MÉTÉOROLOGIE DU MOIS DE MAI
Yoici le résumé des observations météorologiques du moi de mai 1883 au parc de Saiut-Maur :
Moyenne baromélrique à midi, 756"'". 60. Minimum 744™'". 03, le 9 à 9 heures du matin. Maximum 764'""\60, le 17 à 11 heures du soir.
Moyennes therm orné triques : des miniina diurnes 7 ".68; des maxima diurnes 20". 42; du mois 14". 05; vraie des 24 heures, 13°. 81. Minimum û°.b, le 3; maximum 280.9 le 25.
Humidité relative : moyenne, 68; la moindre, 26, les 22 et 23; la plus grande, lOO en 3 jours.
Tension de la vapeur : moyenne 7'^'. 81 ; la moindre 3"'"^. 2 le 3 ; la plus grande 13""^'. 5, le 26.
Température moijpime de II Marne, 15". 89. Sa température s'est élevée presque constamment de 12". 7 le 1'"", à 19°, 66 le 31; son niveau s'est abaissé de û'".03 le 4, à 2°'. 46 le 31.
Pluie : O-^.uS? en 36 heures réparties en 11 jours dont 8 consécutifs, du 5 au 12, et 2 jours d'orage les 25 et 26; une dernière pluie qui n'a donné qu'un demimillimètre d'eau est tombée le 30.
ha. nébulosité moyenne a. été kQ.
Il y a eu un seul jour de gelée blanche le 3; 4 jours de brouillard peu intense; un peu de grêle, les 1 1 et 2 ; 3 jours d'oi-age, les 5, 25 et 26. Vents dominants, du N.-O. au N.-E., puis du S.-O. à l'â-S.-O. ; presque toujours faibles.
Relativement aux moyennes normales : pression barométrique peu différente; température jjIus élevée de 0°.G; pluie moindre; temps plus clair.
L'aubépine a commencé à fleurir, dans le terrain de l'observatoire, le 14 mai; l'acacia le 23. On signale le manque de fruits aux environs de Paris/ excepté les pommes; aux environs de Vendôme également. E. Renou,
Membre de la Société nalioaale d'agriculture.
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PISCICULTURE — PIERRE GARBONNIER
Nicolet, Reray, Goste, de Tillancourt, Garbonnier, vous voilà donc disparus, hommes d'initiation ! Noms synonymes de travail et d'honneur, que ceux qui nous suivent doivent connaître, et que notre devoir est de signaler dans le présent auK amis des choses utiles, parce qu'ils sont et demeureront la base de ce grand et beau mouvement que nous avons appelé l'origine de la pisciculture française, c'est-à-dire de la pisciculture moderne.
Pourquoi a-t-il fallu qu'à cette trop longue énumération vienne encore s'ajouter le dernier ! Tombé en pleine force au moment où, lui aussi, nomme son prédécesseur; il allait, dans le bien être d'une position si noblement acquise, jouir du fruit de ses travaux, et assister à la réalisation de ses plus chères espérances.
Dans le numéro du Journal du '28 avril dernier, sous l'émotion qui nous étreignait à la nouvelle si inattendue pour nous de la mort de M. Garbonnier, nous avons pris l'engagement de dire à nos lecteurs ce qu'était cet homme si modeste et si droit, ce vrai enfant du peuple arrive à la fortune et à la gloire par l'énergie de sa volonté ; car celui dont nous allons parler, avait débuté dans la vie par être ouvrier ferblantier !... Quant la mort le surprit dans ce calme d'un intérieur heureux et indépendant où rien ne manquait à son bonheur, sa joie, grande et bien léwilime, était de mettre au-dessous du chevalier de la Légion d'honneur son titre de pisciculteur.
Pierre Garbonnier naquit à Bergerac, en 1828, d'une famille de travailleurs dans laquelle il ne reçut qu'une fort incomplète instruction.
