‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 587 sur 683 · DISCOURS DE M- MÊLINE, MINISTRE DE L'AGRICULTURE · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M- MÊLINE, MINISTRE DE L'AGRICULTURE

Messieurs, en ouvrant cette distribution, ma pensée se reporte instinctivement vers le dernier concours régional qui a eu lieu dans votre belle ville.

C'était au lendemain de nos désastres, et peu de temps après la libération du territoire. Vos campagnes avaient profondément souffert, vos écuries étaient en partie détruites, et pour comble de malheur, la peste bovine vous était restée comme un souvenir poignant de l'invasion. On pouvait se demander si nos malheureux cultivateurs de l'Est, si cruellement éprouvés, auraient conservé assez de courage, assez de ressort moral pour se relever de tant de ruines.

Le concours de 1875 fut une révélation, la plus consolante de toutes celles qui nous avaient été données depuis l'année de deuil. Il prouva avec la dernière évidence que nos braves populations s'étaient remises à l'œuvre avec une indomptable énergie, et qu'elles se montraient, pendant la paix, C3 qu'elles avaient été pendant la guerre, patientes, infatigables et héroïques.

Le concours de 1875 comprenait 10 départements, 4 de plus que le concours actuel, dans lequel ne figurent plus la Haute-Saône, la Gôte-d'Or, le Doubs et l'Yonne. 11 fut des plus brillants tant par la quantité du bétail qu'on y admira, que par les expériences scientifiques auxquelles on se livra pour la première fois dans ce pays, et qui prouvaient déjà l'inlérêt passionné que vous apportiez aux progrès des méthodes et des procédés de culture.

C'est dans votre ville ([ue furent tentés alors les premiers essais de cette admirable machine, qu'on appelle le semoir, qu'on devrait trouver partout et qui, j'ai le regret de le dire, est encore trop peu connue et appliquée. Dès cette époque, il fut démontré que, grâce à ce merveilleux instrument, on pouvait économiser un hectolitre de semence par hectare et obtenir des augmentations de rendement de 10 à 20 pour 100 avec le concours de la houe, par les avantages de la plantation en ligne.

Depuis lors, vous n'avez pas dégénéré, et on peut vous proposer comme un exemple au reste de la France; car dans ce concours de 1883, réduit cependant

à 6 départements au lieu de 10, le nombre des machines présentées a augmenté du double. Et, comme pour mettre l'application à côté du princijje, en montrant combien la mécanique peut contribuer au développement de la production, vous nous offrez en même temps trois fois ])lus de produits qu'en 1875.

Quant au bétail, s'il est un peu moins nombreux pour la race bovine, il est plus abondant pour les races ovine et porcine.

Ge n'est pas, du reste, par la quantité des produits seulement que le concours de cette année l'emporte sur celui qui l'a précédé, c'est par la qualité, par "l'amélioration des races et le perfectionnement vraiment extraordinaire des machines. Dans cet essor de la région tout entière, le département de l'Aube, il faut lui rendre cette justice, se distingue entre tous et mérite une mention à part. Il est la preuve éclatante de l'étroite solidarité qui unit en tous pays l'agriculture et l'industrie et qui fait sortir leurs progrès de l'émulation commune.

Malgré les mauvaises années dont ce département a souffert, autant qu'un autre, il ne s'est pas découragé et a toujours été en progressant.

Ainsi le nombre des bêtes bovines s'est accru, depuis 1875, de plus de 2,000 têtes; celui des porcs, d'un millier de têtes. Pour les chevaux, l'accroi-; sèment a été plus considérable encore, grâce, il faut bien le dire, à l'initiative et au.ic encouragements du conseil général : l'augmentation est de 2,500 têtes. Quant aux surfacescultivées, elles s'étendent de jour en jour, il faut d'abord rendre justice aux hommes intelligents qui ont développé, dans de vastes proportions, la richesse forestière de ce département, qui ont su conquérir, sur votre sol crayeux, des espaces considérables et substitué de magnifiques nappes de verdure aux aspects désolés d'autrefois.

Mais ce qui passe avant tout, c'est l'accroissement considérable de la (culture du blé. On peut en juger par un chiffre. : les ensemencements ont été, en 1882, de 85,000 hectares, quand ils n'avaient été que de 80,000 hectares en moyenne pendant toute la période de 1871 à 1880.

Ge qui est plus méritoire encore, c'est l'élévation croissante des rendements : le rendement moyen annuel a été de 1,305,582 hectolitres, pour la période de 1871 à 1880, quand il n'avait été que de 1,195,904 hectolitres pour la période de 1860 à 1869. Aussi, messieurs, avez-vous été récompensés comme on l'est toujours quand on sait comprendre cette grande nécessité des rendements supérieurs : la valeur de vos récoltes en céréales qui n'était estimée pour la période de 1860 à 1869 qu'à 25 millions, s'est élevée à 30 millions pour la période de 18/0 à Î880. En 1882, elle a dépassé 39 millions.

Faut-il ajouter que la culture de la betterave a presque doublé, que celle des pommes de terre s'est accrue de 2,000 hectares environ depuis 1S69, pendant que le rendement de cette dernière culture, suivant la même marche progressive, passait de 80 hectolitres à 114 par hectare.

Ces résultats sont profondément satisfaisants et consolants; ils étonneront bien ceux qui croient qu'il y a encore une Champagne pouilleuse.

Ils sont confirm-s par une statistique d'un autre ordre et non moins curieuse, celle des baux enregistrés qui permet de se rendre compte de la valeur moyenne de la propriété. Il résulte des relevés qui ont été faits par M. le ministre des finances à la demande du ministère de l'agriculture, qu'en 1867 le prix moyen des loyers par hectare dans votre département était de 36 francs, et qu'il est aujourd'hui de 48 francs, en sorte que depuis l'Empire la hausse du loyer de la terre a été d'environ 12 francs, ce qui correspond à une plus-value du capital foncier d'environ 3ù0 francs par hectare.

Ge sont là des faits incontestables; ils jettent un jour précieux sur notre situation actuéire, qu'il faut bien se garder d'exagérer. Ils sont tout à l'honneur de nos excellentes populations agricoles, et nous avons le droit d'être fiers d'elle. Ils prouvent qu'elles sont deux fois patriotes; car elles donnent à la patrie en temps de guerre ses plus vaillants soldats, et en temps de paix elles augmentent sans cesse le capital national, préparant ainsi les ressources suprêmes qui seraient nécessaires au piiy.s le jour où il aurait besoin de faire appel à toutes ses forces.

J'espère que nous ne verrons pas ce jour de longtemps. Gar rien ne peut mieux assurer la sécurité de la France et lui mériter le respect de ses voisins que de se présenter au monde comme une nation revenue des folies guerrières, tout entière occupée à se reconstituer, à développer ses forces vives, ne désirant et ne demandant (ju'une chose : le droit de travailler en paix et de jouir chez elle de l'indépendance qu'elle laisse aux autres.

Mon cher directeur, je ne sais jusqu'à quel point la prière que je Yous avais faite de me donner votre avis sur mon projet de fertilisation des Landes pouvait être considérée comme une sommation. En tout cas, si peu usitée que soit en général cette forme de langage, elle me paraîtrait presque justifiée dans l'espèce.

Les idées que je soutiens depuis vingt ans peuvent être combattues, discutées; on peut contester, nier même l'efficacité des moyens que je propose; mais ce qu'on ne saurait méconnaître, c'est l'importance du but que j'ai en vue, puisqu'il ne s'agit de rien moins que de tripler peut-être un jour notre production agricole par la généralisation de mes procédés ; de l'augmenter tout au moins d'un dixième par leur première application aux landes de Gascogne.

C'est à ce point de vue d'utilité générale, d'intérêt public de premier ordre, que mon projet me paraîtrait devoir s'imposer à l'attention de tous, sans que personne y reste indifférent, chacun devant être tenu de se faire une opinion suivant sa propre compétence, ou du moins de n'admettre l'opinion d'autrui que tout autant qu'elle lui paraîtra résulter d'un examen sérieux et réfléchi et non d'une simple dénégation de parti pris. Je n'exige pas qu'on me croie sur parole. S'il n'y a que rêve ou utopie dans ce que j'avance, qu'on le dise et surtout qu'on le prouve, mais franchement, à haute voix, au lieu de le sous-entendre ou de le colporter tout bas avec de dédaigneux ménagements.

Vous avez bien voulu répondre à mon appel et je vous en remercie.

Vous reconnaissez que mon projet n'a rien que de pratique et de réalisable ; vous n'y voyez qu'une objection plutôt hygiénique qu'agronomiqucy qui ne me paraît être qu'une question de détail. J'y répondrai tout à l'heure; mais, pour mieux mettre vos lecteurs en mesure d'apprécier jusqu'à quel point ils doivent s'arrêter à cette objection ou à toute autre qui pourrait surgir, je vous demanderai de leur rappeler avec quelques détails en quoi consiste plus particulièrement mon projet de fertilisation des Landes, quel en est le but, quels en sont les moyens d'exécution.

I. — Le but est nettement défini : il s'agit de transformer en terres végétales de premier ordre une région de près d'un million d'hectares de sables infertiles, impropres dans leur état naturel à produire autre chose qu'une végétation spontanée de bruyères, d'ajoncs et de fougères sans aucune valeur agronomique. Si par un ensemble de travaux dont je suis loin de méconnaître l'importance, on est parvenu à modifier avantageusement les conditions physiques de ce spl ingrat, en améliorant l'écoulement de ses eaux de surface, on n'a rien changé en fait à ses conditions hygiéniques. Le pin maritime dont on peut généraliser la production à la surface des landes, n'est en réalité qu'une bruyère de haute futaie, qui n'emprunte au sol que son point d'appui, ne vit que de l'atmosphère, n'est apte à autre chose qu'à fixer le carbone de l'air à l'état de bois ou de résine, qui n'est ellemême qu'un dérivé du carbone et de l'eau. Accidentellement ce dernier produit s'est trouvé avoir acquis un prix exceptionnel pendant la guerre d'Amérique; mais, en temps normal, sa valeur est des plus minimes. De l'aveu de tous les propriétaires, la culture du pin est à

peine rémunératrice ; elle représente le placement d'un capital qui s'accroît lentement par l'accumulation des intérêts composés à un taux minime, qui n'ajoute rien à la valeur du fond dont la valeur vénale a depuis lonp;îeinps cessé d'augmenter, est inférieure [icut-être aujourd'hui à ce qu'elle était il y a trente ans, après l'ouverture des chemins de fer, ne pouvant être portée à plus de 60 ou 80 francs par hectare.

