I. — Discours à la diUribution des récompenses
C'est une bonne fortune pour le ministre de l'agriculture que de pouvoir inaugurer la série des concours régionaux de France en présidant une fête comme celle-ci, et en venant constater, de ses propres yeux, les- merveilleux progrès réalisés chaque jour dans cette admirable région du nord de la France.
Je savais depuis longtemps que c'est ici que l'initiative individuelle s'est montrée la plus hardie et la plus féconde dans toutes les branches de la production et du travail. Mais je me demandais avec inquiétude si le malheur des temps et les cruelles épreuves de ces dernières années ne l'avait pas découragée et arrêté sa marche en avant. Personne n'aurait à coup sûr le droit de s'étonner que la lassitude ait pu conduire nos populations rurales à une sorte d'abattement et d'à-
bandon d'elles-mêmes que les luttes prolongées rendent si souvent excusables et explicables.
Grâce au ciel, nous n'avons pas à déplorer de pareilles défaillances, il semble, au contraire, que la dureté des temps ait redoublé le courage du cultivateur français et qu'il mette aujourd'hui une sorte d'amour-propre à triompher de toutes les mauvaises chances coalisées contre lui. Je parle, bien entendu, du vrai cultivateur, de celui qui aime réellement sa noble profession, et qui ne l'abandonne pas à la légère parce qu'elle ne réalise pas toutes les espérances sur lesquelles il se croyait en droit de compter, de celui qui s'attache d'autant plus à elle, que les efforts qu'elle lui impose sont plus grands et le succès plus difficile.
Remercions, messieurs, ces hommes de cœur, ces bons Français, de ne pas désespérer de l'avenir de notre agriculture, car ce sont eux qui la sauveront. Oui, messieurs, ils la sauveront, j'en ai la conviction profonde, en dépit de tous les obstacles, de toutes les difficultés de l'heure présente. Je dirais presque en dépit de la nature elle-même qu'ils ont presque vaincue à force de patience et de science.
Est-ce que j'avance là une proposition téméraire? est-ce que je me berce d'une illusion et prends mes rêves pour une réalité? Non, messieurs, et il suffit de suivre avec un peu d'attention l'évolution agricole qui s'accomplit pour se convaincre qu'une telle appréciation ne procède pas d'un optimisme exagéré.
A quelle époque, je vous le demande, a-t-on vu un pareil mouvement d'idées, une pareille concentration d'elTorts? Quand a-t-on étudié et approfondi les méthodes de culture et les perfectionnements de toutes sortes dont elles sont susceptibles avec autant d'ardeur et de ténacité ? A quelle époque a-t-on su approprier à un égal degré la production agricole au sol, au capital disponible et même jusqu'aux variations de la température?
Les mauvais jours auront une fin, il faut bien l'espérer; mais les découvertes resteront comme la semence fécondante de l'avenir.
Pour m'en tenir à ce coin de la France où je suis aujourd'hui, est-ce que les brillants résultats de ce brillant concours auquel nous assistons ne m'autorisent pas à parler comme je le fais.
Si nous voulons en tirer la leçon et le profit, il ne suffit pas d'en prendre les résultats en eux-mêmes, si satisfaisants qu'ils soient, il faut regarder en arrière, et comparer, non pas à une année, mais à dix ans de distance. Si on embrasse attentivement une période de cette étendue, on aperçoit tout de suite une série de progrès et de transformations qui attestent au plus haut degré la puissante vitalité et l'éner gie de noire race agricole. Forcée de renoncer pour des causes diverses t>u à peu près à la culture du méteil, à celle du colza et de l'œillette, qui avait été pour elle pendant longtemps une source de profits assui'és, elle ne perd pas courage et se porte avec une ardeur sans pareille vers le froment et la betterave.
De 1860 à 1882 dans votre seul département, plus de 20,000 hectares nouveaux sont livrés à la culture du froment. Quant à la betterave, il ne faut pas oublier, si on veut se rendre un compte exact de sa production, qu'elle était, en 186i, réduite à 12,518 hectares, et qu'en 1882 elle cultive sur plus de 33,000 hectares.
Sans doute il semble qu'en ce moment ce genre de culture, si mer-
veilleusement approprié à notre sol et si profitable de toutes les manières à la richesse du pays, marque comme un temps d'arrêt, et je sais tout ce qu'il y a d'inquiétude dans vos esprits sur l'avenir qui lui est réservé.
Les causes qui atteignent et ralentissent cette magifique production, sont trop nombreuses, trop diverses, trop compliquées pour que je puisse traiter ici un sujet aussi vaste; mais je puis vous affirmer que je l'étudié avec un grand soin, avec une profonde sollicitude, et que je n'attends que d'être bien fixé sur les mesures possibles qui peuvent être prises dans votre intérêt pour les appuyer auprès du gouvernement et des pouvoirs publics.
Et maintenant, messieurs, un mot de votre concours, que je parais oublier en portant mes vues si haut et si loin. Je ne suis que l'écho du sentiment général des hommes les plus compétents en déclarant qu'il fait le plus grand honneur à votre région.
Il atteste dans toutes les branches de la production agricole un puissant développement. L'élevage du bétail, cette source de richesse qui compense aujourd'hui pour le cultivateur tant de risques ruineux, prend des proportions chaque jour plus considérables dont on ne peut que se féliciter. Ce qui est plus digne d'éloges encore, c'est le perfectionnement des races, qui s'atteste d'une façon si éclatante dans le magnifique spécimen de race flamande, que M, Longueval nous a permis d'admirer tout à l'heure. J'en dirai autant des espèces ovine et porcine, dont les magnifiques échantillons provoquent une admiration bien méritée.
Je ne saurais, messieurs, passer sous silence le très remarquable concours hippique qui a permis de constater que notre superbe race boulonnaise se perfectionne et s'augm^^nte chaque jour. J'ai appris avec une profonde satisfaction que les étalons de trait, qui n'étaient représentés au concours de l'année dernière que par 78 têtes, comptaient au concours de cette année pour 125 têtes, et les demi-sang pour 55 têles au lieu de 36.
Je n'ai qu'un regret à exprimer, c'est qu'il n'ait pas été possible de délivrer la prime d'honneur pour le concours cultural. Je le regrette d'autant plus, que je sais, à n'en pas douter, que le jury n'aurait dû avoir que l'embarras du choix. Malheureusement, beaucoup de cultivatéui's refusent de s'inscrire et d'entrer en ligne, les uns par excès de modestie, les autres par excès d'amour-propre.
Je suis plein d'indulgence pour les premiers, mais je serais tenté de me montrer plus sévère pour les seconds, qui ne voudraient concourir qu'avec la certitude du succès, et qui oublient trop que, dans ces sortes de luttes pacifiques du travail, on peut être vaincu sans déshonneur.
Bientôt, du reste, messieurs, nous n'aurons plus à regrelter, dans nos concours, de fâcheuses lacunes. J'ai demandé cette année aux Chambres de m'allouer un crédit nouveau qui, j'en suis convaincu, ne me sera pas refusé et qui me permettra d'instituer des prix d'honneur pour la petite culture, pour l'horticulture qui s'y rattache aujourd'ui si étroitement, et enfin, messieurs, pour ces vaillants et modestes auxiliaires qu'on appelle les ouvriers agricoles.
Justice sera aussi rendue à ces pays de moyenne et petite culture comme le vôtre qui embrassent la plus grosse fraction du territoire et qui méritent à tant de titres d'être soutenus et encouragés. Je ne
sais pas de progrès qui soit plus conforme à l'intérêt véritable de l'agriculture au-si bien qu'à l'esprit démocratique de nos institutions.
Pour moi, messieurs, c'est sous cette l'orme que je comprends l'action sociale du gouvernement républicain ; c'est en encourageant par tous les moyens en son pouvoir la production et le travail national, qu'il prouvera aux masses qu il est véritablement le gouvernement de tous et qu'il a le souci constant des grands intérêts qui lui sont confiés.
IL — Discours prononcé au banquet.
Messieurs, je suis très touché des paroles de bienvenue trop flatteuses et si cordiales que votre lionorable maire veut bien m'adresser en votre nom; je puis vous assurer que, si vous éprouvez quelque plaisir à me recevoir, je ressens à mon tour une profonde salist'aclion à me trouver au milieu de ces vaillantes populations de votre région, si profondément attachées à toutes les idées qui me sont chères.
Ma visite n'est, du resle^ que l'acnuiltement d'une dette déjà ancienne. Elle était résolue il y a quelques années, quand des événements indépendants de ma volonté m'ont forcé à y renoncer; mais je m'étais bien promis de répondre un jour au désir des amis bienveillants qui m'appelaient ici, et aujourd'hui je tiens parole.
YoLis savez quel était alors le but de mon voyage. Je devais venir ici pour étudier de près l'état de vos gran les industries, rechercher scrupuleusement les causes de leurs souffrances et en découvrir, s'il était possible, le remèle. Hélas ! messieurs, je n'ai pas pu faire beaucoup pour elles et je suis véritablement confus des témoignages de reconnaissance dont j'ai été accablé aujourd'hui et que j'ai si peu mérités.
Aujourd'hui, je viens ici, p:ir le devoir de ma fonction, pour constater la situation de votre agriculture, pour voir de plus près ses représentants, les écouter, recueillir leurs conseils et chercher de bonne foi avec eux. ce que le gouvernement pourrait faire pour soulager des souffrances incontestables.
Ma mission n'a pas changé et je re4e placé sur le même terrain. Car la question industrielle et la question agricole ne sont pas des questions différentes, ce sont des questions identiques ou plutôt les deux faces de la môine question, celle de la production nationale^ qui les résume toutes deux.
Cette vérité est de tous les temps, mai^ elle n'a jamais éclaté avec autant d'évidence qu'à notre épopie. Jamais il n'a été mieux, démontré • que l'agriculture et l'industiie sont étroitement liées et qu'on ne peut sacrifier l'une à l'autre sans les sacrifier toutes deux, de même qu'on ne saurait travailler à la défense de Tune sans servir les intérêts de l'autre. Non, il n est pas po-sible que l'industrie souffre et que l'agriculture ne s'en ressente pas, pas p us qu'il n'est possible que l'industrie soit heureu.-e quand l'agriculture e.-t en détresse.
Nous ne voyons que tro[) aujourd'hui combien la solidarité qui les rive l'une à l'autre est étroite. Une crise, peut-être sans précédent dans notre histoire économifpie, s'est abattue à la fois sur l'industrie et sur l'agriculture : pendant que la concurrence étrangère, devenue chaque jour plus pressante, étreint le travail manufacturier, des fléaux de toutes sortes sont venus fondre sur notre malheureuse agriculture.
Cependant, je n'hésite pas à dire que c'est dans Tagriculture que le mal est le plus aigu en ce moment, et je trouve là une des causes du malaise de l'industrie.
Je suis malheureusement trop bien placé pour m'en rendre compte. Quand je suis, par exemple, sur la carie, les ravages de ce pstit insecte qui conlinue sa marche impitoyable, qui a déjà envahi vingt de nos départements les plus riches et les plus florissants autrefois; quand je vois, dans ces départements, toutes les fortunes anéanties et les populations des campagnes, saisies de désespoir, émigrer en masse dans toutes les directions, laissant le désert derrière elles; quand je chitTre ce désastre et que je trouve ainsi dans la fortune de la France une trouée annuelle de près d'un milliard, je comprends alors que la consommation générale du pays se soit ralentie et que les magasins de nos industriels regorgent de produits qui cherchent en vain des acheteurs; je comprends que les prix s abaissent et que les plus-values de nos impôts s'arrêtent comme par enchantement. Une seule chose m'étonne, c'est que la France ait assez de vitalité, d'énergie et de génie pour résistar à ces coups redoublés et supporter sans succomber de pareils assauts.
JMaintenant, que nous reste-il à faire dans une situation si douloureuse, sinon pour la conjurer, au moins pour l'atténuer?
Il laut d'abord lutter sans nous déco irager, et nous luttons. Nous luttons en ce moment avec une prodigieuse patience contre ce terrible fléau du phylloxéra, et j'espère bien que nous en aurons raison. La science lui livre pied à pied une bataille d'une grandeur saisissante, et dans cette lutte en apparence inégale, soyez convaincus que ce sera la scienre qui aura le dernier mot.
Mais je reconnais qu'une pareille entreprise n'est pas l'œuvre d'un jour et qu'il faudra quelques années avant que le mal soit réparé et nos vignes reconstituées.
En attendant, il faut aviser, et je ne vois, je l'avoue, qu'un moyen, un seul, de compenser dans une large mesure les pertes qui nous sont infligées : c'est de développer dans les plus larges proportions les branches de production qui nous restent.
Pour cela, il faut faire de l'agriculture une véritable industrie en lui appliquant les méthodes et les procédés de l'industrie; c'est ici que reparaît avec plus de force encore l'assimilation nécessaire de cesdeux branches de production. Oui, il faut que l'agriculture emprunteaujourd'iiui à l'industrie le principe supérieur sur lequel elle repose, qui consiste à produire beaucoup et au meilleur marché possible. C'est là une nécessité de premierordrepourragriculture, plus pressante aujourd'hui qu'elle ne l'a jamais été.
11 n'est pas diflicile de le démontrer.
Nous vivons dans un pays où la terre est chère, bien qu'elle se vende dilïicilement; elle est plus chère que dans la plupart des autres pays, et je ne songe pas à m'en plaindre, car, après tout, c'est cette cherté qui augmente la valeur du capital national.
Ce n'est pas seulement la terre qui est chère, les salaises sont aussi à un taux très élevé, plus élevé que ceux de bsaucoup de nos com'.arrenls et je ne songerais pas à m'en plaindre si noire marché n'était pas solidaire de tous les autres. Je déclare, en tous cas, qu'il ne faut pas songer à les abaisser, parce qu'après tout^ ils sont réduits pour les
ouvriers des campages au strict nécessaire. Il vaut mieux en prendre son parti et régler notre production en conséquence.
Or, c'est un principe reconnu par tous les économistes que, lorsque l'outil de travail est cher, lorsque la main-d'œuvre qui le met en œuvre est élevée, il ne reste qu'une ressource pour pouvoir produire dans des conditions avantageuses : c'est de produire beaucoup et de réduire ses frais généraux.
Il faut donc que l'agriculture produise beaucoup, il faut que l'hectare de terre donne son maximum de rendement. Il ne suffit pas, par conséquent, quand on fait des céréales, d'obtenir un maigre rendement de 1 6 hectolitres, ce qui constitue malheureusement la moyenne de notre pays; il faut, à l'imitation des pays voisins, arriver au moins à 22 ou 25 hectolitres. Sans cela, l'opération est désavantageuse, et il n'est pas surprenant que le cultivateur finisse par y renoncer.
