‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 554 sur 683 · JURISPRUDENCE RURALE · texte numérisé non relu

JURISPRUDENCE RURALE

On nous pose les questions suivantes :

Œ Un chemin rural, dit cul-de-sac, n'ayant pour but que le desservissement des champs dune même propriété dans laquelle il est enclavé sur toute sa longueur, peut-il 'être considéré par le propriétaire comme lui appartenant, quels que puissent avoir été ses aboutissants et services antérieurs? Ou, au contraire, ce chemin peut-il être revendiqué par la commune?

« La jouissance des fruits, ou l'écornage des arbres plantés sur une propriété communale , peuvent-ils être des titres sulfisants à la possession des arbres euxmêmes par ceux qui ont joui de ces avantages depuis longues années par tolérance ou incurie? »

Voici notre réponse :

I. — Un chemin qui n'a d'autre but que de desservir les champs d'une ou plusieurs propriétés particulières, est, en l'absence de titre présumé, censé faire partie de cette propriété; mais ce n'est qu'une présomption pouvant être combattue par la preuve contraire, et le chemin^ possédant la qualité de chemin rural, qui vient à être enclavé entre une ou plusieurs propriétés particulières, et qui cesse ainsi d'être utile à tous, ne devient pa&, par ce fait, la propriété des riverains (voir la loi du 20 août 1881 , art. 33 et 17). Ces derniers, toutefois, ont pu l'acquérir, notamment par prescription. A la différence des chemins vicinaux, en effet, les chemins ruraux, jusqu'à la loi du 20 août 1881, étaient déclarés prescriptibles par la jurisprudence (Cass., 3 juillet 1850, D. 1850, I, 178), et encore l'imjDrescriptibilité ne porte-t-elle aujourd'hui que sur ceux-là qui ont été l'objet d'un arrêté de reconnaissance pris par la Commission départementale (loi du 20 août 1881, art. 6). Si donc les propriétaires riverains ont traité ce chemin comme leur bien personnel, l'entretenant à leurs frais et en disposant à leur gré pendant trente années, sans contrôle ni réclamamations de la commune, celle-ci n'a plus aucune prétention à élever sur sa propriété.

IL — La possession des arbres plantés sur une propriété communale, et caractérisée par leur écornage et la jouissance des fruits, peut également conduire à la prescription; la jurisprudence s'est prononcée en ce sens à maintes reprises, et elle accorde couramment aux possesseurs Ips actions possessoires ; peu importerait même que le sol sur lesquels les arbres sont plantés tût imprescriptible (Cass., 23déc. 1861. Dalîoz, 18G2, I, 129 et les renvois). 11 y a plus : pour les arbres plantés sur les chemins vicinaux, biens communaux imprescriptibles, la présomption de propriété est en faveur des riverains, et, en cas de contestation, ce serait à la commune à justifier qu'elle en a acquis la propriété par titre ou possession (voir décret du 9 nivôse an XUJ, art. 3).

Eug. POUILLET, avocat à la Cour de Paris.

IV. Prime d'honneur. — L'arrêté ministériel du l^» septembre 1882 portait, à l'article 2, que des prix et une prime d'honneur seraient décernés aux agriculteurs de la circonscription otientale d« la province dOran, dont les exploitations en seraient jugéc'^ dignes après la visite d'une Commission spéciale.

Cette circonscription comprend les communes de plein exercice d'AïQ-Boudinar, Aïn-Nouissy, Aïn-Tedelès, Blad Taouria, Bouguirat, la Stidia, Mazagran, Mos-

taganem, Pelissier, Pont-du-Glieliff, Relizane, Rivoli, Sourk-el-Mitou, Tounin, Tiaret, Mascara, Suïola, Palik^iq, et les comiaunes mixtes de Mascara, Gassaigne, Saïda, Inkennann, Relizane, Zeramorah.

On ne saurait croire comme les petites causes peuvent avoir de grands effets, vérité dont, nous trouvons une nouvelle preuve dans ce fait que la détermination de la circonscription que nous venons de décrire, a failli avoir des conséquences malheureuses pour l'issue du concours qui vient de prendre fin.

Depuis longtemps déjà les agriculteurs de notre arrondissement et de l'ouest du département d'Oran, sentant que Rel-Abbès renfermait le mieux toutes les conditions nécessaires au succès d'un concours régional : centre agricole des plus importants, forte population européenne, culture très développée, et surtout voie lerrée, s'étaient préparés en vue de concourir pour les prix de spécialités.

L'arrêté ministériel, en détruisant ces espérances, a, pour un moment au moins, arrêté l'élan spontané de nos populations, et nous avons du employer toute notre influence pour détruire les mauvais effets qu'il avait produits. C'est au point, il faut le dire, que Temoucheu crut devoir refuser sa coopération à la municipalité de Bel-Abbès qui la loi demandait, en s'appuyant uniquement sur le fait de l'élimination de la région de l'ouest, du concours ouvert pour la prime d'honneur.

Cette décision a non seulement déçu les colons de notre territoire, mais elle a, du rnême coup et pour les mêmes raisons, surpris ceux de la circonscription orientale qui, n'ayant aucun motif de penser qu'ils seraient appelés à concourir, ne s'étaient pas préparés à la lutte. C'est ce que constate le rapport qui se plaint du petit nombre de candidats, alors que la Commission a eu l'occasion de visiter sur son passage, dans chaque arrondissement, d'autres propriétés où elle a remarqué de belles cultures et d'importantes améliorations agricoles qui auraient parfaitement pu être présentées à son examen.

Cet état de choses a d'ailleurs éié l'objet de protestations, dès le début, de la part du Comice et du conseil municipal de Bel-Abbès ainsi que du Comice agricole d'Oran, mais pour la haute administration de l'agriculture le roulement établi lors de la création des concours régionaux en Algérie désignait le territoire de Mostaganem pour cette solennité en 1883, et si notre ville en a été le siège, c'est que plus que tout autre elle ofirait un accès facile, que seule elle était desservie par une voie ferrée, et qu'aucun centre ne remplissait ces conditions dans la circonscription orientale.

Nous regrettons d'autant plus cette solution, que les mêmes difficultés devront se présenter aux organisateurs du concours régional de 1836, époque à laquelle la prime d'honneur sera lorcément décernée aux cultivateurs de l'ouest du département d'Oran, tandis que l'exposition elle-même se tiendra dans une des villes de l'est.

Quoi qu'il en soit, la circonscription orientale comprend les deux arrondissements administratifs de Mostaganem et de Mascara ; si nous nous reportons à l'arrêté ministériel du 10 mai 1880, qui dit que la circonscription du concours la prime d'honneur de cette époque embrassait le territoire compris entre la Méditerranée et une ligne partant de l'embouchure de la Tafna, englobant la plaine de la Nléta, passant par le Tlélat pour suivre ensuite la limite méridionale des communes mixtes traversées par le chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée jusqu'à la limite d'Alger, nous en concluons que la circonscription occidentale, appelée à concourir en 1886, comprendra les arrondissements de Tlemcen et de Bel-Abbès ainsi que la partie du territoire d'Oran où se trouve la ville d'A'in- Temouchent.

