LE SYNDICAT D'ISSOUDUN-SAINT-GEORGES (INDRE
Au commencement de 1881, M. Hirault, vétérinaire, trésorier du Comice agricole d'Issoudun, propriétaire d'une vigne de dix hectares, aux Barreaux, près Issoudun, commune de Stain-Georges (Indre), constatait sur un point de sa vigne, déjà faible l'année précédente, un très mauvais départ de végétation.
En juillet, la situation était plus grave; sur la première tache, les ceps étaient morts ou mourants et, sous les vents d'ouest, sur une étendue d'un hectare environ, les sarments, bien que d'assez bonne vigueur et portant des fruits, étaient couverts de feuilles jaunes.
Effrayé des caractères piiylloxériques qui se révélaient, M. Hirault invita M. Wroblewski, professeur de chimie au collège, et M. C. Louet, fabricant, membre du Comité de vigilance contre le phylloxéra, à se rendre à la vigne des Barreaux ; ces messieurs acquirent bientôt la conviction que les racines étaient couvertes de phylloxéras.
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M. Hirault fit immédiatement sa déclaration à l'autorité et réclama le traitement administratif.
M. Thimel, délégué départemental, fut envoyé sur les lieux ; il constata que non seulement les points apparents étaient phylloxérés, mais que tout le clos était envahi et que l'invasion remontait à trois ou quatre ans.
Au mois d'octobre, M. Gouanon, délégué régional au ministère de l'agriculture, chargé d'examiner les vignes des Barreaux, ne put qui constater l'existence de l'insecte et la gravité du mal et engagea le propriétaire à se défendre, soit à ses frais, soit avec le concours d'un syndicat qui lui permît d'obtenir une subvention de l'Etat. M. le délégué régional développa les conditions et les avantages des associations syndicales.
M. Hirault déclara qu'il était prêt à faire partie d'un syndicat, comme propriétaire, et MM. A. Louet et G. Louet, fabricants, offrirent d'entrer dans le syndicat comme donateurs.
Le noyau était formé, il s'agissait de l'agrandir. Après des démarches nombreuses , mais infructueuses, MM. Hirault, A. Louet et G. Louet se retrouvèrent seuls ; mais en présence de la nécessité absolue d'organiser la défense des vignes dans l'arrondissement d'Issoudun et de prêcher par l'exemple et rexpérimentation, ils résolurent de former le syndicat à eux trois.
Le syndicat fut constitué sous le nom de syndicat d'Issoudun-Saint-Greorges et approuvé par l'administration.
M. Hirault s'engageait à prendre à sa charge un tiers des frais de traitement avec obligation d'appliquer une fumure convenable, et MM. A. Louet et G. Louet prenaient à leur charge les deux autres tiers de la dépense.
Le syndicat adressa une demande de subvention à U Gommission supérieure du phylloxéra. Elle fut favorablement accueiilia et une subvention de 100 tr. par hectare fut attribuée au syndicat d'Issoudun-Saint-Georges.
Geux qui le composaient décla'-èreat par la voie des journaux qu'il était ouvert à tous les adhérents qui se présenteraient et firent appel aux dons en argent et en nature.
M. A. Petit, d'Issoudun, pharmacien à Paris, entra alors dans le syndicat au même titre que MM. Louet, ce qui porta à quatre le nombre des syndiqués. La souscription publique ne comprit qu'un très petit nombre de souscripteurs, parmi lesquels figuraient le Gomice agricole et la Société vii^neronne d'Issoudun. Sur ces entrefaites, une nouvelle tache phylloxérique ayant été signalée à l'autorité et constatée par deux commissions no nmées à cette effet, les menbres du syndicat d'Issoudun-Saint-Georges offrirent au propriétaire de traiter sa vigne, mais il refusa.
La même proposition fut faite aux propriétaires des vignes attenantes à celle de M. Hirault ; un seul, M. Tillier, accepta et sa vigne fut traitée en même temps que celle de M. Hirault.
Notre programme pour le traitement de la vigne des Barreaux était ainsi conçu :
Emploi du sulfure de carbone, à raison de 22 à 24 grammes par mètre carré,
le travail se faisant sous la surveillance du moniteur ordinaire du département ;
Traitement réitéré à six jours d'intervalle, sur le point où s'était révélée la
première tache, à la dose de 5 gramines par chaque injection;
Traitement simple sur le restant de la vigne, a raison de 8 grammes de sulfure par injection sur la vigne plantée à 1'". iiO entre rangs et 10 grammes sur celle plantée à 2 mètres entre rangs.
Mais ayant trouvé que fi trous étaient insuffisants pour la vigne plantée à 2 mètres entre rangs, nous écrivîmes à ce sujet à la Gompagnie Paris-Lyon- Méditerranée, qui eut la gracieuseté de nous envoyer un de ses moniteurs, M. Isaac, avec lequel il fut résolu qu'un cinquième trou était nécessaire dans la plate- bande de 2 mètres entre rangs et qu'on ramènerait la dose à 9 grammes par trou, au lieu de 10, d'où il résulte que la dose de sulfure de carbone, employée à l'hectare, a été de 2k0 kilog. pour la vigne à l™.3û entre rangs — 225 kilog. pour celle à 2 mètres entre rangs — et 300 kilog. pour le traitement réitéré.
Le sol de la vigne des Barreaux est formé de calcaire léger sur le plateau, la pierre dure est à O'^.ib environ de profondeur : ce qui rend le sol réfractaire aux racines qui ne peuvent s'étaler que dans les couches supérieures. Sur les pentes, notamment au levant, le sol est assez profond, mais compact dans les couches inférieures, où les racines ne pénètrent pas au-dessous de 0'". 25.