Le sol des Landes est d'ailleurs admirablement disposé pour la culture; sous un clinratdes plus favorisés, sans accidents de terrain, avec la pente nécessaire à l'écoulement des eaux pluviales, à l'abri des inondations et des intempéries; rien n'y manque que la terre végétale et les populations rurales qui seraient nécessaires pour les mettre en culture si elles existaient.

Si par un moyen quelconque il était possible de transporter à la surface de ce sol ingrat une couche de terre végétale d'épaisseur convenable, 0'".30, par exemple, choisie parmi les meilleures; personne ne voudrait mettre en doute qu'il se produirait promplement un courant d'émigration amenant sur place le3 populations nécessaires pour mettre ce nouveau sol en culture, et lui faire acquérir plus ou moins vite une valeur vénale de 5 à 6,000 fr., égale à celle des terrains similaires partout ailleurs. Si la plus-value n'était pas immédiatement égale à ce chiffre, elle ne saurait être toutefois inférieure à sa moitié. Si donc il était possible de réaliser ce programme, de transporter sur la surface des landes cette couche de terre arable, il n'y aurait aucune exagération à admettre que le gain de richesse publique produit ne saurait être évalué à moins de 3 milliards pour le moment, pouvant s'élever à près du double dans un avenir plus ou moins rapproché.

Or, si ce transport direct paraît irréalisable en pratique, on ne saurait guère nier qu'un même résultat serait obtenu si, au lieu de transporter à la surface des landes de la terre végétale toute formée, on pouvait la constituer sur place, de toutes pièces, par un mélange convenable des éléments minéraux qui, partout ailleurs, constituent cette même terre végétale.

Cette seconde partie de mon argumentation aurait pu être plus ou moins contestée, il y a vingt ans, quand pour la première fois j'ai essayé de formuler les bases de la théorie du sol végétal.

Mais les principes que j'émettais alors sont aujourd'hui passés du domaine de l'hypothèse dans l'ordre des faits scientifiques les plus avérés. Les belles recherches expérimentales de M. de Gasparin et de nombre d'autres agronomes éminents, ont mis hors de doute ces deux axiomes fondamentaux : Toute bonne terre végétale est composée d'un mélange de sable inerte et de limon argilo-calcaire. Tout mélange de sable et de limon argilo-calcaire constitue une bonne terre arable. Toute la différence existant entre des terrains de natures diverses proviendra soit de la proportion du mélange des deux éléments, soit de la composition particulière de l'élément actif du limon.

Or, quant au premier point, nous savons aujourd'hui d'une manière certaine que la meilleure proportion, comme quantité, est celle de deux parties de sable inerte pour une de limon, constituant ce que M. de Gasparin a appelé la continuité du sol.

Quant au second point, la valeur et les propriétés agronomiques du sol pourront sans doute beaucoup varier, suivant la composition chi-

miqiie du terrain ; mais il ne saurait être douteux que nous obtiendrons une terre végétale d'autant meilleure que nous serons maîtres de faire varier les éléments minéraux assimilables qui donnent au limon ses propriétés productives, de choisir entre un grand nombre, ceux que l'analyse chimique nous indiquera comme les plus riches en acide phosphorique, chaux, potasse, etc., suivant la nature particulière du sol que nous trouverons plus avantageux de reproduire.

Si donc, àlasurlace des Landes nous pouvons répandre une couche de 0"M0 d'épaisseur de limon argilo-calcaire convenablement dosée, on ne saurait contester que par le mélange de ce limon avec une quantité double de sable, nous aurons résolu le problème, constitué de toutes pièces une couche de terre arable de premier choix, analogue, ou, pour mi<mx dire, supérieure à celle que la nature reproduit chaque jour sous nos yeux, en mélangeant au hasard, sur les rives de nos cours d'eau, les sables et les limons naturels charriés par les crues.

II. — Le but de l'opération est donc parfaitement défini. Les résultats pourront se chiffrer par avance, suivant la nature, la quantité et le prix de revient des limons argilo-calcaires que nous pourrons amener sur les Landes. Ces trois questions, qui peuvent être considérées comme résumant les moyens de l'opération, ne me paraissent pas moins netleraent résolues.

Comme nature des limons, j'ai reconnu, vérifié par de nombreuses analyses de laboratoire, que les contreforts des Pyrénées, rayonnant autour du plateau central de Lannemezan, comprennent trois natures distinctes de terrains meubles, accolés ou superposés : 1" une immense formation prédominante d'argiles feldspathiques, très homogène, très meuble, sur une épaisseur de plus de 200 mètres, complètement dépourvue de calcaire, constituant à elle seule en l'état la majeure partie des alluvions naturelles des affluents de la rive gauche de la Garonne; 2" des couches sous-jacentes de marnes tertiaires, de composition à peu près analogues, mais contenant, en sus de l'argile, 8 ou 10 pour 100 de calcaire; 3° enfin des couches de marnes crétacées très riches en calcaire, beaucoun moins meubles, se débitant pourtant en lamelles minces, friables, faciles à attaquer par l'eau, aussi bien que par l'outil du travailleur.

Suivant la nature de l'alluvion qu'on croira devoir produire, on pourra attaquer plus ou moins profondément ces trois natures de terrain. Pour tous indistinctement, l'opération ne sera, en principe, qu'une question de terrassement qui serait sans doute très embarrassante, si l'on devait recourir aux procèdes ordinaires; qui deviendra des plus simples, si l'on fait intervenir comme agent mécanique l'action des eaux courantes.

Tout terrassement comprend deux opérations distinctes : la fouille ■et la charge au cha'itier d'abatage ou de déblai ; le transport et le répandage au remblai. Le prix de la première opération est naturellement proportionné au cube des matériaux extraits ; celui de la seconde dépend en outre de la distance à laquelle doit se faire le transport.

Dans la pratique ordinaire des terrassements, le prix de fouille et charge de terrains meubles analogues à ceux que nous avons à traiter, varie de 0 fr. 10 à 0 fr. 30 par mètre cube, suivant leur ténacité. En utilisant l'action mécanique des eaux agissant sous les charges puis-

SUR LES ALLUViUiSiS ARTIFICIELLES. 335

santés dont je peux disposer, j'ai la certitude qvio le prix de démolilion du mètre cube de terres meubles, se réduira à moins de 0 fr. 02 à 0 i'r. 03. Cette partie de mon projet est celle qui a donné lieu aux plus nombreuses objections, ou qui plutôt, faute d'avoir été bien comprise, a laissé planer sur lui comme une apparence de fantastique difticulté. Cette idée de démolir d'un seul coup une montagne entière par laction de formidables jets d'eau, ou plus simplement encore par î'ébouleraent d'un gigantesque trou de taupe, a effrayé plus qu'elle n'a séduit les esprits prévenus.

En fait cependant, on ne saurait contester que l'opération, dût-elle être iaite à la main par les procédés ordinaires de nos terrassiers ; la terre devrait-t-elle être attaquée à la pioche et jetée à la pelle dans un canal d'eau courante, au lieu d'être chargée dans un wagon ou un tombereau; la dépense irait tout au plus de ce chef à 0 fr. '-^0 ou 0 fr. 30 par mètre cube, ce qui représenterait par hectare de terre à fertdiser une dépense de 200 à 300 francs qui n'aurait rien d'excessive. Mais, si je n'ai pu emp'oyer encore l'eau en grand volume, sous forte pression, à démolir des terrains meubles par grandes naasses, j'ai pu constater par des expériences précises que, en opérant simplement par les procédés ordinaires, en se faisant seulement aider par l'action érosive d'un filet d'eau courante, coulant à pleine vitesse à ses pieds, et projetant dans un canal de transport en bois le produit de la fouille, le terrassier ordinaire pouvait obtenir beaucoup plus de travail dans le même temps avec moins d'efforts.

Pour le cas particulier d'une alluvion sablonneuse très meuble, que l'eau affouillait aisément, un simple journalier n'ayant aucune pratique de terrassement, a produit couramment, sous mes yeux, un déblai de 1 0 mètres à l'heure, au prix moyen de 0 fr. 03 le mètre.

Pour une terre argilo-siliceuse, très dure, empâtant des graviers, ne s'attaquant qu'au pic, résistant à l'action superficielle d'un courant animé d'une vitesse de 2 à 3 mètres, le cube enlevé par heure était réduit à 3""% et le prix du mètre porté à 0 fr. 10.

Dans les conditions moyennes des terres argilo-siliceuses, qui devront fournir le principal élément de l'alluvion des Landes, infiniment moins compactes que celles de mon dernier essai, on pourrait compter sur une moyen le de déblai de 5"" à l'heure, de 50'"" par journée de terrassier. A ce compte, la fouille de 100,000'"' a effectuer pour le canal des Landes exigerait un chantier de 2,000 ouvriers; ce qui, à la rigueur, n'aurait rien d'excessif. J'ai la cej-titude qu'en opérant l'abatage par les procédés que j'indique, on obtiendra une réduction nouvelle de plus des 4/5 dans les prix; mais fallut-il sur se point conserver les bases de l'expérience en petit, qu'il en résulterait tout au plus une aggravation de prix de 0 fr. 05 à 0 fr. 06 par mètre cube d'alluvioa .

La question du prix des transports est beaucoup plus importnnte. Le prix serait excessif s'il fallait se servir des voies ordinaires par routes, chemins de fer ou canaux de navigation, pour des distances moyennes de 200 kilomètres. H est au contraire des plus minimes, du moment oii les déblais seront transportés directement à l'état de limon en suspension dans l'eau courante. Le prix du mètre cube n'équivaut plus dans ce cas, qu'à une quote-part proportionnelle des intérêts du capital, d'établissement et des frais d'entretien de ces canaux, répartis sur le cube total annuel de déblais.

