LA GONSOUDE RUGUEUSE DU CAUCASE
Je suis toujours très satisfait de la consoude du Caucase. Cette précieuse plante fourragère a été deux fois couverte par les eaux dans le courant de l'hiver et a parfaitement résisté à la submersion. Elle donne en ce moment sa première coupe.
Les chevaux, les vaches et les moutons mangent avec avidité la consoude verte. Je ne l'ai pas employée en sec, mais il paraît que les tiges et les feuilles une fois sèches et réunies en bottes se conservent indéfiniment.
C'est principalement en été que les Anglais donnent la consoude aux chevauxr tenua à l'écurie, ils sont très friands de cette nourriture qui les engraisse et les rafraîchit. La ration, pour un cheval, est d'environ 4 kih)g. par jour. On a aussi remarqué, dans plusieurs étables, particulièrement dans la mienne, que les vaches nourries avec cette plante, donnaient un lait meilleur et plus abondant. E. Boncenne fils,
A Fontenay-le-Comte (Vendée)
Périgueux, le 12 avril 1883.
Notre Société départementale d'agriculture de la Dordogne est, depuis quelque
temps, bien éprouvée par le sort. La mort moissonne largement chez ede, plus
heureuse que les propriétaires dans leurs cb.ira[)S. Après nous avoir enlevé succes-
sivemeut deux de nos vices-présidents, MM. Durand de Gorbiac, lauréat de la
prime d'honneur régionale en 1864 et M. le marquis de Campagne qui aurait pu, sans crainte, aspirer à l'être à son tour ; elle en a frappé brusquement un troisième, M. le marquis de Malet, qui se trouvait à la tête de sa section nontronaisc comme les deux autres l'étaient, le premier, dans l'arrondissement de Bergerac, le second dans celui de Sarlat. MM. Durand de Gorbiac et de Campagne ont été remplacés par voie "d'élection, depuis plusieurs mois déjà. Le poste de l'un est rempli maintenant par M. Camille Gouzot, d'un de nos praticiens les plus distingués, celui de l'autre est actuellement occupé par M. du Périer de Larsan, préssidentdu Comice de Sarlat. Le successeur de M. de Malet est encore à nommer, et le vide que laisse après lui l'honorable défunt, homme actif, intelligent, riche, influent à bon droit, véritable restaurateur agricole de son pays, sera difficile à combler.
Ces pertes si cruelles ne sont pas les seules que nous ayons à déplorer. Nous avons en outre perdu depuis quelques mois à peine M. Loubignac, l'un de nos anciens, longtemps maire du chef-lieu de canton de Saint-Pierre, M. l'abbé Coœbrouse, curé-doyen deCarlux, homme de zèle et de bien, etM.le D' Veyssière auquel le comice de Vergt doit sa résurrection, fondateur des prix d'encouragement au marnage, aimé, respecté de tous et qui, par testament, a laissé une rente destinée à venir au secours des cultivateurs nécessiteux du canton qu'il habitait.
Malgré tout notre vaillante corporation ne faiblit pas. Elle est toujours sur la brèche et, grâce à elle, le progrès continue victorieusement à s'affirmer dans nos campagnes. Elle vient d'instituer un concours annuel de trufficulture, lequel a donné lieu dans le courant de janvier dernier à une lutte sérieuse sur différents points du département. L'élan est donné sous ce rapport et la province qui fournit et fournira toujours les truffes les meilleures connues est en voie d'en produire des
3uantités de plus en plus grandes. Cette année, sans compter celles entrant ans la confection des pâtés et des conserves dont il se fait à JPérigueux un commerce des plus considérables, il en est parti de cette ville seule, en nature, à destination de difierents points, non seulement de France et d'Europe, mais du monde entier, pour une valeur de trois millions de francs environ. Sarlat aussi en a grandement approvisionné le commerce. Nos viticulteurs des coteaux calcaires trouvent ainsi quelque compensation aux pertes énormes que leur causent le phylloxéra et les diverses maladies aifligeant la vigne et dont le nombre se multiplie de jour en jour.
La production de la truffe n'est pas la seule flèche que nos vignerons mettent à leur arc pour tâcher de remédier à la situation fâcheuse qui leur est faite par les circonstances. Les uns, dans les terrains les plus secs, plantent des genévriers dont le fruit est maintenant de plus en plus recherché pour faire des boissons fermeniées économiques, et se paie jusqu'à 20 fr. le sac, d'autres distillentles topinambours, bon nombre recourent aux cépages américains, en faveur desquels une vaste pépinière vient d'être créée aux portes de Périgueux par les soins du Conseil général et au moyen d'une subvention de l'Etat, plusieurs enfin, réunis en syndicats ou bien isolés, emploient les insecticides non sans succès. Partout on travaille avec courage et persévérance. Puisse-t-on atteindre le succès!
D'un autre côté nos engraisseurs redoublent d'efforts et arrivent à des résultats forts 1 emarquables, tout en ayant le tort de négliger un peu trop l'occasion de montrer leur valeur et leur incontestable mérite dans les concours de bestiaux gras, ou quelques-uns d'entre eux, à peine, font des envois, mais non sans réussir ainsi que l'ont prouvé les concours de Limoges, on les bêtes à cornes mdigènes ont battu complètement et haut la main les durhams et leurs dérivés, du Dorât, de Bcrdeaux, et de Paris II est admis en principe que le tournoi de ce genre qui chaque année a lieu à Périgueux deviendra dès l'année'prochaine régional. L'amourpropre de nos compatriotes, on l'espère, sera très heureusement stimulé par cette institution.
Comme partout, d'ailleurs, plus qu'ailleurs peut-être, les circonstances atmosphériques ne nous ont pas favorisés depuis près d'un an. Des orages affreux, de longues pluies qui nous ont copieusement abreuvés de juillet à la fin du mois dernier ont grandement nui tant aux récoltes qu'à la préparation des champs. Mars s'est signalé par un froid extraordinaire à cette époque de l'année dans nos contrées et auquel a succédé une humidité nouvelle, remplacée maintenant par un vent sec et glacial du Nord qui retarde toute végétation, et dont souffre le bétail, tandis que les rigueurs du mois dernier ont détruit nos primeurs. Mais nos jardiniers ne désespèrent pas. Lturart est, dans laDordogne, en progrès marqué, de telle sorte que l'norticulture périgourdine est au premier rang de celle du sud-ouest, comme l'a
prouvé l'automne dernier la grande exposition bordelaise, où notre Société départementale d'horticulture a vaincu ses rivaux avec une incontestable supériorité par ses collections de fruits, melons et légumes. L. de Lamotiie.