‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 487 sur 683 · C. Leroux. Bazin aîné. • J. Lecat · texte numérisé non relu

C. Leroux. Bazin aîné. • J. Lecat

La question de la réforme fiscale s'impose aujourd liui, d une manière inéluctable; il faut la résoudre, si l'on veut que la sucrerie française retrouve la prospérité dont elle a joui pendant longtemps.

VIL — Le phylloxéra.

La Section permanente de la Commission supérieure du phylloxéra s'est réunie le 27 avril, sous la présidence de M. Dumas. Elle a d'abord décidé que l'introduction des vignes américaines dans l'île d'Oléron sérail autorisée, mais à la condition que les importateurs désinfecte- . raient les plants et boutures introduits dans l'île. Elle a donné un avis favorable à des traitements administratifs de taches phylîoxériques dans 11 communes du département du Jura : Beaufort, Césancy, Orbagna, Vercia, Névy-sur-Seiile, Thonarette, Nanc, S dnt- Jean-d'Etreux, Villechantria, Périgny et Goubièges; sur 6 hectares dans les communes de Moaastieret de Chirac (Lozère); à Beaumont (Haute-' Loire), et sur 4 hectares à Cangey (Indre-et-Loire). Elle a ensuite décidé que des subventions pourraient être accordées à des syndicats comme il suit ; Aveyron, un syndicat à Saint-Aubin, comptant 1 20 propriétaires pour traiter 90 hectares par le sulfure de carbone ;

Ain, un syndicat à Rossillon, comptant 19 propriétaires pour traiter 7 hectares ; — Charente-Inférieure , un syndicat à Saint-Germain du- Seudre, comptant 14 propriétaires pour traiter 10 hectares; — Coled'Or^ deux syndicats à Norges-le-Haut et à Pulligny-Montrachet, comptant ensemble 34 propriétaires pour traiter 8G hectares; — Dordogne, un syndicat à Bergerac, comptant 35 propriétaires pour traiter 240 hectares par le sulfure de carbone et le sulfocarbonate ; — Drôme^ un syndicat à Larnaye, comptant 13 propriétaires pour traiter 6 hectares ; — Gard, un syndicat à Margueritte, comptant 3 propriétaires pour traiter 4 hectares ; — Gers, 3 syndicats de recherclies à Saint- Puy, Gimont et Montfort, pour 374 hectares; — Haute- Garonne^ 4 syndicats de recherches à Noé, Muret, Léguevin et Martres, comptant 309 propriétaires pour 1 ,525 hectares ; — Gironde^ un syndicat à Saint-Estèphe, comptant 4 propriétaires pour traiter 8 hectares par le sulfure de carbone et le sulfocarbonate; — Lot, un syndicat à Albas, comptant 3 propriétaires pour traiter 16 hectares; — Rhône, deux syndicats i Ancy et à Sainte-Colombe, comptant 1 5 propriétaires pour traiter 10 hectares ; — Saône- et- Loire, un syndicat à la Vineuse, comptant 44 propriétaires pour traiter 5 hectares ; — Tarn et-Garonne, un syndicat aux Dunes, comptant 10 propriétaires pour traiter 45 hectares. On voit que la plupart des associations syndicales ont toujours recours à l'emploi du sulfure de carbone. — M. Tisserand, directeur de l'agriculture, a donné connaissance de deux rapports des consuls français sur la situation en Crimée et en Italie. En Crimée, les taches phylloxériques sont traitées par le sulfure de carbone à dose d'extinction, suivant les procédés préconisés par M. Victor Fatio et adoptés en Suisse depuis plusieurs années. — En Italie, les taches phylloxériques sont disséminées dans plusieurs provinces ; mais elles n'ont qu'une étendue restreinte; elles n'atteignent pas plus d'une cimtaine d'hectares ; le fléau n'a donc pas exercé une action réelle sur la production italienne; on y compte, en effet, aujourd'hui près de 2 millions d'hectares de vignes qui ont donné 30 millions d'hectolitres de vin en 1882. Dans une note qu'il vient de nous adresser, M. le D"^ Cramoisy, pharmacien, frappé des ressemblances qui existent entre le phylloxéra de la vigne et le puceron lanigère du pommier, propose d'employer contre le phylloxéra, surtout pour assurer la destruction de l'œuf d'hiver, une dissolution d'acide pyroligneux qui lui a donné d'excellents résultats contre le puceron lanigère. On l'emploierait en en badigeonnant toutes les parties extérieures du cep, et en la versant dans des cuvettes creusées au pied des vignes, en vue de détruire les insectes souterrains. Voici le mélange qu'il préconise : acide pyroligneux rectifié à 7 ou 8 degrés, un litre; acide salycilique, 2 grammes; oxyde rouge de mercure, 1 gramme : fuschine, 0^^25. Il serait employé pur pour badigeonner les ceps pendant l'hiver, et dilué dans l'eau au 30* ou au 20** pour les arrosages dans les cuvettes au pied des vignes.

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