J'en dirai autant de la production de la betterave, cette magnifique production si merveilleusement appropriée à notre sol et qui est destinée à un si grand avenir. 11 ne suffit pas de la pousser aux gros rendements en poids qui ne sont qu'une apparence ; ce qui importe,, c'est le rendement en sucre, le seul vrai, le seul profitable.
Un mot maintenant de la réduction des frais généraux. Ce sont les salaires qui en constituent le plus gros chapitre. J'ai dit qu'on ne pouvait pas, à mon avis, les diminuer; mais si on ne peut pas le diminuer, on peut les économiser en ne faisant du travail humain que l'emploi strictement nécessaire. Partout où on le peut, il faut le remplacer par ces admirables machines que nous avons vues aujourd'hui et qui représentent des milliers de bras.
C'est là une vérité qui n'a pas besoin de démonstration, et cependant j'ai le regret de dire qu'elle est encore loin d'être comprise et appliquée partout.
Je suis d'autant plus à mon aise pour le déplorer que ce n'est pas à vous que le reproche s'adresse. C'est dans le nord de la France que les progrès dont je parle ont été les premiers réalisés : c'est vous qui, les premiers, avez élevé le rendement des céréales jusqu'à la moyenne de 20 hectolitres par hectare. En 1882, vous avez même atteint le chiffre de 22 hectolitres, et je voyais aujourd'hui même sur l'estrade de votre concours un homme qui fait le plus grand honneur à votre région, M. Desprez, qui est parvenu jusqu'à 35 hectolitres.
Pour la culture de la betterave, vous êtes en train d'opérer une véritable révolution, en substituant au calcul au poids le calcul à la densité.
Je ne puis donc, messieurs, que vous féliciter et vous engager à marcher sans relâche dans la voie où vous vous êtes engagés. Ne vous arrêtez pas un instant; car aujourd hui celui qui s'arrête est bientôt dépassé et vaincu. Les luttes de la production, il ne faut pas nous le dissimuler, seront chaque jour plus difficiles et il n'y aura que les races fortes qui pourront les livrer avec avantage. Vous êtes de celleslà, et rien ne le prouve mieux que le brillant concours auquel nous venons d'assister.
Je termine en vous remerciant, au nom du gouvernement et du pays, du magnifique spectacle que vous nous avez offert et en buvant à l'avenir agricole de votre beau département et de toute la région du Nord.
Il se fabrique maintenant des quantités considérables de vins avec des raisins secs importés de Grèce et des autres lieux des mêmes parages. Ce que valent ces vins pour la consommation ne nous concerne pas autrement qu'en notre qualité de simple consommateur, et il ne nous appartiendrait à aucun titre d'en parler ici. JMais leur fabrication laisse disponibles des quantités également considérables de résidus, dont il convient de se préoccuper au point de vue de l'utilité qu'ils peuvent avoir pour l'alimentation des animaux.
Il n'est pas douteux que toute matière végétale quelconque, pouvant être employée comme aliment des machines animales, — et toutes sont dans ce cas, pourvu qu'elles ne contiennent point de principe toxique, — crée ainsi plus devaleur qu'en retournant directement au sol sous forme d'engrais. L'expérience prolongée et étendue a prouvé, dans le Midi de la France, que les marcs de raisins, en particulier, sont très bien utilisés, notamment pour Tengraissement des moutons. Ceux de raisins secs, provenant d'autres cépages, n'en peuvent évidemment différer que par leur richesse en matières nutritives, non point par leurs propriétés générales. Il m'a donc paru bon d'en entreprendre l'étude, à l'aide des oioyens que la science met à notre disposition, et de faire connaître les résultats auxquels cette étude a conduit.
D'abord M. Pol Marchai, chimiste assistant de la Station agronomique de l'école de Grignon, a bien voulu, sur mes indications, en faire l'analyse. Il n'est pas à ma connaissance qu'il en ait été publié d'autre jusqu'à présent, Nous en possédons plusieurs qui se rapportent à des marcs de raisins du Midi; mais elles ont le défaut de n'avoir pas été conduites d'après les bases indiquées par l'expérimentation physiologique ; en telle sorte qu'elles peuvent difiicilement servir pour la discussion de la valeur nutritive probable.
Et c'est une occasion de faire remarquer aux chimistes qui analysent des substances alimentaires, qu'il importe beaucoup, pour faire acquérir aux renseignements qu'ils nous fournissent toute leur efiicacité, et aussi pour qu ils s'épargnent souvent une peine inutile, de se conformer au programme des recherches expérimentales. Il leur arrive de se donner beaucoup de mal pour doser des principes immédiats dont la connaissance quantitative n'a aucun intérêt pour nous, tandis qu'ils négligent d'en isoler d'autres qui mettraient à notre disposition l'éclaircissement le plus précieux. Il ne paraît pas jusqu'à présent physiologiquement intéressant, par exemple, de distinguer les matières pectiques, des gommes et des amidons qui se montrent expérimentalement comme ayant le même rôle nutritif et la même valeur. Il l'ett au contraire à un haut degré d'en distinguer la cellulose brute, la cellulose qui résiste à l'attaque des acides étendus comme ils se trouvent dans les sucs digestifs.
C'est pourquoi je parle des indications données pour les analyses dont il s'agit ici dé discuter les résultats, afin d'en tirer les conséquences pratiques. Ces analyses ont été répétées trois fois avec tout le soin possible, afin de les contrôler et d'en prandre la moyenne. Elles ont porté, comme de coutume, sur la matière chimiquement sèche, dont nous allons faire connaître la composition, mais qui, à notre
point de vue, n'a qu'une valeur purement théorique, à laquelle on s'est trop exclusivement attaché dans les discussions auxquelles a donné lieu, par exemple, la valeur nutritive des pulpes de diffusion. C'est assurément la base d'oià il faut partir. S'y tenir est insuffisant pour la clarté du sujet.
Voici donc la composition centésimale de la matière sèche du marc de raisins secs analysé par M. Marchai :
Matières solubles Extracfifs Cellulose
Protéine. dans l'étlier. non azotés. brute. Cendres.
Les extractifs non azotés ont été dosés par différence, la composition du groupe de principes immédiats ainsi nommé n'important point dans l'état actuel de la science.
D'après les nombres qu'on vient de voir, la relation nutritive du marc de raisins secs est sensiblement= 1 :7.5. En tant qu'elle dépende de cette relation, sa digestibilité serait inférieure à celte de plusieurs des aliments grossiers usuels. On ne pourrait guère compter sur un coefficient probable de plus de 0.50. Celte digestibilité serait toutefois plus grande que celle de la pulpe de betterave pressée. Mais il n'est pas douteux que l'effet de la digestibilité relative est ici corrigé par celui de la digestibilité absolue, plus grande dans le marc de raisins, à cause de la plus forte teneur en matières solubleS dans Téther et d'autres considérations encore, tirées des principes aromatiques non dosables. Il paraît donc certain qu'à poids égal de matière sèche, le marc de raisins secs aurait une valeur nutritive supérieure à celle de la pulpe de betterave pressée, à laquelle il convient le mieux de le comparer.
Examinons-le maintenant dans l'état où il se présente normalement et tel qu'il est possible de le faire consommer par les animaux. Nous pourrons ainsi faire la comparaison d'une façon pratique. Les données que nous venons de voir sont des matériaux de laboratoire. Elles ont, ainsi que nous l'avons déjà dit, une valeur purement théorique, ou pour mieux dire de science pure, il ne serait pas possible, pour en tirer parti, de les rapprocher sans longs calculs de celles qui sont consignées dans les tables de composition des aliments mises à la disposition des praticiens.
Les échantillons analysés ont été pris dans une masse séchée à l'air après avoir été extraite du fût dans lequel s'était produite la fermentation, pour la fabrication du vin. En cet état, ils contenaient encore, n'ayant pas été pressés, 42.5 pour 100 d'eau. Il est probable qu'en grande masse et malgré la pression, les marcs de raisins secs fournis par l'industrie tiendraient une moins forte proportion de matière sèche. En tout cas, le degré de dessiccation auquel il conviendrait de les laisser arriver avant de les faire consommer, dépendrait du genre des consommateurs. Les ruminants les recevraient plus humides, et les autres moins.
Voici la composition de nos échantillons à 42. 5 pour 100 d'eau :
Substance Matières solubles Extractifs Cellulose
sèche totale. Protéine. dans l'éther. non azotés. brute. Cendres.
Dans ces conditions, le résidu dont il s'agit est plus riche que tous ceux auxquels on pourrait le comparer. Il contient plus de protéine
brute et moins d'exiractifs. Celui de féculerie pressé, par exemple, avec 7i 6. 5 pour 100 de substance sèche totale, ne dose que 2.3 de protéine, moins de la moilié, et avec cela 36.4 d'extraclifs non azotés. Celui de dislillerie de seigle, avec 2 seulement de protéine, dose 32.1 d'extractifs et 35.1 de cellulose brute. La pulpe de betterave pressée, avec 29.7 de substance sècho totale, dose 1 .9 de protéine en moyenne et 18.3 d'exiractifs non azotés. Celle de diffusion seule paraîtrait relativement plus nutritive, à proportion égale de substance sèche, car pour 1.08 de protéine elle ne dose que G. 13 d'extractifs non azotés et 0.08 de matières solables dans l'éther; sa relation est conséquemment =r:]:5.7 au lieu de 1:7.5 comme celle du marc de raisins secs. Elle est donc moins large.
Saisissons encore une fois l'occasion de faire remarquer aux agriculteurs et aux chimistes qui discutent sur la valeur des aliments, et surtout sur celle des résidus de fabrique de sucre, d'amidon ou d'alcool, qu'ils se trompent lorsqu'ils tirent argument, en faveur de ces' aliments, de la présence du sucre, de l'amidon ou de tout autre extractif non azoté en forte proportion. Loin de les enrichir, cette présence les appauvrit au contraire. Sans doute, ainsi qu'ils le pensent, ces substances, considérées absolument, contribuent à l'alimentation. Ce ne sont point, comme on le répèle sans cesse, après Liebig, des aliments respiratoires, pas plus que les matières azotées ne sont exclusivement plastiques. Pas plus que les autres, ils ne sont brûlés ou oxydés dans l'organisme, ainsi que je l'ai démontré expérimentalement. Et d'ailleurs ils dégagent, en contribuant à la nutrition, moins d'énergie que les albuminoïdes.
Mais en fùt-il autrement, cela ne changerait rien au problème posé. L'organisme ne peut en digérer et conséquemment en utiliser qu'une certaine proportion. Lorsque, dans la ration alimentaire, celte proportion est dépassée, l'excédent se retrouve dans les déjections. Les aliments en général en contiennent un excès par rapport à l'aptitude digeslive des animaux. Seuls quelques aliments fortement concentrés, comme certains tourteaux oléagineux et certaines graines légumineuses, font exception. Dans les aliments non concentrés ou grossiers, à relation nutritive toujours trop large, les amidons et les sucres ont donc une valeur en grande partie négative. Ceux qui en contiennent le moins, conséquemment les résidus les plus épuisés, sont les meilleurs. D'où ils suit que les procédés industriels les plus perfectionnés, au point de vue du rendement, ne sont pas les plus avantageux^ seulement pour les fabricants ; ils le sont aussi pour les agriculteurs qui utilisent les résidus de fabrication pour leurs bestiaux.
A ce litre, les marcs de raisins secs -se placent sur un bon rang. Leur caractéristique essentielle, comme aliment non concentré, se tire de leur richesse relative en protéine, mais surtout en matières solubles dans l'élher, parmi lesquelles sans doute l'huile contenue dans les graines ou pépins forme la plus forte proportion. La relation entre la matière grasse et la protéine y est plus étroite que 1:2 (3.56 : /i.85). Cela doit influer favorablement sur la digestibilité de la protéine et élever beaucoup son coeflicient. Il resterait à faire, pour la vérifier, des expériences précises, mais dont toutefois les résultats des observations recueillies, dans 1 Hérault notamment, sur les moutons engraissés avec des marcs, peuvent à la rigueur nous dispenser.
De ce qui précède, on peut hardiment conclure que les agriculteui's trouveront dans les résidus des fabriques de vins de raisins secs, une source abondante de matières alimentaires, qu'ils auraient tort de ne pas utiliser. L'intérêt public est de n'en négliger aucune, et leur intérêt particulier est en parfait accord avec lui dans ces sortes de choses. Nous avons déjà dit que la matière animale se vend toujours plus cher que son équivalent de matière végétale ou que sa matière première.
Mais ils nous demanderont sans doute quelle peut être la valeur commerciale des résidus dont nous nous occupons. C'est à quoi nous nous garderions de répondre publiquement. On ne serait certes pas embarrassé pour résoudre, avec la méthode que nous passédons et qui a été exposée ici même, la question de savoir quel prix pourrait être payé, au maximum, sans faire une mauvaise affaire. Mais ce n'est point notre rôle d'apprendre aux vendeurs jusqu'oi^i peuvent aller leurs exigences. L'acheteur doit viser toujours à obtenir la marchandise au plus bas prix possible. Les comparaisons établies plus haut le guideront suffisamment, et en tout cas ce n'est pas pour les fabricants de vins de raisins secs que nous écrivons, mais bien pour les agriculteurs auxquels nous n'avons jamais refusé nos conseils, quand ils nous ont fait l'honneur de nous les demander pour des cas particuliers, sur les objets de notre compétence spéciale.
Les marcs de raisins s'emploient dans l'alimentation comme les autres résidus de même ordre, comme les pulpes notamment. Ils forment la base de la ration, et les animaux les mangent volontiers dès le début de leur distribution. Si, par exception, il en était autrement pour certains individus, un mélange avec leur aliment habiiuel, en proportion graduellement croissante jusqu'à complète substitution, les y préparerait sûrement. En ce genre les animaux s'habituent à tout.
Ce ne serait en aucun cas toutefois un bon moyen de les utiliser, que d'en former exclusivement la ration, surtout pour alimenter de jeunes animaux, mais même des adultes. En outre de la nécesssité d'assurer à ceux-ci leur aliment essentiel d'entretien, qui est l'herbe ou le foin pour les herbivores, il convient d'ajouter au marc un aliment concentré pour enrichir la ration en protéine et ramener ainsi sa relation aux limites entre lesquelles la digestibilité atteint le maximum. Pour les ruminants, par exemple, qui en sont, comme on l'a déjà dit, les meilleurs consommateurs, il y faut joindre un tourteau quelconque dans la proportion suffisante pour rétrécir la relation nutritive jusqu'à 1 :4 au moins. S'il s'agissait de jeune bétail dans la deuxième annnée de son âge, pour tirer de l'aliment le meilleur parti, l'on ne devrait pas dépasser 1 :3, et par conséquent renforcer la proportion de protéine par une plus grande addition de tourteau.