Cette division de l'Algérie en neuf circonscriptions pour la prime d'honneur, dont trois par département, est encore trop récente pour que chacun de nous n'hésite pas à remplir un devoir en signalant les moyens de l'améliorer. Nous rappellerons pour notre compte que les deux modes mis en avant pour atteindre le but offrent tour à tour des avantages et des inconvénients, car si l'on se borne à couper le département, en trois, par des limites à peu près perpendiculaires à la mer, on obtient un bon résultat au point de vue de la topographie naturellement indiquée par la direction de nos cours d'eau, mais on mélange les diverses cultures qui caractérisent successivement les divers territoires qui de la mer s'élèvent par gradins jusqu'aux hauts plateaux, tandis que si l'on établit ces trois régions parallèlement an littoral on tient un compte bien plus grand de la nature du sol, des procédé-s de culture et d'élevage, toutes considérations qui placent les exposants dans des conditions égales pour l'obtention de la prime d'honneur.

^i66 CONCOURS RÉGIONAL DE SIDI-BEL-ABBÉS.

Cette division du territoire doit donc être transformée pour répondre aux exigences d'un concours aussi sérieux que celui qui nous préoccupe, et il appartient au nouvel inspecteur-général adjoint, aidé de l'expérience des Sociétés agricoles, de rechercher la véritable solution pratique donnant satisfaction à tous les intérêts.

La circonscription orientale du département d'Oran comportait, en effet, cette année les situations agricoles les plus variées, mettant en parallèle des cultures très opposées, ce qui n'aurait pas manqué d'embarrasser le jury et de rendre difficile son appréciation si de nombreux concurrents étaient venus soumettre à son Jugement, d'une façon simultanée, les magnifiques jardins et les importantes céréales du Httoral de Mostaganem, les vignohles justement réputés de Mascara et de Saïda, les belles irrigations de Relizane qui ont fait un moment la richesse de toute cette contrée alors que le coton était très demandé par suite des difficultés de l'importer d'Amérique pendant la guerre de sécession, les grandes propriétés enfin qui doivent se créer autour de Tiaret pour l'élevage du mouton et du cheval qui donne en cet endroit des résultats dil'ficiles à obtenir aileurs.

Cette circonscription forme, comme le reste de la colonie, différents étages partant du niveau de la mer, et qu'il faut gravir successivement pour se rendre dans l'intérieur, chacun de ces échelons se terminant ou comprenant dans ses parties irrégulières des plateaux et des plaines livrées à une colonisation très florissante. On y remarque les 3 bassins hydrographiques de TOued-el-Hammam, de la Mina, et du bas Cnéliff avec ses affluents la Djidiona et le Riou ; le Dahra est une des principales masses de son système orographique, et la voie ferrée d'Arzeu à Saïda la traverse dans toute la longueur de sa partie ouest.

Nous devons citer d'une manière toute particulière parmi les nombreux centres qui font de cette contrée une des plus prospères de la colonie : la ville de Moslaganeiiiy chef-lieu d'arrondi>-seraent qui n'attend, pour retrouver son ancienne splendeur, que l'achèvement de son port et la création du chemin de fer de Tiaret; Mazagran auquel s'attache le souvenir impérissable de haut fait d'armes de la petite troupe commandée par le capitaine Lelièvre, en 1840; — la ville arabe de Mazouna^ ancienne capitale du Dahra ; — Relizane.^ chef-lieu de canton, au pied de la fertile plaine de la Mina: — Tiaret^ sur un point très important et un territoire très riche, appelé à un réel avenir; — Mascara, chef-lieu d'arrondissement, construit par les Berbères sur le lieu d'une colonie romaine, et surtout célèbre par la préférence que lui accorda comme résidence l'émir Abd-el-Kader; — Saïda, théâtre des effroyables massacres de la dernière insurrection, lieu d'échange entre les producteurs du Tell et du Sahara; — non loin de là, Aïn-el-Hadjar, vaste entrepôt de la Compagnie qui exploite les alfas de toute cette région.

C'est dans cette magnifique contrée que nous pouvons suivre le jury de la prime d'honneur, grâce au remarquable rapport de M. Bordet, président de la Société d'agriculture, que nous allons résumer pour signaler les mérites des trop rar concurrents, ce qui a forcé la Commission a retenir, bien qu'à regret, de nombreuses médailles, des prix importants, et même une haute distinction dont elle avait la disposition, bien que les états de service des colons de cette province ne le cèdent en rien à ceux de leurs confrères des circonscriptions administratives voisines.

M. Halte, colon de Saint-Aimé, en pleine vallée du Chéliff, est un concessionnaire de 1873 qui possède une centaine d'hectares sur les deux rives de la Djidioua. Son mérite réel est d'avoir su utiliser, en les élevant jusqu'au niveau du sol, des eaux souterraines qui lui permettent d'arroser 66 hectares de blé. Deux arrosages suffisent, au moment de-, semailles et au mois d'avril, pour assurer la récolte, à la condition, ajouterons-nous, de maintenir l'accroissement de la ertilité du sol à l'aide d'abondantes fumures. Le premier de ces arrosages exiger l,bOO mètres cubes d'eau par hectare, le second 800, volume qui est élevé en 16 heures à l'aide dune pompe à vapeur, exigeant ainsi une somme de 60 fr. par hectare pour frais de toutes natures.

En attendant la construction de barrages que réclament vivement tous les colons, l'emploi dos eaux du cours inférieur de nos fleuves algériens, qui le plus souvent se perdent inutilement dans la mer, est trop important pour que lejury ne se'soil empressé de distinguer l'exemple qui lui était ainsi offert de ce que l'on peut obtenir dans ce pays avec le concours des irrigations.

M. Anl07iio Ga7-cia Delolmo a aménagé à 4 kilomètres de Mascara, une propriété de 9 hectares 75 ares qu'il a transformée en verger, jardin maraîcher et vignes. Le terrain bien nivelé est arrosé grâce à deux norias et à une prise d'eau établie

sur un ruisseau. On y remarque particulièrement des plantations de grenadiers, d'orangers, mandariniers et vignes, des pépinières d'arbres fruitiers divers, et de belles tonnelles de muscats pour raisins de table. L'écononie de l'exploitation consiste à tirer un très bon parti des avantages offerts par la proximité d'une importante ville de consoramalion..

M. Jean-Pierre Carra fang possède 149 hectares dans la magnifique plaine d'Eghris, à 6 kilomètres de Mascara, sur la route de Saïda, propriété exploitée par un fermier, tandis que le candidat ne s'est réservé que l'industrie des vaches et brebis laitières, l'élevage des chevaux et la culture de la vigne.

