XI. — La ciUlure du panais
Notre collaborateur, M. de la Morvonnais, nous envoie la lettre suivante, pour répondre à celle de M. Le Bian, que nous avons insérée dans noire chronique du 28 avril, relativement à la culture du panais comme plante fourragère :
« Mon cher directeur, dans la lettre que vous avez publiée dans votre chronique du 28 avril, l'honorable M. Le Bian s'élève viveaieiit contre la pensée que le panais ne réussit pas partout comme plante fourragère. Il a la foi d'un apôtre, ou tout au moins celle qu'avait Parmentier d-ins la propagation de la plante humanitaire, et prouve justement par là cette ferme volonté qui la fait réussir en plus d'un genre, l'élevage du cheval, l'arborisation fruitière, etc.
a II reste certain, après tout, que le panais, d'ailleurs connu comme plante potagère, est préférable à la carotte, à la betterave et au rutabaga, comme légume de grande culture, et qu'il n'est pas cultivé autant qu'il pourrait l'être, et que, par conséquent, M. Le Bian rend un très grand service à l'agriculture en propageant, de la manière la plus désintéressée, une plante ijui convient éminemment à la nourriture des espèces chevaline, bovine, etc. Je n'en demeure pas moins convaincu que le sol meuble des îles de Jersey et Guernesey, et de la côte nord du Finistère, joint aux engrais de mer où la soude remplace la p >tasse, et dont on use si abondamment dans ces contrées, présentent pour le panais les conditions les plus favorables pour son succès. Je ne parle pas du climat; car ces plantes résistent à des froids rigoureux, ce qui permet de les laisser longtemps en terre.
« Mais enfin, dans des terres compactes, le panais devient malgré tout, racineux et souvent fourchu, et c'est ce que nous avons éprouvé, M. Bodin et moi, lors d'un envoi de graines de M. Le Bian; c'est peut-être ma faute, et quoi' qu'il soit un peu tard pour semer, je viens de prier M. Le Bian de m'envoyer d'autres graines, ce qu'il s'empressera de faire, j'en suis persuadé,
A. DE LA Morvonnais.
C'est seulement par des expériences faites dans des conditions variées, au double point de vue du sol et du climat, que l'on peut se rendre compte de la valeur des plantes, de quelque nature qu'elles soient.
J,-A. Baiuial.