A. Sanson,
Professeur de zoologie et zootechnie à l'Ecole nationale de Grignon et à l'Institut national agronomique.
Le mois de mai est bien certainement la meilleure saison pour tenir les concours agricoles. C'est d'abord la plus agréable pour ceux qui les fréquentent, et c'est l'époque la plus favorable pour le déplacement des agriculteurs dont les semailles de printemps sont finies, et qui ont enco're quelque temps de loisir avant la récolte des foins.
Le concours régional de Bourg avait pour nous un attrait tout particulier. Bourg est la capitale des Bombes dont la verte plaine autrefois si insalubre, si abandonnée de D;eu et des hommes, aujourd'hui si fertile, si plantureuse, s'étale comme un océan de verdure aussi loin que le regard peut atteindre, depuis les premiers contreforts des montagnes du Jura, auxquels la ville de Bourg est adossée, jusqu'aux silhouettes vaporeuses des collines lyonnaises qui, vers le midi, limitent l'horizon.
Bourg est le centre d'une région éminemment agricole. Au nord, c'est le Jura, un peu âpre de nature, mais admirablement adaplé à l'élevage du bétail et à l'engraissement du mouton, dans ses fertiles vallées et aux flancs rocheux de ses montagnes calcaires, lesquels se couvrent à celte saison de l'année, d'une herbe succulente, ainsi que sur ses plateaux, où s'étalent de magnifiques pâturages. Les bords de la Saône et les vastes plaines qui s'étendent dans la large vallée que traverse cette rivière, au limon fertilisani qu'elle répand sur son parcours par ses fréquentes inondations, sont d'une fertilité extraordinaire, et devraient être exclusivement convertis en prairies ; car les inondations en rendent la culture difficile, sinon impraticable. Tout près se trouve le département de Saoue-et-Loire, l'un des plus avancés de la France pour l'élevage du bétail, et, à portés piaLicable du centre Bressan fixé pour le concours, voilà le pays des races Gharolaise et Nivernaise, dont l'exposition, comme nous allons le voir tout à l'heure, était très remarquable et par le nombre des sujets exposés et par leur mérite.
Bourg est en outre le centre des districts où régnent la race Fémeline, et celle de Montbéliard, dont les qualités laitières sont, pour ces pays de production fromagère, une précieuse source de richesse. Le concours de Bourg où se sont agglomérés tous ces éléments agricoles et où se sont réunis un si grand nombre de vaillants cultivateurs accourus de tous les districts de cette intéressante région, avait donc pour moi un attrait peu ordinaire. J'espérais trouver des traits originaux tout à fait en dehors de cette banalité générale qui fait trop souvent la désolation et l'ennui de nos concours régionaux. Puis je tenais aussi à visiter un peu la vallée de l'Ain, et pénétrer dans quelques-unes des vallées latérales pour y étudier la valeur et l'étendue des pâturages et des cultures. C'est donc avec empressement que j'ai accepté la gracieuse invitation dont M. le ministre de l'agriculture m'avait honoré, de faire partie du jury, et je me suis mis en route de bonne heure afin de pouvoir faire mes excursions avant le concours.
J'ai d abord revu les Bombes que j'avais visitées il y a bien des années déjà, et que je n'ai plus reconnues. Là où régnaient autrefois la désolation et la peste fiévreuse, j'ai aperçu des campagnes bien cultivées, et des visages sains et joyeux, J'ai dit en commençant que cette plaine des Bombes, paraissait autrefois abandonnée de Bieu et des hommes tant la désolation était profonde. Mais Bieu y est entté dans les plis de la robe de bure des saints et vaillants moines de la Trappe, les hommes ont suivi.
Mon excursion dans les montagnes s'est accomplie par un temps superbe. Parti à 8 heures 50 du matin avec M. Joseph f oignet de Lyon, l'un des associés de la grande maison si honorablement connue comme fabricants d'engiais phosphatés, dont j'ai pu, cette année, constater la valeur fertilisante et la sincérité de composition, nous arrivâmes à la gare de'Cize Bolozon, après avoir traversé un pays très Lien cultivé, et couvert de cultures de trèfle dont la végétation épaisse et robuste témoignait de la parlaite adaptation du sol, émiLcmment calcaire, à la croissance du fourrage et à l'élevage des bêtes à cornes. Cependant la pente des cultivateurs semLle incliner vers la culture du blé. Cela m'étonne, car, soit faute d'engrais, soit pauvreté naturelle du sol, tous les blés que j'ai vu m'ont paru bien chétifs et Jjicn maigres à côté des trèfles cultivés et des herbages naturels. L'agriculture de ce-pays m'a semblé tourner dans un cercle vicieux, peu ou point de bétail, et partant, peu ou point de fumier d'étanle et absence absolue d'engrais artificiels. Puis, avec ces mauvaises conditions, une inclination obstinée à la culture du blé, laquelle ne peut donner que des résultats absolument nuls. M. Coignet, accompagné de sa Jeune et gracieuse femme, elle-même fleur native de ces montagnes, me fit les honneurs de sa ferme qui est en train de se transformer sous l'inspiration éclairée de ce jeune et zélé agriculteur. J'y remarquai un excellent troupeau de vaches, choisies avec un grand discernement, parmi les l'aces plus ou moins distinctes du pays. Ces vaches dont quelques-unes paraissaient bonnes laitières, croisées avec un excellent taureau durham, très pur de race, sorti de ma vacherie, ne manqueront pas de donner des produits améliorés. Toutes les vaches étaient diîjà
pleines de ce taureau. M. Goignet possède en outre un bon noyau de troupeau de Jirebis auxquelles il a eu la bonne idée rie donner un bélier remarquable, lequel du reste a obtenu une récompense au concours de Bourg. De cette ferme qui deviendra, j'en ai )a conviction, un foyer de progrès dans cette partie de la vallée de l'Ain, nous nous rendîmes par un cbemin ravissant de fraîcheur et de surprises pittor(sques, bordant la rive droite de la rivière, jusqu'à un vieux château tort, placé comme une sentinelle au confluent d'une joyeuse rivière se jetant à gros bouillons dans l'Ain, et juché sur un monticule rocheux dont les pentes aoruptes sont ensevelies sous la verdure. Après un plantureux déjeuner rendu plus succulent par l'appéiit que produit l'air vif de la montagne, n ms repariîmes pour visiter une vallée latérale où la fertilité des pâturages le dispute en intérêt à la variété pittoresque des paysages que chaque tournant d'une route accidentée déroulait à nos regards. Au bout d'une longue course nous arrivâmes enfin au but de noire excursion qui était de visiter le beau château féodal d'un autre de mes amis, M. Platon. Si ce n'était le caractère antique de cette belle résidence, le contraste entre la nature sévère des rnontHgnes au sein desquelles elle se cache et le luxe élégant et princier qui la modernise et lui donne un aspect de haute civilisation, ce contraste, dis-jp, semblerait étrange. Mais je ne crois p^s qu'il soit possible de combiner plus heureusement l'aspect sévère et la masse grandiose de cette immense construction féodale du moyen-âge, avec les exigences raffinées du luxe et du confort modernes. Il a fallu un grand courage ou un amour bien profond de l'isolement; et de la solitude pour venir habiter ce palais somptueux, si étrano'ement perdu dans ces montagnes austères. Mais aux alentours, l'herbe pousse vigoureusement, et partout les prairies ont participé au coup de baguette magique qui a rajeuni le vieux donjon, ses tours, ses voiîtes et ses galeries. Ces belles et vastes prairies semblent fières de leur récente création et elles étendent au loin, tout autour du vieux château rajeuni, leur fraîche verdure et leur luxuriante végétation. Il n'y manque plus que la présence de belles vacbes Durhara, lesquelles, se prélassant dans ces gras pâturages ou ruminant sous ces beaux ombrages, seraient pour les hôtes privilégiés de cette splendide résidence, un spectacle superbe et une source de satisfaction et de jouissance, compensant, et bien au-delà, l'ennui de la sohtule et de l'isolement. En contemplant cette magnificence, je me suis pris à envier ces conditions d'élevage du durhara que je suis loin de posséder dans mon domaine de Saron, conditions si favorables et que je trouvais étalées à profusion autour de cette somptueuse demeure des montagnes du Jura, oiî il m'a paru qu'on n'était pas encore en mesure d'en profiter, bien que déjà un bon commencement ait été fait.
Mnis il est temps de retourner au concours de Bourg car mes fonctions m'y appellent, et comme membre du jury et comme écrivain rapporteur du Journal de ragriculture.
En examinant le catalogue, on voit que la race dominante, c'est la race locale femeline ou plutôt Bressane, laquelle ne compte pas moins de 80 représentants. Puis vient la race Gharolaise qui compte 69 sujets. La race Durham est représentée par 39 animaux, et les croisements avec l'élément Durham ne comptent pas moins de 28 animaux, de sorte que l'élémentDurham comprend 67 sujets Ce nombre est bien plus élevé que je ne m'y attendais, car les districts dont Bourg est le centre ne brillent guère par l'élevage de cette race d'élite à laquelle la luxul'iance des cultures fourragères et la richesse des prairies naturelles semblent si bien convenir. Les autres races diverses, y incluses les bandes de vaches laitières, telles que la race de Montbeliard d'origine suisse, celles de la Suisse proprement dites, la race normande, la race hollandaise et les croisements entre ces races, comptaient ensemble 95 animaux, ce qui fait un total de 311 sujets d'espèce bovine. Voilà, certes, un respectable contin-ent, et les termes de comparaison, on peut le dire., ne manquaient point à l'étude des races diverses qui le composaient, et c'est cette étude comparative qui rendait le concours spécialement intéressant. La race femeline venait naturellement du pays Bressan et des environs immédiats ori elle fleurit près pie exclusivement, c'est-à-dire des départements de l'Ain, de la Haute-Saône et du Jura. C'est une race qui possède un certain cachet local, lequel convient sans doute aux goi^its et aux exigences des éleveurs de ces locahtés. Ses traits distinctil's sont foitement caiactérisés, car le type est assez constant et parfaitement homogène. Mais à part cette particularité qui est un mérite, je ne vois rien dans celte race qui puisse généralement la recommander. La peau est mince, la poitrine étroite, les, épaules mal placées, le cou aminci,
la tête longue et maigre, les hanches étroites, la queue accrochée très haut sur l'échiné, ce qui laisse peu d'espace entre les hanches et la cuisse. L'hs côtes sont en ogive prononcée, et les pattes longues. Evidemment ce n'est point une race à viande, et j'en ai remarqué un bien petit nombre offrant des indices bien caractérisés de qualités laitières Cependantj le corps est assez massif et le (lanc est droit et descendu. C'est une race qui me semble susceptible d une certaine améhoration malgré sa couleur froment pâle, 'indécise et lavée, indice d'un tempérament peu énergique et effacé. Le principal mérite de cette race, à mes yeux, est un type local bien fixé et bien caractérisé, ce qui vaut mieux que ces produits indécis, n'ayant aucun caractère de race distincte, provenant d'une confusion de sangs divers. Cette race, en outre, par sa conformation et son aspect, dénote des aptitudes laitières qui, par une soigneuse sélection, et une alimentation généreuse des veaux, pourraient grandement s'améliorer. Je crois aussi qu'en choisissant un bon reproducteur de sang pur durham, on pourrait arriver beaucoup plus vite que par la sélection, à une rénovation complète de cette race et à son amélioration permanente au point de vue du lait dont les principes féconds abondent dans sa nature, et à celui de l'aptitude à l'engraissement qui luimanque absolument. Je sais d'ailleurs, que les expériences se font sous les soins d'éleveurs habiles et intelligents, parmi lesquels ii me plaît de citer M. Gréa qui nous a présenté dans les caté^-.ories des croisements Durham, des produits Durham-Bressan admirablement réussis. Je sais aussi que d'autres se préparent à suivre l'exemple de cet habile agriculteur, qui possède à si un haut degré b zèle et la science du propagateur de la bonne doctrine et de la bonne pratique. Que les récompenses que nous lui avons décernées soient pour lui un encouragement à continuer sa patriotique entreprise, et puissentelles dans un concours prochain lui susciter de nombreux concurrents! Il est à remarquer que M. Gréa, à l'exception d'un autre exposant, M, de la Pérouse de Bourg, dont il faut louer aussi la judicieuse initiative, est le seul exposant de ce croisement Durham-Bressan. Tous les autres produits croisés Durham appartiennent à la combinaison Durham-Gharolais. J'éprouve donc le plus grand plaisir à constater les heureux effets de ce croisement Durham-Fe.nelin, dont les spécimens exposés ont révélé, d'une manière éclatante, le succès incontestable et absolu. Voici la liste complète des récompenses décernées :
Pbime d'honnefir, un objet d'art, pour l'exploitai ion da département de l'Ain, ayant obtenu l'un des jirix culturaux et réalisé les amélioralions les plus utiles et les plus propres à être ofTcrtes cofiime exemple, décernée à M. Desvignes-Bérard, à Marlieux.
Prix de spécialités. — Un objet d'art spécial, M. de Monica dt, à Versailleux, pour son ensilage de maïs, la belle installation de si laiterie, son élevage très remarquable de bétail. — Médailles d'or grand module, MM. Picquet, à Grossiat, pour sa cullnfe maraîclière. ses défrichements et la création de ses prairies; Marme, à Challes, commune de Bourg, pour dessèchements d'étangs et tratislormalion de terres labouiables en prairies naturelles; Revel. à Pont-de-Veyle, pour son élevage de bêtes à cornes. — Médaills dor, MM. Guicharl, à Reyssouze, po ir sa culture d'asperges; Goy, à la Balme et Cerdon. pour la création de ses chemins et l'amplioration de ses h'rbages. — Médailles d'argent grand modide , MM. Morel, à Lent, pour ses pvairies naturelles; Robin, à Marboz, pour la bonne tenue de sa terme. — Médailles d'argent, MM. Pnget, à Pontde-Vaux, pour sa forte proportion de bétail et le judicieux emploi île son engrais de ferme ; Dubiez, à Saint-Vnlbas, pour une fosse à purin établie dans d'excelbntes conditio'*s.
Ppix ij'iRRiGATioNS. — l" Catégorie. — Propriétés contenant plus de 6 hectares de terres arrosées. — T prix, médadle d'argent grand moilule, M. Louis-Amédéa Micliaud, à Thoiry;' 3% mpdaïUe d'argent, M. Jean-Bapti^te Benoit, à Bouliqueux.
