaisées surtout; le garrot est alors en saillie trop prononcée.
La hauteur du garrot, relativement à la croupe, quoiqu'elle ait bien moins d'importance que chez le clieval, doit cependant être tenue en sérieuse considération.
Un garrot bas avec une croupe haute constitue un défaut d'équilibre malheureusement trop fréquent dans les pays de montagne; ce défaut a pour conséquence une poitrine moins développée et, pendant la gestation, un refoulement du veau en avant qui amène facilerrtent de la toux.
23. Dos. Cette partie devrait être large, bien musclée et longue. La largeur et la longueur se rapportent aux dimensions du thorax, la grosseur des muscles à la bonne constitution. Le dos est bien garni dans la jeunesse, il se dégarnit par l'amaigrissement et l'appauvrissement.
Quand on pince la peau sur l'épine dorsale en arrière du garrot, chez un animal phtisique, il se produit une vigoureuse flexion, et comme un affaissement du train de derrière; c'est toujours un symptôme inquiétant.
{La suite prochainement). Bieler,
Directeur des cours agricoles de Lausanne,