Le troupeau comporte 56 bètes à cornes, croisées espagnoles-marocaines, et 200 biebis laitières; le lait, vendii à l'hôpital de Mascara, rapporte 6,000 fr. par anj

La vigne conduite très haut par la taille pour éviter les effets de gelées de printemps n'a pas paru répondre à cette attente si l'on tient compte de l'ofiinion du jury, qui a surtout apprécié les défrichements, l'établissement de belles luzernières, les arrosages, et l'eiitreiien des vaches et brebis laitères.

M. Caar/ai/ a acheté, près de Mostaganem, en 1878, au prix de 1,200 francs un domaine de 35 hectares, dont 31 hect. 50 ares sont aujourd'hui plantés en vignes espacées de 1"'.75 en tous sens.

Les terres y sont très légères, calcaires, sablonneuses et entrecoupées de rochers ; les cépages corn|)rennent la grenache, le mocastel, le carignan, le grenache de Milan; la vigne est bien s agnée, les bâtiments bien distribués, le cellier, vaste et élevé, le matériel vinaire bien approprié aux besoins de l'exploitation ; l'hectare de trois à quatre ans, qui revient tout fiais cjmpris à 3,400 francs, rapporte déjà 46 hectolitres.

Mais le trait distinctif de cette propriété pour la Commission, c'est qu'elle a été mise en valeur et qu'elle est cultivée uniquement par des indigènes, sous la direction du propriétaire. Sans vouloir tirer une conclusion outrée de ces faits, elle se plaît à reconnaître que l'union, par le travail, des Français et des indigènes leur est mutuellement avantageuse; aussi souhaite-t-elle dans l'intérêt de la République, comme au point de vue politique, de voir le mélange des deux races s'effectuer pi-omptement par l'extension rapide de la colonisation.

M. Tabourkch^ lauréat du I'"' prix cultural de la première catégorie, possède à 4 kilomètres de Mostaganem et depuis 1^77, 125 hectares de terres dont 70 en vignes, 20 en culture de céréales, 28 en jachères labourées, et 7 encore en broussailles. Le but est de créer un beau vignoble et d'y annexer une distillerie de grains, et hâtons-nous d'ajouter qu'il sera promptement atteint si nous tenons compte des résultats suivants qu'il est possible de relever dès maintenant à l'avoir de chacune de ces industries.

Les plantations de vignes ont été faites avec le mourastel et le carignan, après un défrichement et plusieurs labours de nettoiement et de défoncemeut. 40 hect. de vignes âgées de trois à cinq ans ont produit, l'année dernière, près de 60 hectolitres à 1 hectare d'un vin de bonne qualité, dont la moitié a été livrée à l'administration militaire au prix de 28 fr. 50 l'hectolitre. Le cellier, élevé, frais et surmonté d'un plancher isolateur, est garni de grands foudres reliés aux cuves en maçonnerie par un tuyau métallique.

Le produit brut de la propriété étant déjà de 62,000 francs et les frais de culture n'ayant pas atteint 20,000 francs, on obtient 42,000 francs d'excédant de recettes avec les ijh seulement de la surface de la vigne en rapport. Bien que l'on admette que les frais annuels, y compris les engrais achetés au dehors, les frais de direction et autres frais généraux, s'élèvent à 12,000 francs, il y a de sérieuses probabilités pour que l'opération présente, après prélèvement des intérêts et de l'amortissement du capital, un bénéfice remarquable.

La distillerie doit être plus particulièrement considérée comme une affaire industrielle, aussi nous bornerons-nous à faire remarquer que la matière utilisée est avant tout le maïs de la colonie, et à son défaut les riz exotiques. M. Tabouriech, tout en étant utile à l'Algérie, dans cette circonstance, a trouvé le moyen de créer une œuvre qui, après le prélèvement de l'intérêt à 6 pour 100 de ses capitaux (120,000 fiancs de mise de fonds, et 200,000 francs de roulement), et de l'amortissement à 10 pour loO de son usine, lui donne encore 33,000 francs de bénéfice, en vendant 90 francs l'hectolitre de trois-six qu3 la production étrangère faisait payer 110 francs autrefois.

Prime d honneur. — Ces exploitations si remarquables qu'elles soient ont été jugées encore incomplètes et dans la période de création, par le jui'y qui, s'appuyant

sur le vœu de l'arrêté miaistériel exigeant des résultats acquis, certains, incontestables qui puissent être offerts en exemple, réserve la prime d honneur qu'i. regrette de ne pouvoir décerner.

Nous ne saurions en aucune façon examiner de plus près cette situation, aussi nous bornerons-nous à constater que ces conclusions infirment celles qui avaient été adoptées à Oran en 1880, et qu'elles donnent com[)lètement raison à la manière de voir que nous exprimions alors à cette même place dans les termes sui- . vants : « Il s'agit, avant tout, selon nous, de mettre en relief des travaux de longue date, ayant produit des effets heureux pouvant être olferts comme exemple. Or ne faut-il pas, dans ce but, remonter au point de départ, voir les procédés de culture utilisés à cette époque, le colon luttant' contre les dilficultés de toutes sortes : sol non défriché, indécisions sur les récoltes à entreprendre, maladies, défaut de sécurité, mauvais instruments, puis à force de patience, de courage et d'énergie, arrivant à modifier ces causes défavorables, ces motifs d'insuccès, en créant des cultures prospères, en adoptant un matériel perPeciionné, en montrant comme résultat final un beau domaine dont les revenus certains sont la preuve que le propriétaire a suivi la bonne voie, celle qui enrichit par un travail incessant. De tels exemples, et ih ne sont pas rares, en étant de véritables stimulants pour les Européens, aident aussi au progrès des indigènes, en les habituant peu à peu à l'usage de nos instruments pertectionnés, en leur donnant de bonnes notions de culture, en les initiant enfin aux mille détails de la vie ordinaire du colon laborieux. » L. Bastide,

Président du Comice de Sidi-Bel-Abbès

Le concours qui vient de se tenir à Amiens, pour la région du Nord, sous la direction de M. Randoing, adjoint à l'inspection générale de l'agriculture, présentait tous les éléments nécessaires pour une solennité importante : bétail nombreuxet varié, produits en quantité suffisante, matériel présentant le plus haut intérêt. Malheureusement tout cela a été gâté par le mauvais temps, et sauf pendant les deux derniers jours, le concours présenîait l'aspect d'une immense mer de boue, dont quelques parties absolument inabordables,

La viile d'Amiens est très hère de ses boulevards, et pour le concours elle avait offert une de ses plus belles promenades, celle de la Hotoie, tracée sur une ancienne prairie marécageuse. Sur cette prairie, une large avenue bordée de beaux arbres , longue de 1,100 mètres, forme une chaussée empierrée sur laquelle les boxes du bétail s'alignaient avec ordre. La prairie était réservée aux produits et aux machines; elle est encaissée entre la chaussée et un canal qui la dominent de deux mètres; elle était couverte d'un assez maigre gazon cachant les perhdiesde son sol. En été, ou quand la sécheresse a régné pendant quelques semaines, la croûte superfuielle présente peut-être quelque résistance; mais dans les conditions météorologiques actuelles, c'était un affreux cloaque sur lequel la plupart des machines ne se soutenaient qu'à grand renfort de planches et de madriers, dans lequel elles enfonçaient périodiquement heure par heure, et où le visiteur égaré ne songeait qu'à chercher sa route, sans pouvoir rien étudier, enlisé lui-même peu à peu, s'il restait à la même place. Conclusion pratique : si la municipalité d'Amiens veut faire le prochain concours à la Hotoie, qu'elle commande au ciel un mois de sécheresse. Mais la première quinz.iine de mai n'est presque jamais une quinzaine de beau soleil dans la région du Nord ; on doit donc savoir prendre ses mesures en conséquence. La chose est d'autant plus déplorable que les visiteurs du concours ont été nombreux, que l'exposition des machines était fort intéressante, et que les constructeurs et les agriculteurs ont perdu, les uns et les autres, une excellente occasion de se mettre en rapport.