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La question revenait donc à déterminer la quantité de limon qu'un canal, d'un débit donné, pourra entraîner pendant la durée de son fonctionnement annuel. A cet égard, nous avions déjà des données certaines qui, par la comparaison des canaux existants, m'avaient permis d'admettre que l'eau courante, animée d'une vitesse de I'",5l) au plus par seconde, pouvait entraîner de 5 à 10 pour 100 de son volume de limon en suspension, sans qu'on eût à redouter aucun dépôt en route. Les expériences récentes que je viens de citer m'ont démontré de la manière la plus positive que cette proportion pourrait être beaucoup plus forte et aller au delà de 15 pour 100.

Or, la pente très considérable dont je dispose pour établir mes courants de transport, de la carrière au lieu d'emploi, est partout beaucoup plus que sulïisante pour garantir le minimum de vitesse de 1"'.50. Je puis donc admettre avec toute sécurité la proportion de 10 pour 100 comme très inférieure à la capacité de transport de mes grands canaux de limonage. Un canal ayant un débit de 12'"" à la seconde, soit on nombre rond de 1 million de mètres cubes par vingtquatre heures, pourra donc entraîner par jour 100,000 et au besoin 150,000 mètres cubes de limon.

Comment sera alimenté ce canal? De la manière la plus simple, sans qu'il soit besoin de recourir, comme vous avez paru le comprendre, à des dérivations multiples, ou à des réservoirs d aménagement. En l'état actuel, un canal fonctionne déjà, amenant sur le plateau de Lannemezan à une latitude de 630 mètres, 6 à 7 mètres cubes d'eau dérivés de la Neste, servant à alimenter les rivières sèches du Gers, en temps d'étiage. C'est ce canal, modifié dans son courant d'eau, de manière à pouvoir lui donner un débit de 20'"', qui me fournira l'eau nécessaire, après avoir desservi ses usagers actuels. La Neste, qui a de la peine à suffire en basses eaux à cette modeste dérivation de 6 à 7 mètres cubes, roule moyennement de 20 à 30 mètres cubes en temps de hautes eaux. C'est cet excédent seul que je prendrai, lorsqu'il sera disponible, peu m'impori.e l'époque. Les observations, longtemps continuées sur le régime de la ?ieste, démontrent de la manière la plus formelle que celte période de surabondance pendant laquelle les eaux sont en général plus nuisibles qu'utiles aux riverains, dure de six à huit mois par an en moyenne; bien que parfois, dans des années de grande sécheresse, cette période se réduise à quatre mois. l'renons un terme moyen, inférieur à la réalité; admettons que je ne puisse fonctionner que pendant cinq mois, soit cent cinquante jours. A raison de 100,000 mètres de limon en vingt-quatre heures, mon canal pourra entraîner, bon an mal an, 15 millions de mètres cubes de limon, soit la quantité nécessaire pour fert'liser 15,000 hectares, à 1 ,0U0'"' l'un.

La dépense totale à faire pour construction de canaux, aménagement des chantiers, travaux de toute nature, ne devant pas dépasser 25 millions; l'intérêt de cette somme à 4 pour 100, majoré d'un chiffre très minime pour le simple entretien des ouvrages, soit 1 ,200,000 fr. au plus , représentera le coiît annuel du transport d'un cube de 15 millions de mètres de limon. Le prix du mètre cube ne dépassera donc pas 0 fr. 08.

Nous avons déjà vu que, en opérant de main d'homme dans les conditions d'une expérience en petit, la fouille ne coûterait pas au delà de 0 fr. 07 ; à cette double dépense, il faudrait joindre les frais du

répandage qui se fera dans les conditions ordinaires d'un arrosage, ou mieux d'une submersion de vignes, en faisant pénétrer les eaux: troubles dans des compartiments clos de bourrelets de sables. Ces frais, sur un terrain peu incliné, comme celui des Landes, où les bourrelets pourront être en général espacés de plus de 50 mètres dans le sens de la pente, seront des plus minimes, très certainement inférieurs à 100 fr. par hectare, soit 0 fr. 10 par mètre cube de limon. Ajoutant moitié en sus pour frais généraux d'administration ou dépenses diverses de toute nature, nous arrivons à un maximum de 0 fr. 30 pour le prix du mètre cube de limon en place, se décomposant ainsi :

Fouille et abitage à la main Ofr.07

Transport par eau courante 0 04

Uépariiiage 0 10

Adminisiration et faux frais 0 09

Prix du mètre cube •. 0 30

Sur ces bases, le prix du limonage, à raison de 1,000 mètres cubes par hectare, ne reviendra donc pas à plus de 300 fr, ; et ces chiffres, je le' répète, ne sont pas h^/pothétiques; ils représentent des maxima de dépenses vérifiés par des expériences en petit, dont quelques-uns, ceux de l'abatage notamment^ seront certainement réduits dans l'opération en grand.

(La suile prochainement). Duponchel,

fngénieur en chef des ponts et chaussées

Le département de l'Ariège est situé aux extrêmes limites de la France puisque ses derniers villages confinent avec les villages espagnols.

L'agriculture est très différente dan? les à arrondissements : les arrondissements de Foix et de Saint-Girons ?e trouvent dans la montagne et l'élève des bestiaux constitue leur principal revenu.

L'arrondissement de Pamiers composé de vastes plaines argilo-siliceuses ou argilo-caicaires et de coteaux très fertiles oîi ce dernier élément domine, est essentiellement propre à la culture des céréales et de la vigne.

L'élève des bestiaux y est restreint, puisque les agriculteurs de cette partie du département peuvent s'approvisionner aux foires des deux autres arrondissements d'animaux faits et prêts à être soumis au travail.

Les fourrages y sont relativement abondants et de première qualité, ce qui permet aux propriétaires et fermiers d'entretenir dans un état d'embonpoint satislaisant leurs bœufs de travail et de les préparer facilement et à peu de frais pour la bouciierie quand ils ont atteint leur entier développement.

C'est ainsi qu'on voyait au dernier concours d'animaux gras de Pamiers 98 sujets de l'espèce bovine pesant en moyenne 900 kilog. chacun.

On voit donc que les 3 arrondissements se complètent les uns par les autres et qu'à mesure que les animaux gras se vendent à Pamiers, ils sont remplacés par ceux de la montagne.

Quant à l'espèce ovwe^ la race dos montagnes se trouve sans mélange dans les arroadissemenls de Foix et de Saint-Girons et n'est vendue aux cultivateurs de l'arrondissement de Pamiers qu'au mois de septembre qui précède leur engraissement.

Dans les plaines de Pamiers, la race Latiraguaise pure donne de superbes produits, et des toisons très Unes; le troupeau est gardé de longues années parl^ pr-opriétaire, qui au moyen de la sélection pour les femelles, et du changement de bélier, à des intervalles plus ou moins rapprochés, l'entretient dans les conditions les plus favorables.

Lespèce porcine indiijène tend aujourd'hui à disparaître sous l'influence de croisements divers qui ont donné à nos porcs primitifs, d'une charpente osseuse trop développée, une aptitude spéciale à prendre la graisse. Il est même à craindre que l'on n'aille trop loin dans cette race, car la viande est d'une nécessité absolue

338 GONGOURS REGIONAL DEFOIX.

pour la classe pauvre surtout; il est donc utile de veiller à ce ipie le but ue soit pas dépassé.

C'est ce qu'ont compris les délégués des diverses associations agricoles réunis à Foix sous la présidence de M. l'inspecteur général de Tagriculture. Quoique reconnaissant qu'en {trincipe les étalons croisés ne peuvent donner que des produits d'une aptitude douteuse, ils ont cru devoir faire une exception pour le porc, précisément pour bien établir le croisement qui pourrait convenir à la région, et ils ont demandé d'établir une catégorie de récompenses pour les verrats croisés. Cette même assemblée, sur la proposition d'un de ses membres, quoique d'accord sur ce point que les races bovines carolaise et gasconne ont des traits de ressemblance si frappants, qu'on peut croire que ce n'est qu'une seule et même race, a néanmoins reconnu que les animaux de l'Ariège nés et élevés sur la montagne, n'ont presque jamais l'ampleur des formes de ceux de la race gasconne qui dès sa naissance est copieusement nourrie ; que dans les concours ils sont f.resque toujours inférieurs à ces derniers, même à Foix oii les primes qui ieur ont été attribuées sont illusoires; qu'il est de toute justice qu'une distinction soit établie, sans quoi la lutte n'est plus possible, l'assemblée, dis-je, à émis le vœu qu'à partu' de J884, il soit établi une catégorie de primes pour la race gasconne et une catégorie spéciale pour la race carolaise.

Le teraf)S qui avait été assez mauvais dans les premiers jours de l'inauguration du concours, était devenu très beau vers le mercredi; et, à partir de cette époque, les visiteurs se sont succédé sans interruption; le dimanche 13 et le lundi i4, jours où l'entrée était gratuite, les rues de la ville de Foix étaient littéralement encombrées et on avait été obligé d'organiser des trains spéciaux.

Il est certain qu'en outre de la vue d'animaux de choix que tout le monde peut apprécier, les machines agricoles excitaient une vive curiosité. Si nous avons constaté le perfectionnement de beaucoup d'entre elles, il n'y avait, à vrai dire rien de nouveau excepté une faucheuse à scie circulaire se transformant en râteau et en faneuse, mais dont les qualités ou les défauts n'ont pu être ap[)réciés puisqu'elle n'a pas fonctionné.