2"" Calégori>'. — Propriéiés ayant 6 hectares et au-dessous soumis à l'irrigation. — 2" r""'^' rrédaiile d'argent, M. Isaac Collet, à Saint-Nizier-le-Désert; 3°, médaille de bronze, M. Francisque Montillet, à Belmont.
Récompensi s aux agents de l'exploitation qui a obtenu la prime d'honneur. — Médailles d'argent, MM. Henry, di' François Gullaumin, maître-valet; Benoît Thévenot, comptable; Mme Antoinette Henry, ménagère. — Médailles de bronze, Mme Marie Datant, femine de basse-cour; MM. Claude Paucot, maîire-vacher ; François Dutant, premier charretier.
Espèce bovine.
l"" Catégorie. — Race cha-olaise. — M;\ies. — 1'" Section. — Animaux de 6 mois à 1 an. — 1" prix, M. le comte Henri de Laferriùre, à Bierra-los-Semur (Côte-d'Or) , 2", M. Jean Bicquelot, à Monchanin-les-.Mines (Saône-et-Loire) ; 3% M. Ltuis B rnard. à Bourbon-Lan -.y (Saone-et-Loii-e). — -2" Section . — Animaux de 1 à 2 ans. — I'''' prix, M Emile Petiot, à Touches (Saône-ei-Loire); 2% M. Claude .Mor-^au, à "Vic-sous-Thil (Côie-rrur) ; 3% M. Antoine Triper, à Venarey-les-Laumes (Côte-d'Or). — 3° Section. — Animaux de 2 à 3 ans. — p'"' prix, M. Antoine Tripier; 2^ M. Louis Bernard; 3'', M. Clurles Ballot, à Chenevrcy (Uauie-Saône). — Femelles. — P" Seciinn. — Génisses de 6 mois à 1 an. — P' prix, M. le c nntc Henri de Laferrièrp; 2", M. Claude .Moreau; 3", M. Antoine Tripier. — 2'^' Section. — Génisses de 1 à 2 ans. — 1" prix, M. Clauie Moreau; 2", M. le comte Henri de Lafcrrière; 3", M. Emile Peiiot ; 4°, M. Louis Bernard. — 3'-" Section. — Génisses de 2 à 3 ans. — P" prix, M. Louis Bernard; 2°, M. le comte Henri deLafeTiôre; 3", M. Claude Moreau ; 4", M. Emile Petiot. — 4" Section. — Vaches de plus de 3 ans. — p''' prix, M. Claude Moreau; 2% M. Emile Petiot; 3", M. le comte Henri de Laferrière; 4°, M. Damien Desvignes, àla Chapolle-dc-Guinchay (Saône-et-Loire).
Prix d'ensemble au meilleur lo*. d'animaux de la \" catégorie. — Un objet d'art, M. Claude Morpau.
2= Catégorie. — Ra^e D irham. — Mâles. — 1" Section. — Animaux de 6 mois à 1 an. — ]«■■ prix, M. Emile Pciiot; 2% M. ElieLarzat. à Germigny-l'Exempt (Clier) ; 3% M. Emmanuel Gréa, à RotaÙer (Jura). — 2" Section. — Animaux de 1 à 2 ans. — l" prix, M. Emile Petiot; 2% M. le marquis de marquis de Monllanr, à Cot<nat-Lyonno (Allier); 3^ M. Elie Larzat. — '.]" Section. — Animaux de 2 à 4 ans. — 1" prix, M. le marquis de Marquis de Montlaiir ; 2", M. Alexandre Lacour, à Saint-Fargeau (Yonne) ; 3% M. Emile Petiot. — Femelles. — !■■" Section — Génisses de 6 mois à 1 an. — 1" prix, M. Elie Larzat; 2°, M. !e marquis de Montiaur; 3°. M. Alexandre Laconr. — 2'' Section. — Génisses de 1 à 2 ans. — l'"' prix, M. le marquis de Morithur ; .2'', M. Elie Larzat; y, Alexandre Lacour. — S"' Section. — Génisses de 2 à 3 ans. — l" prix, M. Klie Larzat; 2% M. le marquis de Montiaur; 3% M. Emile Petiot. — A"" Section. — Vaches lie plus de 3 ans. — 1" prix. M. le marquis de Montiaur ; 2*, M. Elie Larzat; 3", M. Alexandre Lacour.
3'= Catéqorie. — Croisements Durliam. — Mâles. — 1"" Section. — Animaux de 6 mois à 1 an. — ]" prix. M. Alexandre Lacour ; 2", M. Emmanuel Gréa. — 2" Section — Animaux de 1 à 2 ans.
— l" prix, M. Emile Petit t; 2^ M. Alexandre Lacour. — Femelles. — 1"' Section. — Génisses de 6 mois à 1 an. — 1" prix, M. Emile Petiot; 2. M. Alexandre Lacour. — 2" Section. — Génisses de 1 à 2 ans. — V piix, M. Alexandre Lacour; 2", M. Emile Peliot. — 3'^ Section. — Génisses de
2 à 3 ans. — l^prix, M. Emile Petiot; 2°, M. Alexandre Lacour. — 4" Section. — Vaches de plus de 3 ans. — l"' prix, M. Antoine Tripier; 2', M. Claude Moreau; 3°, M. Alexandre Lacour.
4" Catéqorie. — Race femeline ou Ire-sane. — N aies. — l" Section. — Animaux de 1 à 2 ans.
— 1" prix, M. Eu'-èiic Chamhaud, à Péronnas (Ain); 2% M. Anatole Marie, à Arc-le-Gray (Haute- Saône) ; 3°, M. Charles Ballot ; 4'^. M. Augustin Parcheminfy, àArchenoncourt (Haute-Saône). — Mentions honornblcs. MM. Eugène Chamhaud ; Chambaud père. — 2" Section. — Animaux de 2 à
3 ans. — 1"' prix, M. Anatole Marie; 2°, M. .lantod, à Auirry (Haute-Saône); 3% M. Fugène Chambaud; 4% M. Claude-Joseph Monnot, à Cugney (Haute-Saône). Mentions honorables, MM. Augustin Parcheniinez ; Damien De- vignes. — Femelles. — 1" Section. — Génisses de 1 à 2 ans. — 1" prix, M. Antoine Banloiix. à Dôle (Jura); 2'' prix, M. Auguste Ballot, à Chancey Haute- Saôn''); S"", M. Eugène Chambaud ; 4'', M. Damien Desvignes. Meniion honorable. M.Charles Ballol. — 2'" Section. — Génisses de 2 à 3 ans. — 1" prix, M. Charles Ballot : 2", M. François Revel, à Pont-de-Veyle (Ain); 3'', M. Augustin Parcheminey ; 4', M. Arthur Marlet, à Villoveiileles-Choye (Hauie-SaOne). Meniions honorables, MM. Eugène Chambaud; Augusie Ballot. — 3° Section. — Vaches de plus de 3 ans. — l'"^ prix. M. Eugène Chambaud; 2*, M. Emile Chauvin, à Poiit-d'Héry (Juia): 3°, M. Charles Ballot; 4", M. Antoine Bardoux. Mentions honorables. MM. Damien Desvignes; C;hambaud père.,
5"^ Catégorie. — Races françaises diverses de Montbéliard, normande, etc. — Mâles. — l" Section. — An'raaux de l à2 ans. — !"■■ prix, MM. Théodore Geste, à Auxerre (Yonne); 2% Marc frères, à Chevigny-Saint-Sauveur (Côte-d'Or). — 2' Section. — Animaux de 2 à 3 ans. — Prix unique, M JosephGraber, à Coutenans (Haute-Saône). — Femelle . — ]'" Sect'on. — (bénisses de de I a 2 ans. — i"prix, M. Isuiore Fonel, à Marsangy (Yonne); 2", MM. Marc frères. — Mention honorabb, M. Théodore Gesie. — 2° Section. — Génisses d-i 2 à 3 ans. — l" prix, M. Isidore Fouet; 2% M. Théo lore Geste. — 3= Section. — Vaches de plus de 3 ans. — 1" prix, M. Théodore Geste; 2° M. Martin-[-$oyer, à Sainl-Appollinaire (l'.ôie-d'Or); 3" MM. Marc frères.
6° Catégorie. — Races étrangères Uiiières, à l'exclusion des races ayant une catégorie spéciale.
— Sous-Catégorie. — Races d" grande taille (bernoise ou l'ribourgeoise, hollandaise et analogues).
— Mâles. — l'" Section. — Animaux de 1 à 2 ans. — Prix unique, M Joseph Grab°r. — 2" Section. — Animaux de 2 à 3 ans. — Prix unique, M. Ttiéodore Geste. — Femelles. — 1" Section. — Génisses de 1 à 2 ans. — Prix unique, M. Joseph Graber. — Memi m honorable, M. Jean deThoisy, à Joudes (Saône-et-Loire). — 2° SeHion. — Génisses di^ 2 à 3 ans. — Prix unique, M. Théodore Gest-. — 3° Section. — Vaches de plus de 3 ans. — Prix unique, M. Théodore Geste. — Mention honorable, Mvl. Marc frères. — Sous-Caiéqorie. — Race de moyenne et de petite taille (Scliwitz, arpenzell et analogues). — Mâles. — ]'" Sec'ion. — Animaux de I à 2 ans. — 1" prix, M. Gustave Hugard,à ChâtiUon-sur-Seine (Côte-dOr) ; 2% M. Léon Japiot, à Cii:\lillon-sar-Seine (Côte-d'Orl; 3», M. Joseph Graber. —7 Ment'on honorible, M. Beau, à Sambourg (Y^onne). — 2" Section. — Animaux de 2 à3 ans. — 1" prix, M. Jean Keynauld, à Avignon (Van lus»') ; 2°, M. Narcisse Minangoin, à Esnon (Yonne). — Mention honorable, Mme Jo ez, .à Villers-sous-Chalançon (Doubs). — Femelles. — \" Section. — Génissps de 1 à 2 ans. — l"' prix, M. Narcisse Minangoin; 2'' M. Ali^xnidre Courtet, à File (Vaiicluse). — Mention honoralde, M. Terrillon-Lemoine, à Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or) — 2" Sertion. — Génisses de 2 à 3 ans. — 1" prix, M. Léon Japiot; 2% M Charles liugard, à Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or); 3% Mme Jobez. — Mention honorable, M. Joseuh Graber. — 3' Section. — Vaches de plus de 3 ans. — !" prix, .M. Alexandre Courtet; 2°, M. Jean Reynauld; 3", M. Narcisse Minangon; 4', M. Joseph Graber.
Prix d'ensi-mb e, au meilleur loi d'animaux de î'tspèce bo\ine des 2% 3", 4', .5' et 6° catégories.
— Un objet d'art â M. Eugène Chambaud, pour ses animaux de race feaieline.
Bande? de vaches laitières (en lait). — V prix, MM. Marc frères; 2% M. Eugène Chambaud.
Espèce ovine.
l" Catégorie. — Races mérinos et raétis-m;rinos. — l" Section. — Animiux âgés de 18 mois au plus.— Mâles. — 1" prix, M. Hypcolyie Texloris, à Cheney (Yonne); 2% M. Léon Japiot, à Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or) ; 3', M. Alexis Boulay, à Jonvelle (Haute-Saône). — Prix supplémentaire, M. Charles Hugard, à Châtillon-sur-Seine (Côte d'Or). — Mention honor-ble, M. Lemoine- TerriHon, à Ma sey-sur-Ource (Côie-d'Oij. — Femelles. — P'prix, M. Léon Japiot; 2% M. Hyppolite Textori-; 3, M. Teirillnn-Lemoine, à Chàtill n-sur-Seine (Côte-d'Or) — 2' Sect on. — Animaux âgés de plus de 18 mois. — Mâles. — 1"" pmx, M. Hyi'polyte Textoris ; 2% M. Léon Japiot; 3% M. L-moine-Terrillon. — Piix supplémentaire, M. Terr'llon-Lemoine. — Femelle*. — l" prix, M. Léon Japiot, 2% M. Hyppolyte Textoris; 3% M. Lemoine-Terrillon. — Mention honorable, M. Terrillon-Lemoine.
3* Catérjurie. — Races françaises diverses. — Mâles. — 1" prix, M. Alexis Boulay. — Femelles.
— 1" prix, M. Alexis Boulay.
3' Catégorie. — Races étrangères à laine longue (dishley ou leicester, hollandaise et analogues).
— Mâles. — 1*'^ prix, M. Alphonse Tiersonnier, à Gimouille (Nièvre); 2% M. Auguste Massé, à
Germigny-l'Exempt (Cher), — Femelles. — l"'' prix. M, Alphonse Tiersonnier; 2", M. Auguste Massé.
4' Catégorie. — Races étrangères à laine courte (southdown et analogues!. — Mâles. — l"prix, M. le comte de Bouille, â Villars (Nièvre) ; 2", M. le comte Henri de LHlerrièrp, à Bierre-lès-Semur (Côle-d'Or). — l'nx supplémentaire, M. Joseph Coignet, h Sainl-Maurice-d'Kchazeau (Ain), — Femelles. — 1" prix, M. le comie Henri de Lal'erriiTe ; '!'', M, le comte de Bouille.
ii" Catégorie. — Croisements divers. — Mâles. — 1"' i)rix, M. le comte Henri de I.aferrière; T, M. Terrillon-LemoiiiH ; 3", M. Juste Thomas, à Oessia (lura). — Femelles. — 1" prix, M. Antoine Rouj, à Prissey (Côte-d'Oi) ; 2'', M, le comte Henri de Laferrière; 3", M. Juste Thomas.
Prix d'ensemble, au meilleur lot d'animaux d'espèce ovine. — Un objet d'art à M Léon Japiot, pour ses animaux de race mérinos.
Espèce porcine.
1" Catégorie. — Races indiffènes pures ou croisées entre elles. — MAles. — l"' prix, M. le marquis de Lénoncourt, à Bui'Sières (Hauie-Saoue) ; T, M. Chambaud père, à Perronnas (Ain) ; i", M. Terrillon-Lemoine. — Mention honorable. M le marquis de Lénoncourt. — Femelles. — l" prix, M. le marquis de Lénoncourt; 2% M. Desvignes-Bérard, à Marlieux (Ain); 3°, M. Terrillon-Lemoinp.
2' Catégorie. — Races étrangères pures ou croisées entre elles. — Mâles. — 1" prix, M. Lemoine- Terrillon ; 2% M. le marquis de Lénoncouit. — Mention honorable, M. le marquis de Lénoncourt, — Femelles — l"" prix, M, le marquis de Lénoncourt; 2", M. TerrillonLemoine ; 4* M. Jean Morand, à Bény (Ain). — Mentions honorables. M, le marquis de Lénoncourt.