Heureusement le dimanche et le lundi, le ciel s'est éclairci : le soleil a brillé de tout son éclat, et il y a eu quelque compensation aux déboires des jours précédents. Mais chacun sait que ces derniers jours sont surtout, dans la plupart des villes, des jours de iêtes foraines, et que l'attention générale se détourne des choses agricoles. Amiens n'a pas mantiué à la tradition : il y a eu un concours international de fanfares et d'orphéons, un concours de pompes à incendie, etc. Le lundi, M. Méline, ministre de l'agriculture, a visité le concours, accompagné de M. Tisserand, directeur de l'agriculture, et de la plupart des sénateurs et des députés de la région. Il a présidé la distribution solennelle des récompenses,

CONCOURS RÉGIONAL D'AMIENSJ 269

et il y a prononcé un discours que nous reproduirons dans notre prochain numéro.

Revenons naaintenant à l'étude des diverses parties du concours. Le concours réo;ional d'Amiens, en 1883, est la quatrième solennité du même genre dont la ville a été le siège ; les années 1860, 1867, 1876, 1883, sont les quatre étapes qui devraient servir à marquer la marche du progrès dans le département. A cet égard, le concours de la prime d'honneur est vraiment navrant. Aux trois précédentes solennités, la prime d'honneur a été chaudement disputée et remportée par des agriculteurs d'un mérite universellement reconnu : en 1850, M. Bertin, à Roye ; en J867, M. Triboulet, à Assamvillers ; en 18 75, M. Vion, à Lœuilly, enlevé récemment par une mort prématurée. En 1883, quoiqu'un certain nombre de concurrents se soient mis sur les rangs, le. jury n'a pu trouver à décerner ni la prime d'honneur, ni même un seul prix cuUural : troi ; médailles de spécialité, un prix d'irrigation, voilà le maigre butin distribué entre les concurrents. Q:i 'est-ce à dire? Rien autre chose, si ce n'est que !e département de la Somme est un de ceux qui ont été le plus éprouvés par les dernières aonées, et qu'il traverse une période pénible dont une des conséquences a été d'éloigner les concurrents.

Toute'ois, la même abstention ne se retrouve pas dans l'exposition des animaux. Ici nous ne retrouvons plus les mêmes causes, car le concours est ouvert entre tous les éleveurs de la région qui comprend les huit départements de l'Aisne, du Nord, de l'Oise, du Pas-de-Calais, de la Seine, de Seine-et-Marne, de Seineet-Oise et de la Somme. Eu ce qui concerne l'exposition des animaux des races bovines, nous constatons un nombre d'animaux à peu près égal à celui qui fif^urait au précédent concours d'Amiens. Les races du Nord, flamande et hollandaise, la race cotentine tiennent ici le premier rang. Dans chacune de ces races, la collection des animaux est très remarquable, plus nombreuse seulement pour la race flamande que pour les autres. C'est à cette dernière qu'échoit le prix d'ensemble qui est décerné à M. Fetel-Longueval, éleveur à Loon (Nord); il y avait aussi un très beau lot d'animaux de race hollandaise, exposés par M. Tiers, à Roubaix (Nord) ; un objet d'art lui a été attribué par la Société des agriculteurs de France. Mme veuve Ancelin, MM. Boyenval et Leroy, sont les principaux exposants dans la race normande, et ils ont envoyé de très beaux animaux; Mme Ancelin soutient avec une grande énergie la haute réputation de l'étable de la ferme de Balleux. — En ce qui concerne la race durham, elle est ici comme partout localisée entre les mains de quelques grands éleveurs; les principaux exposants sont MM. Boyenval, de Clercq, de Lavaublau' he, Debailly ; c'est à celui-ci qu'est décerné le prix d'ensemble pour cette race. Dans la catégorie des croisements nous avons surtout remarqué les quelques animaux durham-flamands exposés par M. S. Paillart, à Quesnoy-le-Montant (Somme); par M. Stevenoot, à Armbouts- Cappel (Nord); et par M. le vicomte Marcotte de Noyelles, à Blaodecques (Pasde-Calais). En résumé, l'exposition des races bovines était surtout remarquable par un nombre considérable de très belles vaches laitières, qui formaient un ensemble harmonieux, bien soutenu, sans animaux disparates; on sent que, chez la plupart des exposants, la connaissance du bon bétail, est approfondie et qu'elle sert de guide dans la production.

Nous arrivons à l'espèce ovine. Ici, comme dans tous les concours delà réo'ion deux classes bien distinctes: d'une part, la race mérinos; d'autre part, les races anglaises et leurs croisements.

Pour les mérinos, le Soissonnais règne en maître absolu; l'industrie de la production des béliers est toujours excellente, mais le nombre des éleveurs qui figurent au concours n'augmente pas ; quelques-uns même paraissent s'en éloigner, et une bergerie célèbre a été dispersée par la mort de son propriétaire M. Paul Bataille. Nous retrouvons ici en présence MM. Conseil-Triboulet, d'Oulchy-le- Ghâteau; M. Delisy, de Montémafroy; M Duclert, d'Edrolles. Si nous ajoutons les noms de M. Camus-Viéville, à Pontruet (Ai-sne), et de M. Albert Haran à Verneuil (Seine-et-Marne), nous avons la liste complète des exposants dans cette catégorie. La plupart des animaux qu'Us ont envoyés au concours sont très beaux. Le prix d'ensemble échoit à M. Duclert, dont nos lec'eurs connaissent la grande réputation en France et à l'étranger, et les succès antérieurs.

Les exposants de dishley-mérinos ne sont pas beiucoup plus nombreux; nous en comptons six dont la plupart appartiennent au département de l'Aisne. La bergerie de M. M.irtine-Lenglet, à Aubigay (.\isne), soutient la grande réputation qu'elle a acquise. A côté, celle de MM. Emile Pluchet et Frissard, à Raye (Somme), se tient au premier rang,

27a (Concours régional d'amiens.