Nous tenons à dire à cette occasion qu'il serait bien à désirer que les concours des machines eussent lieu pour chacune d'elles à l'époque où elles peuvent être jugi^es suivant leur travail. A Foix, aucun essai n'a été fa't et pour la plupart c'était impossible. S'il est très avantageux que dans les centres les plus reculés où les bras ne suffisent plus, on puisse tenter de marcher avec les machines, il est certainement indispensable de bien examiner si leur fonctionnement est régulier et surtout s'il est possible dans les conditions où l'on se trouve (plaines ou montagnes). 11 faut en un mot avant de prendre un parti, être sûr qu'on ne fera pas l'acquis tion souvent très onéreuse d'un instrument qui ne pourra être utilisé. Aussi se contente-t-on le plus souvent d'admirer, mais on n'achète pas ; il e.st donc évident que l'essai, le fonctionnement public en un mot, doit accompagner leuiexhibition et cela aux époques où leur travail est possible.

Il serait à d-sirer que les Sociét -s agricoles émissent des vœux dans ce sens pour être transmis au ministre de l'agricu ture.

Sur les plus importantes expositions de machines on voyait les noms de MM. Decker et Mot, Pilter, Grarnier, Lanz, Fichot frères, Plissonnier lils, Marot, Noël, Griffon, Beaume, Guyon et Audemas, Louet et Decauville avec son chemin de fer portatif. On remarquait particulièrement l'exposition de MM. Sauzay frères, d'Autun, dont les instruments bien construits étaient d'un prix relativement peu élevé et une exposition particulière d'un forgeron-mécanicien, M. Donat, de Montant, arrondissement de Pamiers lAriège), quia été tellement appréciée à cause de la solidité des instruments présentés et leur bon marché, qu'il a reçu une médaille d'argent de la Société d'encouragement à l'agriculture.

Il ne s'est guère vendu de moissonneuses, faucheuses, faneuses, râteaux, etc. Les hache-pdille, les coupe -racines, les fouloirs et les pressoirs ont seuls trouvé des acquéreurs. Je ne termmerai pas cette desc iption, sans faire remarquer qu'un des instruments les plus utiles, les plus rémunérateurs par l'économie de son travail, le semoir, ne se trouvait représenté à Foix que par un semoir à la volée. C'est fort regrettable, car c'est un de ceux dont on doit le plus conseiller l'achat. Li ville de Foix avait fait grandement les choses : à côté du concours régional, on voyait à gauche le concours hippique et à droite celui de l'industrie.

Sous la direction de M. l'inspecteur général-adjoint Vassilière et par les soins de M. Girin, ancien élève de l'Ecole nationale d'agriculture de Griginon, assisté

noNcoinis régional de foix. 339

de M. de Lecluse, professeur départemental d'agriculture à Agen, tout s'était trouvé à sa place comme par cnclianlement.

On ne sav.iît ([ue louer le plus en M. Vassilière, son habileté ou sa gracieuse bienveillance; les plus timides recevaient un accueil dont ils étaient charmés et étonnés à la l'ois, les concours précédents leur ayant laist^c le souvenir de brusqueries insolites et fréquentes.

Le champ du concours formant un vaste parallélogramme présentait dès l'entrée un admirable ensemble de machines (8^46) En entrant dans une Lrge allée bordée d'abord de locomobiles se faisant face, et plus loin de moissonneu-es et faucheuses, etc., on voy it d'un seul coup d'œiî cette superbe exposition où tout était à sa place et où chacun pouvait trouver sans la moindre fatigue Tobiet de ses recherches. Au bout de cette vaste alb^e, les animaux de resjièce bovine sur six rangs. Tout autour, à gauche, l'ospèce ovine; au fond l'espèce porcine, et à droite les animaux de basse-cour.

Les sujets de Ves/ipce bovine formaient un contingent très complet et très remarquable au nombre de 222 sujets; néanmoins quelques races étaient faiblement représentées, et les motils de bien des abstentions dnivcnt être scrupuleusement recherchés et étudiés afin que M. le ministre de l'agriculture puisse les connaître et y remédier.

L'espèce ovine était largement représentée au nombre de 99 sujets, et le prix d'ensemble a été obtenu par un de nos éleveurs ariégeois qui est depuis longtemps connu dans les C'incours.

h^espèce porcine (71 têtes) a occupé une laFçe place et, en examinant ces spécimens, on n'est plus étonné de retrouver tous les ans, au concours d'animaux gras à Pamiers, des porcs p» sant jusqu'à 350 kilog.

\S espèce gaïUne se compose comme presque toujours de sujets de races diverses, Pafloue, Houdan, Crèvecœur, la Flèche, etc , au nombre de 61 lots, qui sont très admirés; mais la race gasconne qui a bien ses qualités comme finesse, précocité, rusticité, aptitude à prendre la graisse et qui est une des meilleures pondeuses, reste presque toujours l'objet du choix définitif.

On remarquait en outre 3 lots de dindons, 4 d'oies de Toulouse, 9 de canards, 4 de pintades, 43 de pigeons et 21 de lapins ou léporides.

Bans les produits agricoles, les vins et eaux-de-vie étaient en très grande quantité.

On a beaucoup admiré une superbe exposition de Heurs de serre composée en grande partie de très belles variétés d'azalées. Pour beaucoup de visiteurs, les dames surtout, ce bouquet délicieux résumait toute l'exposition : on a beaucoup fébcité l'exposant M. Gaby, jeune conseiller de préfecture de l'Ariège.

Les fromages d'Auzat ont été fort appréciés; les vins rouges et blancs ont été trouvés bons. Les produits maraîchers les produits divers, plantes alimentaires, légumineuses et iourragères, les miels, les toisons, le lait, le beurre, etc., ont reçu des récompenses.

Mais je dois signaler dans son entier une invention que l'auteur a fait connaître pour la première fois au concours de Foix et qui peut être pour l'avenir de nos vignobles d'une utilité inappréciable; c'est la production auto;nati|ue de nuages artificiels pour la protection des vignes contre les g-^lées prinlanières.

Yoici en quoi con>iste le système de son inventeur M. X. Lestelie, sous-inspecteur des postes et télégraphes des Landes, à Mont-de-Marsan.

Un thermomètre est employé comme moyen automatique d'allumage et d'avertissement par l'application de l'électriciié. Cet appareil placé dans l'intérieur de la vigne à protéger, est l'organe régulateur, l'électricité l'orgaue électromoteur et la (onction de ces deux organes est de produire' des nuages de furaée en allumant diflerentes matières combustibles et résineuses sous l'influence d'un ap[»areil d'induction en rapport avec le thermomètre qui se distingue du modèle à mercure ordinaire par l adjonction de deux communications en fils de platine aboutissant à deux bornes d'attache en cuivre où viennent se relier les fils de communication avec l'appareil électio-automatique.

Le contact (|ui se prodiùt au thermomètre par suite de l'abaissement de température, provoque l'allumage instantané des divers foyers disposés à cet effet pour produire des nuages de fumée et arrêter l'effet du rayonnement nocturne.

Le mode d'installation est des plus simples : un fil de cuivre est tendu sur le terrain à protéger et divisé en autant de sections qu'il y a de foyers à allumer, des amorces de tensions sont disposées sur le parcours de ce fil.

L'espacement des foyers, à raison de 7 par hectare, est de 40 raètres en tout sens.

Le prix de revient, comprenant l'achat des appareils, fils, poteaux, etc., est de 50 francs par hectare une fois payés.

Comme il arrive souvent que la gelée se produit sans qu'on s'en aperçoive assez à lemps pour disposer les moyens préventits, tous ceux qui ont des bourgeons de vigne eldes fleurs d'arbre à sauver d'un dépastre ne sauraient reculer devant une légère dépense pour faire des nuages artificiels.

M. Lestelle avait disposé ses appareils sur une petite montagne qui faisait face au concours régional; à un moment précis, tous ont été allumés instantïinément et l'expérience a paru concluante aux nombreux spectateurs qui ne pouvaient plus douter.

Je terminerai ce trop long peut-être, mais fort utile exposé, par quelques mots sur le concours hippique présentant 101 sujets à peu près tous remarquables, savoir :

pur sang arabe om anglo-arabe 5 étalons et 15 juments.

ilemi-sanq 17 étalons et 64 juments .

En première ligne on remarquait l'étalon pur sang Banco, appartenant à M. le marquis de Gampaigno.

Dans les demi-sang, l'étalon Chaviberlin, appartenant à M. Montagnan, était déjà désigné par tous les visiteurs comme le plus remarquable

Les éleveurs de l'Ariège avaient conduit au concours des sujets tellement ht)rs ligne que les habitants du pays ont été même étonnés; mais ils avaient des concurrents bien redoutables dans ceux des Hautes-Pyrénées et s'ils sont restés un peu en arrière dans une lutte si inégale, leur victoire est déjà très glorieuse et ne peut qu'enc'iurager leurs elforts pour l'avenir.

La distribution des primes a eu lieu le dimanche 13 mai sous la présidence du préiet ayant à sa droite l'inspecteur général, et à sa gauche le maire de Foix, MM. les sénateurs de l'Ariège honorant de leur présence cette cérémonie.

La séance a été ouveite par un discours du préfet. M. Gourregelongue, rapporteur, a ensuite lu son travail. Après avoir prononcé quelques mots, M. de Verninhac, sénateur du Lot, délégué de la Société nationale d'encouragement à l'agriculture, a attribué au nom de cette Société un diplôme d'honneur à M. Lestelle, pour son invention des nuages artificiels, et une médaille d'argent à M. Donat, forgeron-mécanicien à Montant (Ariège), pour la solidité et le bas prix de ses instruments agricoles.

La distribution des prix et des médailles a eu lieu au milieu d'un immense concours de visiteurs venus de tous les côtés; les intermèdes étaient très agréablement remplis par l'excellente musique du 59™'' de ligne.

Prix culturaux.

4" Cntéqorie. — Métayers isolés, propriétaires ou hrmiers de domaines au-dessus de 5 hectares et n'excédant pas 20 heciaies. — Un olîjet d'an, M. Jean Estèbe, cultivateur à i'Hosté, commune de VernaJDul (arrondis-ement de Koix).

Bappcl de pnx cuUural de la l'" catégorie. — M. Artiiur Caussou, à Révirolles, commune de Dreuillie (arrondissement de Koix).

Prime d'honneur, non décernée.

