‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 498 sur 683 · LA SITUATION AGRICOLE EN NORMANDIE · texte numérisé non relu

LA SITUATION AGRICOLE EN NORMANDIE

Saint-Aubin-de-SceUon (Eure), 2j avril 1883.

J'ai parcouru depuis deux jours de grandes étendues de plaines, et voici ce que j'ai constaté :

Les colzas, très fortement atteints par l'humidité et par ces dernières gelées, viennent d'être tout à coup envahis par des myriades de pucerons qui vont finir de les étioler complètement.

Il n'est plus permis de se faire la moindre illusion sur leur rendement. De l'avis de tous, il ne parviendra pas toujours à couvrir les frais de main-d'œuvre, encore moins à payer la rente de la terre.

J'ai remarqué de bons blés sur les plateaux, mais d'autres, en plus grand nombre^ très inférieurs dans les vallées où les terres, durcies par les haies qui ont succédé aux pluies, ne paraissent pas capables de laisser à la plante la possibilité de taller d'une manière satisfaisante.

C'est avec surprise, je dirai avec peine, que je ne vois pas ici, au printemps, l'usage du hersage des céréales et des légumineuses, plus généralement répandu. Quelques cultivateurs, qui en ont fait l'essai et reconnu les bons effets, se gardent bien de le négliger; mais c'est le petit nombre, et ils ne trouvent que de craintifs imitateurs.

11 faut, cependant, bien noter ceci, c'est que plus l'emblavure paraît faible après l'hiver, plus il est nécessaire de la soumettre à un hersage énergique qui très souvent ne demande que quelques jours pour produire les meilleurs effets, et pour remplacer par une splendide végétation un étiolement qui ne pouvait faire présager qu'une récolte défectueuse avec addition de plantes adventices de la plus mauvaise nature.

Comme bien des lettres que j'ai l'honneur de posséder me prouvent que vos lecteurs ont trouvé quelquefois avantage à suivre mes con-

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