Pour les races étrangères, la grande bataille se livre, comme toujours, entre disljky et Fouihdown. C'est à cette dernière race que le prix d'ensemble échoit • lè fait a été jusqu'ici assez raie clans la légion. Le lauréat est M. le vicomte de Cbezelles, exploitant le domaine deBoulleaume, à Lierville (Oise). M. Béglet, à Trapi.es, et M. Céian Maillard, à TurqueviUe (Manche), exposent de lions dishley, et ce nest pas sans lutte que M. de Chézellts leinporte son objet d'art.

Les porcs sont ce qu'ils sont désormais dans toutes les solennités du môme genre : peu d'animaux de race pure, mais beaucoup de croisements, la plu[iart heureux au point de vue de la rapidité du développement ; puisse-t-on en dire autant sous le rapport de la qualité de la viande ! Les [lorcs anglais, qui donnent plus de graisse que de viande, tiennent ici le premier rang, ainsi que leurs croisements avec le porc Ihimand. Le piix d'ensemble est remporté par un éleveur émérite, M. Boyenval, dont les porcheiies ont déjà obtenu de nombreux succès.

Des volailles et des autres animaux de basse-cour, il n'y a qu'une chose à dire, c'est que le nombre des maichands est plus considérable que celui des éleveurs. La pluj)art des récompenses sont pour les premiers; nous devons cependant citer les succès obtenus par Mlle Paillait, pour ses poules et ses canards.

Yoici la liste générale des récompenses décernées dans les diverses parties du concours :

Prix culturaux.

Prime d'honneur, non décernée.

Rapiielx df prime d'hnnneur. — MM. Berlin, à Roye, arrondissement de Montdiiier, lauréat de la prime d'iioiiiieuf en IStiO; T/i boulet, à Assainvilliers. arronlissemeat de Monttiidier, lauié^lde la prime d'honneur en 1867 i Vioii, à Lœiiiliy, arrondissement d'Amiens» lauiéal, de la prime d't'Oniieuren l87o.

Prix d"irrigation. — l™ Catégorie. — Propriétés contenant plus de 6 hectares de terres arrosées.

— ]"■ prix, mtdnllv; d'or et luOO fr., M. Gédéon Feuiiioy, à Ssnarpont, canton de Oisemont, arrondi-semenl d'Amiens^

2" Caictjoiie. — Propriétés ayant 6 liectares et au-dessous soumis à l'irrigation. — Pas de prix décernt'S.

Médailles DE spécialités. — Médailles d'or grand module, MM. Perret, à Saint-Gilles commune de Roye, aiiondissement de Monldidier, pour ses cultures liien entendues de b.-tteiaves ; Beaudelol, a Aizecourt-le-tlaut, arrondis eajent de Pcroni.e, pour résultats (iiioncier.'~ obtenus sur l'ensemble de son exploitation. — Médailles d'urgent, M. Débité Poillon, à Saleux, arron(liss^^^lent d'Amiens, pour ses éludes sur l'apiculture et les perfectionnements apportés dans la constiuction des rnclie>.

Prit aux agents emplcyés spécialement aux travaux d'irrigation des exploitations primées. — Médaille d'argent, M. François Villerel, agent employé aux travaux d'irrigation de M. Feuilluy.

Animaux reproducteurs. — Espèce bovine.'

V° Catégorie. — I^ace llamaniie p ire. — Mâles. — 1'" Seclion. — Arrimaux de 1 à 2 ans, nés depuis le 1" mai 1881 et avant le 1" mai 1882. — l" prix, M Péionne (Somme); 2*, M. de W^izières, à Fùuliin-RKanielz.(Pas-de Cakii); 3', M. Reumaux, à Weamers-Cappel (Nord). Prix .'Uppltm maires, MM. P'etel-Lunguevai, à Looii (Nord); Jules Bacy, à Strazeele (Nord). — 2" Seclwn. — Animaux de 2 à 4 ans, nés depuis le 1«' n ai 1879 et avantle 1=' mai 1881 — l"prix, M. Felel-Longneval; 2', M. Rancy, a Hoflland-Hazebrouck (Nord); 3', M. DfClemy-lîoulanger, à Peuplin^'UPs (l'as-dt-Ca ais). — Femelles. — l'" Section — Génisses de 1 à 2 an<, nets ilepuis le l""niai 1881 et avant le 1" mai 1882. — l""' prix, M. Fetel-Lcngueval j 2°, M. Charles Lel<-u. à Hatlencuurt Somme); 3", M. Dcclemy-Boulanger. Prix supplémeniaiie, M. le vicomte Marcotie de INoy^ile-, à Biandec,i|uts (l'asde-CalaiS'. Meniion hoiioialile, M. Fetel-Lon;.'ue^al (aru le 8 de l'arrêté du coiic< urs). — 2" Seclioti. — Génisses de 2 à 3 lins, nées depuis le 1" 1880 et av.iulle 1" mai 1881, pleines ou à lait. — l" prix, M. de beauvais, à Rnbempré (.Somme); 2', M. le vicomte Mr^^rcotle de Noyelles; 3', M. Jules Baey, à Sirazeele (Nord). Piix supplémentHire, M. Uniaere, à Hazebiouck (Nord). — 3" Section. — Vaches de plus de 3 ans, nées avant le 1" mai ItSJ, pleines ou à lait. — 1'"' prix, M. de Beauvais; rappel du 2= prix, M. Dcclemy-Boulanger; 2'; M. Vermond; 3', M. Fetel-Longueval.

2" Catégorie. — Race norraynde. — Mâles. — l'" Sec ion. — Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis le pMnai ],'-8l et avant le 1" mai 1882. — l"piix^ M. Bovenval, àNeuville-Copppgueule (Somme); 2^ M. Ncircisse Uupny, à Grandvilliers (Oise). — 2' SKlioii. — Animaux de 2 à 4 ans, né dtpu s l''' mai 1879 et avant le l^' mai 1881. — \" prix, M. Leroy, à Nangis (Seiue-et-Mai ne); 2"^, M. Boyenval. — Feme les. — \"'Sicnon. — Génisses de 1 à 2 ans, nées 'lepuis ke 1" mai 1880 et avant Je 1" mai 1882. — 1" prix, M. Boyen\al ; 2". M. Leroy; 3°, M. Si-yeux. à Artliies (>eineet-Oise). -- 2' Sedion. — Géni.--ses de 2 à 3 ans, nées depuis le 1" mai 1880 et avant le V mai ItSl,. pleines ou à lait. — l"" prix, M.me. Vve Anrelin, à Lachape,le-sous-Gerberoy (Oise); 2°; M. Bo\tnval; o", M. Vavasseur, à Ferrieres en Brie (Seine-ei-Marne) ; 4", M. Aarci.-se Dupuy.

— 3' Scition. — Vaciies de plus de 2 an<, né s avan l le l" mai 1880, pleines ou à lait. — l"^prix, Mme Vve Ancelin; 2', M. Vavasseur; y, M. Floury, à Hieux-Tille (OLse) ; 4=, M. Leroy.