Objet d'art de spécialité. — M. Jaubert, directeur de la ferme-école de Royal (.\riège), pour la création d'un vigiioUe de 2b iicctares et la bonne tenue de l'ensemble des vignes.

Médailles DE spécialité. — (L'dliribution de cette récompense exclut tout classement).

MÉDAILLES d'or (grand module). — MM. Azema pi'opriétaire, au Conte, commune de Mazères. arrondissement de Pamiers pour ses helles récoltes île céréales; l'ans, propriétaire au Vernet. arrondissement de Pamiers, pour l'assainissement et la mise en culture de terrains marécageux; .Jacques Vie, propriétaire, à la Prébosie, commune de Pamiers, pour l'extension de ses cultures fûun avères et la bonne tenue de ses étables.

MÉDAILLES DOR. — MiM. l'al'bé Clafiet, directeur de l'Orphelinat agricole de .Saint-Joseph, à la Galiasse, commune de Lavelanet, ar.ondissement de Foix, pour la mise en culture de terres abandonnées; Gervais Maurel, à Sarraute, commune de Troie, arrondissement de Pamiers, pour la création d'un important vignoble ; C;isimir Sôié. à Vidalet, commune de Labatut, arrondissement de Pamiers, pour la reconsiitution, par la culture fourragère, de 1 1 fertilité d'un sol épuisé.

MÉDAILLE d'argknt (grand module). — M. Ferdinand Piqiiemal, à Saint-Paulet, commune de Saint Pdul-de-Jarrat, airondissement de Foix, pour ses travaux de défrichement de terrain en pente.

Prix d'irrig4TI0n DE l'Ariège. — p° Calégnrie. — Propriétés contenant plus de 6 hectares de terres arroséts. — 3° prix, médaille d'argent, M. Rigal, propriétaire à la Prairie, commune de Pamiers.

2'^ Catégorie. — Propriétés ayant 6 hectares et au-dessous soumis à l'irrigation. — 4'' prix, médaille de bronze, Jean Sicre-Tarride, propriétaire, à'iVlérens, arrondissement de Foix.

liécompenses aux agents du domaine qui a obtenu le prix cultural. — Médailles d'argent, MM. Philippe Estèbe, cultivateur; Basile Kstèbe, cultivateur. — Médailles de bronze, MM. Paul Estèbe, cultivateur; Jean Bonnans, laboureur.

Réompense aux agents do la ferme -école de Rovat dirigée par M. Jaubert. -^'Médaille d'argent. M. Sicre, coniptaule. — MMaille d' bronze, M. G )yet, jardinier-chef.

Récn>np''nse à l'agent du ilomainî qui a obieni le prix d'irrijatioa de la l" catégorie. — Médaille de bronze, M. Crouzel, clioz M. Uigal, à la Prairie.

Animaux reproducteurs. — Espèce bovine.

V Catégorie. — Race gascone et carolaise. — M:\les. — Section unique. — Animaux de 1 à 2 ans. — I" prix, M. Lurde, à Charlas (Haute-Garonne) ; 2", M. Jean-Pierre Solle, à Sarromezan (Haute-Garonne); ;V, M. Uoucet, à Bi)ulogni-sur-Gesse (Haute-Garonne); 4", M. Douming, à 1 Isle-en-Jourdain (Gers) ; 5''. M. Célestiii Bruzaud, ;\ Sentous (Hautes-Pyrénées); 6", M. Domini.]ue Uruzaud, à Sintous (Haules-Pyrénôes). Prix supplémentaires. MM. Uliodes, à Madières (Ariège); Fanion, à Betlièze (Hautes Pyrénùe^); Eugène Clauzide, à Aubiet (Gers); Pouzac, à Cintegabelie (Haute-Garoi\ne). — "emelles. — K" Section. — Génisses de 1 à 2 ans. — ]-■ piix, 'SI. Jérôme Raspaud, à Saint-Pierre (Ariège); 2", M. Douming; 3", M. Firmin Lalnlle, à Clermoiit- Savès (Gers); 4", M. do Gelas, directeur do la ferme école de Lariviére (Geis). Prix supplémentaires, MM Eugène Glauzade ; Lurde; Casterst, à Boulogne-sur-Gesse (Haute-Garonne); Dilhan, à Sainte-Marie (Gers); Jean-Pierre Solle Mention honorable, M. Achille Luhille, à Samaian (Gers).

— 2" Secti' n. — Génisses de 2 à 3 ans, pleines ou à lait. — 1" prix, M. Pouzac; 2% M. de Gelas ; 3', M. Achille LahiUe; 4*, M. Eugène Glauzade. Prix supplémentaires, MM. Mistou, à Justiniac (Ariège) ; Adrien Vid il, à Sainl-Quirc (Ariège) ; Lurde ; Douming — 3" Section. — Vaches de plus de 3 ans, pleines ou à lait. — 1" prix, M. Dilhan; 2% M. Galinier, à Montant (Ariège) ; 3", M. Caussoa, à Lavelanet (Arièg«i) ; 4% M. Achille Lahilie; h", M. Lanirac, à Montégut (Gers). Prix supplémentairss, MM. Bedrède, à Gaudiès (Ariège) ; Pouzac; Jean Vidal, au Vernet (Ariège).

Frix d'ensemlile de la 1"' catégorie, un objet d'art, décerné à M. Laurent Lurde, propriétaire à Charlas (Hiute-Garonne), pour ses animaux de race gasconne.

2' Caléi/orie. — Races béarnai^^e, basquaise et analogues. — Mâles. — Section unicjue, — Animaux cie 1 à 2 ans. — T' prix, M. Devançons, à Pardies (Bis^e-'-Pyrénées) ; 1', M. Langlade, à Pau (Basses-Pyrènées) ; 3% M Jean Daube, à Sarniguet (Hautes-Pyrénées); 4", M. Lassus, à Idron (Bassôs-Pyrénées). Prix suppîémenlairej M. Lamon, à Siarrouy (Hanites-Py rénées). — Femelles.

— F" Section. — Génisses de 1 à2 ans. — l"' prix, M. Suhll, à Artiguelouve (Basses-Pyrénéesj ; 2"; M. Jean Daube; 3', M. Pierre Lascassies, à Idron (Basses-Pyrénées). Prix supplémentaire, M. Lamoii. — 2" Section. — Génisses de 2 à 3 ans, pleines ou à lait. — l''' prix, M. Jean Daube; 2', M. Jean Lascassies, à Idron (Basses-Pyrénées); 3°, M. Raymond Ravie, à .Mirepeix (Basses- Pyrénées). — 3" Section. — Vaches de plus de 3 ans. pleines où à lait. — 1" prix, M. Langlade; 2% M. Raymond Keuie ; 3% M. Pierre Lascassies; 4% M. Jean Daube. Prix supplémentaire, M. Jean Lascas-ies.

3° Catégorie. — Race d'Urt. — MAles. — Section unique. — Animaux de 1 à 2 ans. — l" prix, M. Lantrlade; 2". M. Peyrè. à Andoins (Basses-Pyrénées). — Femelles. — 1"" Section. — Génisses de 1 à 2 ans. — 1''" prix, M. Langlade; 2", M. Grazide, à Bazet (Hautes-Pyrénée-j. — 2° Section.

— Génisses de 2 à 3 ans, pleines ou à lait. — l" prix. iM: Langlade; 2", M. Faton de Favernay, à Saint-Sever (Landes). — 3" Section. — Vaches de plus de 3 ans, pleines ou à lait. — l" prix. M. Langlade; 2% M. Faton de Favernay; 3'-, M. Daube fils.

4" Catégorie. — Race de Lourdes. — Mâles. — Section unique. — Animaux de 1 à 2 ans. — P"" prix, M. Tournaro, à Campan (Hautes-Pyrénées); 2% M. Omer-Maiihes, à Momères (Hautes- Pyrénées) ; 3" , M. Villeneuve, à Pouzac (Hautes-Pyrénées). — Femelles. — l'" Section. — Génisses de 1 à 2 ans. — 1"' prix, 'M. Cuillié à Vielle-Adour (Haute.s-Pyrénées) ; 2", M. Orner-Mailles. Pri,\ supplémentaire, M. Grazide. — 2" Section. — Génisses de 2 à 3 ans, pleines ou à luit. — l'"^ prix, M. Labat, à Oléac-De.ssus (Haulos-Pyrénée-) ; 2", M. Grazide. Prix supplémentaire, M. V. Cazenave, à Tarb^s (Hautes-Pyrénées). — 3" Section. — Vaches de plus de 3 ans, pleines ou à lait. — ]•'■ prix, M Omer-Mailles; 2", M. Grazide ; 3", M. Gazenave.

h° Catégorie. — Races des vallées d'Aure et de Saint-Girons. — Mâles. — Section unique. — Animaux de I à 2 ans.' — l"prix, M. Porle, à 0/.on (Hautes-Pyrénées); 2°, M. Ribes, à Guchen (Hautes-Pyrénées); 3% M. Ferrage, à Engomer (Ariège). Mention honorable, M. Ribes. — Femelles.

— 1'" Section. — Génisses de 1 à 2 an-. — 1'='' prix, .M. Bajau. à Toulouse (Haute-Garonne) ; 2°, M. Porte. — 2° Section. — Génisses de 1 à à ans, pleines ou k lait. — 1" prix, M. Porte ; 2'", M. Bajau. Pri.x supplémentaire, M. Rib=s. — 3° Section. — Vaches de plus de 3 ans, pleines ou à lait. — !"'■ prix. M. Bajau ; 2'', M. Fauré à Montels (Ariège) : 3", M Porte.

6" Catégorie. — Race garonnaise. — Mâles. — Section unique. — Animaux de I à 2 ans. — !"■ prix, M. Bernède, à Meilhan (Lot-et-Garonne); 2", M. Olivier, à Jusix (Lot-et-Garonne); 3", M. Riffaud. à Marmande (Lot-et-Garonne); 4% M. Verdier, à Casseneuil (Lot-ei-Garonne). — V Section. — Génisses de l à 2 ans. — l"p"iix, M. Bernède; 2% M. Courrèges, àCouthures (Lotet-Garonne). — 2° Section. — Génisses de 2 â 3 ans, pleines ou à lait. — 1" prix, M. Merle de Massonneau, à Nérac (Lot-et-Garonne); 2\ M. Bernède. — 3" Section. — Vachesde plus de 3 ans, pleines ou à lait. — . V prix, M. RifTàiid; 2", M. Olivier; 3% M. Bernède.