3" Catégorie. — Croisements divers entre races étrangères et races fiançaises. — Mâles. — • 2' prix. M, de Lénoncourt. — Femelles. — 1" piix. M, le marquis de Lénoncourt ; 2% .M. Claude- Joseph Monnot, à Cugney (Haute-Saône) ; 3% M. Kmile Petiot, a Touches (Saône-et-Loire).
Vrix d'ensemble au meilleur lot d'animaux d'espèce porcines. — Un objet d'art, M. le marquis de Lénoncourt, pour ses animaux de race Yorkshire.
Animaux de basse-cour.
V" Catégorie. — Coqs et poules. — V Section. — Race de la Bresse. — 2% prix, M. Chambaud père; a*, M. Chambaud fils, à Pèronnas (Ain). — .Mention honorable, M. Jean de Thoisy, à Joudes (.Saône-el-Loire). — 2'^^ Section. — Raceh françaises diverses. — 1'^^'' prix, M. Jean de Toisy ; 2% M. Isidore Fouet, à Marsangy (Yonne). — Mention honorable. M. Isidore Fouet.
2° Catégorie. — Dindons. — 1*^' prix, M. Isidore Fouet; 2". M. Desvignes-Bérard, à Marlieux (Ain).
3'' Catégorie. — Oies. — 2'' prix, M. Jean Morand, à Beny (Ain),
4= Catégorie. — Canards. — V prix, M. Desvignes-Bérard ; 2% M. Emmanuel Gréa, à Rotalier (Jura); 3', M. Isidore Fouet.
.5" Catégorie. — 1 intades. — 2'' prix, M. Isidore Fouet.
6° Catégorie. — Pigeons. — 1" prix, M. Jean Morand; 2% M. Isidore Fouet.
Récompenses aux serviteurs ruraux ])Our les soins intelligents donnés aux animaux primés. — Espèce bovine, ovine et porcine. — Médailles dargent, MM. Hyppolite Geindrey, chpz M. Claude Moreau ; Hyppolite Chabot, chez M. Eugène Chambaud; Constant i ichet. chez M. Léon Japiot; François Noti, chez M. le marquis de Lénoncourt ; Parot, chez M. Emile Petiot. — Médailles de hronse, M.M. Joseph Roeser, chez M. Théodore Geste; Dominique Martin, chez M. le marquis de Monliaur ; Louis Receveur, chez M. Graber ; Louis Normand, chez M. Lacour; Julien Thomas, chez M. Elle Larzat ; Apollinaire Quin, chez M. Textoris ; Claude Heliot, chez M, Tripier; Mme Virginie Moutardier, chez M, Isidore Fouet.
Récompenses a.ux conducteurs de machines admises aux démonstrations publiques, aux contremaîtres et ouvriers des constructeurs desdites machines. — Médailles d'argent, MM. Alfred Transon, ouvrier monteur, chez M. Cumming; Hippolyte Lavezard, conducteur de machines à la Sociéié française de matériel agricole: Nicohs Moine, maître-ouvrier chez M. Plissonnier fils; Brissaud, maître-ouvrier chfz M. Pli'^sonnier fils ; Pierre Lurier, conducteur de machines chez M. Breloux. — Médailles de bronze, MM. Rudolph Hartemann, maître-mécanicien chez M. Giraud; Désiré Leclaire, contre-maîire mécanicien chez MM, Decker et Mot; François Ducker, mécanicien chez M. Daujat; Louis Corié, contre-maître mécanicien chez MM, Decker et Mot.
Produits agricoles et matières utiles à l'agriculture, — Concours spéciaux,
1™ Catégorie. — Stmences de froment. — 1" prix, médaille d'or, MVI. Vilmorin-Andrieux pt Cie, 4, quai de la Mégisserie, à Paris ; 3% médaille de bronze, M, François Puget, à Pont-de- Vaux (Ain).
2* Catégorie. — Graines fourragères pour prairies temporaires.. — 1" prix, médaille d'or, MM. Vilmorin-Andrieux et Cie. Prix s ipplémentaire par virement; médaille d'argent grand module, M. CeuzinJacob, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire); 2", médaille d'argent, MM. Fichot frères, à Toulon-sur-Arroux (.Saône-et-Loire) ; 3", médaille de bronze, M. Gobet, horticulteur à Bourg (Ain).
3° Catégorie. — Pommes de terre de grande culture. — 1" prix, médaille d'or, M, Pierre (irand, à i3oz (Ain) ; 3°, médaille ds bronze, M. François Dubiez, à Saint-Vulbas (.\in).
4' Caiéoorie. — Fromages de Gruyère. -^ 1" prix, médaille d'or, M. Victor Barsu, â Meillonnas (Ain); 2% méd ille d'argent. M, Joseph-Marins Genêt, à Corlier (Ain ; 3°. médaille de bronze. M. Pierre Mauron, à Gray (Haute-Saône) ; 4° et .5°, non décernés,
5" Catégorie. — Fromages de Gex. — Non décernés.
6° Catégorie. — Beurres de Fruitières. — I"'' prix non décerné; 2', médaille d'argent, M. Charles Bole, à Chantrnns (Duubs) ; 3°, nuidaille de bronze, M. Piere Mouron,
7° Catégorie. — Vin du déiartement de l'Ain. — 1" frix, médaille d"or, Mme veuve Zeandet, à Nattages (Ain) ; 2' et 3», non décernés ; 4", médaille de bronze, M. Claude Orcel, à Pezouges (Ain) ; h' 6= et 7% non décernés.
8» Catégorie. — Produits de l'horticulture. — 1" prix, médaille d'or, M. Gobet, pour l'ensemble de son exposition; 2*, médaille d'argent, M. Pi rre Grand; 3°, non décerné.
9° Catégorie. — Expositions scolaires. — 2° Section. — Travaux spéciaux et objets de l'enseignement agricole présentés par les professeurs, les instituteurs et les élèves des écoles primaires; 3° prix, médaille d'argent, M. François Chalumeau, à Vérizet (Saône-et-Loire); [>% médaille de
bronze, M. Claudel Vepnochet, à Epervans (Saône-et-Loire); 5% médaille de bronze, M. Victor Roblin, instiluleur à Flrigey-les-Auxonne (Côte-d Or).
W' Ca'égorie. - l'roluils divers non compris dans les catégories précédentes. — Médailles d'or, MM. Julien Guillemot, place Saint-l'ierre, h, à D:jon (Côte-d'Or) pour ses vins; Ceu/in-Jacob, pour ses racines fourragf'res ; Guichard-iirand, à ïleyssou/e (Ain), pour l'ensemble de son exposition. — Midaille d'arnent grand module par rirerneiit, M. Gaulhier, à Blanz ic (Gharenle), pour son eau-ile-vie de Cognac. — Stédadles d'argent, MM. Hiuiri Alb;in-1, à Saint-Just (Ain), [ourson exposition de vins du Beuijolais; Léon Japiot, à Chàlillon-sur-SeinR (Côte-d'Or, pour ^a toison mérinos; Damien D9svi;,'nes, à la Ch ipelle-du-Gunichay (Saône-el- Loire), pour son vin, récolle 186r); André BiMin, à Montracol (Ain), pour ses beiteraves et graines de betteraves ; Caucal- Lavrand, à Samt-Germain-du Bois (S;iône-et-Loire), pour cas-is et prunt-lle; Josepli-Bernard Fabr'', rue de la H^ie-O'q, à Auberulliers (Seine), pour s^n extrait de présure; Au:usie Picquet, à Groissiat (Ain), pour le pian d'irrigilion — MrduiUes de bronze, MM. F.rncst Colmant, à Saint- Ernilion (Gironde), pour ses vins de Saint-Emil'on; Charles Hugard, à Châ'illon-sur-Seine (Côted'Or), pour sa toison de laine métis tnérinos ; Théouore Ravailler, à Bourg (Ain), pour l'ensemble de son e\DOsition; Thibauiiier, rue des Maronniers, 9, à Lyon (Hhône), pour l'ensemble de son exposition; Mme veuve Constance .lalamion, rue Hippolyte-Flamlrin, 18, à Lyon, pour l'ensemble de son exposition; Tony Ravet, à B uric (Ain), pour son huile île noix; Be sede, boulevard de la Corderie, à Marseille (Bouches-du-Bhône), pour ses liqueurs 'liverses; .lean-Marie-PHul Prouvèze, à Marceuil (Côte-d'Or), pour son extrait d plantes, dit le « Trésor de la Fermière » ; Pierre Perrier, à Laquenille (Puy-de-Dôme), pour .ses fromages imi alion Roiiuelorl; Jean Moine, à Bourg (Ain) , p'iur ses liqueurs diverses; Joseï h Germain, cà Vieugy (Haute-Savoie), pour son miel; Edmond Cuénin, à Besançon (Doubs), pour son extrait de Coca; Julien Guillemot, pour son eau-de-vie de marc.
{La suite procliainemenl) . F.-R. de la Tréhonnais.
BIBLIOGRAPHIE AGRICOLE
Les pâhirages, les prairies naturel'es et les herbages, par M. Gustave Heuzé. membre de la Sociétf^ nationale d'agriculture, iiispecteur génpral de l'agriculture. — ; Un volume in-l8 de 360 pages, orné de 47 gravures. — Librairie agricole, 26, rue Jacob, à Paris. — Prix : 3 fr. 50.
L'importance que l'on doit attacher à la production fourragère dans la plupart des exploitations an^ricoles, ressort de plus en plus des faits qui se df^roulent sans interruption sous nos yeux. La valeur croissante de la viande et des produits animaux, qui assure au cultivateur habile une large rémunération de ses peines, alors que beaucoup d'aulresproduits deviennent aléatoires, est un gage assuré de l'avenir de la production fourragère, non plus laissée, comme jadis, au hasard des circonstances et des saisons, mais faite rationnellement et en suivant des règles précises qui assurent le succès. Ces règles sont variables suivant qu'il s'agit de la production sur les terres consacrées, pendant un nombre d'années plus ou moins long, à la production de l'herbe, ou sur les terres arables auxquelles on confie des plantes fourragères annuelles de diverse nature. Rappeler les règles qui s'appliquent à la production herbagère, tel est le but du nouveau volume que M. Heuzé a publié récemment.
Toutes les fois que le sol se couvre d'herbe naturellement, et qu'un gazon plus ou moins épais se maintient à la surface, on est en présence d'une prairie, qui reçoit des noms variables suivant la manière dont elle est exploitée. Si l'on en fauche l'herbe pour la convertir en foin qui sera consommé à l'étable, on a alTaire à une prairie proprement dite; si le bétail y est mis à pâturer dès le printemps et y est entretenu à demeure pendant une partie de l'été, on est en présence d'un pâturage; enfin, si l'herbe est de qualité supérieure et pousse avec assez d'intensité pour assurer l'engraissement du bétail qui la pâture, on est en face d'un herbage, pâture grasse, etc., dénoiijnations variables suivant les localités. Aux diverses espèces de prairies correspondent des spéculations différentes; ici on élève le mouton, ailleurs le bœuf; ailleurs encore, le cultivateur trouve profita engraisser le bétail. C'est à ces diverses catégories que correspondent les parties de l'ouvrage de M. Heuzé; dans trois livres distincts, il passe en revue les pâturages, les prairies, les herbages.
BIBLIOGRAPHIE AGRICOLE
• La partie la plus étendue est consacrée aux prairies proprement dites; ce sont, en effet, celles que l'on rencontre presque partout, les pâturages et les herbages étant limitée à des situations et à des clioiats
spéciaux. Quand on étudie les prairies, il faut considérer les sols qui leur conviennent le mieux, les plantes qui y entrent, les travaux de création, d'entretien, de récolte, les rendements et la valeur des produits ; si l'eau est insuffisante pour des récoltes abondantes, on se
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préoccupe de la leur fournir régulièrement par les travaux d'irrigation ; si, dans les bas-fonds, l'eau est en excès, il faut l'enlever par des travaux d'assainissement. Tous ces côtés de la question sont étudiés avec le plus grand soin par M. Heuzé. Nous sicçnalerons particulièrement les détails dans lesquels il entre sur la flore des prairies ; car chacun sait que la qualité des plantes fourragères est extrêmement variable; il en est de bonnes, de passables, de médiocres, d'inutiles, enfin de mauvaises.
Des détails de même nature sont donnés sur les pâturages et sur les herbages. L'opération est ici beaucoup moins complexe; mais il faut tenir com[)te des soins d'entretien que l'on ne doit pas négliger, si l'on veut en maintenir la production.
Parmi les moyens d'accroître la production, fourragère, la création de pâturages d'une durée limitée composés de plantes légumineuses ou de graminées est en faveur auprès d'un grand nombre d'agriculteurs, surtout depuis quelques années. Suivant la nature du sol et le climat, on peut les faire durer deux, trois ou quatre années. M. Vandercolmea fait connaître, à diverses reprises, les excellents résultats qu'il a obtenus avec des pâturages de cette nature, qu'il ne fait même durer qu'une année. On intercale la prairie temporaire entre les cultures de céréales et celles de plantes sarclées. On crée aussi des prairies temporaires
Fig. 23. — Ronce artificielle de M. Louet, à Issoudun.
jouant, en dehors des assolements, un rôle analogue à celui des luzernières. Dans l'un et l'autre cas, on suit dans la création de ces pâturages, des règles qui varient suivant les localités les climats et la durée que l'on veut donner à la production de l'herbe. M. Heuzé indique avec soin ces règles, avec des détails sur la nature des plantes qui doiventy entrer, sur les caractères des sols qui leur conviennent le mieux.
Dans la création des pâturages, une des préoccupations de l'agriculture est le choix de la clôture qu'il doit préférer. En dehors des haies, les clôtures en fil de fer monté sur des poteaux placés de distance en distance sont à juste titre très appréciées; les fils de fer simples sont remplacés avec avantage par la ronce artificielle, dont les piquants arrêtent les animaux et protègent la clôture contre leurs atteintes. On fabrique aujourd'hui plusieurs sortes de ronces artificielles; elles sont formées toujours par plusieurs fils tordus, entre lesquels sont disposées des pointes aiguës. La fig. 22 représente une clôture en ronce artificielle de M. Pilter, à Paris; dans la fig. 23, on voit le modèle de la ronce artificielle de ^l. Louet, constructeur à Issoudun (fndre). L'emploi de ces clôtures devient partout de plus en plus fréquent.
En résumé, le but de M. Heuzé a été d'exposer les règles avec lesquelles on obtient en abondance de bon foin, c'est-à-dire du foin qui nourrisse bien le bétail. Tous ceux qui le liront seront convaincus que l'auteur a atteint ce but. Henry Sagnier.
