V. — La production des sucres
Le Journal officiel du 13 janvier a publié le tableau de la production et du mouvement des sucres indigènes depuis l'ouverture de la campagne jusqu'au 31 décembre. De ce tableau, il ressort qu'on ne comptait, à cette date, que 180 fabriques, dans lesquelles les travaux de défécation étaient terminés, et qu'on en comptait encore 316 en pleine activité. Ce fait est le résultat du retard qui a été apporté aux travaux d'arrachage et de transport des betteraves par les mauvaises conditions de la saison. Néanmoins, les quantités de jus déféqués s'élevaient au total de 71,203,000 hectolitres, avec une augmentation de 6,538,000 hectolitres sur les résultats de la campagne précédente. Le degré moyen du jus est de 3.5. Les charges exprimées en sucres raffinés s'élèvent à 312,052,000 kilog., contre 292,843,000 kilog. au 31 décembre 1881. Il restait en fabrique 63,829,000 kilog. de sucres achetés et 47,396,000 kilog. de produits en cours de fabrication. La campagne actuelle s'est prolongée dans des conditions absolument défavorables à l'industrie sucrière.
VL — Fermeture de la chasse.
La clôture de la chasse 6^t fixée au dimanche 21 janvier, sauf pour la chasse du gibier d'eau et de la bécasse, et pour la chasse à courre qui pourront s'exercer jusqu'au 15 avril. A partir du 22 janvier, il est interdit de mettre en vente, de vendre, d'acheter, de transporter et de colporter sous les peines portées par la loi : 1" du gibier de toute espèce, à l'exception toutefois du gibier d'eau et de la bécasse, dont la vente est permise jusqu'au 14 avril, à condition que ces oiseaux seront couverts de leurs. plumes; 2" des animaux malfaisant» ou nuisibles détruits même pendant le délai de prorogation mentionné ci-dessus; ceux des animaux qui ont le caractère de gibier ne pourront être consommés qu'au domicile des chasseurs ayant pris part à la chasse ou à des battues régulièrement organisées. La vente, le
transport et le colportage des sangliers pourront s'effecteur pendant la fermeture de la chasse, à condition que chaque envoi sera accompagné d'un certificat de provenance et d'une autorisation de transport.
YII. — \\Les maladies charbonneuses.
Nous avons fait successivement connaître les phases par lesquelles est passée l'étude des maladies virulentes chez les animaux domestiques et des moyens de les prévenir. Nous devons signaler aujourd'hui une thèse présentée récemm.ent à la P'aculté de médecine de Bordeaux par M. Jules Chambrelent, dans laquelle le jeune auteur s'occupe spécialement du passage des éléments figurés à travers le placenta. C'est une question d'une haute importance au point de vue de l'immunité que la vaccination préventive opérée sur la mère pourrait donner au fœtus. Des expériences directes faites par M. Jules Chambrelent avec le virus du choléra des poules, il résulte que les éléments figurés traversent le placenta et peuvent se retrouver dans le sang des fœtus dont les mères ont été inoculées pendant la gestation. Ces expériences délicates ont faites à la Faculté des sciences de Bordeaux; leurs résultats sont d'accord avec ceux des recherches de MM. Straus et Chamberland que nous avons précédemment fait connaître. Des études intéressantes ont été poursuivies par M, Chambrelent sur la variole fœtale; mais nous n'avons pas à nous en occuper ici.
YIII. — Le phyUox(ra.
Une surveillance active est exercée dans nos ports de FAlgérie pour mettre la colonie à l'abri de l'invasion du phylloxéra. Nous devons signaler les occasions qui se présentent de faire appliquer la loi qui punit les tentatives d'introduction de vignes. Voici un exemple de l'audace avec laquelle certains individus essaient de déjouer les mesures de précaution qui sont prises. Le service de la douane, à Oran, procédant à la visite d'un navire espagnol venant d'Alicante, a saisi deux paquets de sarments de vignes, renfermés dans une paillasse appartenant au sieur Vicente Fernandez, fermier à Tlemcen (Algérie). La douane a procédé à l'incinération immédiate de ces sarments, et le sieur Fernandez, poursuivi pour contravention aux prescriptions du décret du 24 juin 1879, a été condamné parle tribunal correctionnel d'Oran, à un mois de prison et 50 francs d'amende. Cette punition rigoureuse donnera à réfléchir à ceux qui auraient envie de faire des tentatives semblables.
Nous avons reçu, depuis quelques jours, plusieurs publications que nous devons signaler. — Tout d'abord, notre excellent collaborateur M. Prosper de Lafitte vient de réunir sous le titre Quatre aîis de lutte pour nos vignes et nos vins de France, les mémoires, opuscules et articles qu'il a publiés sur cette importante question. Cette collection forme un fort volume (librairie G. Masson, à Paris; prix : 6 fr.) divisé en quatre parties : mœurs du phylloxéra, traitements, vignes américaines, documents divers. M. de Lafitte compte, comme on sait, au premier rang des plus actifs adversaires du phylloxéra. — Sous le titre Ampélographie américaine, M. G. Foex, directeur de l'école nationale d'agriculture de Montpellier, et M. Pierre Viala, répétiteur de viticulture, commencent la publication d'un album des variétés les plus intéressantes de raisins américains cultivées à l'école ; les photogra-
phies sont exécutées d après nature par \I. [sard, et elles sont accompagnées d'un texte descriptif. La première livraison est consacrée au Black July et au Riparia sauvage. Cet album comprendra 80 à 90 planches; le prfx en est fixé à 75 fr. Les souscriptions doivent être adressées à M. Isard, photograplie, à l'Ecole nationale d'agriculture de Montpellier. — • Nous devons enfin signaler une brochure de M. Terrel des Chênes, intitulée : La trilogie du phylloxéra. Elle comprend trois parties : la vigne en chaintres, résistances de la vigne au phylloxéra, solution financière et économique.