7" Catégorie. — Race bazalaise. — Mâles. — Sec'ion unique. — Animaux de 1 à 2 ans. — l'^'prix. .M. Olivier; 3", M. Omer-Mailhes. — Femelles. — '.V Section. — V.,ches de [ilus de 3 ans pleines ou à lait. — 1"'' prix, M. Lantrac; 2% M. Omer-.\1ailhes ; 3^ M. Olivier.

8° CaléQorie. — Races laitières franc li-es ou étrani<ères pures, ^ l'exclusion de toutes les races ayant une catégorie spéciale. — Mâles. — Section unique. — Animaux do 1 à 2 ans. — 1"' prix, Mlle de Gauban-du-Mont, à Lézat (Ariège) ; 2"-', M. Bajau ; 3% M. Théron do Montaugé. — Femelles.

— Section unique. — Vaches en lai i âgées de plus de 3 ans. — !"'■ prix, M. Théron de Montaugé ; 2", M. Langlade; 3°. Mlle de Gauban du Mont ; 4", M. Bajau.

Prix d ensemble des 2", 3", 4', .V, 6% 7'' et 8'^ catégories, un objet d'art, décerné à M. Bernède, à Meilhan (Lot-et-Garonne), pour ses animau.x de race garonnaise.

Espèce ovine.

l""' Catégorie. — Race mérinos et métis-mérinos. — Mâles. — 1"' prix, M. le baron de Lafase, à Beaumont-sur-Lèze (Haute-Garonne) ; 2°, M. Lière, à Villeneuvo-du-Paréage (Ariège). — Femelles.

— l''''prix, M. Lière; 2'', M de Gelas.

2" Catégorie. — Races françai-ses diverses. — 1'" Sous-Calégoric. — Races des plaines. — Mâles. — l" prix, M. Vié", à Pamiers (Ariège); 2°, M. Lière; .3", M. le baron de Lafage. —

Femelles. — 1"' prix, M. le baron de Lafage; 2% M. Lière. — l' Som-Calégorte. — Race des moniayn-s. — Mâles. — l'"' prix, M. Gaubert, à Pamiers (Ariètje: ; 2'-, M. Gouzy, à Larnat (Ariège); 3=, M. Soula. à Serres (Aiiè:"). Prix suiipléinentaire, iVI. Jean Eslèbe, à Vernajoul (Arige). — F-melles. — l'' prix, M. Jérôme Has aud, à Saiiit-Pier e (Ariège); 2% M. Caharrou, à Bcignére-i- te-Bigoire (H iules-l'yrénee>); S", M François Solie, à Sarreui- zan (Haute (iaroime).

3" Cdtéuorie — Race> étranf/ères diverses. — Mâles". — l'" prix. M. Langlade ; 2% M. de Gelas; 3% M. Marii et fils, à Monflanquin (Lot-et-Garonne). — Femelles. — l" prix, M. de Gelas; 2% M Mart net (ils. ,

4'' Calcgurie. — Croisements divers. — Mâles. — T"' prix, M. de Gelas; 2", Langlade. — Femelles. — !='• prix, M. le baron de Lafage ; 2'-; M. de Gelas.

Prix d'ensemble, un objet d'art, décerné à M. Lière, à Villeneuve-du-Paréage (Ariège). pour ses animaux de race Làuraguaise,

Espèce porcine.

l" Catégorie. — Races indigènes pures ou croisées entre elles. — Mâles. — l'"' prix, M. Serres, à Mnzcus (Allège); 2°, M Galouye, a Vi- Ue-Ailo ir (Hautes-Pyrénées) ; 3% M. Védère, a M. mètres (Hautes Pyi entres). — Femt'lles. — 1"'' prix, M. Theron de Mont ugé, à Toulouse (Haute-Garonne); 2% Mme Amélie Loz , à Arii^'at (Ariège); 3% M. Fi.uriuer, à Foix (Ariège). Meniion- honorables, MM. Larousse, à Claracq (Basses-Pyréuêes) ; le v comte de Teisac, a Vernajoul (Ariège); Déjean, à Koix (Anèg-).

2" Catégorie. — Races étrangères pures ou croisées entre elles. — Mâles. — 1" prix, M. Soûles, à Hagei (G- rs) ; 2% .Vi. Royer, à Lézat-sur Lèze (Ariège) ; 3% M. de Gelas. — Femelles. — P'" prix, M. Védère, à Momcres (llaules-Pyrenées) ; 3% M. Campap'noUe, à Bordc'res (Hautes-Pyrénées); 3% M. Théron de Monlaugé.

3= Caté'jorie. - Croisements divers entre races étrangères et races françaises. — Mâles, — Prix unique, M. Lingla^le, à Pau (Basses-Pyrénées). — Femelles. — 1°'' prix, M. de Gelas; 2% Mlle de Gaubandu-Mt^nt, àLéz.t (Ariège-); 3% M. Lan::lade.

Prix d'tnsemble, un objet d'art à M. Theron de Montaugé, à Toulouse (Haute-Garonne) pour ses animaux croises.

Animaux de basse-cour

1"= Catégorie. — Coqs et poules. — \'^ Section. — Race gasconne. — !"■ prix, M. Omer-Mailhes, à Moiiières (Haut(S-Pyrénées); 2% M. Sarda, à Foix (Anège); 3", M. Eychenne, A Foix (Ariège) ; 4% Mme Théron de Montaugé, à Toulouse (Haute-Garonne). — 2« S'Ction —Races françaises diverses. — 1" prix, Mme Marquié, à Mazère^ (Ariège); 2", Mlle de Gauban-du Mont, à Lézat (Ariège) ; 3", Mme Théron de Montaugé. — 3« Section. — Kaces étrangères diverse-. — 1"'' prix, Mme de Vaux- Bidon, à Boulogne-siir-Gesse (Haut -Garonne) ; 2% Mme Marquié. — 4" Section. — Croisements divers. — 1^' prix, Mme Tnéron de Montaugé ; 2', Mlle de Gauban-du-Mont.

2" Caugorie. — Dindons. — i'"' prix, Mlle de Gauban-du-Mont ; 2% Mme Théron de Montaugé,

3" Catégorie. — Oies — l^'prix, Mme Théron de Muniaugé; 2'-', Mlle de Gaubaii-du-Mont.

4" Catégorie. — Canards. — 1"' prix, Mlle de Gauban-du-Mont ; 2'-, Mme Thér .n de Montaugé.

5= Cohorte. — Pintades. — T'' prix, Mlle de Gaub in-du-Moni. ; 2% Mute Theron <le Montaugé.

6= Cal'-gorie. — Pigeons. — 1" p;ix, M. Pages, à Foix (Ariège); 2'. Mlle Gauliau du-Mont.

7'' Catégorie. — Lapins et Léporides. — 1" prix, M. Mathieu Soula, à Serres (Ariège) ; 2% Mme Théion de Montaugé.

Prix (fensemide, un objet d'art à Mlle de Gauban-du-Mont.

Serviteura priincx employés chez les lauréais et récompensés pour les bons soins donnés aux animaux primés. — Médailles d'argent, MM. Franco s Be ne 1^^, vacher chez M. Jf^aii Bernède ; Bertrand Bordes, vacher chez M. Laurent Lurde ; Jean Capâ^vielle, vacher chez M. Langlade; Pierre Barihe vacher chez M Omer-Mailhes; Pierre Dmigan, vacher chez M. Théion-d -Montaugé — Médailles de bronze, M le Philomène «aphanel, vachère chez. M. Bajaa; MM. Paul Duclos, vacher chez M. Pote; Jeai -Marie Marques, vacher chez Mlle.de Gauban-du-Mont; Benjamin Ahadie, vacher chez M Daube ; Augustin Balutet, vacher chez M. 0 ivi r ; Jean Carretier, vacher chez M. Pouzac; Dumestre, vacher chez M. Jean Grazide ; ^imon Sarda, vacher chez M. Jérôme Raspaud.

Récompenses accordées aux conducteurs de machines, contre maîtres et ouvriers des constructeurs. — Médadles d'argent, MM. Jein Can^ielon, chez M. Verdun, à Lectoure (Gers); Garnier, chez M. Mariot aîné, à Nmrt (Deux-Lèvres); E. Devaux, chez, MM. L.iuet f ères, à Issoudun ((n're); Delavaux, chez M Maréchaux, à Montmorillon (Vienne); Ledoux, chez M. Biouhot et Cie. à Vierzou (Cher) ; Moine, chez M. Plissoniiier, a Lyon (Rhô .e). — Médailles de. bronze, MM. Gerbier, chez Jl. Merli ., â Vi rzon (Cher) ; Lauga. chez M. Lesielle. à Mont-de- Mai>an (Lan -es) ; Lecerc, cuez M. Garnier, à Kedon (Ille-et-Vil ine) ; Potier, chez la Société française, à Vierzori (C >e ) ; Désiré Leclerc, i;hez M.M. Decker et .Moi, à Paris; Bonnet, chez MM, Osborne et Cie, à Paris ; Uelquis, chez MM, Fichot irère-,, à. Tuulon-sur-Arroux (Saôun-et-Loire) ; Nicol, chez M Pilter, a Paris; Maurival, chez MM. Sauzay frères, à Autun (Saône-et-Loire).

Produits agricoles et matières utiles à l'agriculture. — Concours spéciaux.

