‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 555 sur 683 · LORD VERNON · texte numérisé non relu

LORD VERNON

Mon cher directeur, vous avez annoncé dans le dernier numéro du Journal de r agriculture, la nouvelle de la mort de lord Vernon, Permettez-moi de vous envoyer une petite note sur cette personnalité qui s'était acquise tant de droits aux sympathies de la France.

Lord Vernon, comme vous le savez, a été l'un des promoteurs les plus actifs du Comité de secours qui s'est formé en Angleterre, immédiatement après la guerre de 1870-71. Grâce à ses efforts, nos agriculteurs, plongés à cette époque dans une détresse affreuse, privés de ressources pour se remettre à l'œuvre dans leurs champs dévastés, ont reçu des semences, des vivres, des outils, en un mot la plupart des choses les plus indispensables pour commencer à réparer leurs désastres. Si beaucoup d'entre eux ont échappé à la ruine et au désespoir, c'est au Comité de secours dont lord Vernon faisait partie, qu ils en sont redevables.

En passant, je rappellerai aussi la noble conduite de lord Vernon lors de la visite que lit, en 1871 , la troupe du Théâtre-Français à Londres. Quand nos artistes allaient donner une série de représentations chez nos voisins, afin de réparer les pertes subies par notre première scène lyrique, ils rencontrèrent dans lord Vernon le plus généreux, le plus délicat des protecteurs. Entraînée par lui, toute la noblesse anglaise s'empressa de s'inscrire sur la liste des abonnements, et de venir applaudir nos chefs-d'œuvre classiques et leurs incomparables interprètes. Dans un banquet mémorable, présidé par lord Vernon, et oi^i l'on vit pour la première fois toutes les illustrations de l'aristocratie d'Angleterre s'asseoir aux côtés de nos illustrations dramatiques, celui-ci, dans un discours en français le plus pur, rendit à la France, aux efforts héroïques qu'elle venait de faire dans une lutte inégale, à son histoire, à. sa littérature, à ses vaillants artistes, un hommage dont nous autres Français nous devons lui être reconnaissants.

Cet homme de bien, cet ami de la France, vient de mourir subitement avant l'âge. Ses funérailles ont eu lieu le 5 mai dernier, à Sudbury, dans le comté de Derby, en présence de sa famille, du duc de Westminster, de lord Edward Cavendish, du colonel Kingscote, de M. G. B. Pitman, de M. Jenkins, secrétaire de la Société royale d'agriculture d'Angleterre, et de ses nombreux tenanciers qui perdent en lui un guide et un ami difficile à remplacer, J. LwEiiRiiiRE. •

Séance du 16 mai 1883. — Présidence de M. Dumas,

M. le secrétaire perpétuel annonce la mort de M. le comte d'Esterno, membre associé national, et celle de M. Duprat, un des plus anciens correspondants de la Société.

M. Ch. Whitehead envoie une note sur la maladie du houblon, en Angleterre, en 1882; — M. Auieggio, une étude siir les affections farcino-raorveuses du cheval et de l'homme ; — M. le colonel Basserie, une nouvelle édition de son étude sur le drainage des écuries; — M. de Préaudau, des observations sur les cours d'eau et la pluie, en 1881, dans le bassin de la Seine; — M. le ministre de l'agriculture le 2* fascicule pour 1683 du Bulletin de son ministère, consacré aux questions forestières.

M. Heuzé appelle l'attention de la Société sur les falsifications des graines de luzerne avec de la graine de luzerne annuelle de l'Amérique méridionale, provenant du nettoiement des laines de Buenos-Ayres et de Montevideo. Cette falsification, signalée à nos lecteurs, doit être connue des agriculteurs, pour qu'ils se tiennent en garde. En effet, il arrive que, lorsque ces graines sont mélangées à de la graine de luzerne indi<iène, il y a rapidement, dans les luzern»ères ainsi créées, des manques d'autant plus considérables que la proportion de graines de luzerne d'Amérique, connue sous le nom de luzerne de Chili, est plus forte. Ces manques se font sentir dès la deuxième coupe de la première année, et ils sont tout à fait manifestes à la deuxième année de la luzernière.

M. Blanchard fait connaître que les myriapodes renvoyés à son examen comme attaquant les semailles de haricots, appartiennent au genre Blaniulus guUulalus, connu jusqu'ici pour les ravages qu'il exerce sur les fraisiers. Le meilleur procédé de destruction lui paraît être l'incinération.

M. de Relz donne des détails sur les éducations de vers à soie qui marchent lentement; mais les conditions météorologiques actuelles sont favorables à la végétation des mûriers et à la marche régulière des éducations.

M. Barbie du Bocage donne lecture d'une note relative à l'influence des bois sur la culture des terres arables; il insiste sur les avantages que des reboisements bien exécutés présenteraient pour la régularité des récoltes dans les contrées reboisées.

Sur la proposition de M. Bouquet de la Grye, la Société déclare la vacance pour une place de correspondant étranger dans la Section de sylviculture. Henry Sagnier.

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