‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 433 sur 683 · XV. — Cullure du tobac · texte numérisé non relu

XV. — Cullure du tobac

Le iourvtnl La ppfile Gironde nous apporte des détails sur des essais de • culture du tabac qui sont faits, sous !a direction de l'adminisèralion des finances, dans plusieurs Wc-alitésde la région du Sud-Ouest. Voici cette note qu'on lira certainement avec intérêt :

« Nous apprenons que !a régie des tabacs fait procéder clans notre déj;arteiuent à des expériences très intéressantes, promettant d'ores et déjà des retraitais très importants pour le pays-.

« Ce n'est plus un mystère qu'à la Havane la qualité' des récoltes va en dn'mi- B«9Hi,t, tandis que i aug^ynentation dies prix va toujourti ciToissant, principalement dans les es èces ordinaires, qui seront bi^eniôt inabordables. Cette situation alarmante a déterminé l'administration à faire étudier à fond les procédés de la production havanaise, et à entreprendre de les appliquer en France.

« Elle a rencontré entre la Garonne et les Pyrénées des terrains saI)lonneux ressemblant entièrement à ceux qui produisent les tabacs les plus aromatiques de la Havane. La plante n'a d'ailleurs nullement besoin, ainsi qu'on estporti à le croire, d'une chaleur excessive. Aux Antilles, elle n'est cultivée qu'en hiver, saison dont la température n'est pas plus élevée que celle de l'été à Bordeaux. Notre contrée est, en conséquence, tout à fait privilégiée à cet égard.

« En 1882, malgré un temps froid et pluvieux, les essais de culture ont eu des

résultats tellement satisfaisants, ([ue radministration les fait continuer actuellement sur une grande échelle. Elle vient de distribuer à un certain nombre de planteurs de l'arrondissement de Bazas des semences de havane récoltées en 1882 à Langon, d'auties semences venant directement du pays d'origine, et enfin des graines provenant d'une hybridation artificielle du havane avec l'espèce locale. Tout permet d'espérer que la nouvelle campagne d'essais fera déhnitivemenl apprécier les tabacs récoltés dans nos sables. Traités convenablement, ils supporteront aisément la comparaison avec les provenances exotiques.

ce Nous savons qu'en même temps la régie fait expérimenter, à la manufacture de Bordeaux, les préparations spéciales auxquelles le cigare havanais doit, en grande partie, sa supériorité. La réussite de ces expériences n'est pas douteuse, puisqu'il s'agit de manipulations qui sont pratiquées à l'intérieur de salles lerm'es, et que rien n'empêche de ks pratiquer exactement dans les conditions voulues.

« Au- moment où l'agriculture est éprouvée de toutes les façons, il faut savoir gré à la régie des efforts qu'elle fente en sa faveur. On voit que le but est de trouver en France ce qu'elle achète i'ort cher à l'étranger. Elle est en voie d'y arriver, en choisissant les sols sablonneux, aujourd'hui peu productifs, où la vigne est exposée aux gelées, et où les céréales ne rapportent plus qu'un produit dérisoire. Dans ces ttfi'res légères le tabac ne donne pas non plus un fort rendement en poids; mais, par contre, il peut y acquérir les propriétés qui sont particulièrement recherchées, et qui augmenteront considérablement sa valeur.

« Si les plus estimées d'entre les variétés exotiaues peuvc^nt être implantées avec succès dans les terres sablonneuses du Sud-Ouest, à plus forte raison y fera-t-on prospérer les espèces communes importées d'Amérique, et dont la réputation décline tous les ans.

« Les départements de la Gironde, des Hautes-Pyrénées, des Landes et de Lotet-Garonne seraient ainsi appelés à lournir la majeure partie des feuilles achetées jusqu'à présent au loin, au prix d'un nombre respectable de millions. Il n'en résultera que des avantages pour tout le monde. La régie udus vendra à bon compte un meilleur cigare; elle déboursera moins pour l'achat des matières premières; et, c^u lieu de prélever une grosse part de ses bém fîces au profit des fournisseurs étrangers, elle procurera à nos campagnes une nouvelle et précieuse source de revenus.

« Nous engageons vivement nos représentants des Chambres et des Conseils généraux à encourager par tous les moyens dont ils disposent cette entreprise vraiment patriotique. »

Il est important de suivra avec attention les résultats des essais dont il est question dans la note qu'on vient de lire. Si les espéi'ances que les premières plantations ont fait naître se réalisent, il y aura là une véritable bonne fortune pour les aoriculleurs.

XVL — Les prochains concours régionaux.

Voici le relevé des déclarations adressées au ministère de l'ai^ricultare pour les trois concours régionaux de Vannes, Digne et Troves :

Produits.

Ifits.

>anncs ^03 .M ÔO 225 861 322

Di.'^nc 165 (9 40 25 295 '^21

Troyes 244 112 G7 90 1,591 C2(3

il y aura, on outre, à Vannes, 59 lots d'ostréiculture et 43 lots d'engrais. — Le concours régional de Vannes sera dirigé par M. de Lapparent, inspecteur général de l'agriculture; celui de Digne, par .M. du Peyrat, inspecteur général; celui de Troyes, par M. Vassillière, inspecteur général adjoint.

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