Nous commencerons le compte rendu du concours de Foix par un extrait du rapport fait par M. Courregeiongue, propriétaire à lîazas, secrétaire de la Société d'agriculture de la Gironde, au nom de la Commission, chargée de décerner les prix culturaux et d'irrigation dansl'Ariège en 1882. Il a donné lecture de son travail à la distribution publique des récompenses qui a eu lieu le dimanche 13 mai, à Foix.
PREMIÈRE CATÉGORIE. — Six propriétaires, exploitant leurs domaines directement, avaient demandé à concourir pour le prix cultural de Ja première catégorie.
E cploiiatlon de Saial-Paakt. — Sans offrir, au point de vue cultural proprement dit, un intérêt spécial, ce domaine appartenant à M. Piquemal, qui le dirige, présente certains travaux conçus et exécutés avec soin ; le propriéiaii'e a converti en prairies deux hectares de pâture, en enlevant les ronceà et en favorisant l'écoulement des eaux.
Il a également utilisé les terrains en pente pierreux et incultes en construisant une série de murs de soutènement qui permettent d'y cultiver la vigne et les céréales.
Ces efforts ont paru à la Commission mériter un encouragement, et elle lui a accordé une médaille d'argent grand module.
Exploitation, de VidaUt. — Ce domaine, d'une contenance de 67 hectares, situé dans la commune de Labatut, arrondissement de Pamiers, a été acheté par M. Séré en 1869, après avoir été pendant longtemps à un fermier qui l'avait complètement épuisé par une série non interrompue de cultures de céréales. Quand M. Séré en prit la direction, en IS73, les terres étaient envahies par les plantes parasites et ne produisait presque plus ni récoltes ni fourrages. Après avoir créé un vignoble de 21 hectares plantés avec le plus grand soin, il consacra
fiendant quel({U3s années le reste du domaine aux cultuies fourragères, il choisit es plantes qui non seulement enrichissent le sol de leurs débris, mais qui vont aussi chercher leur nourriture dans les profondeurs du sol, trèfle, sainfoin, luzerne ; celle culture occupe 16 hectares. On cultive encore, au Vidalet, 8 hectares de fourrages annuels pour une production totale de 8 hectares de céréales de toutes sortes; ce système de culture améliorante lui permet, dès aujourd'hui, d'entretenir de nombreux animaux et d'obtenir beaucoup de fumier.
La Commission félicite M. S^ré d'avoir su utiliser ainsi ces forces naturelles ; l'état très satisfaisant de ses blés semés sur défrichement de luzerne témoignent de l'excellence de la méthode, et justifient pleinement la médaille d'or ({u'elle accorde à M. Casimir Séré pour la reconstitution par les cultures fourragères d'un sol épuisé.
Exploitation de la Prèboste. — Cette propriété, située dans la commune de Pamiers, est cultivée par M. Vie, avec l'aide de sa famille; elle serait assez complète dans son ensemble si elle n'était pas aussi morcelée, et si certains champs ne sd trouvaient à une distance considérable de l'exploitation.
D une contenance de 22 hectares, M. Vie reçut ce domaine par héritage. Il est soumis à un assolement biennal i-outenu par une importante production fourragère.
Si les céréales occupent 10 hectares, la culture des sainfoin, luzerne, vesces, pommes de terre, betteraves, s'étend sur une surface plus grande encore.
Le blé, le méteil, l'avoine sont beaux; les terres, bien préparées, reçoivent jusqu'à trois labours; les prairies artificielles sont très belles, et les betteraves, semées en lignes cultivées à la charrue, sont vigoureuses et bien cultivées. Aussi on trouve dans les étables des bètes nombreuses et en parfait état d'embonpoint. C'est là un des principaux revenus de M. Vie, qui engrais^se tous les ans 10 bœufs, 35 moutons lauraguais, q l'il renouvelle cinq fois dans le courant di l'année.
L'engraissement des bœufs dure six mois environ, et pendant ce temps, ils reçoivent à l'étable, avec les fourrages de la ferme, quelques tourteaux et des farineux. Le troupeau est toujours entretenu sur les dépaissances quand le temps le permet. Dans la bergerie, il consomme des fèves et quelques fourrages secs.
L'élevage du cheval. est aussi une source de revenus pour la ferme de la Prèboste : une pouliche de trois ans et deux poulinières de la race de Tarbes ont été
préscnt''es. Les produits sont vendus au sevrage de 350 à 400 francs. Il y a encore tous les ans 3 porcs et 20 oies.
Le jury a été surtout rra[)pé di bon état des animaux qui, d'après la comptabilité, lui donnent en moyenne un revenu annuel de 4,000 francs.
Eq somme, la Commission est convaincue que le système de culture de la Préboste esi améliorant, et que tout est bien organisé sur cette propriété. Les bâtiments sont néanmoins un peu défectueux ; la confection des fumiers laisse à désirer , et la comptabilité est très incomplète.
Néanmoins, reconnaissant l'intelligente organisation de M. Vie, pour la culture de son domaine et ses profits sur les animaux, la Commission lui accorde une médaille d'or grand module.
Exploitaiion du Véniel. — Le joli domaine du Vernet appartient à M. Paris, banquier à Pamiers.
En 1859, époque à laquelle il fut acheté, ce n'était pour ainsi dire qu'un marécage, traversé par un chemin profond, im[)raticable, où les eaux s'écoulaient difficilement, et recouvraient les récoltes pendant les années pluvieuses.
Les rares prairies qui existaient alors produisaient un foin de très mauvaise qualité, et spffisaient à peine, avec des pâtures couvertes de joncs, à l'entretien de deux paires de bœuls de travail et d'un troupeau de quarante têtes.
Le nouveau propriétaire a réuni entre elles les parcelles trop petites pour être cultivées, les a nivelées au moyen de transports de terre, assainies par des tranchées pleines de pierres et entourées de fossés pour les égouter; plus de 3 kilomètres de drainage ainsi exécutés ont fourni d'excellentes eaux qui ont servi à l'irrigation de piairies naturelles.
Ce domaine de kO hectares contient maintenant 27 hectares de terres arables, 4 hectares de prairies irriguées, 2 hectares de prairies artificielles et 5 hectares de vignes.
En présence d'opérations si bien conduites et poursuivies avec autant d'intelligence et d'espdt de suite, la Commission a accordée à M. Paris une médaille d'or grand module pour la mise en culture de terrains marécageux.
Exploitation du Conté. — La Commission de la prime d'honneur qui visita l'Ariège en 1875 accordait à M. Azema, propriétaire au Conté, commune de Mazères, arrondissement de Pamiers, une médaille d'or pour ses succès agricoles obtenus à l'aide des engrais chimiques.
Depuis cette époque, M. Azema a acheté annuellement pour 1,800 francs d'engrais chimiques. Il a reconnu par la pratique que les sulfates d'ammoniaque et de potasse étaient les éléments qui convenaient le mieux à son sol. L'ex[)ioitation du Conté a été trouvée par la Commission couverte de magnifi |ues récoltes de blé, d'avoine et de vesces. Un ch'-'mp ensemencé d'un mélange de blé et d'avoine était dans un état lemarquable de végétation. M. Azema assure que ce mélange lui donne des résultats bien supérieurs à ceux de la culture isolée du blé et de l'avoine et il ajoute qu'il évite ainsi la verse à laquelle le froment est toujours sujet lorsqu'on le sème sur défrichement de trèfle.
Mais si sur le domaine du Conté les blés, les avoines, etc., occurent une place considérable, la culture des fourrages de toute sorte y est relativement restreinte et ne sulfit environ qu'à l'entretien de 18,000 kilogrammes de poids vivant d'animaux pour une étendue totale cultivée de 73 heciares. Aussi la vente du bétail no produit-elle annuellement que 3,700 francs, tandis que celle des céréales atteint le chiffre de l-^^l^b francs.
Malgré les soins donnés aux fumiers, l'apport annuel de 360 hectolitres de chaux et l'achat pour 1,800 francs d'engrais chimiques, la Commission ne croit pas que le système de culture de M. Azema soit améliorant; d'ailleurs les terres du Conté étant tiès tenaces et d'un travail difficile, M. Azema devrait s'attacher à augmenter le fumier de ferme qui pourrait vaincre la cohésion du sol, et à donner plus d'importance aux cultures fourragères.
Ces réserves faites, la Commission félicite M. Azema de l'état remarquabh de ses récoltes et de la tenue générale de son domaine; ell^^ lui attribue à l'unaaimité une médaille d'or grand module pour sa belle sole de froment.
Exploiialion de Ikvirolhs. — M. Causson obtenait en 1875 à l'occasion du concours régional agricole le prix cultural de première catégorie. L'état remarquable des céréales et des plantes sarclées, la bonne conlec ion des labours, l'appropriation intelligente des bâtiments et la tenue générale du domaine, justifiaient pleinement la récompense accordée au propriétaire de RevîroUes.
Mais depuis cette époque, M. Gausson s'est aperçu que le climat fro'd, les gelées, etc., corapromeltaient souvent l'avenir de ses récoltes et il a modifié son système de culture.
A cette époque, les prairies naturelles ou artificielles s'étendaient sur 17 hectares seulement; elles en occupent aujourd'hui '-i9 et produisent 12S,000 kilog. de fourrages au lieu de 75,000. Les terres labourables, de 28 hectares au lieu de 34, sont toujours soumises à l'assolement alterne et biennal, selon qu'elles sont argileuses ou siliceuses.
L'extension donnée à la production fourragère a amené une augmentation notable du cheptel vivant qui se compose de 18 animaux de l'espèce bovine et de 24 de l'espèce chevaline, représentant un poids total de 17,H75 kilo^. et une valeur de 2i,000 francs. L'idevage du cheval et de la mule constitue la partie la plus importante de l'exploitation de ReviroUes. M. Gausson attend les meilleurs résultats de l'installation a'un haras composé de 2 étalons approuvés par l'Eiat et de 3 baudets espagr ois.
Depuis 1875, il a planté un petit vignoble de 2 hectares, il a défriché plusieurs parcelles de terre, créé des chemins, approprié des bâtiments pour le logement de ses juments et de ses étalons; il achète tous les ans pour 900 francs d'engrais chimiques.
Le jury apprécie et approuve toutes ces modifications. Vu le climat et la situation topographique de Lavelanet, l'installation d'un haras rendra de grands services, mais l'œuvre de M. Giusson est encore dans la période de transformation et les grandes l^gumineiises de ses nouvelles prairies sont souvent envahies par des plantes qui nuisent à leur végétation. De leur côté, les céréales laissent à désirer en certains endroits, les plantes parasites qu'on y trouve et qui tiennent à la nature du sol et au climat pourraient disparaître au moyen d'un assolement mieux entendu.
Les prairies qui s'étendent sur les bords de la Touyre sont de belle venue, mais inégalement irriguées; dans certaines parties, le bétail d'espèce bovine appartient à la race Ghdrolaise, il est bien choisi et bien entretenu.
On voit que l'installation du haras de M. Gausson est encore à son début, le type mulassier est mal défini et peu fixé ; ses étalons, bien choisis, sont trop élevés sur jambes, ils sont trop tenus en stabulation.
Mais néanmoins l'exploitation n'a pas démérité, et son propriétaire a su la maintenir dans un état de prospérité justifiée par une comptabilité très précise et très complète qui accuse une augmentation constante des bénéfices.
Aujourd hui, comme -en 1875, la Gommission juge le domaine de ReviroUes digne du prix cultural d.e la première catégorie.
En regrettant les imperfections qui accompagnent toujours les transformations culturales et qui ne lui permettent pas d'acôorder à M. Gausson la plus haute distinction que M. le ministre met à sa disposition, la G )mmission éprouve une vive satisfaction de lui accorder un rappel de prix cultural obtenu au dernier concours régional.
2'" GvTÉGORiK. — Orphelinat agricole de la Galiaase. — L'exploitation agricole de Saint- Joseph établie depuis deux ans sur la ferme delà Galiasse près de Lavelanet, dirigée par M. l'abbé Glanet, fut ouverte en 1870 sur le domaine de Queille. A la suite d'un p ocès malheureux, l'orphelinat dut quitter ce domaine où il avait élevé de vastes constructions, établi des drainages considérables et lait d'importantes plantations M. l'abbé Glanet vient poursuivre sans découragement sur la ferme de la Galiasse son œuvre qui a pour but de recueillir les orphelins et les enfants pauvres ou abandonnés pour les moraliser, les instruire et leur donner les premières notions d'agriculture.
Les terres de l'orphelinat d'une étendue de 46 hectares sont de nature argilosiliceuse et argilo-calcaire. Elles sont généralement profondes et bien groupées autour d'un mamelon que couronnent les bâtiments d exploitation. M. Glanet paye à M. Giusson, propriétaire de la Galiasse, une redevance de 1,500 francs qu'il acquitte en travail fourni par les enfants sur le domaine de Riverolles. L'orphelinat est donc livré à ses propres ressources et constitue une véiitable ferme dans les conditions ordinaires. Gonsidéré à ce point de vue, il présente encore de nombreuses imperfections (|ui sont la conséquence de son organisation trop récente. Mais on ne peut s'empêcher de constater avec quelle rapidité s'opèrent les transformations, avec quel esprit de méthode et quelle aciiviié on procède aux différentes appropriations nécessitées par la nature même de l'établissement.
Sans parler de l'appropriation des bâtiments et des constructions nouvelles qui ont nécessité une dépease de 5,000 francs, ni de la création d'un chemin de 800 mètres et de drainages étendue, l'orphelinat a déTriché depuis 1880 4 hectares de terrains vacants et rendu à la culture deux champs abindannés.
Ces derniers travaux exécutés avec la main-d'œuvre et les ressources de rétablissement, ont permis dès la deuxième année d'aui^meater la somme des céréales et de pourvoir a.nsi plus abondamment à l'alimentation du personnel.
Les belles récoltes qui recouvrent actuellement les terrains défrichés et défoncés avec soin rémunèrent largement l'orphelinat de ses sacrifices.
La Commission accorde à M. l'abbé Glanet une médaille d'or pour mise en culture de terrains abandonnés. Elle se plaît à constater en même temps que non seulement les enfants sont entourés de tous les soins matériels désirables, mais qu'ils reçoivent encore une instruction agricole sérieuse et pratique.
4*^ Catégorie. — Exploilalion de l'Hosié. — M. Estebe est un ancien métayer arrivé à l'aisance par une culture intelligente et à force d'ordre et de travail.
