XVII. — Sucres et betteraves
Dans sa dernière session, le Conseil général de l'Aisne a renouvelé le vœu qu'il avait déjà formé relativement à la réforme du régime
Espèce
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Espèce
Animaux de
Machines et
bovine.
ovine.
porcine.
de basse
cour.
instruments.
tètes.
lots.
têtes.
lot».
fiscal auquel est soumise notre industrie suerière. Ce vote a été émis sur un rapport de M. Fouquet, qui a rappelé éloquemment Ja crise pénible que subit cette industrie, et qui ressort clairement lorsque l'on compare la production du sucre de betteraves en Franco et dans les autres pays. «En 1878 79, dit M. Fouquet, la France produisait 433 millions de kilogrammes de sucre, l'Autriche 405, rAllem;igne. 4"2()- en 1882-83, la France produira 410 millions de kilogrammes, l'Autriche 500, TAllemagne 850. » Le rapprochement de ces chifîres n'est-il pas suffisant?
XVITI. — Nouvelles de Vétal des récoltes.
Les notes que nos correspondants nous transmettent signalent un \ amélioration sensible dans les conditions apportées par le temps aux. travaux de la culture. M. Maxime Beauvilliers nous adresse les renseignements suivants de Marciliy-le-llayer (Aube) , à la date du 1 1 avril :
« Les froids survenus en mars dernier ont eu pour résultat favorable d'arrêter la sève des arbres fruitiers, et en cela ils sont survenus à temps. D'un autre côté, la rigueur de la tempéi^ature a retardé les ensemencements des avoines, qu'il a fallu reporter en partie dans le mois d'avril. On les achève en ce moment. On se prépare à semer les orges.
« Les seigles ne font pas une aussi belle levée que l'année dernière. Ils sont moins serrés, moins drus, moins hauts qu'en 1882 à pareille époque. Il faudra que la température s'adoucisse beaucoup, pour que, suivant le dicton, « avril ne se passe pas sans épi ». Le mois de septembre ayant été humide, au lieu d'être sec, telle est la cause pour laquelle les seigles laissent à désirer en ce moment, car, à l'automne de 1882, les seigles n'ont pu être faits dans la poussière comme cela est recommandé. »
M. Petit-Laffitte, dans la note qu'il nous envoie de Bordeaux, à la date du 8 avril, constate que le mois de mars a été, dans la Gironde, absolument défavorable aux travaux agricoles :
« Bien que le mois de février se fût montré principalement sous l'influence de l'hiver, celui de mars l'a de beaucoup dépas-é sous cette même influence ; d'abord, par une période de froids sérieux, du 5 au 14, puis parles pluies qui ont terminé sa durée. Aussi a-t-il été possible de lui adresser les mêmes reproches, sous le triple rapport des travaux à terminer, des semailles à faire et du tort causé déjà à ces irafiortantes opérations.
ce Une autre crainte, dont les appréhensions ne peuvent être encore complètement dissipées, c'est celle de l'effet qu'auront pu produire, sur la vigne taillée, les froids qui ont atteint, en macs, du 5 au 16, jusqu'à — 6 degrés. Déjà l'on avait eu, dans les sept derniers jours d-. février, du 22 au 28, des températures ayant donné une moyenne de -f 13^.7 et dont l'action et la durée avaient pu mettre tm mouvement la sève de cette plante, la disposer aux changements du printemps, et aussi l'exposer à une influence complètement opposée et d'autant plus dangereuse, des froids tardifs et relativement aigus de mars.
« Enfin, on nous permettra de rappeler, à l'appui de ce que nous disions après les dernières vendanges, touchant l'influence avantageuse que pouvaient encore procurer aux vins en provenant, Taclion du temps et des soutirages auxquels on les soumet en mars, ces paroles extraites de l'un des organes de publicité les mieux placés pour apprécier de tels résultats : « Les soutirages de mars se font « dans d'excellentes conditions et révèlent une bonification réelle de la récolte de « 1882. »
Dans le département de Lot-et-Garonne, on commence à subir la sécheresse; c'est ce que M. Leyrisson signale dans la note qu'il nous envoie de Tridon, à la date du 1 5 avril :
« Nous voici bien à bonne heure envahis par la sécheresse, et surtout par les matinées de glace qui influent désastreu-sement sur tous nos fourrages, dont le
retard produit un malaise général sur noLre bétail ; les blés d'automne jaunissent dans les terrains de médiocre qualité, et les céréales de printemps semées dans des sols excessivement tassés, demanderaient aujourd'hui quelques bonnes pluies pour bien fixer leurs racines ; toutefois, bon nombre de cultivateurs mettent à profit ce temps de sécheresse pour le sarclage des blés et l'extirpation des agrostis ou traînasses qui, cette année-ci, menacent d'envahir les vignes, conséouence de l'excessive humidité de l'année dernière, et on |)eut ajouter de l'insuffisance culturale. On réussit à merveille au moyen des raclages ou labours extrasu})erliciels. Les labours ordinaires des vignes et des champs se font bien.
