‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 491 sur 683 · XIV. — Nouvelles de l'étal des récoltes · texte numérisé non relu

XIV. — Nouvelles de l'étal des récoltes

Les notes que nos correspondants nous envoient signalent généralement un état assez satisfaisant pour la plupart des cultures. C'est ce qui ressort notamment de la note que M. Boncenne fils nous envoie de Fontenay-le-Comte (Vendée), à la date du 29 avril :

« Le mois de mars a été humide et froid dans nos contrées ; les gelées blanches ont grillé les luzernes et retardé la pousse des prairies. Au commencemen d'avril, les pluies ont cessé, et la température est devenue plus chaude, mais à partir du 10, l'air s'es.t de nouveau refroidi, un vent sec a soufflé pendant plusieurs jours et la végétation s'est encore une fois ralentie.

« Enfin le 18, un orage a éclaté vers 9 heures du soir et a versé sur nos campagnes une pluie bienfaisante.

« Nos semis de betteraves ont pu se faire dans de bonnes conditions, et les céréales de printemps, dont l'aspect était jusqu'ici peu satisfaisant, ont repris une nouvelle vigueur. On compte peu sur les colzas qui sont maigres et ne donneront qu'un faible produit; quant aux blés d'hiver, ils sont généralement beaux; le temps doux qui règne en ce moment favorise le tallage, et nous pourrons encore, malgré le déficit qui existe, cette année, dans les ensemencements, conserver l'espoir d'une assez bonne récolte.

« Le 25, une gelée blanche a légèrement atteint quelques vignes et quelques champs de pommes de terre; mnis si la lune rousse se passe sans autre accident, nous en serons quittes à bon marché.

a La période que nous traversons actuellement est la plus critique, et les phénomènes contraires à la végétation qui se sont produits trop généralement durant les années antérieures, ont été la cause principale de la faiblesse des récoltes. Nos cultivateurs sont donc sur le qui-vive; mais il n'y a rien jusqu'à présent de sérieusement compromis. »

Dans le département de l'Allier, on a souffert de la prolongation de l'hiver, ainsi que le constate M. Nebout, dans la note suivante qu'il nous adresse d'Arfeuilles, à la date du 24 avril :

« Si bs mois qui sont dits d'hiver et des frimas, ont été doux et humides, en revanche, ceux dits du printemps, nous ont donné la neige et les frimas des premiers, car dans les montagnes de no s parages, jamais l'on avait vu le sol recouvert d'une telle épaisseur de neige, à un tel point que les pauvres lièvres se laissaient prendre à coups de trique, et les habitants d3 ces parages ont été séquestrés près d'un mois ; ce malheureux temps nous a fait, et surtout dans ces locaUtés, des hécatombes de victimes de pauvres agneaux qui, étaient cependant

avant bien beaux; mais les pauvres mères brebis étant séquestrées à la bergerie, ne recevant la plupart du temps qu'un peu d^ paille pour nourriture, leurs mamelles ayant tari, bon gré mal gré, le pauvre petit a dû périr. Là où le sol est moins élevé et le climat un peu plus doux, la neige nous a pris le 6 mars et nous a quittés le 18, mais depuis nous avons eu un temps sec et des gelées arides, qui ont annulé nos primeurs, fait un tort considérable aux seigles en les em|)êchant de taller, car plusieurs champs auront bien de la peine de rendre leurs semences. Jamais on ne les a vu taire si triste figure à cette époque de la saison ainsi que les emblavures de printemps; seuls les froments donnent de bonnes espérances.

« Malgré le retard excessif de la végétation, nos arbres fruitiers se couvrent peu à peu d'un beau manteau de fleurs, nos vignes ont à peine gonflé leurs bouigeons, cependant la gelée d'hier en a grillé quelques-uns; les fleurs des arbies fruitiers n'ont pas encore pris de mal pour le moment.

« Nos prairies naturelles et artificielles ont encore peu pouss'é et cela se comprend avec une pareille température; et malgré cela les bestiaux d'embouche sont hors de prix, ainsi que les moutons; seuls les cochons sont délai>sés. Par suite de la mauvaise qualité des fourrages d*- l'année dernière, les bouviers se

f)laignent que leurs animaux sont plus ou moins atteints d'une toux sèche et ont e cuir échauffé. Le régime vert auquel ils vont être bientôt soumis remédiera à tous les maux. »

Sans être absolument satisfaisante, la situation générale peut être con idérée comme assez bonne. La plupart des travaux en retard ont été exeiutés dans des conditions assez favorables; on a fait sans encombre les semailles de printemps, ainsi que les travaux des vignes. Les blés d'hiver se présentent ^Généralement bien ; mais on ne peut pas en dire autant des seigles, qui trop souvent sont chétifs et ont une épiaison précaire. Quant aux plantes fourragères, elles se sont développées lentement. J.-A. Barral,

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