'à" CaK'goiie. — Raie Holiand<iise. — Mâles — l'" Secnon. — An m lux de 1 à 2 ans, nés depuis le \" mai U.81 et avant le 1" mai 1882. — l'"' prix, M. Tiers, à Ronbaix (Ni-r 1) ; 2', M. Catheux, à l'o elle (Nordj. — 2' Sect on. — Animaux de 2 à 4 ans, nés depuis le l" mai 1879 et avant le 1'^' n ai 1881. — i" ,.rix, M. Tiers: 2% Mme Vve Warambourg, à Mmcelcave (Somme) i'iixsupp!enientiiire, M. fâcheux. — Femelles. — 1'* Section. — Génisses de 1 à 2 ans, nées depuis le l" niai i 881 et avant le l^-- mai 1882. — ]" prix, M. Tiers.; 2", M. Chnst^ Ile, à Brunoy (S.-;ine-et-Ois-). — 2" Section — Géni ses d-; 2 à 3 ans, nées depuis le l"' mat 1880 et avc.ni le 1" n.ai 1881 , pbines ou à la t. — l-^'- prix, M. Tiers; 2°, M. Gliristufle. Piix suppltmentaire, WM. Lagèze et Nouvion,à Belhoniville (Marne). — 3^ Section. — Vaches de plus de 3 ans,

nées avnnt le 1" mai 1880, pleines ou àlait. — 1" prix, M. Christofle; 2", MM. Lagèze etNouvion; 3% M. TÏTs.

Pris d'ensemble à attribuer au meilJRur lot d'animaux des P'', 2'' et 3'" catégories. — Un objet d'an (Il cerné à M. Ki"iel-Lijn;.'ucval, pour ses animaux de rnce flamande.

4'-" Cat('(jorie. — Race Duiliam. — Mâles — l'" Section. — Animtux de 6 mois à 1 an, nés depuis le l'^'' mai 1882 et avant le 1" novembre 1882. — Prix uni(jiie, M. de Lavaublanche, à Lai>ro>e (Oise). — 2" Section. — An ma^ix de 1 a 2 ans, nés 'lepus le l'^^'' mai Ls81 et avant le 1" mui 1882. — h'^prix, M. de Lavaublanche; 2°, M.Boyenval. Meuiions honorab e-,MM. Debailly, à Mézières (Somme); Ku^'t"mc Seyeu', à Artli es ( eine-et-Oise). — 3" Seciion. — Animaux de 2 à 4'aiis, nés depuis le 1""" mai 1.S79, et avint le 1" mai 1881. — 1" prix, M. de Clercq, à Oigmes 'Pas-de-Cnla s) ; 2°, M Boyerival; 3°, M. le vicomte Marcotte de No/elles. — Femelies. — r° Seitiim. — Génisses de 6 mois à uu an, nées depuis le 1" mai 1882 et avant le !<"■ novembre 1882. — l"" prix, M. Eugène Seyeux. Prix supplémentaire, M. Debailly. Menlioa ■honur.dile. M. lioyenva!. — 2» Seciion. — Géni^.-es de 1 à 2 ans, nées depuis le l^^mai 1881, et avant le l^raai 1S82. — 1" prix, M. de Lavanldanclie; T\ M. Eugène Seyeux. Mentions honorables, MM. Deliailly, le vicomte Maicolle de Noyelles. — '.i" Section. — Génisses de 2 à 3 ans, néesdepuis le h' mai ISiSl), et avant le l" mai 1881, ]ileine-; ou à laii. — I" prix, M. Debailly. Mention honorable, M. Debailly. — 4° Se'tion. — Vaclie> de p u> de 3 ans, nées avant le 1°'' mai 1880, pleines ou a lail. — l"pMx, M de Lavaublanche; 2", M. Debailly; 3», M. Boyenval. Prix supplémentaire, M. Seyeux. Menlion bo oraiile, M. Debailly.

5" Caiéiorie. — Croisements Durhum. — Mâles. — 1" Section. — Animaux de 6 mois à 1 an, nés ile|)uis le 1°' mai 1882 ei avant le P' nov^nibr^ 1883. P/ix unique, M. Lavoine, à 1,'nancourt (Somme). — Mention honiTable, M. de Girsgdes, à Beaufori (Somme). — 2'" Section.—- Animaux de 1 à 2 ai s, n'^s de[iuisle l'ornai 1881, et avant le l'"' mai 1^8.'. — l"prix, M. Paillart, à Oue<iioy-le-M>intaiit (Somme) ; 2", M. Felel-Longuevd. Prix supplémentaire, M. Stevenoot, à Armbout.>-Cappel (.Nor.l). — 3'' Seciion. — Animaux de 2 à 3 ans, nés depuis le l"' mai 1K8U et ava t le 1" mai IHSl. 1" prix, M. Declemy-Boulauger. — Femelles. — 1'° Section. — Génisses de 6 mois à 1 an, né 's depuis le l" mai 1SS2 et avant le 1 '■''novembre 18f'2. — l^prix, M. le vicomte Marcotte de Noyelles ; 2°, M. Felel-Lon^ueval. — Mention honorable, M. Stevenoot — V Seciion.

— Génisses de l ?i 2 an-, ntes depuis le P' mai 1881, et avant le l" mai 1882. — 1" prix, M. Fetel- Longueval ; 2", M. Seyeux. Prix supplé;n jiitaire, .\1. Deb.idy. — Mention honoral)le, M. de Garsignies — 3" Section. — Génisses île 2 à3 an-^, né^s d'^puis le 1°' rfiai 188 ', etavantle l'"' mai !88I, pleines ou àlail. — 2" p'i<, M. le vico ute Marcotte de Noyelles. — k' Section. — Vaches de plus de 3 ans, nées av^uit le 1°'' mai 18.'^0, pleine- ou à. lait. — V prix, M. le vicomte Marcotte de Noyelles; 2°, M. de Clercq; 3% M. de Seyeux.

b" Catégorie. — Races françaises ou étrangères autres que celles ci-dessus et croisements divers autres que c ux de la .->* catéttorie. — Mâles. — 1" Section. — Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis le 1" nui 1581 et avant le l"' mai 1882 — l" prix, M. Jules Baey ; 2°, le fière B -rtraudus,

— Prix sufiplemeniiiire, M. Vermond. — .Vlention honorable, M. Macarez, à Capelle (Nord). — . 2" S'ction. —Animaux de 2 à 3 ans, nés depuis le l"" mai 188) et avant le l"'' mai 1881. — t°' priK . M. Cdonne, à Rmescjre (Nord). Prix supplémentaire, M Dalleux, à Jab ines (Seineet-Marne). — Feme les. — !■•" S'Ctinn. — Gi^nisses de 1 à 2 ans, nées depuis le i" mii 1881 et av^nt le l"mMi 188.'. — 1" pri\, M. Fetel-Longueval ; 2% M. de Garsignies. Prix supplémentaire, MM. Antoine Décleray, à Zouafi[ues (Pas-de-Calais), iJer.m, à tlazebrouck (Nord). — 2" Section. — Génisses de 2 à 3 ans, nées depuis le 1" mai I8S.J et nvant le ["' mai I8S1, pleines ou à lait. — \" prix, Mlle .huTot, à Amiens (S mime); 2", M. Declemy-BoulnDger. — Mention honorable. M. Vermond. — 3'= Sec ton. — Viclies de plus de 3 ans, nées avant le 1" mai 1,S80, pleines ou à laii. — p'' prix, M. Bonduel, à Werv-ck-Sud (.Nord) ; 2", M. Narcisse Dupuy. — Mention honorab'e, M Bass^z, à Grèvecœur (Nord).

