‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 580 sur 683 · X. — La culture du panais · texte numérisé non relu

X. — La culture du panais

Il a été récemment question dans le Journal de la culture du panais fourrager dont M. Le Bian a entrepris la propagation avec la persévérance la plus louable et la plus énergique. Notre excellent correspondant vient de publier la 16* édition de sa brochure sur la culture du panais. Nous y lisons que, non content d'avoir répondu, de 1874 à 1879, à 5,070 demandes de graines de cette plante, il a répondu, de 1880 à 1883, à 3,308 demandes nouvelles, de telle sorte que, en dix ans, il en a l'ait gratuitement 8,378 expéditions dans tous les départements, sans compter les envois qu'il a faits à l'étranger. Dans la plupart des circonstances, la culture de cette plante a donné un succès complet. Nous ne pouvons que féliciter M. Le Bian de la persévérance et de l'ardeur qu'il a déployées dans sa propagande.

XL — Exposition d'horticulture à Paris.

Dans ce numéro, nous publions le compte rendu de l'exposition universelle d'horticulture qui a été ouverte la semaine dernière à Paris; cette exposition a eu le succès le plus complet. Un banquet a inauguré cette solennité; à ce banquet assistait M. Méline, ministre de l'agiculture, assisté de M. Tisserand, directeur de l'agriculture. Au toast qui lui a été porté par M. Lavallée, président de la Société, M. Méline a répondu par l'allocution suivante :

« Messieurs, je remercie votre honorable président des paroles de bienvenue qu'il m'adresse et de votre chaleureux accueil. Je n'hésite pas à vous dire que je ne suis pas venu ici pour répondre par une politesse à une politesse, mais bien

Eour témoigner de l'intérêt que prend le gouvernement au développement d'une ranche de production qui, chaque jour, se développe davantage.

« Nous sommes loin du temps où l'horticulture n'était qu'un plaisir de luxe, permis seulement aux favorisés de la fortune. Aujourd'hui, elle est devenue l'occupation, le délassement, et souvent, bien souvent la consolation du plus modeste de nos cultivateurs.

« C'est à elle qu'il demande ses satisfactions les plus intimes.: l'embellissement et le charme de sa demeure et aussi la compensation aux risques ruineux auxquels il est hélas ! exposé plus que personne. Voilà pourquoi l'agriculture tend à devenir de jour en jour plus horticole, et nous devons nous en féliciter.

« C'est ainsi que se trouve réalisé le vœu que j'exprimais il y a quelques jours au concours d'Amiens, et qui résume à mon avis tous les conseils pratiques qu'on peut donner aux agriculteurs en ce moment : conjurer ou au moins atténuer les effets désastreux des fléaux qui se sont abattus sur notre malheureuse agriculture, en poussant à leur plus haut degré d'intensité toutes les branches de production qui nous restent et dans lesquelles nous excellons.

« Je n'exagère rien en affirmant que l'horticulture est un genre de production dans lequel nous excellons. Vous le prouvez tous les jours, non seulement en étendant son champ d'action, mais encore et surtout en perfectionnant ses méthodes et ses produits. Vous êtes arrivés, à force de patience et de science, à ' enfanter de véritables merveilles qui ont élevé votre industrie à la hauteur d'un art véritable: C'est vous qui avez fait de Paris un jardin enchanteur où tout éblouit et fascine l'œil de l'étranger; vous contribuez ainsi plus que personne à l'attraction que notre belle capitale exerce sur le monde entier.

a Vous ne vous bornez pas à orner, à décorer Paris ; vous le faites vivre, et ce n'est pas votre moindre mérite. Quand on analyse le mécanisme de votre industrie, on est tout de suite frappé de la masse de salaires qu'elle fournit à la population parisienne et surtout aux familles pauvres ; en sorte que ce luxe de bon goût qui fait la jouissance des heureux de ce monde se traduit, au bas de l'échelle sociale, par de véritables œuvres de bienfaisance.

« Pour en comprendre toute l'étendue, il faut consulter les statistiques qui vous intéressent : je les ai demandées à l'homme éclairé qui est à côté de moi, à l'honorable directeur de l'agriculture, et j'y ai vu, messieurs, qu'au quinzième siècle on estimait à 1,500,000 écus tout le mouvement commercial des ventes de fleurs à Paris. En 1835, un statisticien autorisé l'évalue déjà à 35 millions. Aujourd'hui, on serait au-dessous de la vérité, de l'avis de tout le monde, en estimant à 100 millions au moins le chiffre de transactions sur lequel vous opérez.

« Pour être juste, il faut reconnaître que ces magnifiques résultats sont dus en grande partie à votre Société. C'est elle qui a entretenu et avivé partout la passion de l'horticulture : elle l'a entretenue pir des expositions comme celle qui vient de s'ouvrir et qui dépasse en splendeur toutes celles qui l'ont précédée, par l'enseignement professionnel qu'elle a prodigué partout, par l'émulation qu'elle a su faire naître parmi les amateurs qui sont devenus ses auxiliaires les plus précieux.

« Aussi je comprends que son ambition grandisse avec ses succès et qu elle rêve maintenant, comme vous le disait tout à l'heure M. Lavallée, d affronter le jugement du monde dans une grande exposition internationale. Pour préluder à cette grande épreuve, vous venez déjà d'appeler dans votre jury les horticulteurs les plus autorisés de l'Angleterre et de la Belgique, et je suis heureux de les saluer ici au nom de la France. Ils vous rendent justice, messieurs, et on peut prévoir que le congrès international auquel vous voulez vous soumettre ne fera que consacrer votre triomphe. Aussi, messieurs, je termine en buvant avec une entière confiance à l'avenir de l'industrie horticole et à la prospérité de la Société nationale et centrale d'horticulture de France. »

Les procurés de l'horticulture contribuent à ceux de l'agriculture ; les méthodes sortent souvent des jardins pour accroître la production des champs. C'est pourquoi les agriculteurs doivent suivre avec intérêt les travaux des jardiniers et les résultats qu'ils obtiennent.

Page 1