Il quitta à dix-sept ans sa ville natale pour Marseille, où il demeura cinq ans, et y apprit son métier, vint se fixer à Paris, en 1855, comme fabricant d'aquariums et de serres de salons.
Nous laisserons l'actif et honorable fabricant imiter son premier patron, M. Godillot, au début duquel il nous fut aussi donné d'assister, parfois à notre grand regret; car l'installation de ses jeux et fêtes forains, près de l'établisse i eut de pisciculture de M. de Gurzay, à En^hien, nous causait en ces temps lointains de vives préoccupations pour nos poissons.
Livrer aux curieux,, à leur oisiveté, ces petits et grands appareils d'appartement, ne pouvait pas suffire à Pierre Garbonnier ; à un esprit aussi actif et réfléchi, que lutile attirait, que le droit et le sérieux fascinaient, n'oubliant jamais ceux de la vie desquels il avait vécu ; il fallait mieux, d'autres horizons ! Que de fois ne l'entendions-nous pas nous dire : la vie à bon marché pour le peuple, mais la voilà ; et quand on le voudra et quand on le saura, la pisciculture sera un des premiers termes de ce terrible problème que le présent doit à l'avenir, et qu'il faudra bien résoudre !
De la fabrication des aquariums à la pisciculture, il n'y avait qu'un pas qu'il franchit vile. Avec l'aisance arrivée, il lui consacra ses loisirs, et en fit, avec le charme de cette vie toute faite d'activité et de curiosité, l'objet de ses plus chères préoccupations.
M. Gaston ïissandier a publié sur cette période de ^a vie quelques lignes si pleines de charme et de vérité que nous sommes heureux de reproduire : .
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Pierre Garbonnier. — Qui ne connaît à Paris l'établissement de pisciculture fondé sur le quai du Louvre depuis près de trente ans, par le célèbre pisciculteur Garbonnier? Qui n'a, en passant, admiré ces milliers de poissons de toute forme, de toute provenance, que le maître surveillait, soij^nait et faisait reproduire dans des aquariums admirablement disposes, tout rem[)lis d'herbes afpiatirjues, et où l'eau se renouvelait sans cesse? La mort a récemment enlevé à la science et à ses travaux Pierre Garbonnier, qui était un naturaliste zélé, un savant laborieux et un homme excellent, plt'in d'obligeance et de dévouement.
Ses mémoires sur l'histoire zoologi(jue du poisson de la Chine, le macropode, sur le transport des poissons vivants, sur la reproduction et le développement du poisw)!. léUscope^ sur la nidification du poisson arc-en-ciel^ sur le gourami et son nid ont, à plusieurs reprises, attiré l'attention des naturalistes ; ils constituent des observations originales qui ont nécessité beaucoup de sagacité et un rare esprit d'observation. Garbonnier était un travailleur passionné et convaincu, qui aimait la science pour la science elle- même. Il dirigea en 1878 les travaux de l'aquarium du Trocadéro qui fut une des curiosités de l'Exposition universelle; c'est à la suite de cette belle installation qu'il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur. Pierrre Garljonnier était simple et modeste, se plaisant au milieu de ses ajuariums et de ses poissons qu'il soignait avec une tendresse paternelle.
Nous compléterons ce qui précède par son action plus directe sur le mouvement piscicole proprement dit, mouvement dont il avait aussi lui, et depuis si longtemps prévu et prédit avec tant de chagrin le lamentable avortement sous la pisciculture officielle.
Nous rappellerons d'abord son si spirituel article sur le fameux condostrome de l'Ardèche, illustre cyprin anadrome, fortune de notre Midi, panacée de l'empoissonnemeat universel; bref, série complète d hyperboles ad usum Delphini. Cet article fut le coup de fouet si finement cinglé sur tout ce groupe des remuantes personnalités piscicoles de cette époqiie, que nul n'en voulut plus être le père, à tel point que oncques depuis n'en entendit parler.