« Malgré les gelées persistants, les fleurs de nos fruitiers ne sont nullement atteintes; il y en a d'épanouies. Quant aux fruits, nous en parlerons plus tard. ■»
M. Raibaud-Lange, dans la note suivante qu'il nous adresse de Paillerols (Basses-Alpes), à la date du 1 1 avril, résume les effets des gelées de mai s sur les cultures arbustives :
ce Les gelées de mars ont fait beaucoup de mal dans le Midi ; tous les fruits ont disparu. Les bourgeons de mûriers ont été gelés avant leur éclosion ; les vers à soie en souffriront; la récolte des cocons ne peut qu'être mauvaise. Avec cela, la soie baisse toujours ; la concurrence de la Chine et du Japon, où la main-d'œuvre est abondante et bon marché, nous écrase, n
La première quinzaine d'avril s'est montrée plus clémente que Iq6 ' semaines précédentes; les cultivateurs en ont profité pour poursuivre et achever les travaux qui avaient subi de longs retards. La végétation est peu avancée^ et de ce fait elle est moins sujette à souffrir des gelées printanières qui peuvent encore survenir. ■ — D'après les nouvelles que nous recevons d'Algérie, la pluie a été abondante pendant l'hiver et au commencement du printemps, de telle sorte que la oiupar', des cultures se présentent dans de bonnes conditioiis. La région des plateaux qui souffrait d'une sécheresse persistante depuis plusieurs années, a désormais assez d'eau pour avoir des pâturages plantureux et des récoltes abondantes; les troupeaux pourront être reconstitués^ au moins en pirtie. J.-A. Bakral.
Séance du 18 avi^U 1883. — Présidence de M. Dam.a'i.
M. Sacc, correspondant, envoie de Buenos-Ayres, le récit de ses voyages en Amérique, de 1876 à 1882, et une note sur la sécheresse qui désole la République argentine.
M. Aureggio, vétérinaire militaire, fait hommage d'une étude sur les affections farcino-morveuses du cheval et de l'homme, suivie de l'historique d'une épizoot'ie de morve.
AL Barrai présente le deuxième volume des notions d" agriculture et dlwriiculture à l'usage des école primaires, rédigées avec M. Henry Sagnier, et publiées à la librairie Hachette. Il présente aussi le volume qu'il vient de publier sur la lutte contre le phylloxéra.
iM. d'Esterno demande à la Société, au nom de le Section d'économie, de statistique et de législation agricoles, d'émettre le vœu suivant : que iM. le ministre de l'agriculture veuille bien s'entendre avec son collègue, M. le ministre de la Justice, pour faire connaître quelle application a reçue, depuis la circulaire du 23 mars 1875, la loi du 27 juillet 1867 relative à la répression des fraudes eu matière d'engrais. Ce vœu est adopté.
M. d'Esterno, abordant la question du crédit agricole, demande à la Société de renouveler le vœu qu'elle a précédemment émis en faveur
de la liberté du cheptel. — Renvoi à la Section d'économie, de statistique et de législation agricoles.
M. Mille fait une communication sur les résultats acquis à Gennevilliers par l'emploi des eaux d'égout en irrigation. 11 fait connaître que 100,000 mètres cubes de ces eaux sont employés aujourd'hui pour arroser 550 hv'clares, et que les denrées produites sont d'excellente qualité, depuis les légumes jusqu'au lait des vaclies nourries avec les fourrages provenant de ces irrigations. M. Mille donne aussi des détails sur les produits multiples que l'industrie peut ùrer des dépôts qui se forment dans les réservoirs où l'on fait reposer les eaux.
La Société se forme en comité secret. Henry Sagnier.