1'= CaVgorie. — Vins de la région, (Récoltes de 1881 et 1882). — 1" pr x. — Médaille d'or, M. Didelin, à Aire (L ndes) pour ses vins rouges de 1881 et 1882; 'l-, Medadle d'aar ;ent, M. Vidal, à Foix (Ariège) pour son vin .le 1881 ; 3% médaille de bronze, M. Théron de Montaugé, a Toulouse (Haute-Ga-onne^DOur scn vin blanc de 1881,

2'^' Catégorie. — Miels et cires de la région, — 2° prix, rpédaiUe d'argent, M. Sicre, à Méreiis (Ariège) pour son miel blanc; 3% médaille de bronze, M. Théion de Montaugé, pour miel et cire.

3" Catégorie. — Fromages des fruitières des Pyrénées. — Pas de prix décernés.

4'' Catégorie. — Produits maraîchers. — \" prix, médailbi d'or, M. Brunet, à Montesquieu (Lot-et-Garonne); 2\ méd.ide d'argent, M. Théron de Montaugé; 3% médaille de bronze, M. Crampagne, à Bonnac (Anège).

5* Catégorie. — Expositions scolaires. — 2'' Section. — Matériel d'enseignement agrico'e, collections etc., travaux spéciaux et objets d'enseignement agricole présentés par les professeurs, les instituteurs et les élèves des écoles primaires. — 1", 2^^ et 3" prix non décernés faute d'exposants.

G" Catégorie. — Expositions collectives faites par des administrations publiques, les sociétés et comices agricoles et liortico'es.

Prohiits divers. — Mi'daillex d'or, MM. Théron de Moritauf,'6, panr ses plantes alimentaires, légumineuses et t'ourragères; Louis Monlaut. à Mirande ((jers). pour' ses vins; Gaiy, à Foix (Ariè^e) pour ses planies et ari)u,>tes de f-erre. — iledai 1rs d'arycnt, MM. Ksquuol, à Mercus (Ariège) pnur ses brandies dé vimie avfC incision et pour srs vins; '1 héron de Montaiij<é, pour sen maïs ensilé ; Gauthier, à iManzac (Charente) pour ses eaux-dc-vie de Co^na.!-.; Mi^cnihies, à Foix (Ariège) pour liqueur ol fruits confit,-; Bt noîi Marc, à Beaniuoul-sur-Leze (Hiute- Garonne) pour ses toisons; Mlh de Gauban-du-Mont à Lé/.at (Arièire) pour son i.iit, ses œufs et son beurre; M. Bertrand, à Auzat (Ar ège) pour ses fromages. — MndaUles de bronze, Mvl. Jenn Berlaudeaud, fils à Béziers (Hérauit) pour liqueurs et sirops; Beruedo, àMeilban fLoi-el-Garonne) pour ses haricots; Lière, h Villeiieuve-iiu-Paivage (Ari?;ge) pour ses toisons; Perrier, à baquenille (Puy-de-Dôme) pour son fromage ; Brunet, pour ses arbres et arbustes ; Moatagm-, à Sainl-Paul-de-, Jarrat (Ariôgcj, pour ses pommes reinette et autres.

Concours hippique.

1" Catégorie. — Race de pur sang arabe ou anglo arabe. — I" Section. — Etalons de 3 ans. — l" prix, médaille d'or offerte par la Direction des haras, M. le maïquis de Oampaigno, à Lapeyrouse (Haute- baronne), pour son elal ^n Banco ; '2°, médaille d'argent ofif-^rtc par la directon des haras, M. Pouey-Nouret, à Allier (H 'Utes-Pyrénées), po r son étalon Braconnier. — '3' Section. — Poulichec de i ans, -aillies en 1883. — 3" p.ix, m daille de bronze offerte par la direction des haras, M. Mathieu Barrère, à Hiis (Hautes Pyrénées), pour sa pouliche Miss Mandrake. — 4' Section. — Juments de 4 ans et au-ilessus, suitées de le ir produit de l'aimée, ou snHies en 1883. — 1°'' prix, médiille d'or offerte par la dire tiou des haras, M. Dominique Duhar, à Trébons (Hautes-Pyrenées), poir sa Jument Glorietle; 2^ mviaille d'argent offjrie par la direction des haras, M M uhieu Barrère, à Hiis (H lu es-Pyrénées), pour sa jument Marquise d>- Jliis ; 3' méilaille d'argent offerte par la dire tiou des haras, M. A. Se npé, do;ieur-médecin à Tarbes (H-ules-Pyrénées), pour sa juiuent Circé; 4*, médaille de bronze offerte par la direction d^îs haïas, M. a. de The/.an, à Saint-Christa id (jers), pour sa jument l-'leurange ; .î" médaille de bronze offerte par la direction des haras, M. Mathieu Barrère, à Hiis, précité, pour sa jument /m; 6°, médaille de bronze offerte par la direction d-^s haras, M. Castain.' Courtade, à Bernac-Débat (Hantes Pyrénées), pour sa jument Radegonde; 1", médaille de bronze offerte par la direction des haras, M. Félix Cazaux, à Martres de Rivière (Haute-GaronnH'), pour sa jument Asperge.

2' Catégorie. — Demi-sanar. — P° Section. — Etalons d^ 3 ans. — \^' prix médaille d'or offerte par la direction des h^ras, M. Maurice Minlagnan,à Tarbes (Hautes-Pyrénées) pour son étalon Chambertm; 2°, médaille d'argent oflerte par la direction des haras, M. Maurice Montat;nan, à Tarbes (Haules-Pyrcnées) pour son étalon Cercenceau; 3", meilaiile d'argent oUéne par la direclion des haïas, M. le marquis de Canipaigoo, à Lapeyrouse (Haute-Garonne), pour son éialon lidUfon •jk", médaille de bronze ofTerie par la Direction des haras, M. A. de Gf las, directeur de la ferme-école du Gers, pour son étalon Ijirivière; 5°, médaille de bronze offcrie jtar la direction des haras, M. Auguste Duffau, à Horgues (Hautes-Pyrénées), pour son étalon Verdict; 6" mé laille de bro .ze offerte par la direction des haras, M. Edouard de Morie:uix, à La Ba/ilide-de-Sérou (Ariège), pour son étal >n Monljnie ; 7'', méda lie de iTonze offe'-te par \\ di ection des haras, M. Dominique D diar, à fr. bons (Hautes-Pyrénées), poursuit étalon Papillon. — 1^ Sect<on. — Etalons de 4 a is et au-dessus. — ]«' prix, médiille d'or of^'^^'Ie par la direction des haras, M. .loseph Sicre-Tarride, à Mérens .ariège), pour son étalon Savoyard; 2", mêla lie d'ar^ ni offerte par la direction des haras, M. Arthur Caussou, à Lavelaiiet (Ariégîl, pour sou étalon W ïmar ; 'if mé laille d'arg-ni offerte par la direction des haras, M. Arthur Caussoi, à Lav-?lanel (.\riège), pour son éta'on Catnpan; 4", médaille de bronze offerte par la direction des haras, M. Joseidi Sicre-Tarride, à Mérens (Arège), pour son étilon Montagnard. — 3" Secliori. — Pouliches de 3 ans. saillies en 18S3. — '" prix, médùlie d'or offerte par la direction des haras, M. Jean Laurens, à Rénac (Ariège), pour sa pouliche Taquin';; 2°, médaille d'argent offerte par la direction des haras, M. Édouird de Morteaux, à La Bastid'^-de-Sérou (Ariège), pour sa poulidie Ongt; 3°, médiille de bronze offerte par la diraotiou des haras, M. le mirqnis de Castelhaj ic, à B^rbazau (Hautes-Pyrénées), pour sa pouliche Paoillonne; 4", médiille de tu-onze offerte par la direction des haras, M. Edo lard de Morteaux, à La Bislide-de-Sérou (Ariège), pour sa pouii;he Gatafi-' ; .V, médaille de bronze offerte par la directiou d s haras, M. Lary Fourcad^, à Vielle-Adour (Hau'es-Py énées), pour sa pouliche Alberte. — 4" Section. — Poulinières de 4 ans et au-dessus, suitèes de leur produit de l'ann-'e, ou saillie e 1 1883 — l"' p ix, médadle d'or offerte par la direction des haras, M. Lary Fourcide, à Vielle-Adour (Hautes-Pyrénées), p )ur sa jument Esmeralda; 2°, médaille d'argent offerte par la iirection des haras, M. Dominique Du^ar, à Trôtions (Hautes-Pyrénees). pour sa jument Soureraine ; 3% médaille d'argent offerte par la dir-^ction deshiras, M. Jean-Marie Canbern, à Beruac-Débat (Hautes-Pyr-tnées), pour sa jument Lorraine; 4% médaille de bronze oflerle par la direction des haras, M. Bernard nuffau, à Biriiac-Uél)at (HaiilRS-°y renées), pour sa ju lient F lava ; h', m''daille de bronze offerte par la direction les hiras, M. Jea i-Marie, Pa-calol .\badie, à Momère- (Haale-Pyréaé 's), pour sa jument Lauralba; H". médaille de bronze off-rie par la direction des hara;, M. Kdouard de .Moneaux, à La B isude-de-Sérou (Arièg;)i P'^^r sa jument Colfine; 7", méda lie de bronze offerte par la direction des haras, M. François Fourcade, Espagnol, à Montgiiliard (Hautes-Pyrénées), pour sa ju'nent Gazelle.

PRIX su^pt-fci^iEv PAIRES. — M VI. Jean-Pierre-Mouleites Sa'-'da, à MontgaiUard (Hautes-Pyrénées), pour sa jument Zodi'inne: Pierre Eychenn'i, à Moutels (\-iège). pour sa. ]am*'.nt Miss-Ann-tte ; Domin (lue Duhar, à l'r-ebons (Hautes-Pyrénées) po ir sa jument Cora ; l.ary Fourcade, à Vielle- Adour (Hautes-I'yréiiées), pour sa jument Floi-ine ; Buxarat Soultn, à Sones (Haut-s-Pyrénées), poursa jume it Victoria; Edouard de .Mort-aix, k La Basti le- h-Séro 1 (Ariège), p mr sa jument MissEva; G ibr\^\ 'larlyaîiié, à Vaux (Hiute-Gi'-onne), poursa jument Kél'irUne; Frédéric Deramond, à S lint-Paul-de-larrat (Ariîge), pour sa jument Oreste: Arthur i:aussou, à Lavelauel (Ariège), pour sa piment Kadoura.