C'est en 1866 que M. Estebe prit à son propre compte la métairie de l'Hosté pour la somme de 44,000 francs. Les terres situées sur le plateau accidenté de Vernagoul, à 3 kilomètres de Foix, sont argileuses, argilo-calcaires et silicoargileuses; elles se divisent en 14 hectares de terres arables, 3 hectares de prairies naturelles, 47 ares de jardins, 88 ares de vignes ; des bois et des pâtures éloignés occupent environ 19 hectares. C'est la culture du pays avec les céréales
Eour base; toutefois, on alterne les cultures et les prairies naturelles ou articielles. Ainsi les plantes sarclées occupent sur l'exploitation une étendue plus considérable que les céréales.
Les cultures de blé, seigle et avoine sont vigoureuses et productives; les pommes de terre, haricots et betteraves travaillées à la main ne laissent rien à désirer au point de vue du nettoiement et de la préparation du sol,
M. Estebe a transformé de miuvaises pâtures en prairies et lésa améliorées au moyen de transports de terreaux et a drainé un champ de 4 hectares, au moyen de pierres. Ce sol est aujourd'hui couvert d'une superbe culture de trèfle.
Le bétail est nombreux et varié; on y pratique à la fois l'élevage et l'engraissement.
Les étables contiennent 4 bœufs de travail de race charolaise, et deux bœufs à l'engrais; 5 vaches et 5 élèves ; une jument et un étalon ; 40 brebis et 7 porcs.
Les bâtiments ont été transformés d'une manière pratique et économique; toutes les pièces communiquent les unes avec les autres, les étables sont à proximité «le la maison d'habitation. Le sol des étables est pavé et une rigole conduit les urines dans une Ibsse extérieure.
Les fumiers sont abondants et traités avec intelligence. Ils sont situés sous un hangar et soigneusement recueillis et manipulés, une deuxième fosse est disposée dans la cour, pour recevoir les débris de végétaux. Les plâtras et les vidanges sont utilisés ; cette organisation a vivement intéressé la Commission.
L'outillage est suffisant; on y trouve le matériel aratoire du pays avec une machine à battre d'un bon modèle.
La culture de M. Estebe est en somme excellente et surtout améliorante et progressive; en effet les livres de compte peu nombreux portent les bénéfices à la somme de 4,001 fr. 50 en 1880, tandis qu'ils n'étaient que de 2,774 en 18-75 ; d'un autre côté la valeur vénale de la propriété a à peu près doublé.
Enfin la ferme de l'Hosté offre un bel exemple de ce que peuvent le travail, la persévérance et surtout l'union de famille pour arriver à l'aisance.
Le jury a pensé que celte petite exploitation pourrait servir comme modèle d'une bonne culture et d'une excellente administration intérieure. Il a accordé à M. .Jean Estebe le prix cultural de la 4'" catégorie. Prix de spécialité. — Vignoble de Sarranle. — L'établissement d'un vignoble est toujours une chose difficile; aussi est-ce avec un vif intérêt que la Commission a visité les plantations que M. Maurel de Laroque d'Olme a exécutées sur son exploitation de Sarrante située dans la commune de Troie.
Tout n'est pas encore parfait ; mais il s'agit de la créaiion d'un vignoble de 25 hectares dont la plus grande partie a été plantée dans l'espace de 4 ans et qui donne déjà des produits appréciables.
En 1878 Sarrante ne contenait que 7 hectares de vigne; depuis celte époque, son propriétaire a défriché et planté un coteau silico -calcaire bien exposé au midi ainsi que des terres d'ail uvion argileuses.
Le domaine a dû être préalablement nivelé par des travaux de terrassement et assaini par plus de 2,200 mètres de drainage. Un chemin d'exploitation met en communication les parties hautes et basses du domaine.
Sur un terrain bien défoncé au moyen de la charrue et de la fouilleuse, on plante à une distance de 1 mètre à 1™. 60 les uns des autres des plants distants en largeur de deux mètres. Dans certains endroits peu fertiles ils sont à 2 mètres en tous sens. Au bout de la deuxième année, on place des fils de fer. Les frais d'installation en y comprenant les dépenses de défoncement, de drainage, de l'ouverture des lignes, de l'achat des plants, du fil de fer, dcséchalas, etc. , s'élèvent par hectare à la somme de 1,005 francs.
M. Maurel a conservé les plants du pays, mais il y a aussi mêlé l'aramon, la carignane, le gamay, le petit bouchet et le grenache.
Ils sont répartis par pièces séparées selon Ta nature du sol et l'exposition.
On taille la vigne de deux manières : la taille à deux yeux et la taille en cordons ; un peu de la taille Guyot à titre d'essai.
Les vignes reçoivent 4 façons de charrue et de hersage données par deux paires de bœufs.
Les labours, peu profonds, sont fréquents et maintiennent le sol dans un état parfait de prospérité.
L'épamprage, l'effeuillage, etc., sont bien faits; les soufrages sont donnés selon les meilleures méthodes et le vignoble est préservé des atteintes de l'anthracnose par des applications d'un mélange de chaux vive et de soufre.
Les vignes de M. Maurel sont fumées tous les ans à la dose de 300 kilog. d'engrais chimiques à l'hectare; les frais annuels de culture s'élèvent à la somme de 125 francs.
Quoique n'ayant encore que 7 hectares en production malgré la grêle de 1880, la récolte de 1881 a été de 305 hectolitres.
On y trouve tous les instruments nécessaires aux besoins de l'exploitation, cuves, fouloirs, pressoirs, pompes et des tonneaux ou foudres d'une capacité de 680 hectolitres.
La Commission a été très satisfaite de sa visite au vignoble de Sarrante, elle a vu qu'aucun des travaux nécessaires n'avait été négligé, que l'outillage est complet. Elle décerne à M. Gervais Maurel une médaille d'or pour la création de son important vignoble.
Ferme-école de Royat. — M. de La Tergne, rapporteur de la Commission de la prime d'honneur de 1875, disait en parlant de Royat : « Le département de i'Ariège a l'heureuse chance de posséder une ferme-école », et nous ajoutons aujourd'hui que ce département doit grandement se féliciter de posséder au moment où la culture de la vigne est menacée de tous côtés, la première école de viticulture du Sud-Ouest.
Rappelons en quelques mots l'historique du vignoble de Royat :
La ferme ne possédait en 1866 que 4 hectares 37 ares de vignes; mais M. Lefèvre, son ancien et regretté directeur, comprit bien vite que le sol siliceux et argilosiliceux de son domaine, avec son sous-sol de sable et de cailloux, rendant plus erméables les terres de la surface, conviendrait admirablement à la culture de a vigne.
Muni des renseignements les plus précis, puisés aux sources les plus autorisées, prenant surtout ses modèles dans la Gironde, cette lerre classique de la viticultuie, fort des conseils reçus et des observations personnelles, fixé sur la meilleure préparation du sol, le choix des cépages, la taille et la fabrication du vin, il se mit courageusement à l'œuvre; il avait déjà en 1873 planté, palissé surfil de fer selon la méthode Gazenave, mis enfin en production près de 30 hectares.
A partir de ce moment, le vignoble de Royat va grandissant tous les ans ; il était de 43 hectares en 1878, époque où mourut M. Lefèvre et où M. Jaubertpril la direction de la ferme-école.
L'élan était désor-mais donné; M. Jaubert poursuivant l'œuvre de son prédécesseur défonça et planta en I8m0 un champ de 6 hectares. La surface plantée en vignes atteignit ainsi près de 50 hectares.
A cette même époque, le vignoble traversa une cruelle épreuve ; la grêle et le terrible hiver de 1880-1881 détruisirent une partie des vignes basses qui durent être arrachées.
Dans l'espace de ([uatre années, M. Jaubert installa en cordons horizontaux les plantations de 1878 et de 1880 comprenant 13 hectares environ-, le froid et la grêle
avaient tellement maltraité la plupart des souches des vieilles vignes taillées en cord(ins, qu'il (ut obligé de les receper près du sol. Cette opération de rajeunissement a pat laitement réussi et ces vignes, uniformément établies, donnent déjàdes récolles productive-!.
Le vignoble de Royat renferme les meilleurs cépages de la Gironde et de la Bourgogne; on y trouve le merlot, le cabernet qui donnent au vin rouge le moelleux, la sève et le parfum ; le mozac et le pineau qui le rendent alcoolique et coloré. Dans les vignes blanches on remarque le semillon et le sauvignon auxquels les vins de Sauterne doivent leur réputation. Chacun de ces cépages est cultivé sépaiément dans des carrés réguliers que traversent en angle droit des allées de service.
La taille est exécutée selon la méthode Gazenave, bien supérieure à celle du pays.
Les vignes reçoivent annuelleniient 4 façons de charrue et des sarclages à la herse ; le cavaillon laissé par la charrue est enlevé à la bêche.
Le'' façons sont nombreuses et judicieusement données; on multiplie les opérations destinées à défendre la vigne contre l'oïdium, l'anthracnose, on répand l'engrais tous les ans sur 10 hectares; de manière que le vignoble se trouve ainsi complètement fumé tous les cinq ans.
Ces engrais consistent en tourteaux d'arachide et d'œillette, en bourres et chiffons de aine, poils et débris de cuir, dont la valeur s'élève pour l'année 1882 à la somme de 1060 fr. ; on apporte encore dans la vigne près de 100 mètres cubes de compost, fabriqués à Royat avec des balles de blé, des marcs de raisins, de la chaux, des débris de démolition, etc. Les fumures d'établp sont exclusivement réservées pour les cultures.
Dans l'installation des bâtiments destinés à la fabrication et à la conservation du vin, on reconnaît partout l'esprit pratique qui a tout organisé suivant les exemples des meilleures exploitations vmicolesde la Gironde.
Le cuvier construit en partie par M. Lefèvre a été terminé sous la direction de M. Jaubert.
La ferraenta'ion a lieu dans les cuves en maintenant constamment la vendange plongé dans le moià-t.
■ La cuvaiî^on dure environ huit jours.
Les vaisseaux vinaires peuvent contenir une récolte de 3,000 hectolitres.
Malgré les dommages causés au vignoble par les intempéries des dernières années, la récolie des 32 hectares en plein rapporta été en 1882 de 1,36.< hectolitres, soit un rendement moyen de 42'' 32 à i'hec'are.
Dans ce vignoble de Royat, tout est parfait, est régulièrement planté, travaillé avec un soin minutieux et par les procédés les plus perfectionnés ; les cépages qui le composent sont des meilleurs de la Gironde et de la Bourgogne.
Les autres cultures du domaine ne sont pas négligées. Pour que l'enseignement soit complet à Royat, M Jaubert a ajouté aux autres terres de l'exploitation une parcelle de 6 hectares, de telle sorte que les terres consacrées aux ditférentes cultures ont encore après l'agrandissemeot du vignoble une étendue de 32 hectares.
Le létail occupe toujours à la ferme une place importante; les bœufs, les vaches, les chevaux, les animaux de l'espèce porcine représentent un poids total de 17,000 kilog., soit par hectare près de 500 kilog.
En résumé, le vignoble de Royat est véritablement un vignoble modèle, et depuis quelque temps la culture de la vigne progresse sans cesse dans i'Ariège. La terme-école est toujours restée à la tète du mouvement.
Les plants de Uoyat sont répandus '^anstout le département et les départements voisins; M. Jaubert n'a pas cédé moins de 600,000 boutures en quatre ans. La taille en cordon de Royat se propage tous les jours. Les élèves sortant de Royat sont très recuerchés afin de profiter des procédés perfectionnés qu'ils y ont appris.
M. Jaubert se prépare à lutter contre le phylloxéra, en installant des plants étrangers afin d étudier leur résistance et leur adaptation au climat avant de les indiquer aux viticulteurs.
Le jury est heureux de constater aujourd'hui dans une circonstance aussi Bolenneile, l'mflueiice de la ferme-école sur le progrès de l'agriculture de I'Ariège.
Il iehcile hautement M. Jaubert d'avoir poursuivi avec une aussi gran'le compétence l'œuvre de son prédécesseur. Il est convaincu que la ferme-école de Royat continuera sous l'administration de jeune et intelligent directeur à marcher à la tête de tous les progrès agricoles.
Pour ces motifs, il lui accorde un objet d'art comme prix spécial de viticulture. Concours d'irrigation. — Phemikbe catégorie. — M. Adrien Rigal a soumis à l'appréciatiou du jury son petit domaine de la Prairie d'une contenance de 13 hectares.
Près de 3 hectares sont occupés par les cultures de l'asperge, les fraises, la vigne et les arbres fruitiers; 3 iiectares sont couverts de bais; sur le reste du domaine s'étendent les pr.ùries dont nous allons nous entretenir.
En 1848, époque à la((uclle M. Rigal prit la direction de sa propriété, elle fut évaluée 17,000 francs. Elle ne contenait que ' hectare 50 ares de prairie et 2 hectares de terres arables Les autres parties n'étaient que des graviers ravinés par les eaux de l'Ariôge et recouverts par celle-ci à la moindre crue.
Par des colmatages intelligents et réitérés, des nivellements bien entendus et surtout par la création d'un canal qui amène les eaux dérivées de l' Ariège, M. Rigal a trans'ormé en prairies de bonne nature ces gi'aviers qui constituent maintenant P'iur celles-ci un sous-sol ptirméable et filtrant, indispensable aux terrains irrigués. Ces différentes opérations ont nécessilé une dépense de 3,000 francs. Les eaux sont dérivées à l'aicle d'un barra;.^^e construit dans la commune de Saint-Jean-de- Falga ; elles sont conduites ensuite par un canal principal sur lequel M. Rigal a greffé un canal secondaire qui débouche à l'extiémité de sa propriété.
Une série de rigoles de niveau distribuent l'eau dans toutes les parties de la
prairie; après avoir servi aux besoins de l'irrigation, elle est reçue dans des fossés
d'écoulement qui permettant d'égoutter complètement les parties les plus basses.
Tous ces travaux qui ont servi à amener l'eau sont bien conduits; la prairie est
régulièrement nivelée et irriguée d'une manière uniforme.
Le jury s'est montré satisfait de l'exécution des travaux de colmatage et des produits obtenus par une intelligente rép-irtition des eaux de l'Ariège.
11 s'est rendu compte de l'importance de toutes ces opérations qui ont contribué avec les fumiers annu-4s à augmenter dans une grande proportion la récolte de foin qui est aujourd'hui de 40,000 kilog. et à donner au domaine une plus value de 50,000 francs.
Il attribue à M. Adrien Rigal le troisième prix de la première catégorie con^ sistant en une médaille d'argent et une som;ne de 400 francs
Récompense à l'agent du domaine qui a obtenu le prix d'irrigation de la première catégorie : une médaille de bronze à M. Grouzet, chez M. Rigal, à la Prairie. 2^ Catégorie. — M. Sirre Tarridc de Mereris, canton d'Ax, a présenté également à la Commission quelques travaux d'irrigation.
