COMICE AGRICOLE D'AUBIGNY-SUR-NÈRE
vateurs maraîchers font merveille, nos cultivateurs forestiers ne se sont pas laissés décourager par le lléau de la gelée dernière ; ils ressèment leurs terres et nous allons tout à l'heure décerner une médaille due à la bienveillance de M. le ministre de l'agriculture au propriétaire de la plus importante plantation de sapins. De toutes parts, il y a travail continu, efforts fructueux et progrès sensibles ; aussi, notre agriculture dans cet arrondissement est bien vivace. Aujourd'hui, le canal prolongé de la Sauldre va bientôt livrer la marne en abondance aux cultivateurs, bans quelque quinze mois, le chemin de fer qui reliera presque tous les cantons du Comice entre eux et avec Bourges et Gien, va nous permettre des transports faciles, rapides, peu coûteux, et donner une nouvelle impulsion aux usines de la contrée et à ses forces productives. Alors, nos amis d'Henricheraont, d'Ivoy et des contrées voisines, moins gênés par les difficultés du voyage, pourront apporter à nos fêtes un concours plus nombreux et plus effectif.
a Dans un avenir très prochain, nous allons donc voir notre agriculture, notre commerce et nos industries diverses, dans les cantons du Comice, prendre un essor nouveau, une vie nouvelle.
« Aussi, dans- cette prévision, je me permettrai de vous donner quelques conseils pour vos cultures et je vous dirai : Cherchez et préférez la culture la plus productive, celle qui donne un rendement en argent plus considérable; aujourd'hui, par exemple, le bétail donne un profit bien supérieur au blé; augmentez le bétail; élevez, engraissez et par suite, faites des prairies artificielles; augmentez, améliorez vos prairies, vos pâturages; le blé vous arrivera en surcroît et comme conséquence de cette culture améliorante.
« Conduisez-vous dans la culture de vos terres comme le fabricant, qui délaisse les objets qui n'ont pas la faveur du public et qui s'ingénie à produire ceux qui ont le plus de vente.
« Annexez à vos cultures certaines cultures industrielles, si vous les croyez profitables ; mais cherchez et ne restez pas dans le statu quo\ n'imitez pas ces routiniers qui ne veulent jamais faire que ce qu'ont fait leurs pères.
« Procurez-vous des engrais industriels et minéraux, des machines nouvelles ; mais avant de faire ces acquisitions dispendieuses, voyez bien si elles sont de bonne qualité, si elles sont bien établies et surtout si elles peuvent vous donner de bons résultats.
« L'agriculture française, qui produit près de dix miUiards par an, n'est pas morte comme le crient à dessein certains alarmistes ; seulement, elle a eu à subir près de sept mauvaises années; mais l'industrie, mais la finance, mais le commerce ont eu et auront encore leurs chômages, leurs kracks, leurs ruines ; beaucoup d'industriels, de financiers, de commerçants, ont perdu non seulement leurs produits, mais aussi leurs manufactures, leurs maisons de commerce, leurs capitaux.
« L'agriculture, et c'est là sa grande supériorité, au moins n'a perc'u qu'une partie de ses produits ; la terre, le fonds d'exploitation est resté là, prêt à nous donner déjà cette année une belle et bonne récolte. Espérons que celle-ci sera suivie de beaucoup d'autres et que les sept vaches maigres vont être remplacées par les sept vaches grasses. »
Les principales primes de culture ont été décernées à MM. Labernardière, Cholet et Moindrot, tous les trois fermiers à Argent. Deux prix d'enseignement agricole ont été attribués à M. Favard, instituteur à Argent, et à M. Léotard, instituteur à Blancafort. Parmi les lauréats des bons services agricoles, nous devons citer des ouvriers qui se trouvent depuis 140 ans de père en fils sur la même exploitation. Nous souhaitons au Comice agricole d'Aubigny de continuer encore pendant aussi longtemps l'œuvre de progrès qu'il a entreprise et qu'il poursuit avec éclat. Henry Sagnier.