Prix d'ensemble. — Un objet d'art offert par la direction des haras à M. Dominique Duhar, à Trébons (Hautes-Pyrénées).

Adrien Rigâl,

Président du Comice agri cole de Pamiers

BIBLIOGRAPHIE AGRICOLE

BIBLIOGRAPHIE AGRICOLE

Les p'antes, par M. Léon Gicraruin, professeur à l'Ecole municipale Turgot, etc. — Un volume in-i8 de 320 page«, avec 3t 7 figures dans le texte. — Librairie de G. Masson, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — Prix : 3 fr.

Les publications qui, primitivement faites pour la jeunesse, peuvent servir à la plupart des classes de lecteurs, deviennent de plus en plus nombreuses. La cause principale en est dans les modifications apportées aux méthodes d'enseignement dans lesquelles on abandonne volontiers les choses purement abstraites pour aborder l'expli-

Fig. 24. — Marcottage,

cation des phénomènes naturels, ainsi que les applications multiples que les arts^ l'agriculture et l'industrie savent tirer des produits des divers règnes de la nature. Aujourd'hui, les livres d'histoire naturelle adoptés dans les écoles sont souvent des ouvrages dont la plupart des cultivateurs pourraient tirer profit. Tel est le cas notamment pour celui que J\L de Gérardin, professeur à l'Ecole municipale Turgot, à Paris, a publié récemment sous le litre Lrs plantos.

L'auteur se garde bien de l'ambition d'avoir fait un traité de botanique. Pour lui, le côté purement scientifique est passé après le côté pratique. 11 donne bien la description des diverses parties de la plante,

BIBLIOGRAPHIE AGRICOLE

mais il s'appesantit surtout sur les applications que riiomme a su en tirer.

La division de l'ouvrage est d'ailleurs indiquée par la nature même du sujet traité. Après les notions préliminaires sur l'organisation des plantes, il passe successivement en revue les diverses parties : racine

£* ~-fr-

Fig. 25. — Culture du thé dans les Indes anglaises.

tige, feuille, fleur, fruit, graine; quelques notions pratiques d'agriculture complètent l'ouvrage.

Il est des plantes dont on utilise surtout les racines; il y a des racines alimentaires et fourragères; de la bellerave, on extrait du sucre; en horticulture, on multiplie les racines par la bouture, la marcotte

Fig. 26. — Atelier de maltage.

(fig. 24). Sur chacun de ces points, l'auteur fournit des détails succincts, mais précis qui donnent à l'esprit des notions claires et justes. Il en est de même en ce qui concerne la tige. Les tiges des arbres forestiers fournissent le bois, les tiges souleri-aines de la pomme de teiTe donnent des tubercules alimentaires, de plusieurs essences on

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retire des principes utiles dans l'industrie. Ce sont là autant de points qui donnent lieu à de.s développements d'une réelle importance.

Combien sont variées les plantes dont les feuille-i sont utiles. Les unes donnent des feuilles alimentaires pour les hommes ou pour les animaux ; les autres sont utiles à divers points de vue, comme le tabac^ l'indigo, le pastel, etc. L'auteur ne se borne pas aux plantes indigènes, il nous parle aussi des plantes exotiques; il nous donne, par exemple, des renseignements fort intéressants sur la culture du blé en Chine^ dans les Indes (fig. 25), sur la manière dont cette plante est utilisée.

Nous nous arrêterons ici, pour ne pas rendre cet article trop long. Mais nous n'en sommes qu'à la moitié du volume; car il y a encore les plantes dont on utilise les fruits ou les graines, et ce sont peut-être les plus nombreuses. Les industries agricoles françaises de la fabrication du vin, de la bière, de l'huile, celles de la meunerie et de la boulangerie, sont passées en revue. Des gravures bien faites, comme on en jugera par la fig. 26 qui représente un atelier de maltage, accompagnent le texte, en complèent les explications. Le livre de M. Gérardin est un livre bien fait, dont la lecture est attrayante, et dont nous souhaitons le succès, dans l'intérêt général, non seulement auprès des jeunes gens }>our lesquels il a été spécialement'écrit, mais aussi auprès des cultivateurs. Henry Sagniek.

On dit proche, depuis que nos législateurs s'occupent enfin sérieusement du repeuplement de nos eaux, le rétablissement par l'admisnistration des ponts et chaussées, d'un ou de plusieurs établissements de notre ancienne création piscicole à Huningue.

Nous allons, en réponse à d'amicales instances, prendre la liberté de dire un mot d'une mesure sollicitée avec plus de bruit et d'entrain que de réflexion et d'utilité.

N'aimant à dire son mot qu'après avoir vu sur un sujet, où, sur Tamertume de ses souvenirs, se greffent une série de faits auxquels on lui fait l'honneur de faire appel, l'ex-régisseur d'Huningue répondra sans hésitation à ces patriotiques soUiciiations.

La question semblant se mûrir, on y insiste, parlons-en donc : mais d'abord déblayons-la d'un historique lointain en parlant des discussions auxquelles elle donna lieu.

Les lecteurs de cette feuille n'ont peut-être pas encore oublié la courtoise polémique que soutint dans le Journal contre le si regretté et vénéré collègue, M. de ïillancourt, le signataire du présent (numéros 150 et 184, 1872; et 399, 1876).

Nous laisserons tout ce passé et les faits qui s'y rapportent pour ne rappeler que le grand acte qui se passa entre ces dates, c'est-à-dire la loi du 25 juillet 1875, relative à l'enseignement de la pisculture dans les écoles d'agricultul'e; loi due uniquement à l'énergie, à la persévérance fît à la compétence de cet honorable député, ami passionné des choses utiles et sérieuses, si malheureusement enlevé le lendemain du triomphe de son idée.

Quelques centaines de mille francs doivent être consacrés dans le budget prochain du ministère des travaux publics à la création d'une ou plusieurs piscifaclures, tout cela part évidemment d'un bon naturel.

Faisons grand, soit; ma's comme là l'inutile, se fondant sur un passé datant d'hier, friserait peut-être le ridicule, garons-nous en.

Huningue a fait son œuvre, une œuvre d'initiation que, grâce à Cosle, je mets au défi qu'on refasse mieux et plus complètement; ne l'oublions pas. N'est-ce pas de cette œuvre dont les pisciculteurs français ont le droit de dire : cœli narrant gloriam ! l'univers intelligent ne la connaît-il pas aujourd hui?

Si les beaux et nombreux poissons se faisaient avec de beaux et nombreux projelSj plus ou moins enluminés et peints de l'école, puisque là aussi on \eut qu'école il y ait, il y a longtemps que le mot deCoste, si souvent critiqué par ceux dont la vie semble se passer à cherchera entendre pousser les herbes^ c'est-à-dire le poisson à un sou la livre, serait une vérité.

Mais comme, hélas! il y a là un petit facteur avec lequel on est obligé de compter, le poisson lui-même, les choses ne se passent pas tout à fait aussi acadétniquement dans la pratique de leur éducation.

Non seulement nous nions l'opportunité de cette tardive résurrection, mais même son utilité.

Encore là l'initiative privée, l'intérêt de l'industrie, car tel doit être aussi le but final de la pisciculture : faire du poisson comme on fait de la viande, 1 intérêt de 1 industriel fera mieux et à meilleur marché que nous. Etat, Pourquoi ne pas s'ailresser soit au marchand d'œufs embryonnés, aux fabricants d'alevins?

Consacrez à ces achats la dixième partie des sommes que vous allez enfouir dans ces jolis monuments, sans parler de leurs états-majors, que nous avons connus et que nous ne mettrons plus en ligne de compte, puisque dans le projet, ils ne doivent plus rien coûter.

Partagez ce dixième avec l'instituteur, donnez-le à l'enseignement de nos écoles normales, écoles dans lesquelles notre jeune, actif et dévoué personnel du professorat agricole est là comme exprès, et tout à point pour répandre la bonne semence.

J'ose affirmer sans hésitation que dix fois plus grands, sérieux, pratiques et prochains seront les résultats.

Regardez autour de nous, et voyez comme les élevés que l'Huningue français a répandus dans l'Europe se comportent.

Je pourrais citer les noms, mais en commençant j'ai dit que je ne m'en tiendrais qu aux faits.

Voyez l'Allemagne avec son enseignement de la pisciculture et l'examen du volontariat d'un an qu'elle a joint.

La Hollande avec ses. primes à l'alevin! Le Luxembourg avec son empoissonnement par les têtes de bassin !

Après la parole dans l'enseignement, passez à l'action, joignez à la fécondation de 1 œuf l'élève de l'alevin à son premier âge.

Mais l'œuf, où le prendre, va-t-on m'objecter ? rien de plus simple. Saint-Genest, Gremaz, Nanteuil ne sont ils pas là, et prêts à vous en livrer des millions si vous les leur demandez à temps en leur assurant un écoulement certain.

N'ayant eu aucune relation et ne connaissant pas même de vue les directeurs ou créateurs de ces établissements, je tiens à écarter de suite une objection qu'en république suitout il faut de suite traiter au grand jour, la qucî^tion personnelle qu'on pouri-ait mêler à cet exposé.

La calomnie, cette monnaie courante des impuissants et des mé-

chants, ne s'attaque-t-eile pas à tout, et hier encore ne la voyions-vous pas à l'œuvre jusque dans le Parlement?

Je répète donc, achetez l'œuf si par possible vous ne pouviez le produire^ ce qui évidemment serait mieux, comme complément d'un enseignement que la loi vous fait un devoir de donner.

Attaquez par quelques essais l'empoissonnement de nos têtes de bassin, comme on semble l'avoir t'ait avec quelques succès pour l'écrevisse dans les Vosges, la Meuse, la Haute-Marne, etc.

Au pratique, au sérieux, laissez-la ces visées grandioses dont les quinze dernières années de pisciculture impériale ont démontré la parfaite impuissance et l'inutilité. Chabot,

Membre de la Société nationale d'agriculture.

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