Prix d^nsemblc à attribuer au meilleur loi d'animaux des 4", 5% et 6° catégories. ■ — Un objet d'art décerné à M. Dib lilly, pour ses animaux de race Durham. Bandes de vaches lailiéies {en laii). — 2° prix, M. Déclemy Boulanger.

Espèce ovine.

1" Catéoorie. — Races mérinos et métis-mérinos — P= Section. — Animaux de 18 mois au plus. — Mal s. — 1" prix, M. Conseil-T ilioulel, à Ou.chy 1"-Cliàleau (Aisne); 2% M. Duclert, à Edrolles, (Aisne); 3% M. Delizy, à Monléinalroy (Aisne). —Femelles. — l'-'prix, M. Duclert; 2% M. Delizy; 3°, M. llaran, à Verneu 1, (Sdue-et- warne). Prix supplément liie, M. G msril-Triboulet. — 2' Section. — Anira luxde (dus le 18 mois. — Mâles. — l" prix, M. Duclert; 2', M. Camus- Vii^ville, à Pontriiet (Aisne); 3% M. Delizy l'rix s pplémentaire, vi . Hinci lin, à Loupeigne, (Aisne). — F melles. — 1" prix, M. Duclert; 2", M. Deluy ; 3% M. Hincelin. Prix supplémentaire, M. C(jnseil-Tiiboulet.

Prix iïcnsnnt)le à attribuer au meilleur lot d'animaux de la l™ catégorie. — Un objet d'art décerné à M. Duclert.

2" Catégorie. — K'ices françaises diverses et croisements divers. — Mâles. — 1" prix, M. Martine- Lenglet, a.Aubigny (Aisne); 2% M.M. Emile Pluchet et Fnssard, à Roye (Somme); 3", MM. Sarazin et Lagni-r, à Aumencouri (Aisne). — Femelles. — l"' prix, M. Martine-Lcngiet; 2% MM. Pluchet et F' issard.

3° Ca'éj'irie. — Races élraufjèresà laine longue — Mâles. — 1""" prix, M. Géran-Maillard, à Turquevilie (Manche); 2% .VI. B^ght, à Trappes (Seine-et-Oise) ; 3% M. Martine-Louglei. — Mention très honorable. M-. Beglei. — Feui-lles. — P" prix, .\I. B '.^'let.

4= Calé lorie. — Kaces étrangères à laine courte. — M;\les. — 1" prix, M. le vicomte de Chezell-s, à LierviUe (Ois--) ; 2% M. Gaston .Martine, à Aub.gny (Aisne). — Femelles. — 1" prix, M. le viromte 'le Ch"zeilt-s; 2", M. Gaston Martine.

Prir d'ensemb'e à aitnbuer au muihiur loid' anim.iux de la 2% 3« et 4° catégories. — Un objet d'art décerné à M. le vicomte de Cliezehes, pour ses animaux de race soulhdawn.

Espèce porcine.

V Catégorie. — Races indigènes pures ou crois-i-'s entre elles. — Mâles. — t" prix, M. Stewenoji, a Ariubjiits Ga.jpel (Nord); 2% .\I. Riacy, à Hjfiland-ilazehrouck(NorJ). — Pemelies. — 2'-' prix M. Cacheux, à Poieile (Nord).

2' Catégorie. — Races étrangères, pures ou croisées entre elles — Mâles. — 1" prix, M. Albert Perrin, à Bazoches (Seine-et Oise) ; 2% M. Boye ival, à N^uville-Coppegueule (Somme); 3"', le l'rère Bertrandus, à Igny (Seine-et-Oise). — Femelles. — 1" prix, M. Boyenval ; 2", M. Paillard, àQuesnoy-le-Montant (Somme); 3% M. Albert Perrin. — Prix supplémentaire. — MM. de Lavaublanche et Fouquier d'Hérouel, à Vaux-sous-Laon (Aisne).

y Caténorie. — Croisements divers entre races étrangères et races françaises. — Mâles. — l'^prix, M. Boyenval. — Femellei. — l'-'prix, M. Boyenval; 2", M. Albert Pernn.

Pr/x d'f^nse'i'ib/c à attribuer au meilleur lot d'animaux de l'epèce porcine. — Un objet d'art, décerné à M. Boyenval, pour ses animaux de race croisée Yorkshire-Essex.

Animaux de basse-cour.

1" Catégorie. — Coq et poules. — l" Section. — Rice de Crève-Cœur. .— 1" prix, M. Valois, à Neuilly sur-Seine (Seine); M. Masseron, à Paris. — 2» S"ction. — Race de La Flèche. — 1" prix, M. Valois ■ 2", M. Co jrcDUt, à Amiens. — 3'' Si'dion. — Race de Houdao. — 1" prix, M. Valois. — k' Section. — Races françaises diverses. — !"■ prix, M. Valois; 2", Mlle Paillard, à Quesnoy-le- Montant (Somme); 3", M. Courcout. — 5" Section. — Races étrangères diverses — l"" prix, M. Valois • 2*^, M. Charles Croizet, à Amiens; 3- M. Dacatel, à Amiens. — Prix supplémentaire, M. Feuilloy, à Senarpont(Somme). — Mentions honorabltis, M.M. Joseph Herpin, à Amiens; Charles Croizet ; l.a>-seron.

2« Catégorie — Dindons. — l" prix, M. Valois; 2", M. Pépin, à Neuville-Coppegueuele (Somme). ;}" Catéi/orie. — Oies. — I"prix, M. Courcour; 2", M. Valois.

4'= Catégorie. — Canards. — 1" prix, M. Valois ; 2% M. Feuilloy ; 3', Mlle Paillard, Mention honorable, M. Feuilloy.

5« Cntégorie. — Pintades, r- l'"'prix, M. Gustave Croizet, à Amiens ; 2% M, Lasseron. Q'- Catégorie. — Pigeons. — l" prix, M.Valois; 2% M. Lasseron. Mention très honorable M.Ernest Lavoye, à Corbie (Somme). Mentions honorables, MM. Croizet; Lasseron ; Valois.

't Catégorie. — Lapins et léporides. — 1" prix, -M. Joseph Arpin; 2", M. Valois. Mention honorable, M. La.seron.

Prix d'ensemble, à attribuer au plus bel ensemble des lots d animaux de base-cour. Un objet d'art décerné à M. Valois, à Neuilly-sur-Seine (Seine).