Les prairies sont réparties eu 7 parcelles et occupent une surface de 5 hectares 40 ares.
Elles s'étendent des deux côtés de l'Ariège qui n'est là qu'un torrent. En 186ô, ces terres que recouvre maintenant un riche tap s de verdure, n'étaient pour la plupart que de maigres pâtures couvertes d'arbustes ou de débris de roches. Après les avoir défrichées et débarrassées des pierres qui les encombraient, M. Sicre les nivela et régularisa les pentes. Il élevi ensuite 4 barrages d'une construction bien primitive, il est vrai, mais très suffisante dans une vallée où les pentes sont très accusées et où l'eau ne fait jamais défaut. Les canaux chargés de la distribuer dans les différentes parcelles sont bien aménagés et très coaveaablement répartis.
Les résultats obtenus sont très appréciables ; les irrigations ont apporté partout la fertilité et développé la végétation des prairies qui promattent de bons rendements.
Malgré certaines imperfections de détail que nous n'indiquons pas ici, la Commission a pensé qu '. les l'ffoits de AI. Sicie méritaient d'être signalés.
Elle accorde à litre d'encouragement à M. Sicre le 4'-' prix de la 2° catégorie, consistant en une médaille de bronze et une somme de 200 francs.
Dans un pi'ochain article, nous passerons en revue les diverses parties du concours de Fuix, A. Uigal,
Président du Comice de Pamiers.
ASSOCIATION DES GIiniîSTES DE SUCRERIE
ET D'^ DLSTlLf.ERlE
Nous avons annoncé, il y a quelque temps, la création de cette association qui peut avoir une influence heureuse sur les progrès des sciences qui ont trait à
l'exploitation de la betterave en France, de la canne dans les colonies; cette association a tenu une de ses séances générales à Amiens, en même temps que le congrès sucrier; nous reviendrons sur cette assemblée, aujourd'hui nous donnerons seulement le discours du président, M. Dehérain, professeur au Muséum et à Grignon, qui indique très nettement le but que veut atteindre l'association.
Messieurs, en vous trouvant réunis pour la première fois en assemblée générale, depuis l'organisation définitive de notre association, le bureau élu par le comité que vous avez nommé doit vous signaler un changement important qui a eu lieu dans son sein. M. Riffard, après avoir rempli avec beaucoup de zèle et d'activité les fonctions de secrétaire général, a dû récemment nous adresser sa démission; chargé d'un travail qui le tiendra hors de France, pendant un espace de temps dont il ignore la durée, il ne pouvait continuer d'exercer des fonctions qui exigent un dévouement de tous les jours ; nous avons demandé à notre collègue, M. Pellet, dont vous connaissez tous la compétence et le talent, de succéder à M. Riffard dans les fonctions de secrétaire général. Le comité tout entier devant être soumis de nouveau à l'élection de la séance générale de juillet, les fonctions de M.. Pellet, comme celles de tous les membres du bureau, expireront au moment des élections générales.
Notre association, messieurs, vise deux buts différents : elle s'intéresse à toutes les questions techniques de la fabrication du sucre, et la plus grande partie de cette séance va être consacrée à l'étude de quelques-unes d'entre elles; l'association s'occupe en outre des intérêts de ses membres, fabricants et chimistes. En effet, et c'est là ce qui donne à notre association toute sa valeur et lui permettra sans doute de réaliser quelques améliorations importantes, les fabricants, loin de voir d'un œil jaloux leurs jeunes auxiliaires se grouper, s'associer pour discuter ensemble leurs intérêts, les ont aidés, soutenus, guidés, et aujourd'hui le tiers environ des membres de l'association est formé de chefs d'usine; cela m'a encouragé à traiter la question que je veux aborder sans plus tarder, car c'est du bon vouloir des fabricants que dépend sa réussite.
11 y a longtemps, messieurs, que je dirige des laboratoires et que j'ai à m'occuper des jeunes gens qui viennent y travailler; souvent déjà, il m'est arrivé d'en placer dans des sucreries; ils parlaient remplis d'entrain, joyeux, tout fiers de leurs 200 francs par mois. L'hiver se passait et bien souvent au printemps je les voyais revenir, l'oreille un peu basse, demander à reprendre leur place au laboratoire. La campagne terminée, on n'avait plus trouvé d'occupation à leur fournir, on ne pouvait les garder à ne rien faire, ils avaient été remerciés. Au mois d'août suivant, on cherchait souvent à les reprendre; rarement ils consentaient à faire une nouvelle campagne, ils avaient pris une autre direction, ils avaient cherché une occupation plus régulière. L'expérience acquise pendant la première année de travail était ainsi perdue, c'était un nouveau venu qui allait occuper la place laissée vide par son camarade; il y faisait un nouvel apprentissage, tombant dans les erreurs, recommençant les écoles qu'aurait évitées celui qu'une première campagne avait déjà instruit.
Je crois, messieurs, que l'instabilité de la position des chimistes de sucrerie, le peu de durée de leurs fonctions est un des grands obstacles que rencontre leur recrutement, et l'une des causes qui amoindrit
l'influence heureuse qu'ils pourraient exercer sur la fabrication. Or, messieurs, vous le savez, la situation est très tendue, la concurrence de l'étranger redoutable, il faut de grands efforts pour conserver une situation qu'on tend à nous enlever et il convient de ne pas dédaio'ner ces jeunes courages qui, sur un signe, n'hésiteraient pas à se jeter résolument au plus fort de la bataille.
Que peut-on faire pour maintenir dans les usines, les chimistes qui,
■ instruits par l'expérience, deviendront des auxiliaires précieux, si on
les associe à Tœuvre commune, au lieu de ne les employer qu'à un
travail secondaire? Examinons la question de près et cherchons s'il
n'existe pas une solution avantageuse aux deux partis.
Messieurs, je réclame votre indulgence, je parle sur un sujet que mes études ne me permettent pas de connaître dans tous ses détails ; si je me trompe, vous le direz, nous discuterons les propositions que je vais émettre, et de cette discussion jailliront peut-être quelques résolutions capables de nous conduire à utiliser plus complètement que par le passé la bonne volonté des chimistes de sucrerie.
Il me semble, messieurs, que la fabrication elle-même a fait des progrès sensibles, vous êtes en général bien outillés, vous travaillez habilement et je crois que si toutes les usines avaient à traiter de bonnes betteraves, elles feraient toutes de bonnes affaires; mais là est la difficulté, vous opérez sur une matière première de composition extrêmement variable puisque cette composition change avec la saison, avec le mode de culture, avec la variété.
Quelques-unes de ces influences échappent à notre action, nous ne disposons ni de la pluie, ni du soleil, mais en revanche nous pouvons agir sur la culture et choisir notre variété. Or dans les études qui ont été faites sur la betterave avant tant de zèle par MM. Dubrunfaut, Pelouze, Payen, Peligot, Fremy, Corenwinder, C'arin, Pagnoul, Pellet, Le Play, plusieurs questions ont été élucidées ; on a établi l'influence de l'engrais, celle de la culture en lignes serrées, celle de la graine. Il ne suflit pas, messieurs, que nous sachions tout cela, il faut que de ces connaissances découlent des pratiques agricoles. Or les cultivateurs lisent peu, il ne suffit pas pour les persuader de leur dire les choses, il faut les leur montrer ; aussi, je ne serais pas étonné qu'il y eût grand avantage pour les fabricants à établir, soit sur les terrains de l'usine, soit chez un cultivateur voisin, un petit champ d'expériences dans lequel seraient disposées des cultures types, indiquant l'influence qu'exercent sur la richesse de la racine, sur sa valeur, le choix de la graine, l'espacement, l'excès d'engrais azoté, l'effeuillage, etc. La disposition, la surveillance des cultures, l'analyse des betteraves quelque temps avant l'ouverture de la campagne, l'impression de petits tableaux mettant en relief chacune des influences indiquées plus haut formeraient déjà une partie des occupations des chimistes pendant l'été.
En outre, messieurs, dans presque toutes les usines le laboratoire est assez bien outillé pour qu'il soit possible d'y exécuter des analyses d'engrais; l'emploi des engrais commerciaux achetés au titre augmente chaque jour, les analyses deviennent si nombreuses que les stations agronomiques ont peine à suffire à la besogne. Pourquoi le cultivateur, qui apporte ses betteraves à l'usine, ne viendrait-il pas y faire analyser ses engrais; s'il en prenait l'habitude, il y aurait là une occupation nouvelle pour les chimistes, occupation d'autant plus intéressante que
l'achat des engrais est fait avant les semailles d'automne ou de printemps, c'est-à-dire avant le commencement ou après la fin de la campagne.
Je crois savoir que quelques usines sont déjà entrées dans cette voie et que même elles se sont trouvées bien de fournir aux cultivateurs non seulement la graine, mais encore l'engrais. Si cette pratique se généralisait, il tendrait à s'établir entre l'usine et la culture des relations plus cordiales; non seulement le cultivateur serait à l'abri des fraudes dont il est souvent victime, mais en outre on lui montrerait les inconvénients d'un emploi mal réglé des engrais dont il dispose. Peut-être y aurait-il lieu de provoquer des réunions, soit sur le champ d'expériences de l'usine, soit dans les villages voisins, et de charger le chimiste d'y exposer les bonnes méthodes de culture.
Enfin, messieurs, vous savez quel travail écrasant incombe à tout le personnel de l'usine pendant la fabrication; on est emporté par le tourbillon, on reconnaît bien chemin faisant qu'il y aurait à modifier tel ou tel détail, on le note au passage, mais le temps manque pour l'exécuter. La campagne terminée, on a du loisir, mais l'usine est vide, le chimiste parti, le fabricant n'a plus les éléments nécessaires pour étudier l'amélioration entrevue, elle ne se fait pas.
Il en serait tout autrement, si le chimiste était fixé à demeure dans l'usine, s'il était là tout prêt à soumettre à une étude méthodique les perfectionnements qui ne sont qu'entrevus, à les discuter, à calculer ce que rapportera de sucre et coûtera de charbon ou de main-d'ceuvre leur réalisation. Le chimiste deviendrait ainsi un véritable collaborateur, il saurait que c'ei^t dans l'industrie du sucre qu'il doit continuer sa carrière, il lui consacrerait tout ce qu'il possède de sagacité et d'intelligence, et s'efforcerait de prendre place parmi ces chimistes industriels, célèbres aujourd'hui, que je vois nombreux autour de moi.
Je n'ai fait que poser la question, messieurs, elle se résume en deux mots : à la période de fabrication pendant laquelle on est tout entier à la besogne courante, succéderait une période de recherches portant sur la culture de la betterave et sur les perfectionnements dont Ja fabrication peut être l'objet ; cette période d'étude serait féconde, j'en suis persuadé, non seulement par les modifications matérielles qui en résulteraient, mais surtout par le zèle et le dévouement qu'elle provoquerait chez Ie.s chimistes de sucrerie; grandis à leurs propres yeux, voyant s ouvrir devant eux un avenir que leur travail peut rendre brillant, ils paieraient et au de'à, par un labeur plus attentif, les sacrifices qu'aurait causés l'amélioration de leur position.
Or, messieurs, l'heure est solennelle, il faut dans la lutte où nous sommes engagés ne rien négliger et jeter dans le combat toutes les réserves de force et d'intelligence dont nous disposons; la sucrerie est une industrie française, c'est en France qu'a fonctionné la première usine à sucre; longtemps dans celte industrie qu'ont créée nos pères nous avons occupé le premier rang, il faut y remonj.er. Pour y réussir, il faut non seulement demander aux pouvoirs publics de mieux équilibrer les lourds impôts qui pèsent sur nous et menacent de nous écraser, il faut encore nous souvenir qu'aujourd'hui dans l'industrie aussi bien que sur les champs de bataille,, la victoire appartient à ceux qui savent enrôler sous leurs drapeaux, la maîtresse du monde, la science 1 P. P. Dehéran,
' Professeur au Muséum d histoire naturelle et à Grignon.
Séance du 23 mai 1883. — Présidence de M. Dumas.
M. H. Besnard, président du Comice de Seine-et-Oi?e, écrit pour poser sa candidature à une place de membre associé national.
M. de Béliague offre à la Société les médailles qu'il a remportées dans les concours agricoles. Sur la proposition de M. Dumas, des remerciements lui sont votés.
M. Perron et plusieurs autres négociants en graines fourragères écrivent à la Société au sujet des mélanges de graines de luzerne annuelle d'Amérique avec la luzerne ordinaire. A cette occasion, M. Heuzé maintient les observations qu'il a présentées précédemment.
M. Gateiiier, président de la Société d'agriculture de Meaux, fait hommage d'un rapport relatif à l'influence du régime commercial sur la situation de l'agriculture française.
M. Barrai présente la première partie, pour 1883, du Journal de la Société royale d'agriculture d'Angleterre, et de la part de M. Bayle, une notice sur les sables et le vignoble d'Aigues-Mortes.
M. Bouley donne lecture d'un rapport concluant à l'innocuité de l'emploi, dans la nourriture des porcs, des viandes cuites provenant des établissements d'équarissage.
M. de Bouille présente un rapport complémentaire sur les expériences de vaccination charbonneuse pratiquées dans la Nièvre.
M. Lavallée présente un pied de vigne tuberculeuse du Soudan cultivée dans ses serres, et il annonce que, conformément à ses prévisions, toutes les tentatives de culture en plein air de cette vigne, en Europe, ont complètement échoué.
M. Boussingault présente un mémoire sur le cacaoyer, le cacao et le chocolat. Il donne, à ce sujet, des détails intéressants sur les procédés d^analyse du cacao, et sur sa valeur comme aliment.
M. Clavé donne lecture d'une note sur les cultures de la Sicile, notamme"nt sur les agriimi (orangers, citronniers, etc.), et il présente quelques échantillons de fruits attaqués par des parasites.
M. de Hetz donne des détails sur les éducations de vers à soie qui se poursuivent, dans le midi, au milieu de bonnes conditions.
M. de Gasparin donne quelques détails sur la situation des cultures dans les départements des Buuches-du-Rhône et de Vaucluse, où la sécheresse est persistante. Il entre ensuite dans quelques considérations sur les conditions de la culture de la vigne dans les terrains sablonneux et sur les causes de sa résistance au phylloxéra dans ces sortes de terres. Après quelques observations présentées par MM. Blanchard, Barrai et Chevreul, la Société se forme en comité secret pour préparer sa séance publique annuelle. • Henry Sagnier.
REVUE COMMERCIALE ET PRIX ClURANT DES DENRÉES AGRICOLES