Personne, depuis, ne s'exposa à nous faire d'un des plus mauvais cyprins, arrivé chez nous par les canaux du Nord et de la Marne, et retrouvé à peu près partout, des nases, en un mot, une des grandes ressources de l'avenir.
Son guide pratique du pisciculteur (18ô4) reçut un si favorable accueil qu'en quelques mois l'édition en fut épuisée.
La préparation d'une seconde était une de ses dernières pensées. Je veux y jondre des images nous disait-il, peu de jours encore avant sa mort; il les voulait en chromolithographie, dans le genre anglais; il ne voulait point reculer jusqu'à ce qu'il en ait fait un livre digne de la bibliothèque du pisciculteur.
Dans son travail sur les écrevisses (1869), ses tableaux de croissance passeront, nous l'espérons, dans noire enseignement^ à côté des plus magnifiques pages de la pisciculture fançaise ; Coste, de Quatret'ages, les D" Hartz etHeuxley, non exceptés, qui ont fait l'un et l'autre le premier sur le Distoma, et le second sur les sens de l'écrevisse, de si remarquables publications.
Ses articles sur la mortalité des poissons et surtout les idées qu'il émit le prfinier (18C6) sur la nécessité des maries, des 7ioues, des réserves, en un mot, étaient marques d'un tel sens pratique qu'ils furent immédiatement appliqués et convertis en arrêtés par l'administration des ponts et chaussées qui eut là une de ces heureuses inspirations dont lui surent gré immédiatement les amis de cette partie de nos richesses nationales, jusque là si malheureusement délaissée, bien qu'officiellement si largement dorée.
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Nul ne l'ignore, ce furent les beaux temps des grandes missions de la pisciculture impériale qui aboutirent, on sait comment.
Nous finirons ces rapides observations sur quelques-uns des travaux pris au hasard dans les productions de cet esprit investigateur et surtout si opérateur; car, quelles ressources, quelle ingénuité dans les moyens, quels aperçus, si nous abordions ces détails^ il nous faudrait des pages dont nous ne saurions disposer ici.
Nous finirons donc par ces mots de notre dernier entretien dans cette joyeuse matinée du 4 avril, dont nous avons déjà parlé : ils font donc de bien belles et sérieuses choses en Ecosse et dans le Luxembourg, nous avez-vous dit !
Avant trois mois, je vous en dirai aussi mon avis, je compte sur vous, près de ces collègues dont il me montrait, en effet, les noms sur son cai'net.
Quatre jours après, il n'était plus !
Foudroyé sans douleurs près de sa compagne qui, après avoir aimé l'ouvrier, secondé ses débuts, embelli sa vie, honorait et chérissait toujours davantage, toujours plus celui qu'elle voyait respecté et honoré par Lout ce qui l'approchait
Avec quelle afï'ectueuse reconnaissance ne nous montrait-elle pas le souvenir que le lendemain de la mort de son cher défunt, un nom cher à la science lui avait aussitôt fait parvenir :
« Madame, notre Société fait dans la personne de votre regretté mari, une perte sérieuse, elle gardera le souvenir de l'infatigable chercheur, de l'expérimentateur accompli, qui laisse après lui tant d'utiles travaux. M. Carbonnier s'est fait un nom qui restera, ses travaux étant du nombre ceux qui ne s'oublieront pas.
« A. Geoffroy Saint-Hilaike. »
Qu'aurions-nous à ajouter à de si compétentes et affectueuses pensées !
Cependant, si quelque chose peut adoucir notre douleur dans le devoir que nous venons de remplir, c'est qu'à notre époque où tant d'idées, d'aspirations, de revendications d'un socialisme confus et mal dirigé, hantant, quand il ne le trouble pas, l'esprit de nos travailleurs, c'est de pouvoir, disions-nous, mettre sous leurs yeux l'exemple d'un des leurs, d'un de leurs plus fidèles amis, la vie tout entière de l'ex-ouvrier, chevalier de la Légion d'honneur, du pisciculteur Pierre Carbonnier! Chabot,
Membre de la Société nationale d'agriculture de France
Séance du \3 juin 1883. — Présidence de M. Chevreul.