Jtécowvfy^ses aux servih'iirsf ruraux pour soins donnés aux animaux primés. — Médaille d'argent et 60 fr à Paul Ouillot, bouvier chez M. Fetel-Lougueval ; à Pécourt. bouvier chez M. Debailly; et 50 fr. à Leroux, berger chfz M. Duclerc ; à Eugène Sanier, berger chez M. le vicomte de Chezelles; à Pillard, bouvier chez M. Boyenval. — Médailles de bronze et 30 fr. à Martin chez M.Valois; à Alexandre Noël, bouvier chezM. de Lavaublanche ; et 20 fr. àGaulhier, ijouvier chez M. le vicomte Marcotte de Noyelles ; à Jean Villi, bouvier chez M. Seyeux; à François Hède , bouvier chez M. Déclemy-Boulanger; à Victor Humbord, bouvier chez M. Christofle; et lô fr. à Paradis, bouvier chez Mme veuve Ancelin; à Désiré Jacquard, bouvier chez M. Leroy; 15 fr. à Daniel Joye, bouvier chez M. de Clercq ; à Cyprien Avisse, bouvier chez M Paillard ;à Adolphe Souris, bouvier chez M Cacheux; à Frédéric Vigneux, porcher chez M. Perrin.

Récompenses aux conducteurs de machines et contre maîtres des constructeurs de machines. — Médailles d argent et 60 francs, MM. F. Langlet, ouvrier mécanicien, depuis 18 ans, chez M.Albaret; Hébert, contre maître depuis 10 ans, chez M. Pilter; Gh. Desbrosse, conducteur de machines, depuis' l.T ans, chez M Merbn; Guènette père, chauffeur depuis lo ans, chez M. Cumming. — Médoilles de bronze et 50 francs, MM. Lanî-^lois, contre maître depuis 5 ans, chez M. Pilter; Leroy, ouvrier monteur depuis 32 ans, chez M. Albaret; J. Wallard, ouvrier mécanicien depuis 9 ans, chez MM. Decker et Mot.

Produits agricoles et matières utiles à lagriculture. Concours spéciaux. — 1'" Catégorie. — Lins en tiges. — l" prix, M. .Maizierj à Plessis-Brion (Oise) ; 3% M. Sievenoot, à Armbouts Cappel (Nord). 2" Catégorie. — L^ns teilles. — 1" prix, M- Maizier; 2«, M. Stevenoot. 3' Catégorie. — Graines de b tteraves à sucre. — Pas de prix décerné.

4« Catégorie. — Semences de froment. — I" prix, M. Stevenoot; 3', M. Boullant, à Villejuif. h" Catégorie. — Avoines de semences. — 2^ prix, M. Couesnon, à Aulnoy (Seiue-et-Marne) ; 3% M. Stevenoot.

go Catégorie. — Laines en toison! — 1" prix, M. Gamus-Viéville, a Pontruet (Aisne); 2", M. Conseil-Trboulet, à Ojlchy-le-Chàteau (Aisne); 3% M. Delizy, à Montemafroy (Aisne).

7' Catégorie. — Produits maraîchers, — 2*^ prix, M. Joly, à Saint-Sauveur-lès-Arras (Pas-de- Calais) ; 3% M. Boux, à N^nterre (Seine).

8' Catégorie. — Expositions scolaires. — 1" Section. — Matériel d'enseignement agricole, collections, »ie»sins, objets de cours, etc. — Pas de jirix décerné. — 2*= Section. — Travaux spéciaux et objets d'enseignement agricole présentés par les professeurs, les instituteurs et les élèves des écoles primaires. — 1" prix, M. Hien, instituteur à Châleau-l'Abbaye (Nord); 2% M. Faucheux, à SaintQuenlin (Aisne) ; 3% M. Duringer, instituteur à Beauquesue (Somme).

9" Catégorie. — Expositions collectives faites par des Adcuinistrations publiques, les'Sociétés et Comices agricoles et horticoles. — Médaille d'or, à la Société d'apiculture de la Somme.

10' Catégorie. — Produits divers non compris dans les catégories précédentes. — Médailles d' or ., MM. Laurent-Mouchon, à Orchies (Nord), pour sa collection de hlés; Forgect, à Paris, pour sa collection de racines fourragères; Dalahaye, à Paris, pour ses graines de prairies naturelles ; Vilmorin, ■ Andrieux et C'e, à Paris, pour leur collection de betteraves à sucre ; Samin , à Looslez-Lille (Nord), pour ses bières; Chivot et Cie, à .\miens (Somme), pour leurs huiles et tourteaux; M. Walter, a Paris pour ses biscuits dits de luxe; Arlatte et Cie, à Cambrai (Nord), pour leur chicorée. — MédaUles d'argent, MM. Laurent-Mouchon, pour ses betteraves à sucre ; Oudoire à Corbie (Somme), pour sa chicorée: Mugnier, à Dijon (Côte-d'Or), pour son cassis; Bonvaisl, à Abbev.Ue, pour sa bière • à la Compagnie française des levures à Amiens, pour ses levures, alcools de grains ; Poillon, à Sale'ux (Somme), pour son miel; Besançon, à Péronne (Somme), pour ses fromages de RoUot; Deslandes à Bellou (Calvados), pour ses fromages; Bull, à Paris, pour sa présure; Huloux, à Lille (Nord) pour sa graisse I our voilures et mécaniques; du Castel, à Amiens, pour ses échantillons d'essences forestières; Chaudora, à Moissy-Crameyel (Seine-et-Marne), pour ses plans dedrainage; Vandescal, à Meaux (Seine-et-Oise), pour ses plans de drainage. — Médailles de bronze, MM. Deneui

Souvaux, à Amiens, pour ses colorants pour bière; Gauthier, à Bhnzac (Charente), pour ses eauxdervie; Colmant, à Sainl-Emilion (Gironde), pour ses vins; Mugnier, pour ses apéritifs; Robillard, il Paris, pour ses fromages; Pascal, à Amiens, pour sa charcuterie: Lidon, à Amiens, pour sa charcuterie.

Il y avait un très beau concours hippique, placé sous la direction de l'administration des haras, qui l'avait organisé avec beaucoup de soin. Le premier rang appartient ici, et pour le nombre et pour la qualité, à la race bomlonnaise, qui est d'ailleurs dans son centre d'élevage. Il y avait plus de cent animaux, étalons et poulains, juments et pouliches, d'une valeur réelle; ils laissaient loiiî derrière eux la catégorie des demi-sang. Des ventes importantes ont eu lieu, à des prix élevés; on nous citait un étalon boulonnais qui a été payé 6000 francs pour le compte de l'administration des haras. Les efforts que l'ont les associations agricoles des centres d'élevage pour assurer la pureté de la race boulonnaise sont couronnés de succès; il est à souhaiter qu'ils ne soient entravés par aucune influence étrangère.

Dans un deuxième article, nous parlerons de l'exposition des machines, ainsi que de l'important congrès sucrier tenu pendant le concours régional.

Henry Sagnier.

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