M. Triana remercie la Société de son élection comme membre étranger.
M. Barbie du Bocage fait homma2;e d'un essai sur les théories commerciales, et M. Troupin-Morren envoie une étude sur la race bovine courtes-cornes améliorée, dite race de Durham.
M. le secrétaire perpétuel annonce la mort de M. Vallerand, correspondant de la Société dans la Section de mécanique agricole et des irrigations.
La discussion s'engage sur le rapport présenté récemment par M. Bouley, au nom de la Section d'économie des animaux sur la question suivante : l'alimentation des porcs avec des viandes cuites provenant d'un atelier d'équarrissage peut-elle être dangereus poeur l'hy-
gyène publique? M. Bouchardat commence par exprimer l'opinion que l'enfouissement lui paraît préférable à tout autre procédé, lorsqu'il s'agit d'animaux atteints du charbon ou d'autres maladies contagieuses. M. Bouley rappelle qu'il résulte des expériences do M. Pasteur que l'enfouissement ne détruit pas les germes des maladies charbonneuses, et que ces germes sont souvent ramenés à la surface du sol par les vers de terre, où ils redeviennent dangereux pour les animaux domestiques, tandis que la cuisson des animaux morts détruit complètement ces germes ; il en résulte que l'équarrissage donne, de ce côté, pleine satisfaction à l'hygiène publique. — Quelques autres membres soulèvent ensuite la question de l'opportunité d'un vote, de la part de la Société, sur une question qui lui est soumise par un particulier. — Quoique M. Bouley déclare que la Section a voulu écarter tout ce qui est en dehors d'un intérêt d'ordre général, il est sursis à la discussion du rapport,
M. Bignon fait une communication sur les résultats inattendus que le traitement des vignes au sulfate de fer contre l'anthracnose, a donnés, dans sorj domaine de La Houringue (Médoc), pour écarter les escargots, dont la destruction entraînait une dépense moyenne de 50 francs par hectare en main-d'œuvi'e. Tous les pieds de vigne traités au sulfate de fer, et ils sont faciles à reconnaître, puisque ce sont environ 150,000 pieds de Malbec disséminés sur les 500,000 pieds qui forment son vignoble, ont été épargnés par les escargots. Il y a là une indication utile dont les viticulteurs pourront faire leur profit. M. Bignon donne ensuite des détails sur les soins qu'il donne à ses vignes, en défonçant le sol à 60 centimètres, et en déposant les engrais à cette profondeur, de manière à donner plus de profondeur aux racines et, par suite, plus de vigueur aux tiges; avec ces so-ins, et en choisissant dans les plants du Bordelais ceux qui sont à bois dur, il estime pouvoir assurer à ses vignes une vigueur qui leur permettra de résister pendant quelques années de plus aux atteintes du phylloxéra.
M, Chevreul fait remarquer qu'il faut tenir compte que le sel de fer employé contre l'anthracnose .est du sulfate de protoxyde de fer, et non du sulfate de peroxyde de fer, dont les propriétés sont tout autres.
M. Gaston Bazile fait connaître que, dans le Sud-Est, le phylloxéra se propage cette année avec une grande rapidité; les taches se multiplient de plus en plus dans les arrondissements de Béziers (Hérault) et de Narbonne (Aude). Ses plantations de vignes américaines continuent à lui donner pleine satisfaction : les Jacquez, qui ont maintenant dix ans, se maintiennent avec une vigoureuse végétation et se couvrent de raisins; quant à ses vignes franco-américaines, greffées depuis trois à cinq ans, elles sont aussi en pleine production, et rien ne fait prévoir que leur vigueur puisse fléchir. Henry Sagnier.
REVUE COM^ÏERGIALE ET PRIX GOURANT DES DEXRÉES AGRICOLES